Pantecâta anti nudlás.
rentecole anu-nucied
L'appel de la conférence internationale de la coordination du mouvement anti-nucléaire à organiser, rant le week-end de la Pentecôte, un succès sans précédent. Dans le monde manifestations ont veloppement à l'échelle ment anti-nucléaire.
Ils étaient 18000 à Los Angeles, des dizaines de
10000 à Milan,
(2000 à Madrid et Valence,
Santiago, 1000 à Tortosa, 5000 à Vich contre le projet d'ouverture d'une mine d'uranium). En Angleterre, dans le New Hampshire, d'occuper la d'occuper la centrale de Seabrook. en construction
G. AGUIRE
'EST un des plus grands rassemblements anti-nucléaire jamais organisés qui s'est déroulé le week-end de la Pentecôte à
Plogoff.
Plus de
100000 anti-nucléaires sont venus exprimer leur solidarité avec celles et ceux de Plogoff et des environs, qui ont mené en février et mars derniers, une lutte exemplaire contre le projet de construction d'une centrale nucléaire, n'hésitant pas à s'affronter avec les forces de anti-nucléaires organisées témoignant du internationale du mouve-
2000 à Baden milliers en Italie (25000 à 2000 à Venise), en Espagne
5000 à Pampelune et 2000 manifestants ont tenté blement de Plogoff. l'ordre - plus de 3000 gendarmes mobiles et CRS occupaient et quadrillaient la région - qui ont dû militairement imposer le déroulement normal de l'enquête d'utilité publique bidon dont la légitimité était contestée par les habitants: Cette lutte, dans laquelle toute la population de région s'est retrouvée, l'importance de la solidarité qui s'est développée dans toute France, sont les meilleures garanties pour le succès des luttes à venir qu'il faudra mener mener puisque le gouverneet se sont affrontes aux forces de l'ordre. En Hollande des milliers de manifestants ont protesté contre l'embarquement de déchets radioactifs devant etre immergés dans /'Atlantique; et a Boodevard, 6000 le site si le projet de construction d'une centrale n'était pas abandonné. En Allemagne, ils sont venus par milliers
1500 anti-nucléaires construit un véritable village où ils habitent doit être construit le plus grand complexe de production d'énergie nucléaire et de retraitement du monde. En France, une kermesse anti-nucléaire à Chooz a rassemblé 1500 personnes; ils étaient aussi dans la Loire contre un projet de dépôts des déchets radioactifs; et surtout il y a eu le point mobilisation internationale, le rassemment a décidé, malgre l'opposition massive des habitants, de construire une centrale à à
Plogoff.
faiblesse, pourtant, dans l'organisation rassemblement. Les organisations ouvrières, politiques et syndicales, n'ont pas été invitées.
Pire, celles qui ont demandé de pouvoir tenir un stand et diffuser leur presse se le sont vues refuser. Et pourtant, certaines d'entre elles avaient participé à la lutte contre la construction de la centrale et contre la répression qui a suivi les manifestations: la CFDT, le la
CFDT, le
PS, le PSU, la LCR et d'autres. Il aurait été correct de leur permettre d'exprimer leur soutien à la lutte, d'exposer et diffuser leurs idées.
Cette attitude s'explique largement par la méfiance des habitants de Plogoff à l'égard des organisations politiques et plus généralement de la politique, par leur crainte de voir «leur» lutte, «leur» rassemblement être récupérés par d'autres. Ainsi, souvent les organisateurs, la plupart habitants de Plogoff, nous ont dit: «Nous ne voulons pas mélanger la politique à notre lutte; c'est de cette maniere seulement que nous pourrons rester unis». Et la discussion s'est engagée, fraternelle. Nous leur avons dit: «Oui, c'est vous, et vous uniquement, qui devez, notamment au travers du comité que vous avez créé, organiser, diriger sur place la lutte et la résistance contre la construction de la centrale. Mais l'objectif de votre lutte s'attaque de fait au programme électro-nucléaire du gouvernement. Ce dernier ne cédera pas facilement; ne serait-ce que pour éviter qu'une lutte locale contre la construction d'une centrale nucléaire soit victorieuse et qu'elle devienne ainsi un exemple. Pour gagner, vous devez trouver des appuis, des alliés dans la région, dans tout le pays. Or, vous n'avez rien à attendre des partis bourgeois qui sont les partis de ceux qui soutiennent les multinationales et le lobby nucléaire en France. Par contre, vous pouvez obtenir, outre le soutien des anti-nucléaires, celui des travailleurs, de certaines de leurs organisations. Et ce soutien, c'est aussi une garantie pour le succès de votre lutte. D'ailleurs, aux mois de février et mars, cela s'est réalisé dans les faits lorsque, par exemple, es organisations syndicales ont déposé un préavis de grève pour permettre aux travailleuses et aux travailleurs de participer aux manifestations». Ces idées commencent à faire leur chemin et il est du devoir des militants révolutionnaire"de les mais aussi des anti-nucléaires faire progresser.
Et finalement, c'est sur place que «naturellement» la jonction s'est réalisée. Notamment par la présence des travailleurs du Joint Français en lutte; de ceux d'une imprimerie de Quimper occupée depuis plusieurs semaines et aussi dans les débats où nombreux sont les militants syndicaux et d'organisations politiques à exprimer leur volonté de participer à la lutte contre le nucléaire et à se battre dans leurs organisations pour qu'elles s'engagent dans cette voie.
Pour résumer, un rassemblement massif - le plus important en France depuis la manifestation de Malville l'été 1977 — qui a montré le renouveau et la vitalité du mouvement anti-nucléaire, ses potentialités aussi, mais à condition encore qu'il sache se lier au mouvement ouvrier.
La participation du mouvement ouvrier à la lutte antinucléaire reste le problème-clé sur lequel achoppe le mouvement anti-nucléaire en France. Or, force est de constater qu'il n'a pas su jusqu'ici y répondre correctement, adoptant souvent une attitude défensive et sectaire.
Certes, le problème n'est pas simple, les directions des principales organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier développant des positions favorables à l'utilisation de l'énergie nucléaire.
Ainsi, le Parti communiste français est le plus ardent défenseur, au nom de l'indépendance nationale, du développement de l'énergie nucléaire en France, allant jusqu'à se prononcer, au moment le plus fort des luttes de la population de Plogoff, pour la construction de la centrale: «Nous disons que la France et la Bretagne ont besoin d'une politique énergétique diversifiée dans laquelle le nucléaire a sa place, une place à la mesure des potentialités et des capacités de notre pays. Il peut donc y avoir une centrale nucléaire à Plogoff» (1). Et le numéro de l'hebdomadaire du PCF, Révolution, sorti juste deux jours avant le rassemblement titrait: «Nucléaire, oui !».
La confédération CGT tend de plus en plus à aligner ses positions sur celles du PCF, abandonnant la relative prudence de ses positions adoptées lors de son dernier congrès qui insistaient sur les dangers particuliers, liés à l'utilisation de l'énergie nucléaire et notamment, des surgénérateurs, qui préconisaient un ralentissement des rythmes de construction des centrales, qui demandaient l'organisation d'un débat démocratique et la consultation des po1) J.C. Dubard, membre du Comité central, responsable du secteur énergie. Dans l'«Humanité» du 23 février.
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pulations directement concernées.
Le Parti socialiste est également favorable au recours à l'énergie nucléaire, bien que le programme qu'il propose celui prévu par le gouvernement et qu'il soit opposé au développement des surgénérateurs. Ses positions anti-nucléaires restent largement abstraites et verbales et ne font le plus souvent que répondre à des soucis électoralistes. socialiste ne développe aucune stratégie concrète de lutte pour mettre en échec le programme électro-nucléaire du gouvernement et il ne participe que de manière limitée aux mobilisa-
Seule, la CFDT, tout en étant partisane d'un développement limité de l'énergie nucléaire, a refusé ces dernières années de louer les soi-disants bienfaits de l'énergie nucléaire. Elle a développé un important travail d'information et de sensibilisation et a avancé la perspective d'un moratoire de trois an. Elle tend cependant aujourd'hui à édulcorer ses positions anti-nucléaires notamment sur la question du moratoire, dont la perspective est renvoyée à 1985, la CFDT acceptant que. jusqu'à cette date. une ving. taine de centrales soient construites. Enfin ses rapports avec anti-nucléaire ont souvent été empreints de méfiance, occasions d'hostilité.
Cette attitude des organisations ouvrières a favorisé la méfiance des anti-nucléaires à l'égard du mouvement ouvrier. Mais cela ne saurait en aucun cas justifier le sectarisme, le refus du mouvement anti-nucléaire de s'adresser systématiquement aux organisations ouvrières pour leur proposer sur des objectifs précis et limités la plus large unité d'action. Car il existe des ouvertures à la lutte anti-nucléaire au sein du mouvement ouvrier français. Nombre de congrès syndicaux témoignent que la base des organisations ouvrières est sensible aux idées anti-nucléaires.
Souvent des structures locales •ou régionales - comme à Plogoff par exemple - participent aux luttes anti-nucléaires. Il est dès lors décisif que le mouvement anti-nucléaire saisisse de ces phénomènes et cesse de refuser d'action sur des objectifs précis sous prétexte qu'une
One serait possible qu'aorganisations qui sont favorables au renoncement immédiat et absolu de l'énergie nucléaire.
De même, l'appui des travailleurs, il doit s'efforcer de contrer gagande pro-nucléaire à base de chantage au chômage. Il ne contenter d'affirmer que la production d'énergie nucléaire ne crée pas d'emplois et qu'elle n'est pas une solution au chômage - ce qui est vrai par ailleurs. Il doit aussi prendre des positions qui répondent aux préoccupations de la classe ouvrière : il doit se prononcer pour les 35 heures immédiates sans diminution de salaire, pour la nationalisation sous contrôle des travailleurs de toute la production d'énergie, des trusts pétroliers notamment.
L'attitude sectaire du mous'est manifestée dans le cadre de la préparation du rassemblement de La Hague des 28 et 29 juin, organisé par la coordination nationale des comités anti-nucléaires (CNAN) sur les mots d'ordre suivants:
contre l'extension de l'usine * contre la surgénération * contre le plutonium civil et militaire * contre l'Europe de la répression La CFDT a proposé à la CNAN de coorganiser le rassemblement tout en émettant des réticences sur le quatrième mot d'ordre et en demandant que celui contre le plutonium civil et militaire soit précisé. Or, la CNAN a refusé d'emblée le principe d'une coorganisation sous prétexte que la CFDT n'était pas d'accord a priori sur tous les mots d'ordre. Et cela sans qu'aucune discussion avec cette dernière n'ait lieu. Voilà qui dessert la cause du mouvement anti-nucléaire et lutte anti-nucléaire elle-même. Car l'objectif central de rassemblement, c'est de créer empêcher l'extension de l'usine de la Hague et la production plutonium soit à des fins civiles (combussurgénérateurs), soit à des fins militaires. C'est cela l'essentiel. Et bien évidemment dans ce cadre la participation de la CFDT ou au Unions départementales et de certains de syndicats traditionnellement partie prenante des luttes anti-nucléaires était très importante. Sans compter que cela aurait de plus facilité le lien avec les travailleurs de l'usine de la Hague, la CFDT Y étant majoritaire. Alors, même si sur ce mot d'ordre une divergence subsistait, il fallait proposer à la CFDT la coorganisation, quitte à demander que chacun puisse s'exprimer sur le point en désaccord dans le tract d'appel. Une telle démarche aurait permis au mouvement anti-nucléaire et aux idées qu'il défend de gagner une crédibilité auprès de milliers travailleurs. Et nous espérons qu'il saura en tirer les leçons au moment où il faudra tirer le bilan de ce rassemblement.
TOUS A LA HAGUE LES 28 et 29 JUIN! Cependant, malgré ce cadre de mobilisation, parce que parce nous sommes d'accord avec les mots d'ordre avancés, parce que le succès de ce rassemblement et de son déroulement auront une incidence importante sur l'avenir des luttes anti-nucélaires en France, nous le soutenons et nous appelons les travailleurs, les anti-nucléaires, tous ceux qui refusent l'aventure de la surgénération, du retraitement servant à la production de plutonium civil et militaire à y participer massivement.O