Le pouvoir et la société doivent, chacun, faire des pas en direction de l'autre sur des bases réalistes. De la part du pouvoir, cela exige d'éliminer les obstacles sur la voie de la réconciliation avec la nation et une démocratisation réfléchie permettant un dialogue authentique et l'entente avec tous les milieux sociaux. De la part de la société, une modération dans les postulats et le sens de responsabilité, s'exprimant par l'acceptation des principales réalités du système, est nécessaire. Je veux qu'on me comprenne bien. S'il s'agit des options idéologiques, je fais partie des partisans du pluralisme politique. Je pense néanmoins que, dans l'actuelle situation de notre pays, ces idéaux n'ont pas de chance de devenir une réalité et l'essai de leur réalisation aggraverait seulement la crise et rendrait plus difficile la recherche d'une solution. Les valeurs
Directeur de publication: Jean-François GODCHAU supérieures de l'existence de la nation exigent, dans l'état actuel, de subordonner les postulats maximalistes aux exigences du réalisme politique. Aucun postulat n'est aujourd'hui seulement un acte d'expression idéologique et de persuasion, mais est avant tout un acte de pratique politique découlant de la situation présente. Pour cette raison, le fil conducteur de cette lettre, aussi bien dans sa partie critique que dans sa partie prospective, est basé sur la société actuelle et n'est pas dirigé contre elle. C'est une perspective de réalisme et non d'idéologie. Il s'agit de trouver des solutions, permettant de sortir de la crise et de dépasser les contradictions qui l'ont provoquée; il s'agit d'introduire durablement dans notre vie publique des mécanismes de dialogue et d'intégration sociale, de telle façon que le rôle dirigeant du POUP et le caractère monopartite du système ne soient pas remis en cause
Imprimerie ROTOGRAPHIE, Montreuil.