E 26 mai devait être, selon les accords de Camp David, la date limite des négociations égypto-israélienne sur le statut des territoires palestiniens occupés par Israël depuis la guerre de Juin 67. Les plus fanatiques
REBELLION EN CISJORDANIE «La situation en Cisjordanie devient de plus en plus grave et il n'y a pas besoin d'avoir une trop grande imagination pour craindre que derniers événements dans les territoires occupés ne soient le signe d'un début de rébellion populaire». C'est en ces termes que l'éditorial du plus sérieux des quotidiens israéliens, Haaretz, décrivait, le 28 avril, la situation en Cisjordanie.
Le terme de rébellion populaire n'est pas exagéré. Du début mars jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas eu moins de huit grèves générales, dont une grève de trois jours à l'occasion du jour de l'indépendance de l'Etat d'Israël, toutes massivement suivies. Contrairement aux grèves précédentes, ce ne sont pas seulement les lycéens et les commerçants qui participent aux grèves, mais aussi les travailleurs dont une partie importante des quelques 80000 salariés travaillant en Israël. Fait significatif, la population et les commerçants de la partie arabe de Jérusalem ont activement participé à ces actions, ce qui était loin d'être le cas au cours des années passées.
partisans partisans de ces accords sont aujourd'hui obligés de reconnaître que ce 26 mai, loin de voir la naissance du plan d'administration autonome de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, consacrera au contraire le rejet par la population palestinienne des accords impérialistes et un tournant important dans sa lutte de libération contre l'occupation sioniste. POPULAIRE
Parallèlement générales, les manifestations de rue sont devenues un phénomène généralisé. Que ce soit dans centres universitaires, me Bir Zeit, dans les grandes villes comme Ramallah et Naplouse ou encore de petites agglomérations comme Anapta, il ne passe pas plusieurs jours sans qu'une manifestation ne vienne «troubler l'ordre». Ces manifestations sont évidemment formellement interdites trainent presque toujours une répression violente de la part des forces d'occupation. Ce qui est particulièrement important, c'est que ces manifestations sont de moins en moins des manifestations exclusivement céens, même si évidemment ceux-ci continuent à y jouer un rôle central, les masses populaires se mobilisant pour la première fois dans la rue. Le 8 mai, exemple, c'était plus de 2000 personnes qui manifestaient, drapeaux palestiniens en tête, dans la rue centrale de la Jérusalem arabe, à l'occasion de de la ville, il y a 13 ans.
C'est au niveau des réactions individuelles que l'on mesure la profondeur de la
Israël dans les territoires occupés: attaques de patrouilles militaires à coup de pierres et de cocktails molotov, refus de se taire et de baisser la tête au cours de contrôles, port de vêtements aux couleurs de l'Etat palestinien, et surtout le courage de déclarer publiquement son refus de l'occupation et du statut d'autonomie, et son soutien aux organisations palestiniennes.
L'attaque en pleine ville de Hebron et à quelques mètres des soldats israéliens d'un grand groupe de colons de Kiryat Arba (la plus grande colonie juive des territoires occupés qui surplombe la ville de Hebron), a été jusqu'à présent l'incident le plus significatif de ces derniers mois. Il tranche notamment avec les autres opérations armées de la résistance palestinienne, non pas tant par l'audace du commando que par le choix des objectifs, le moment choisi, et surtout l'interaction que cette opération devait avoir avec les mobilisations de la population locale et avec les sentiments de courants de plus en plus larges de la population israëlienne.
LES CAUSES
CONJONCTURELLES DE LA
RADICALISATION PALESTINIENNE S'il est évident que, comme le remarquait l'éditorial du Haaretz cité plus haut, «les racines (de la rébellion) doivent être recherchées dans la logique même d'uneoccupation militaire dont le caractère oppressif entraîne le terrorisme, et le terrorisme une répression encore plus forte et ainsi de suite...», il n'en est pas moins nécessaire de chercher les causes conjonctu-
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Likoud défend du Likoud a sive liée au par Beguin, établissements d'enseignedu Goush de Belen nes, a pris onner les acde la opulaet 'unifier tio ns et insautorités sioet d'adminiss'est consmois le comité d'orientation nationale, regroupant les représentants de la plupart des municipalités, des organisations politiques clandestines, associations professionnelles, syndicales et universitaires. Ce comité a été à l'initiative des différentes grèves générales et manifestations populaires au cours de l'année passée. Il est reconnu par l'ensemble de la population comme sa direction et jouit d'un prestige sans précédent dans l'histoire de la Cisjordanie occupée. Mais plus que toute autre chose, il offre pour la première fois un cadre unifiant pour les luttes qui jusqu'à une période très récente, restaient dispersées. Deuxièmement, l'émergence d'une nouvelle génération de militants qui, non seulement n'ont plus aucune illusion sur le caractère provisoire de l'occupation - n'ayant pas connu la situation antérieure à l'occupation israélienne et étant arrivés à maturité politique alors que la lutte nationale palestinienne et certains de ses acquis étaient déjà un fait établi, - mais surtout ont appris à connaître de près l'occupant sioniste et à le démystifier. Après 13 ans d'occupation, les Palestiniens connaissent Israël, sa brutalité, son expansionnisme, mais aussi ses faiblesses : son isolement international et ses tensions internes. Cette conscience nouvelle d'appartenir à un conflit qui ne peut pas être réduit à une confrontation militaire entre une des meilleures armées du monde et les commandos palestiniens, mais qui implique des forces sociales diverses au niveau local, régional et international, donne un cadre beaucoup plus réaliste aux luttes menées par les populations occupées.
Troisièmement, la nouvelle vague de luttes prend appui sur plusieurs victoires des luttes précédentes, victoires qui ont montré les limites auxquelles se heurtaient les projets du gouvernement Beguin et ses faiblesses : la décision de la Haute-Cour de Justice de démanteler la colonie de Eilon More, l'annulation du décret des derniers d'expulsion contre le maire de
Naplouse, Bassam Shak'a, la réouverture de l'université de Bir Zeit, l'incapacité de mettre hors-la-loi le comité d'orientation nationale, ont été à juste titre
Si le gouvernement israélien a essayé de justifier le durcissement de la répression par l'opération du commando de Hebron, cela a été sans grand succès. Il publique que la décision d'appliquer la politique dite de «la main de fer» a été prise plusieurs jours avant l'opération du commando. Celle-ci n'a été que le prétexte pour appliquer d'une façon spectaculaire et intransigeante la nouvelle politique: expulsion en pleine nuit du maire de Hebron, Fahed Kawassne, du maire de Hal'houl, Mo'hamad Mil'hom et du dirigeant religieux de Hebron, le Sheikh Tamini, ceci en totale violation des lois réactionnaires en vigueur dans les territoires occupés; dynamitage d'une dizaine de maisons proches du lieu de l'opération; et enfin couvre-feu total de la ville de
Immédiatement après, sont les dirigeants supposés du comité d'orientation nationale qui ont été menacés d'expulsion n'arrêtaient pas diatement leurs activités politiques; c'est l'arrestation du maire de Bétunia pour soi-disant incité à une grève de solidarité avec la population de Hebron; le couvre-feu dans plusieurs camps de réfugiés et dans un quartier des incidents avaient eu lieu; l'arrestation de plusieurs milliers de personnes, manifestants ou simples passants à Hebron, Jérusalem, Ramallah, El Bire; la déportation de deux familles de Beit Sa'hour et du camp de Balata dont un des enfants était soupçonné d'avoir jeté des pierres militaire; et bien entendu, ra-
Get tabassages dans l'ensemble des territoires oc-
C'est évidemment Hebron, ville relativement calme jusqu'à une période très récente, qui a perçus comme la preuve qu'il est possible de mettre en échec les forces d'occupation et de transformer une offensive en débâcle. LA POLITIQUE DE LA MAIN DE FER été la plus touchée par la politique de la main de fer : au cours du couvre-feu qui a duré plus de deux semaines les soldats ont reçu l'ordre de terroriser la population, plusieurs cende maisons ont été perquisitionnées avec tout ce qu'implique dans le cadre d'une politique de terreur contre la population, près de 2000 personnes ont été arrêtées, c'est-à-dire tabassées, des milliers de coups de feu tirés, les récoltes ravagées. A quoi il faut ajouter les opérations punitives des colons de Kiryat Arba, spécialisés depuis plusieurs semaines dans la destruction de vitres de voitures
Les punitions collectives devenues, au cours des dernières semaines, la règle : un enfant est soupçonné voir jeté des pierres, la maison de ses parents est dynamitée; un camp de réfugiés est un peu trop bruyant, c'est le couvre-feu; les commerçants sont en les membres du conseil municipal sont tenus responsables, arrêtés et menacés d'ex-
Parallèlement aux mesures officielles, les colons de Goush Emounim et la patrouille verte du général Sharon (organe officiel du ministère de l'Agriculture destiné «protéger» les terres publiques face aux Arabes) ont eux aussi décidé d'appliquer une politique main de fer». Ils n'ont pas attendu pour cela le prétexte de l'opération de Hebron. Le 24 avril, un commando de colons du Goush Emounim brise des centaines de vitres de voitures et d'appartements dans la de Ramallah; quelques jours plus tard, le rabbin Cahana et plusieurs dizaines de ses rendent armés à Ramallah, non sans avoir prévenu auparavant les autorités militaires, pour manifester sous les fenêtres de la mairie aux cris de «Palestine, ça n'existe pas ! Les Arabes, dehors !». Une semaine plus tard, plusieurs kilos d'explosifs sont trouvés dans un des centres du Goush Emounim à Jérusalem, destinés à une opé représailles contre l'opération de Hebron; la patrouille verte quant à distingue par la destruction de vignobles ('Artas) et autres cultures (à Dura et à Idna), par l'utilisation l'arrachage des plants.
ET SES LIMITES...
A en juger par l'effet provoqué par les différentes initiatives du gouvernement Beguin et des colons du Goush Emounim, avant même que la politique de «la main de fer» ne devienne officielle, il est peu vraisemblable que l'accentuation de la répression soit solution durable à la situation en Cisjordanie. Trois semaines après avoir expulsé les dirigeants de la région de Hebron, territoires occupés ne semblent pas du tout en voie de «pacification» : malgré les menaces contre les maires et les tentatives d'ouvrir de force les magasins, il y a eu à plusieurs reprises des grèves partielles; malgré les punitions collectives, il n'y a pas de jour sans que des cocktails molotov ne soient lancés sur des véhicules militaires. gouverneurs militaires.
C'est que la populatun palestinienne parfaitement consciente des pressions quelles est soumis le gouvernement Beguin et des difficultés que cela implique dans l'applid'une politique archirépressive.
En effet, Israël se trouve en pleines négociations gypte sur le futur statut des territoires occupés. Pour le prési dent Sadate, il est absolument nécessaire de voir ces négociations progresser afin de prouver qu'il n'a jamais cherché arriver à une paix séparée avec Israël et que ce dernier est bel et bien obligé de négocier un retrait des territoires occupés.
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'main de fer' ne feront que renforcer le ressentiment des Arabes contre nous, et le projet d'exprode
120000 dounam priation de terres privées pour construire de nouvelles colonies et élargir celles qui existent déjà, ne fera que jeter de l'huile sur le feu».
POLARISATION EN ISRAEL
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«A bas l'occupation!», qui pendant 12 ans était resté le monopole des groupes anti sionistes; nous assistons même pour la première fois à la tentative de mettre sur pied un comité unitaire contre l'occusionistes de ensemble; parmi les multiples intiatives prises pour protester contre l'expulsion des rigeants palestiniens gion de Hebron, il faut mentionner la manifestation sur le
Alenby (qui lie jordanie et la Jordanie), orgaconjointement organisations israéliennes, compris sionistes, des organispalestiniens et les geants expulsés qui manifestaient au même moment de à une quinzaine de mètres.
Phénomème non moins significatif, les remous que la politique actuelle provoquent au sein même de l'armée: le refus de servir dans les territoires occupés s'il reste marginal, est loin de se heurter à l'hostilité genérale, a au cours des dernieres semaines de la politique la «main de fer» trouvé un écho au sein même des forces d'occupation, quand, sieurs reprises, la presse israélienne a rapporté que des soldats et des officiers ont refusé de faire ce que leurs supérieurs exigeaient d'eux. Uri Avneri a diffusé un rapport membres dans lequel des soldats, jeunes recrues sans aucun passé politique, se déclaraient sés devant les ordres avaient reçus (frapper indistinctement toute personne interpellée, détruire du mobilier, terroriser...), et le réserve Mati Peled jusqu'à prédire que le moment est proche ou militaires se heurteront à refus de masse de mener la politique de la main de fer.
Au sein de la population palestinienne de l'Etat d'Israël, la passivité du Parti communiste n'empêche pas manifestations de solidarité avec les frères des territoires occupés: dans plusieurs villages slogan de 2000 s'organisent centrant l'essentiel lités arabes.
Quant aux sont redevenues un lieu de mobilisation permanente contre l'occupation: une ou deux manifestations par les trois universités les plus importantes d'Israël organisées en général par les Unions des Etudiants nisations et il sur les campus. aussi à l'université que l'on de peut le polarisation en cours: les manifestations des étudiants arabes à plu- sont de plus en plus confrontées à groupes d'extrême droite exigeant l'expulsion des étudiants arabes, voire de la population Le député arabe. Des pétitions circulent qui exigent la mise hors la parlement loi des Unions des étudiants arabes, et c'est parfois armés scandaliqu'ils général de est allé ment les politisés de la société israélienles autorités par les derniers développements un dans les territoires occupés; l'un des changements les plus significatifs et des plus profonds de la situation politique en Israël, concerne l'attitude des masses israéliennes, et en premier lieu de multiples de la classe ouvrière, par rapport à la politique de colonisation et d'annexion du gouvernesont apparus sur les murs, des meetings ont été organisés qui ont rassemblé, chacun, plusieurs centaines de participants. Lors tinien.
du premier nai, ce sont plus personnes qui ont nim manifesté dans le village de ils
Galilée, à l'appel sur le des organisations anti-sionistes, celui-ci sur la dénonciation de répression dans les terride toires occupés. Cette manifesces
Après une tation tranchait par son milises mots d'ordre avec les quelques défilés que le
PC a dû, malgré tout et contrairement aux années précédentes, commission dans certaines locauniversités, elles de semaine dans et les orgagauche actives c'est
Mais ressentir la des attaques physiques de voir.
LE PRIX ECONOMIQUE
DE LA POLITIQUE D'OCCUPATION
Mais ce ne sont plus seuleéléments les commencent politique la somme de que les groupes d'extrême droite s'en prennent à ceux qui osent exprimer leur solidarité avec la lutte du peuple pales-
Les colons de Goush Emoune restent pas passifs face à la situation actuelle:
multiplient les pressions gouvernement afin que mette les bouchées doubles dans la colonisation de la Cisjordanie et l'annexion territoires à Israel. grève de la faim de plus d'un mois des dirigeants des colonies, le gouver-
La mis sur pied un projet d'expropriation de 120000 dounam supplémentai-
Get de des colonies, formellement, sous le joug de la loi jordanienne en vigueur en Cis-
Parallèlement aux diverses manifestations, l'extrême droite continue à s'armer et à parler
Men plus ouvertement du devoir sacré qui lui incombe de «maintenir l'ordre» dans les territoires occupés et d'emtous les moyens Sainte. Ils savent très bien que tant que Beguin sera au pouvoir, leurs intérêts seront sauvegardés. Ce qui les préoccupe, c'est de préparer l'avenir d'empêcher coûte que coûte un quelconque changement du statut de la Cisjordanie, voire le retour des «défaitistes» au pou-
D'une façon diffuse, quoique de moins en moins, les moins, les masses travailleuses israéliennes comprendre qu'il est impossible de séparer la situation économique catas trophique de l'ensemble de la
Catastrophique, la situation sans l'ombre d'un doute: le déficit de la balance des paiements atteint
4,6 milliards de dollars, l'ensemble des
politique seul mois d'avril à se passe la faillite, ciers prises remettre à l'économie israélienne, des ve des tion, pour la treprises in dustrielles, traîné une restriction ché intérieur et donc ploi dans le secteur ind
Le ch ômage evi une réalité en Israë en vient prév oir fin 1980, 00 000 qui représentent près de la opi ula St. on acti Israël, 7% c'est beauc tout les villes grants se trouvent les m oins rentables, nt signifier souve tion la opula activ pace leurs donc chôma services tion uction
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Gafni,
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(Ma s'exprime:
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maine économique, une réduction radicale des dépenses militaires, l'arrêt des dépenses pour l'implantation des colonies... Dans le domaine politique, nous devons rapidement arriver à une solution du problème des terri-
Ce que Ce que des personnalités centrales de l'appareil sioniste comme Amnon Gafni et Assaf Razine commencent à comles travailleurs aussi en sont de plus en plus cons-
L'intérêt national étant profondément ancré dans leur conscience, ils seraient vraisemblablement prêts à faire de grands sacrifices, s'ils avaient le sentiment que le joug est partagé par tout le et que leurs efforts permettent effectivement de remettre à flot l'économie. Mais ce qui se passe c'est que la bourgeois'enrichit, en particulier par le biais de la libéralisation économique et les bons trésor indexés, que l'inflation augmente de plus en plus, le déficit de la balance des paiements et du budget gonflent à vue d'œil.
A ce stade-là, ce n'est plus seulement la politique économique que les travailleurs remettent en question, mais le gouvernement Begin lui-même et l'ensemble de sa politique. Et nous assistons aujourd'hui au début d'un phénomène qualitativement nouveau : la conscience chez de larges masses que les conditions de vie et de travail sont directement liées à la politique globale de l'Etat sioniste vis-à-vis du conflit israélo-arabe. Le slogan «De l'argent pour les quartiers pauvres, pas pour les colonies» n'est plus le monopole des anti-sionistes. C'est par dizaines de milliers que les travailleurs et les habitants des bidonvilles l'ont crié au cours des derniers mois. Il est vrai que le gouvernement Beguin ne s'est pas préoccupé de cacher ses priorités : alors qu'il avait affirmé qu'il résoudrait en quatre ans la question du logement dans les quartiers populaires - et qui est toires occupés, par le biais d'un quelconque accord qui puisse nous permettre de recevoir un soutien financier massif à la fois du peuple juif et du gouvernement US». LA REACTION DES MASSES ISRAELIENNES un des problèmes sociaux les plus aigus d'Israël - le gouvernement a divisé ainsi le budget de la construction : 5 milliards de livres pour la construction dans les territoires occupés (qui concerne au maximum quelques milliers de personnes), 1,2 milliard pour les HLM pour jeunes couples et familles nombreuses (plus de 100000 personnes).
Le sentiment de ras-le-bol de ce gouvernement n'a pas encore provoqué de riposte massive et unifiée de la part des travailleurs; les luttes sont encore restées éparpillées et limitées, soit aux secteurs relativement privilégiés (instituteurs, infirmières, travailleurs sociaux, techniciens de El Al, travailleurs de la compagnie d'électricité, des banques, etc.) ou au contraire à ceux qui n'avaient plus rien à perdre (ouvriers du textile où plus de vingt usines sont soit sur le point de fermer leurs portes, soit l'ont déjà fait); dans la plupart des cas, ces luttes, défensives, se sont soldées par des échecs relatifs ou complets.
Cette relative passivité de la part des ouvriers industriels est due d'une part à la crainte du chômage et d'autre part au sentiment que, de toute façon, le Likoud va quitter bientôt le pouvoir et qu'alors on pourra commencer à envisager de résoudre les problèmes. Mais avant tout, il faut chercher la cause profonde de l'absence d'une contre-offensive généralisée de la part des travailleurs dans l'absence d'organisations de classe susceptibles de donner un cadre à une telle lutte. La Histadrouth, en tant qu'organe de l'appareil d'Etat colonial, craint pas moins que le gouvernement toute forme d'organisation de classe et de lutte de classe dont la dynamique serait nécessairement en contradiction avec l'Union nationale et la défense de l'intérêt national. Elle se contente donc de faire pression sur le gouvernement pour être intégrée à la prise des décisions économiques et sociales.
Pourtant le sentiment que la politique actuelle mène l'Etat sioniste à la catastrophe et la crainte de débordements -la coordination de 12 comités de travailleurs représentants certains des secteurs les plus forts de la classe ouvrière israélienne est un signe inquiétant pour la direction de la Histadrouth -poussent celle-ci à augmenter ses pressions sur le gouvernement. C'est ce qui explique pourquoi cette année, après plus de 10 ans de boycott, la Histadrouth a décidé d'organiser une manifestation de masse contre la politique gouvernementale. Or, à la surprise de tous, y compris de la bureaucratie histadrouthique, ce sont près de 150000 travailleurs qui se sont mobilisés le ler mai, et ce après une violente campagne de la droite sioniste sur le thème «Le ler mai, c'est la fête des Russes et des Arabes, donc des ennemis d'Israël». La manifestation qui est la plus grande qu'Israël ait connu depuis la guerre de juin 67, est restée entièrement sous le contrôle de la Histadrouth; les slogans étaient centrés sur la défense de l'économie nationale, sur la sauvegarde de l'Etat, sur la défense d'une vraie union nationale, pour que tout le monde fasse un effort pour résoudre les problèmes de l'Etat; si l'Internationale n'a pas été chantée une seule fois, on a pu tout au long entendre, par contre, des chants patriotiques.
Et pourtant, on ne peut pas réduire cette manifestation une pure opération de la Histadrouth, même si le cadre que cette dernière avait choisi a pu être maintenu. Pour les travailleurs mobilisés, c'était une manifestation de force contre le Likoud, et pour la défense de leurs conditions de vie. Dans beaucoup de cortèges, on pouvait entendre des slogans spontanés : «A bas Beguin !», «Du pain et du travail», «De l'argent pour les HLM, pas pour les
colonies», «Horovitz démission».
Ce qui manquait, c'était un cadre organisationnel d'organiser ces ripostes sponta-
Les jours du gouvernement Beguin sont comptés. Le mécontentement populaire total et les sondages affirment depuis 30 ans le parti travailpourrait recevoir la mades sièges parlement. d'ailleurs pas, que les masses israéliennes aient aujourd'hui confiance dans la capacité des travaillistes de résoudre problèmes structurels de l'Etat d'Israël, mais simplement que Likoud et que à tout prix il faut se débarrasser de Beguin.
Cet isolement par rapport à la population, l'impasse des négociations avec l'Egypte et les tensions que cela crée avec les Etats-Unis, sions de la crise provoquent une au niveau de la classe geante. D'une part Sharon et la majorité de la fraction Herouth koud, qui ont choisi tique de la fuite en avant: intensification du processus de colonisation dans les occupés, accentuation répression, voire de réduire les libertés démocratiques vigueur la société juive d'Israël; une telle politique implique seulement la poursuite de l'offensive anti-ouvrière, mais militarisation croissante de l'ensemble de la société, et, à terme, une nouvelle aventure militaire.
Cette politique se heurte, comme nous l'avons montré, à une résistance de plus en plus massive au des cercles dirigeants sionistes, y compris de la pouvoir. Les personnes les plus «réalistes» du l'ont quitté: le ministre Affaires étrangères, Dayan, remplacé par l'ancien dirigeant du Gang Stern qui est opposé aux accords de Camp majorité des députés du parti réponse de classe.
capable
LA CRISE
GOUVERNEMENTALE soit capable de diriger.
pire que le et les dimenéconomique polarisation cela il doit militariser l'ensemdirible de la
Beguin, dans le Lilibertés démocratiques. Or ceci la polidangereux, et loin d'être gagné, mais il a aussi de fortes chances territoires de nion Nationale a pu être mainpossibilité tenue pendant plus de 30 ans, seulement parce dans fallait se battre contre l'ennemi commun, mais aussi parce non que les masses israêliennes identifiaient l'Etat sioniste avec une vie, parce qu'elles voyaient, à tort évidemment, comme la seule alternative imposée par les Arabes, que l'on pas le choix sein même coalition au de l'Etat sioniste.
gouvernement vernement Beguin auront perdes conscience nouvelle parmi les masses israéliennes. La guerre,
David, la l'occupation, l'exacerbation du de dépasser les limites de la Histadrouth, de donner une du général Yadin ont quitté la coalition, une forte minorité des députés libéraux du Likoud ne cachent pas leur volonté de faire alliance avec les travaillistes et maintenant le ministre de la Défense, Weizman, qui vient de démissioner, officiellement à cause de diversur le budget militaire, mais en fait parce qu'il ne croit Beguin-Parti national religieux fait devenu le gouvernement du Goush Emounim. Son objectif central est la colonisation accéterritoires occupés et pour cela, il est prêt à requestion la paix avec Sadate, à aiguiser l'isolement international, à créer des avec les USA; pour et réduire majorité radicalement les conditions de seulement contre-productif. qu'il leur sécurité, avec l'amélioration permanente du niveau de juive. pas était juste. C'était cela le ciment de l'union nationale et la base de la force Enounim.
Deux ans et demi de gou- politiques mis d'accélérer à un rythme sans précédent une prise de conflit israélo-arabe apparaissent de plus en plus comme ce qu'ils sont: un choix délibéré de l'Etat sioniste lui-même, pour lequel les masses laborieuses juives sont appelées à payer un prix de plus en plus lourd.
UNE REPONSE DE CLASSE
A LA CRISE DE L'ETAT
SIONISTE C'est afin d'empêcher rupture de l'Union l'effritement du ciment idéologique qui l'a permise qu'une la bourgeoisie israélienne veut se débarrasser du gouvernement BeguinGoush Emounim et le remplacer par un nouveau gouvernement travailliste. Derrière cette volonté de remettre les travaillistes au pouvoir se cache l'idée qu'il vaut mieux faire des concessions limitées au rêve d'une colonisation juive de l'ensemble de la Palestine, que de risquer la déstabilisation de l'Etat sioniste par une tout ou rien, l'isolement international et la «levantinisation» de la société
Malheureusement pour la direction sioniste, la crise ac- actuelle de l'Etat d'Israel n'est de l'Etat d'Israel n'est uniquement le produit d'une politique du tout ou rien des fanatiques du Goush
Elle est le reflet des nouveaux rapports de force au niveau régional et international, du renforcement du mouvement anti-impérialiste dans l'ensemble de l'Asie occidentale, de la victoire de la révolution iranienne, du développement du mouve-
ment national palestinien. L'arrière fond de la crise de l'Etat sioniste et de son grandissant, c'est l'essor anti-impérialiste région arabe. les plus modérés parmi les sionistes ont raison de dire la politique de fuite en avant de Beguin est suicidaire pour l'Etat sioniste, celui-ci a tout quand il affirme qu'une politique plus modérée dans les territoires occupés, et à plus forte raison un referont que renforcer timent des masses palestinienleur lutte contre sionisme; quand il explique au
Carter qu'après chute du chah, Israël reste le seul élément relativement stable impérialistes au Moyen Orient affaiblissement de l'Etat d'Israël le mouvement anti-impérialiste que se trouve l'Etat d'Israël, de même que, d'ailleurs, l'impérialisme américain, quoique ce dernier ait infiniment plus de marge de manœuvre avant-poste au Moyen-Orient. La question, pour les travailleurs israéliens, est de commencer à comprendre que l'impasse de l'Etat pas celle des travailleurs juifs, que la crise de l'Etat n'est isolement se heurtent pour ter ces handicaps, en les ruines de l'Union nationale.
des intérêts et de leur renforcerait lestiniennes libération nationale, native crédible au sionisme.
leurs que son mencer à de termes à à-dire nationale. Aujoud'hui plus que jamais le problème central qui sioniste n'est israéliens c'est la nécessité de nécessairement celle de lourds handicaps: "plus de 30 ans d'Union nationale, l'absence de structures d'organisation l'idéologie dominante et l'identification, sécurité des travailleurs et la sécurité de l'Etat sioniste. Il faudra du temps pour surmonpant toute lutte partielle, toute forme d'organisation autonome, pour qu'objectivement les travailleurs s'opposent aux priol'Etat sioniste, développent
Dans le cadre de leurs luttes auto-organisation, les travailleurs juifs rejoindront progressivement les masses padans leur lutte de et permetdoter d'une perspective prolétarienne qui seule puisse offrir aux travailleurs juifs une alter-
Mais pour cela les travailpenser et à réagir classe, c'estrompre avec l'Union tir leurs rité et pose devant les travailleurs
28 mai 1980 s'organiser indépendemment de l'Etat sioniste et de commencer à réagir comme classe; borer un programme alternatif les moyens de les imposer.
Les tâches des révolutionnaires anti-sionistes d'Israël sont donc multiples mais intrinsèquement liées: développer la lutte d'émancipation nationale vers une perspective prolétarienne; développer toute forme d'organisation des travailleurs juifs qui affaiblissent objectivement l'Union nationale et permettent de progressser dans la voie structuration comme classe autonome; développer la solidarité au sein de la population juive, et particulièrement la jeunesse, avec les luttes des Palestiniens dans le but de montrer l'intérêt des masses arabes implique une lutte commune contre l'oppression nationale du peuple palestinien.
différentes luttes qui reflètent des niveaux de consciences variés, que se crée le front uni anti-sioniste des masses juives et arabes qui seul sera capable de mettre fin à l'oppression sioniste et de garanaux masses palestiniennes droits nationaux et aux masses juives, la paix, la sécu-
June vie normale sein du monde arabe.
Corée du Sud