Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COREE

Solidarité avec la lutte des masses en Corée du Sud

· Inprecor n° 79, 12 juin 1980 · p. 11-12 · 993 mots

Japon et Corée Syndicalisme

Solidarité aver en Corée du Si 1er juin 1980

D DEPUIS l'assassinat du dictateur Park, les Etats-Unis, en octobre 1979, le régime sud-coréen est entré en crise ouverte. Un fort essor du mouvement étudiant s'est produit, marqué breuses occupations d'universités. Des grèves multiples ont éclaté dont celles des mineurs et des ouvriers sidérurgistes de

: la lutte des m ud

Pusan tantes.

combatives contre la dictature soutenu par et l'insurrection

Kwangju s'est étendue à de nombreuses autres villes de la province de Cholley. Des dépar de nomapparus lors des combats de initiaux à rue commandement US en Corée lasses furent les plus impor-

Des manifestations eurent lieu tature écrasé la militaire urbaine de étendue à de buts de phénomènes de dé composition de l'armée sont me

Kwangju. Le

Déclaration du Secrétariat unifié de la IVe internationale lu Sud a donné le feu vert pour l'utilisation par la dicdes troupes qui ont rébellion. Telles furent les étapes successives de cette crise au cours des dernières semaines.

La cause immédiate de la crise est le rejet quasi-unanipar les masses sud-coréennes du régime de dictature militaire installé par l'impérialisme US depuis deux

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décennies à la suite des puissantes mobilisations étudiantes de 1960. Au lendemain de la mort du général Park, l'armée est divisée, un secteur laisse miroiter la perspective d'une certaine «libéralisation» du régime, la crise de direction politique bourgeoise s'accentue. Ce fut le retour, le 18 mai 1980, à la dictature militaire ouverte et à la répression la plus brutale avec l'arrestation de tous les dirigeants de l'opposition bourgeoise chrétienne, y compris l'ancien candidat à la présidence de la République, Kim Dae-jung, politicien grotesquement accusé d'être «à la solde de la Corée du Nord», ce qui provoqua les grandes explosions de la deuxième moitié de mai, dont l'insurrection urbaine de Kwangju fut le point culminant.

Mais la crise a des causes plus profondes. La Corée du Sud de 1980 n'est plus celle de 1960. Entre-temps, un des mouvements d'industrialisation les plus rapides que l'histoire du capitalisme ait connus, y a fait surgir la troisième puissance industrielle de l'Asie capitaliste, en chiffres absolus, et la deuxième relativement à la population et aux dimensions pays. Mais avec cette industrie ultra-moderne a surgi un prolétariat nombreux et concentré dans des métropoles géantes comme Séoul, qui compte aujourd'hui sept millions d'habitants. La surexploitation de ce prolétariat travaillant pour des salaires de famine, maintenu par la dictature dans une situation d'atomisation, fut à la base du «miracle économique sud-coréen». Au cours de la dernière période, les salaires ont cependant commencé menter sous l'effet même du «boom», provoquant un recul des investissements et un ralentissement de la croissance; 1980 sera une année de crise.

De ce fait, les étudiants ne sont plus seuls à affronter l'armée comme ils le furent en 1960. Une classe ouvrière en plein éveil sera de plus en plus à leurs côtés. Il est symbolique que ce soient des mineurs des mines de charbon qui aient procuré aux étudiants de Kwangju la dynamite avec laquelle ceux-ci menacèrent de faire sauter les locaux administratifs, si l'armée donnait l'asà la ville. L'armée ellen'est plus de composiessentiellement paysanne comme elle le fut au cours des

50 et 60. Ces deux changements n'annoncent rien de bon pour l'impérialisme et la bourgeoisie sud-coréenne !

Dans l'immédiat, l'insurrection de Kwangju, en avance sur le reste du pays, n'a pas pu tenir. Pour tenter d'empêcher que son exemple n'inspire des luttes du même genre, la dictature et l'impérialisme déclenchent une sanglante l'avant-garde étudiante et ouà ce propos, alerter et mobiliser l'opinion internationale, avant tout celle du mouvement syndical Japon et aux Etats-Unis. Uni, le mouvement ouvrier et antiimpérialiste international protéger contre les tortionnaires du nouveau dictateur Chon les combattants Kwangju et d'ailleurs !

Après la chute du chah, après la montée impétueuse mouvement de masse au la crise de régime qui secoue la Corée du Sud indique que le système impérialiste n'est pas seulement menacé dans ses maillons les plus faibles et les plus arriérés, mais dans quelques-uns ses «relais» semi-industrialisés considérés comme les plus solides. L'impérialisme et la bourgeoisie nationale défendront leur pouvoir, leurs profits et leur propriété bec et ongles dans ce présence de porte-avions américains dans les eaux de la mer du Japon, les bases et troupes américaines en Corée du Sud, à commandement unifié avec les forces opérationnelles coréennes, les menaces explicites à l'égard de Pyong-Yang, indiquent clairement cette résobitant.

Les masses sud-coréennes concentrent aujourd'hui leur combat contre la dictature militaire et pour la conquête des libertés démocratiques. La IVe Internationale soutient pleinement ce combat. Mais derrière la dictature, il y a l'impérialisme, résolu à défendre ses positions dans le pays. Une lutte conséquente contre la dictature est intimement liée à la lutte contre l'impérialisme et l'occupation militaire par les USA. Le succès de cette lutte dépendra de la mobilisation et de l'organisation autonome prolétariat, de la constitution de puissantes organisations syndicales, de la création d'un parti de masse des travailleurs et de l'apparition d'une organisation révolutionnaire d'avant-garde, basée sur la classe ouvrière sud-coréenne et fondée sur le marxisme-révolutionnaire et 'le programme de la révolution permanente, mobilisant les masses dans la perspective de l'établissement d'un gouvernement ouvrier et paysan.

Cette lutte soulèvera inévitablement la nécessité objective de l'unification de la Corée divisée en deux depuis plus de 35 ans, ouvrant la perspective d'une Corée socialiste unifiée résultant de la révolution SOciale dans le Sud et de la révolution politique dans le Nord.

A bas la dictature militaire en Corée du Sud ! Suppression immédiate de l'état de siège ! Rétablissement immé diat de toutes les libertés dé mocratiques, sans réserves ni exclusives aucunes, y compris pour les communistes !

Liberté d'organisation droit de grève sans restriction aucune pour les salariés !

Convocation immédiate d'une Assemblée constituante souveraine!

Retrait immédiat de toutes les bases et de toutes les troupes impérialistes de la Corée du Sud!

Solidarité internationale agissante avec les victimes de la répression en Corée du Sud ! •

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