Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IRAN

III. Les contradictions d'une direction nationaliste bourgeoise

· Inprecor n° 80, 26 juin 1980 · p. 3-12 · 8 693 mots

Iran Mexique

AVEC cet article s'achève la série entamée dans

Inprecor, numéro 78, sur la situation en Iran, quinze mois après l'insurrection qui mit à bas la monarchie

L'assaut lancé contre les universités et le début de la seconde offensive militaire contre la résistance kurde, le développement de la crise sociale

Michel ROVERE

«Le renversement du régime du chah a enclenché un processus de révolution permanente en Iran : il a ouvert la voie à la troisième révolution iranienne», expliquait il y a un an la résolution adoptée par le Secrétariat unifié de la IVe Internationale.

Depuis quinze mois, il n'y a eu, en Iran, ni reflux, ni stabilisation, mais au contraire un approfondissement de la radicálisation du mouvede masse, des des ouvriers, ment minorités des nationales paysans,

(Voir Inprecor numéro 79). Pourl'observation immédiate de la tant, situation et des événements en Iran fait surgir une série de questions qui tournent autour de la politique menée par la direction nationaliste bourgeoise de Khomeiny-Bani Sadr.

1- Il y a une radicalisation du de mouvement

Les ouvriers s'organisent en shoras, entades expériences de contrôle ment ouvrier. Les paysans commencent à occuper de plus en plus massivement les terres. Les nationalités opprimées se mettent en mouvement les unes après les autres et luttent de façon de plus en plus résolue pour leurs droits.

Enfin, les masses iraniennes avancent des revendications toujours plus radicales contre l'impérialisme.

Or, face à ces processus pourquoi n'a-t-on pas assisté au cours de l'année dernière à un glissement régulier, linéaire à droite de la direction

Khomeiny, mais à des oscillations, à un mouvement pendulaire qui a fait alterner les «tournants droitiers» de répression intérieure avec des périodes confrontation avec l'impériade

2 - Pourquoi ce mouvement pendulaire a-t-il pris précie ment la forme d'une alternance entre des offensives contre-révolutionnaires à l'interieur du pays contre la gauche, le lutionnaire et les qui continue d'alimouvement ouvrier, les nationalités et d'autre part des mobilisations contre l'impérialisme ? Corollaire de la même question : pourquoi, au sein de cette direction nationaliste bourgeoise, les éléments comme le Parti républicain islamique (PRI), qui veulent mener jusqu'au bout l'écrasement de la résistance kurde, ou qui organisent le sac des universités, sont-ils ceux qui sont en même temps les moins décidés à passer un compromis avec l'impérialisme américain sur la libération des otages de l'ambassade américaine? 3 - Que signifie la division de la di-

Erection Khomeiny entre secteurs «populistes-intégristes» (comme le PRI) et secteurs «libéraux» (Bazargan, Chariat Madari hier et Bani Sadr aujourd'hui) ? Est-ce-que cette division division recoupe une division entre une «aile droite» et une aile «gauche» ? radicalisation de l'aile gauche ?

Ce ne sont pas des questions de pure forme. Elles sont en fait au cœur des débats de tout le mouvement ouvrier et révolutionnaire en ou les tactiques successives des principaux groupes centristes et du parti stalinien. Il est inutile de dire aussi l'importance qu'elles revêtent pour définir l'intervention la plus efficace possible des militants trotskystes dans la révolution iranienne.

UN MOUVEMENT PENDULAIRE

Il serait faux de croire que la des oscillations, de ces tournants brusques dans la politique d'une plongée dans le creuset d'une crise révolutionnaire, est liée uniquement à la question du rapport de force socio-

Get militaire, à un mo-

Iran menter le mouvement en avant de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des nationalités opprimées ont été précédemment abordés (cf. Inprecor, numéros 78 et 79). Ce dernier article traite plus particulièrement de la méthode selon laquelle les marxistes révolutionnaires abordent et jugent cette direction nationaliste révoprincipales tâches qui découlent de la ment donné, entre d'une part les iraniennes classes dominantes iraniennes et et d'autre part les classes exploitées et opprimées. Une telle simplifi cation qui reviendrait à dire que

Khomeiny a cautionné l'occupation de l'ambassade américaine uniquement parce qu'il venait de subir une défaite dans la première offensive militaire contre le Kurdistan, fournirait une explication un peu courte, incapable de rendre compte de ce que représente la spécificité de la révolution coloniale, entre autres de la différence de situation qui continue d'exister, au-delà des traits communs, entre une bourgeoisie semi-coloniale et une bourgeoisie impérialiste.

Trotsky et l'Opposition de gauche ont mené le combat que l'on sait contre la ligne de Staline et Boukharine en Chine qui prêtaient jusqu'au désastre de 1927 à la bourgeoisie chinoise et à sa direction, le Kuo Min

Tang, des vertus révolutionnaires

Mais Trotsky, avec la même ardeur, dénonça ensuite les nouvelles approximations péremptoires, en sens opposé, de Staline-Boukharine : «Si, hier, la bourgeoisie chinoise etait incorporée au front révolutionnaire unique, aujourd'hui on proclame «qu'elle est définitivement passée dans le camp de la contre-révolution». Il n'est pas difficile de voir à quel point ces enrôlements et ces transferts effectués de façon tout administrative, sans analyse marxiste quelque peu sérieuse, manquent de fondement.

Il est absolument évident que la bourgeoisie rejoint le camp des révolutionnaires non par hasard, non par légèreté d'esprit, mais parce qu'elle subit la pression de ses intérêts de classe. Par crainte des masses, elle abandonne ensuite la révolution ou manifeste ouvertement contre elle une haine jusqu'alors dissimulée. Mais elle ne peut passer definitivement dans le camp de la contre-révolution, c'est-à-dire se libérer de toute nouvel-

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le obligation de «soutenir» la révolution ou tout au moins de flirter avec elle, que lorsque, par des méthodes révolutionnaires ou autres (celles de Bismarck, par exemple), elle réussit à satisfaire ses aspirations fondamentales de classe. Rappelons l'histoire des années 1848 et 1871. Rappelons que, si la bourgeoisie russe put tourner aussi résolument le dos à la Révolution de 1905, c'est parce qu'elle reçut d'elle la Douma d'Etat, c'est-à-dire le moyen d'agir directement sur la bureaucratie et de traiter avec elle. Mais, quand la guerre de 1914-1917 eut révélé que le régime «rénové» était incapable d'assurer la satisfaction des intérêts majeurs de la bourgeoisie, celle-ci se tourna de nouveau du côté de la révolution et son revirement fut plus brutal qu'en 1905.(...) chinois : votre coalition avec la bourgeoisie fut juste de 1924 à la fin de 1927, mais maintenant elle ne vaut rien, parce que la bourgeoisie est définitivement passée dans le camp de la contre-révolution, c'est préparer encore aux communistes chinois de nouvelles occasions de désarroi devant les futurs revirements objectifs et les zigzags à gauche que la bourgeoisie chinoise décrira inévitablement (1)».

Contrairement aux calomnies staliniennes déversées contre elle ou aux simplifications abusives des sectes, la théorie de la révolution permanente n'a jamais nié qu'il existait des conflits d'intérêts entre la bourgeoisie nationale d'un pays semi-colonial et l'impérialisme. Le nier serait s'interdire de comprendre de nombreux bouleversements qui se sont produits dans le monde colonial depuis un siècle, à commencer par la décolonisation. Ce que dit la théorie de la révolution permanente et ce qu'a vérifié toute la pratique depuis, c'est que dans le triangle des protagonistes, la bourgeoisie nationale d'un Etat semicolonial ne se situe pas au milieu, sur la ligne médiane, mais plus près de l'impérialisme que du prolétariat.

La bourgeoisie nationale peut certes s'affronter avec l'impérialisme qui l'exproprie à son profit d'une fraction des richesses produites et la marginalise plus ou moins. Elle peut mettre à profit une révolution ou une lutte de libération nationale pour tenter d'obtenir une participation accrue dans le partage du gâteau. Mais elle partage avec l'impérialisme un intérêt qu'elle ne partage pas avec le prolétariat et les paysans pauvres de son propre pays : la défense de la propriété privée, de l'Etat bourgeois qui assure l'accumulation du capital, l'intégration au marché mondial ca-

Une telle position a des conséquences immédiates pour l'intervendes marxistes révolutionnaires de la IVe Internationale en Iran et dans le monde : nous ne parons pas la bourgeoisie nationale iranienne, la direction Khomeiny en particulier, de les vertus révolutionnaires. Nous nous battons, en tout premier lieu face à elle pour la défense des droits et des revendications du mouvement ouvrier, du mouvement paysan et du mouvement des nationalités opprimées y compris lorsqu'ils s'op cette direction. Mais nous refusons d'assimiler purement et simplement la bourgeoisie iranienne ou le régime issu du renversement du chah à une bourgeoisie impérialiste, à des régimes occidentaux.

Face à l'impérialisme, nous n'avons pas de position neutraliste. Nous continuons de faire cette différence essentielle que Lénine définissait au Ile Congrès de l'IC entre «nations oppresseuses» et «nations opprimées» (2). Nous dénonçons et nous luttons contre toutes les mesures d'isolement politique, de blocus économique, de chantage à la moindre intervention militaire dirigée contre la révolution iranienne alors même que le gouvernement iranien reste un gouvernement bourgeois. En Iran, en cas d'intervention militaire impérialiste ou de coup d'Etat militaire fomenté par les suppôts de l'ancien régime, la tâche de l'avant-garde marxiste révolutionnaire serait d'appeler les ouvriers, les paysans et les opprimés à prendre la défense du régime avec leurs méthodes d'action et d'organisation propres tant qu'ils ne seraient pas en mesure d'établir leur propre régime (3).

Une telle position politique n'implique en aucun cas, bien au contraire, que nous renonçions d'un pouce à nos convictions et à la défense pratique de notre programme, à savoir que ce gouvernement, parce reste bourgeois, ble d'accomplir ou même de comapporter une face aux tâches, y compris aux tâches démocratiques bourgeoises, mises objectivement à l'ordre du jour par le développement du processus révolutionnaire. Nous ne cessons de lutter pour que soient créées les conditions objectives et subjectives afin que ce régime puisse gouvernement ouvrier et paysan, un régime de dictature du prolétariat.

Cela implique qu'à aucun moment nous ne nous taisions ou nous ne mettions en sourdine notre programme et nos propositions d'action menées contre-révolutionnaires que peuvent poursuivre la bourgeoisie iranienne et cette direc- 2) Lénine : Rapport sur les thèses sur la tion nationaliste.

Trotsky a résumé dans une formule succincte les différents paramètres qui permettent de saisir dans quel cadre et dans quelles limites se meut la bourgeoisie nationale d'un pays semi-colonial : «La question de la nature et de la politique de la bourgeoisie est tranchée par toute la structure interne des classes dans la nation qui conduit la lutte révolutionnaire, par l'époque historique où se déroule cette lutte, par le degré de dépendance économique, politique et militaire qui lie la bourgeoisie indigène à l'impérialisme mondial dans son ensemble ou à une partie de celui-ci, enfin -et c'est là le principal, explique Trotsky - par le degré d'activité de classe du prolétariat indigène et par l'état de sa liaison avec le mouvement révolutionnaire international.

Une révolution démocratique ou la libération nationale peuvent permettre à la bourgeoisie d'approfondir et d'étendre ses possibilités d'exploitation. L'intervention autonome du prolétariat sur l'arène révolutionnaire menace de les lui ôter toutes (4)».

C'est l'échec de la Révolution blanche, l'impossibilité de l'industriapartielle, de sortir Iran sous-développement et d'échapper à l'emprise impérialiste qui ont miné les assises du régime Pahlavi l'explication première de l'éclatement de la troisième révolution

Au-delà des traits communs généraux qui relient la situation de l'économie et de la société iranienne à ses homologues du monde colonial et semi-colonial, des spécificités importantes demeurent qui marquent le cours des événements.

Il y a les modalités même de l'industrialisation fondée sur la construction de grandes et moyennes (en regard des caractéristiques du pays) unités de montage destinées au marché intérieur. Il y a le rôle politique et économique qu'a pu jouer l'Etat Palhavi reconstruit sur la base d'une défaite imposée à certains secteurs de la bourgeoisie nationale (chute de Mossadegh) et qui est intervenu comme agent économique de première importance (Réforme agraire, politique douanière et surtout capitalisation de la rente pétrolière) au profit d'une mince fraction de la bourgeoisie iranienne associée au développement industriel moderne (les «45 familles»). Cela a entraîné une très forte polarisation, une très grande

Tome 2 question coloniale au 2è Congrès de 3) Cf. Déclarations dans «Inprecor» numéros 77 et 80 4) Léon Trotsk y «L'internationale communiste après Lénine»

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Ce qui fait qu'au total les entreprises moyennes (entre 50 et 500 salariés) ne représentent que 4,5 % de l'emploi industriel. (Source : Saber Nickbin - «Iran, the Unfolding Revolution» p.13 - IMG pamphlet)

coupure entre le secteur le plus moderne et le secteur le plus retardataire (le bazar et l'industrie manufacturière) de cette bourgeoisie. Le tableau I montre l'ampleur du fossé entre les entreprises.

Ce sont ces couches de la petite et moyenne industrie traditionnelle et du bazar qui ne bénéficiaient pas directement du pactole de la rente pétrolière, qui étaient évincées du pouvoir politique par la dictature Pahlavi et qui pourtant continuaient d'occuper une place décisive dans l'économie, vingt ans après le début de la Révolution blanche (ce qui marque toutes les limites de cette industrialisasation). Ce sont donc ces couches qui ont servi de base économique et sociale au clergé chiite et au mouvement religieux dans sa lutte contre le régime.

Reconnaître tion marquée de la bourgeoisie iranienne n'implique que les fractions de cette bourgeoisie retardataire soient indépendantes de l'impérialisme. D'abord parce que c'est toute l'économie iranienne et pas seulement le secteur industriel le plus moderne qui est dépendante parce qu'intégrée au marché mondial (voir par exemple le rôle décisif pour toute l'économie des rentrées de par l'exportation du pétrole et de la part croissante des importations alimentaires). 70 % de l'import-export non pétrolier sont toujours contrôlés par le bazar. Enfin même la petite industrie, en raison même du caractère distordu, non organique du développement du capitalisme en Iran, dépend du marché mondial pour l'importation des matières premières et des biens de production (que l'on songe qu'il n'y a pas en Iran une seule usine fabriquant des vis ou des boulons !).

Si ces secteurs n'ont pas moins de liens que les secteurs industriels modernes avec les économies impé. rialistes, les rapports ne sont pas les mêmes (ici des rapports essentiellement commerciaux, là des rapports d'association dans des joint ventures avec des firmes multinationales).

TABLEAU I Taille des entreprises industrielles Moins de 10 salariés Entre 10 et 49 salariés Entre 50 et 99 salariés Entre 100 et 499 salariés 500 salariés et plus Total pas lancées à l'assaut de la dictature satisfaction ment pour ne pas céder.

polarisacompte, en absolument pas nature sociale cement dans la terre a toujours été en devises l'importance de entre 1976 et 1978).

relèvement important laires qui a été

Nombre d'entreprises

869 000

6431

520

355

138

876444

Les masses iraniennes ne se sont

Pahlavi dans l'unique but de reconcaires.

quérir les libertés politiques et civiles perdues, de renverser un régime haï, épaulé par l'impérialisme. Elles ont affronté, avec l'héroïsme de masse que l'on sait, la répression parce que l'un des enjeux décisifs de la révolution iranienne leur apparaissait la possibilité de changer leur vie, de satisfaire leurs aspirations

Or c'est sur ce terrain de la revendications

«intérieures», économiques, sociales tement chevillé bourgeoisie iranienne s'accroche le plus duresistance

On l'a vu à propos de la question modernisme.

de la terre. Le blocage ou le dévoiement des plans de réforme agraire, même les plus réformistes, rendent dernière instance, de la installée de cette bourgeoisie nationale, qui est liée aux propriétaires fonciers et aux paysans riches, par mille et un liens familiaux, commerciaux (cf. le rôle des bazaris et des acheteurs de récoltes dans le système d'usure) et spéculatifs (le pla-

Iran, avec la spéculation immobilière, l'un des principaux débouchés à la suraccumulation du capital dans le

C'est s'est lancé

On pourrait encore citer le blocage de toute véritable réforme urbaine, alors que tous les observateurs s'accordent à y voir une des clés pour résoudre la crise sociale, étant donné l'exode rural (1,5 million l'année dernière) et le rôle moteur de la construction dans l'acles limites tivité économique et la formation des emplois (675000 emplois créés

Au niveau industriel, face au décrété, de larges fractions des petits et moyens employeurs continuent de refuser d'investir, quand ils ne lockoutent pas l'impérialisme, purement et simplement leurs entrel'ambassade, prises en prétextant le manque de

Moyenne

Total des des salariés salariés

1800000

2,0

25,0

161000

68,0

35 000

190,0

67 000

1050,0

148

2,5

2211000 matières premières ou la para- ou la paralysie du systeme de crédits ban- de crédits ban-

Cette petite et moyenne bourgeoisie iranienne traditionnelle, qui, dans l'ensemble, avait appuyé le nouveau régime, a soutenu d'emblée «le mouvement anti-impérialiste». Les jours de grands rassemblements multitudinaires aux abords du «Nid d'espions», des commis des bazaris de Téhéran venaient y distribuer, gratuitement ou à vil prix, de la nourriture, des boissons et autres douceurs aux manifestants.

Car le nationalisme est étroiau corps du Bazar. Il s'enracine, bien sûr, dans la perde modes de vie, de relations sociales et économiques qui ont été finalement peu affectés par le Mossadegh et qui a systématiquement exclu ces couches traditionnelles du pouvoir politique et même de la redistribution directe de la rente pétrolière. Au contraire, devant la crise économique, en particulier l'inflation, qui a marqué les dernières années de la dictature, le chah avait tenté de désigner le bazar comme principal bouc émissaire.

pour cela que le bazar dans l'action contre le régime. C'est pour cela qu'il s'est également retrouvé derrière les dirigeants politiques de la République islamique pour dénoncer le «Grand Satan» américain et exiger l'extradition du souverain déchu.

Force est aussi de reconnaître que cette bourgeoisie nationale iranienne et sa direction se sont imposées.

UNE RISPOSTE ECONOMIQUE

DERISOIRE Dès que la confrontation avec après l'occupation de s'est située sur le terrain de la guerre économique et du blocus

Pourcentage des d'emplois industriels 81,5 7,3 1,5 3,0 6,7 100,0

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partiel, c'est Téhéran qui, faute de prendre de réelles mesures impérialistes n'a jamais pu prendre l'initiative face à l'offensive de l'administration et des milieux d'affaires américains.

Carter a pris, le 12 novembre, la décision d'interrompre vraisons de pétrole iranien aux

Etats-Unis.

C'est

Etats-Unis qui a pris de vitesse les dirigeants de Téhéran deux jours plus tard, en gelant les avoirs iraniens placés dans les grandes institutions financières US, avoirs qui représentent un minimum de m liards de dollars. caines qui a pris l'initiative, au tragrandes banques de faire rompre la plupart des lignes de crédits à moyen à court terme sur lesquels reposaient jusqu'alors les échanges commerciaux entre la bourgeoisie nienne et ses partenaires occidentaux. (Ainsi sur la place de Londres, le «Département pour la garantie des crédits d'exportation» a cessé de couvrir les opérations à destination de l'Iran qui ne peuvent donc plus avoir lieu qu'en ayant recours au paiement cash ou à des lettres de crédits certifiées).

Face à ces mesures et au bloéconomique touchant certains produits stratégiques (en particulier, les pièces et les dispositifs pour l'industrie pétrolière), la riposte est restée dérisoire, faute d'un plan radical de mesures anti-impérialistes.

En juin et juillet 1979, le gouvernement Bazargan s'était vu contraint, pour prévenir un effondrement de toute l'économie, de nationaliser tout le secteur bancaire et les compagnies d'assurances, puis, dans la foulée, 75 pour cent des secteurs industriels modernes menacés de mise en faillite et de fermeture.

Mais ces nationalisations n'ont pas purté un coup très sévère aux intérêts impérialistes. Et malgré la revendication des masses iraniennes, formulée à plusieurs reprises, de nationalisation sans indemnité de tout le capital étranger, aucune en ce sens n'est intervenue.

On pourrait citer aussi le projet avorté de nationalisation du commerce extérieur. Au plus fort des menaces de blocus économique, en janvier dernier, Bani Sadr, alors ministre des Finances, annonça la nationalisation du commerce extérieur. Une semaine plus tard, au sortir d'une séancemarathon du Conseil de la révolution islamique, le ministre du Commerce annonçait que seuls... les entrepôts étaient nationalisés...

anti-

«de luxe», en les lile président des marché noir (5).

péens et japonais.

des rubriques

Moyen-Orient est revenu fonde sur une double réalité.

pour l'Iran

TABLEAU III

Etats-Unis

RFA (2)

Japon

France

URSS

Pays clients

Etats-Unis

RFA (2)

Japon

France

URSS

(2) 9 mois.

Sans même parler de nationalisation du commerce extérieur, le gouvernement avait décidé de contingenter l'importation de certains produits particulier les automobiles. Or, sous l'effet conjugué de la baisse de la production en Iran et devant le développement d'un marché noir florissant des voi-

Men tures d'occasion et des pièces détachées, le gouvernement iranien a décidé de laisser réimporter des contingents de voitures plutôt que de s'en prendre aux racines du mal, que ce soit en terme de plan de reconversion industriel ou de lutte contre le

Enfin, il y a toute la série du pied (suivis d'effets) en direction des impérialismes euro-

Depuis quelques semaines, le ton financières des naux et revues spécialisées sur le

POURCENTAGE DES IMPORTATIONS EN IRAN Source : Ministère du Commerce iranien. COMMERCE EXTERIEUR IRANIEN (1) Pays fournisseurs 1977 1978 (en mil liards de FF) 11.7 15,8 13.3 15,5 8,2 11,5 Grande-Bretagne 5,6 6.7 3,3 3,9 2,7 2,8 12,0 12,3 9,0 9,6 18,2 18,2 Grande-Bretagne 6,7 4,8 5,2 5,4 1,8 1,5 Source : Conseiller commercial de reproduit in L'Expansion du 4 au 17 (1) Le pourcentage de variation des niennes est calculé dans la monnaie du pays considéré.

La révolution iranienne a affecté le volume des échanges commerciaux, mais pas leur structure.

On voit au contraire s'accélérer un mouvement qui avait déjà commencé depuis plusieurs années et dans lequel le capital européen et japonais se taille une part de plus plus importante au détriment du concurrent américain.

Les deux tableaux suivants montrent à la fois la réduction du volume et l'absence de modification de la structure des importations iraniennes.

En fait, l'on assiste, au cours des derniers mois, à une échanges commerciaux entre l'Iran et ses partenaires occidentaux, européens du moins.

5) Un accord vient d'être passé entre l'Iran et la Roumanie pour la reconversion d'une seule des sept chaînes de

Mais l'accord ne prévoit la sortie d'un véhicule utilitaire que dans... 6 ans.

(les 3 premiers trimestres)

1979 1979/1978

(en %)

4,2

- 72,3

3.9

- 66.0

- 65,7

3,8

2.0

- 69,0

1,8

- 55,0

0,6

- 72,5

11,5

- 3,3

6.7

- 11,2

17,7 plus 0,6

2.1

- 54,5

- 19,0

4,3

0,6

- 52,0 en Iran, avril 1980.

importations ira-

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En 1978, les exportations à destination de l'Iran des pays membres de l'OCDE représentaient moyenne de 1,3 milliard de dollars par mois. Au cours des trois premiers mois de l'année 1979, atteignirent à peine le quart de ce chiffre. Mais ils ont augmenté puis pour atteindre une moyenne de 600 millions de dollars au cours des trois derniers mois de l'année 1979 et cette reprise ne s'est pas interrompue depuis lors (6).

Pays par pays, cette s'est également confirmée.

Pour toute l'année exportations japonaises vers ont atteint 925 millions de dollars contre 2,7 milliards l'année précédente. Mais au seul mois de mars 1980, l'Iran a importé millions de dollars de marchandises japonaises. Les Japonais ont repris la finition du gigantesque plexe pétro-chimique de Khomeiny, construit en venture», par le trust Mitsui et par une filiale de la NIOC, pour un investissement de 3,2 milliards de dollars.

Les exportations nillions Talbot, qui représente cent destination l'Iran, fournir, en livres au Peykan, (7) triste semaines, FORCES ET FAIBLESSES DU PRI

Le Parti de la République islamique (PRI) apparaît aujourd'hui comme la force la plus structurée, la plus dynamique, la plus offensive sein de cette groupes, d'organisations, de réseaux et de cliques qui constituent le mouvement khomeiniste. Alors que son candidat avait subi une défaite misérable face à Bani Sadr, lors des élections présidentielles, le PRI a conquis la majorité des sièges au nouveau Majless, le Parlement iranien. Au

Conseil le secréta une d'une maj voir contrecarrer ils initiatives blique.

du defutur ravant qui ves

01

Bani

Sadr étrangères de faire reprise

1979, les larges secteurs chiite

PIran pour 238 par Bani Sadr.

com-

Bandar-

«jointde la CEE campagnes et de livres du pays, villes

Grande-Bretagne, sentants de l'Imam, des qui, comme l'ayatollah Madani exporde

1980, civiles régulières.

de pièces montage de contre la télévision.

constat le par qu'au bout quablement, puise sa fractions de la bourgeoisie traditionnelle. Les geants secteurs plébéiennes,

Khomeiny pour sa geante contre la dictature.

constellation de égalitaire, béiennes qui viennent pour la uelles sentiel de leur «vision du monde».

PRI, qui s'appuie sur de la hiérarchie dispose par conséquent de l'essentiel du réseau organisationnel des mosquées, exerce une influence hégémonique dans le corps des Pasdars, les gardiens de la révolution, au point de faire démissionner leur chef, Abou Charif, désigné

(Qom, Ils disposent de puissants relais faible dans l'appareil d'Etat : les tribunaux islamiques, la Fondation des Mostazzafin ou la Croisade pour la recons-

Il s'appuie, notamment dans les dans les principales sur le réseau des comités Khomeiny et sur les repréces religieux à Tabriz, doublent de fait les autorités veaux Ils disposent de solides points d'ancrage dans la presse, la radio et

Le PRI, à côté des aventuriers, des profiteurs et des chevaliers d'in- principale dustrie que ce genre de formation, dans toute révolution, attire immanforce dans le soutien politique et matériel de larges petite et moyenne dirireligieux qui sont à sa tête incarnent, aux yeux notamment de

«déclassés» de la population et de larges franges des masses le prestige acquis par lutte intransides dirià l'intégrisme religieux le plus strict et à la dévotion officielle envers le «Guide de la Nation», l'Imam, une phraséologie nationaliste et populiste. Ils promettent de mener jusqu'au bout le lutte contre le «Grand Satan» impérialiste et annonce ces lendemains qui chantent d'une société sans classe, «towhidi»; ils s'efforcent ainsi de à leur façon aux aspirations sociales de ces couches plé-

6) preà l'activité politique et 7) l'islam forme l'es- Days», dian»

Pour compléter cette description du dispositif du PRI, il convient d'ajouter les puissants réseaux clientélaires constitués autour des services d'œuvres sociales des mosquées ou de la fondation des Mostazzafin. Ils servent à s'attacher, en échange d'un petit emploi ou d'une aide sociale, la fidélité de ces déclassés. Le recrutement par les fractions les plus intégristes du PRI, des bandes «d'hezbollahs» qui vont agresser les manifestations de l'opposition de gauche, repose sur ce type de clientélisme.

Pourtant, derrière cette apparence de force, résident quelques faiblesses importantes:

Si le PRI ou les autres partis religieux qui gravitent autour de lui, sont bien implantés dans certains centres des provinces persannes, notamment les villes les plus religieuses

Machad, Dezful, Ispahan, Chiraz), son poids est beaucoup plus dans les zones périphériques, en premier lieu dans les zones des nationalités opprimées.

Dans les campagnes, les mollahs ont joué un rôle décisif pour rallier au nouveau régime dans les mois qui ont suivi le renversement du chah, la masse de cette petite paysannerie parcellaire qui, malgré sa misère, devait l'essentiel de sa terre à la Révolution blanche. Mais de nouantagonismes surgissent, à mesure que le PRI s'identifie de plus en plus aux nouveaux notables, voire aux anciens, qui ont pris en main la plupart des comités chargés de gérer les villages et apparaît comme la force politique opposée à la révolution agraire.

Enfin, si le PRI, et davantage que lui, la hiérarchie chiite derrière importante sur de larges de la classe ouvrière, même ici et là, ce sont des militants ouvriers, membres du PRI, qui

You contrôlent tel ou tel parvenu à se doter d'un réel prolonorganisationnel dans la classe ouvrière. Au contraire, eu lieu et continuent dérouler pour arracher aux secteurs khomeinistes un contrôle trop étroit sur les shoras, par exemple, pour que les directions de ces shoras soient élues et non plus «proposées-imposées» par un religieux sur le critère de la fidélité au régime.

L'autre faiblesse essentielle du PRI, et derrière lui de toute la direction khomeiniste, se situe exacte-

«Financial Times» Sources : «Middle East», «8 «Financial Times», «Guar-

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ayant été assimilés en janvier 80 au • de la dynastie Quadjar et la mainmise ment à l'autre bout de l'échelle, dans sa capacité relativement faible de contrôler et de pouvoir utiliser à plein l'énorme machine bureaucratique, économique et militaire de l'Etat Palhavi.

Depuis le début de la crise révolutionnnaire en Iran, les observateurs ont souligné comment il y avait au sein du mouvement khomeiniste, au sein de cette direction nationaliste bourgeoise, deux grandes options qui divergeaient sur les moyens de contenir, puis de refouler le mouvement révolutionnaire des masses.

Une option «populiste-intégriste», qui mise essentiellement, pour affronter la radicalisation du processus, sur sa capacité d'influencer, : de strueturer et d'organiser certains secteurs des masses plébéiennes, pour en faire une force de frappe contre le mouvement des ouvriers, des paysans et des nationalités.

De l'autre côté, il y a le secteur qualifié de «libéral» dans la presse iranienne qui, de Bazargan à Bani Sadr aujourd'hui en passant par Chariat Madari, mise avant tout sur la reconstruction d'un Etat de droit autour de la machine bureaucratique et militaire héritée de l'ancien régime.

La faiblesse évidente de cette aile «libérale» et les avatars qu'elle a subis depuis un an et demi sont à mettre au compte du poids de l'histoire récente et ancienne: les formations politiques de la bourgeoisie iranienne se sont profondément déconsidérées avec la faillite sans gloire et sans combat du régime Mossadegh. 25 ans de dictature et de terreur policière contre toute opposition les ont réduit à l'état de groupuscules ou de petits cénacles d'exilés de l'intérieur et de l'extérieur.

Enfin est venu s'ajouter le discrédit des diverses tentatives faites par ces secteurs entre 1977 et octobre 1978 pour parvenir à un compromis avec le régime sur la «constitutionnalisation» de la monarchie.

Ils ont subi face au courant incarné par le PRI une série de rebuffades et de défaites partielles dont les plus connues sont: la mise au pas en août dernier de la presse bourgeoise dite d'opposition, l'interdiction puis la mise hors-la-loi du Front national démocratique et de son leader, le Dr Matine Dafftary; il y eut ensuite l'épisode des poursuites engagées contre le PDG de la NIOC, Hassan Nazih, proche de Mehdi Bazargan. Puis ce fut le tour de Bazargan, remercié début du mois de novembre avec son gouvernement par le Conseil de la Révolution, pour avoir rendu une visite à l'envoyé de Carter à Alger. Il y eut ensuite en décembre l'épreuve de force avec l'ayatollah Chariat Madari qui déboucha, après les affrontements de Tabriz, sur son effacement et la dissolution de fait de son parti, le Parti républicain du peuple musulman. Il faudrait ajouter aujourd'hui l'usure manifeste du nouveau président de la République et la paralysie partielle de son action.

Pourtant, on peut s'étonner à bon droit, au regard du seul critère des rapports de forces entre les courants et les ceux-cl n'aient plus vite pouvoir.

Certes, Khomeiny lui-même a joué un certain jeu de bascule, présentant un jour Bani Sadr comme son dauphin, pour appeler aux élections législatives suivantes à voter massivement pour les candidats du PRI. Mais le jeu de bascule correspond moins au machiavellisme d'un dirigeant décidé à diviser pour régner qu'à une contradiction réelle

Best confrontée toute la Comment plier et utiliser à ses fins, pour contenir la poussée révolutionnaire et stabiliser la situation, un qui lui reste

LE POIDS DE L'ETAT PAHLAVI pas mineur quand on sait le poids de cet Etat: plus de 1.7 million de salariés en 1978. Et, depuis la nationalisation des banques et d'une grande partie de l'industrie iranienne, il faut rajouter plusieurs dizaines de milliers de nouveaux fonctionnaires (les salariés des entreprises nationalisées statut de la fonction publique).

Cette année, 90 pour cent des dépenses courantes du l'Etat seront consaccés à payer les salaires des fonctionnaires, des militaires et des salariés du secteur nationalisé ! Cela représentera une somme de 10 milliards de livres, soit près du double de ce que touchera l'Iran de ses exportations pétrolières si elles se maintiennent au niveau des cinq premiers mois (8).

Comme dans le reste du monde semi-colonial, la toute-puissance acquise par l'Etat sous la monarchie Pahlavi est le reflet de la faiblesse de la bourgeoisie iranienne.

C'est l'Etat iranien qui a joué un tout premier rôle depuis des décennies pour renforcer la bourgeoisie, qui a contribué directement à l'industrialisation partielle du pays et même à la constitution de ces 45 familles de grands industriels liés à l'ancien régime.

L'Etat est intervenu dans la vie économique d'abord en faciliant l'accumulation primitive du capital par la capitalisation de la rente pétrolière. Ensuite la Révolution blanche et la réforme agraire ont continué de stimuler cette accumulation (élargissement du marché intérieur, constitution d'une importante armée de réserve industrielle qui allait peser sur le niveau des salaires), tandis que l'atomisation politique et sociale de la classe ouvrière par la répression policière facilitait le maintien à un haut niveau du taux de plus-value. Mais l'Etat iranien a contribué directement aux investissements. Les dépenses d'investissements de l'Etat iranien ont cru de 48 pour cent par an dans la période 1972-1976 et représentaient entre 50 et 60 pour cent des investissements totaux. Encore faut-il souligner que les investissements privés dépendaient eux aussi en grande partie de l'Etat (subventions, prêts industriels à faible taux d'intérêt, dégrèvements etc.) (9).

Sur le plan politique, la force de l'Etat Pahlavi représentait aussi la faiblesse de la bourgeoisie iranienne, sa faillite dans la réalisation des tâches historiques qui lui incombaient. Le coup d'Etat de 1921, organisé par l'impérialisme britannique au profit du père de l'ex-chah actuel, visait à garantir ses propres intérêts et établir un rempart efficace face à la victoire de la révolution bolchévique en URSS. Mais en Iran même, ce coup, puis l'instauration de la dynastie Palhavi, sanctionnaient l'incapacité de la bourgeoisie iranienne de mener à bien la révolution constitutionnelle débutée en 1905 contre l'autocratie des puissances coloniales anglaises et tsaristes sur les affaires économiques et politiques du pays.

Avec la Seconde Guerre mondiale, c'est l'impérialisme américain qui prit le relais de son compère britannique dans la reconstruction de cet Etat secoué par l'abdication de Reza Chah puis l'occupation de l'Iran par les troupes alliées. L'écrasement des républiques autonomes d'Azerbaidjan et du Kurdistan, la répression des grèves ouvrières, la mise hors-la-loi du mouvement ouvrier, puis le renversement par le coup d'Etat militaire d'août 1953 du gouvernement nationaliste modéré de Mossadegh allaient constituer les points marquants du processus qui a débouché sur la mise en place de la dictature et du système Chahinchahi. 8) «Financial Times" 9) Bebrany : aIran, ir maillon faible».

Maspero, Paris 1969

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Il est partisan de les juger et donc de masses (en premier lieu, les

L'actuelle crise révolutionnaire a également touché les institutions de l'Etat iranien. Certaines catégories de fonctionnaires dans les ministères et les salariés du secteur nationalisé (Iranair, pétrole et sidérurgie) ont été à la pointe des grèves qui ont mis à bas le régime.

A l'autre extrémité ce sont l'armée et la Savak qui sont restées les derniers ramparts protégeant le trône du Paon contre l'assaut des masses. ployée à préserver, durant l'insurrection de février et les qu'elle pouvait de cet appareil d'Etat. L'épuration n'a concerné que quelques cercles bien délimités du haut état-major, de la police, des tortionnaires les plus en vue ou de certaines directions de départements ministériels. L'hostilité ou l'attentisme à l'égard des dirigeants de la République islamique règne dans les administrations, les ministères et bien sûr l'armée et la police. Le plus souvent, ces attitudes se fondent gie de l'ancien régime, notamment au fur et à mesure que l'on monte

Mais, même parmi ces qui ont participé à la lutte contre le chah, la défiance et le mécontentement règnent souvent à l'égard de cette direction nationaliste qui semble peu à même de diriger le pays et surtout de concrétiser les espérances qui se sont portées sur elle. A cet égard, les atteintes qui continuent d'être portées aux libertés démocratiques, la campagne sur l'ordre moral et la dénonciation indistincte qui est faite des effets de l'occidentalisation sur le mode de vie sont particulièrement ressenties en même temps que les contradictions ou les autres lacunes de la politique du régime.

En mettant l'accent sur la né. me les partisans de la modération, du bon sens et du réalisme dans les choix économiques, de politique intérieure et extérieure, en se faisant également les chantres d'un certain nombre de libertés formelles, des hommes comme Bazargan ou Bani Sadr caressent dans le sens du poil les aspirations formulées ou non de ces secteurs et en ont davantage l'oreille que les tenants d'une ligne «populiste-intégriste».

Peut-on conclure de cette situation que les «libéraux» sont plus à droite que les activistes du PRI ? C'est la position que suit sans désemparer, depuis quinze mois, le parti stalinien Tudeh soutient de totalement rarchie chiite et la direction du PRI, en réservant ses pointes et ses attaques aux représentants de la «bourle jeu de l'impérialisme. C'est au nom du même choix entre le blanc et le noir que des organisations comme les Fedayins ou les Moudjahidins avaient soutenu au moment des événements de Tabriz les partisans de Khomeiny contre le mouvement derrière la figure «libérale», Madari. Mais par ailleurs les mêmes formations, Fedayins et Moudjahidins ont fait bloc l'année dernière avec Bazargan, puis avec l'ayatollah Taleghani, puis avec le Front national démocratique de Mattine Dafftary comme elles le font aujourd'hui avec Bani Sadr, en présentant ces «libéraux» comme des alliés naturels face aux attaques qu'elles subissent des secteurs «populistes-intégristes». Ces «réalisme» et de la théorie de l'ennemi principal ne sont pas pour peu de choses dans la confusion politique régnant dans le mouvement de masse pour l'émergence d'une alternative

En fait le point de départ de toute analyse doit être le constat, que face aux grandes échéances des luttes de classe en Iran, les différents secteurs de cette direction nationaliste bourgeoise ont fait les mêmes choix fondamentaux : qu'il s'agisse d'écraser la résistance kurde en août puis en avril, lorsqu'ils s'opposent aux occupations sauvages usines, lorsqu'ils s'emploient chacun, avec des proà reconstruire le l'aune de l'anti-impérialisme on aura du mal à distinguer vraiment les des «radicaux»: le PRI s'est le plus fermement opposé à la libération des otages américains. de hausser d'un cran la confrontation avec Washington. Mais sur le terrain des mesures économiques, ce de la révolution islamique qui se sont opposés à la nationalisacommerce extérieur pro-

JELLE ATTITUDE ENVERS I

OUVEMENT KHOMEINISTE

Pour justifier leur politique opportuniste de suivisme envers la direction nationaliste bourgeoi-

Khomeiny et consorts, le Parti Tudeh iranien développe une double argumentation.

La premiere, tout à fait classique, est l'application à l'Iran de la théorie stalinienne de la révolution par étape et du bloc des quatre classes. Les staliniens iraniens expliquent que l'axe essentiel de la lutte pour toute cette étape reste la liquidation des séquelles de la dictature et la rupture de tous les liens avec l'impérialisme américain; ils pronent pour ce faire la constitution, par toutes les forces cléricales et laïques «d'un vaste front populaire et anti-impérialiste».

Mais pour justifier cette polide subordination du prolétariat iranien et des couches opprimées au profit de la bourgeoisie iranienne, les staliniens avancent un autre arà savoir que la direction khomeiniste elle-même exerce une très importante, sinon hégémonique sur ces couches, qu'en quelque sorte, la base «populaire», «ouvrière et paysanne» du ment khomeiniste constitue une garantie supplémentaire du bien-fondé de ces alliances. C'est la même perception qui amène, à des degrés divers, des organisations comme les Moudjahidin à apporter une d'appui politique critique à la direction Khomeiny-Bani Sadr ou à telle ou telle de ses composantes.

Cette question est une question importante, décisive sans aucun doute pour l'avenir de la Révolution iranienne.

Personne ne peut envisager une future transcroissance socialiste de la révolution en Iran qui se ferait sans ou à plus forte raison contre les millions d'ouvriers, de paysans, d'éléments plébéiens qui continuent aujourd'hui de suivre cette direction et de lui faire confiance.

Or, force est de reconnaître que la position des organisations comme le Tudeh, les Moudjahidin est exactement l'inverse de la politique à suivre pour parvenir à ces fins, puisqu'elle combine une sectarisme et de au niveau des organisations shoras), à une politique envers tel ou tel secteur du mouvement khomeiniste.

En dépit du poids prépondérant du PRI, il n'existe pas de parti khomeiniste unique structuré et cenanalogue à ce que fut le Kuo Min Tang pour la bourgeoisie

Mais le choix par un certain nombre de groupes politiques organisés (qui vont du simple club au parti) d'appuyer ou de ne pas remettre en cause les grandes options stratégiques sur le plan politique et social, les institutions et les dirigeants de la République islamique délimitent le contour du mouvement khomeiniste. Un mouvement évidemment différencié puisqu'on y trouve aussi bien les activistes integristes du PRI que le groupe des étudiants

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de l'ambassade «qui suivent la ligne de l'Imam». Un l'on peut même penser que les différentiations vont non tant peut-être entre les différents secteurs qu'entre la base et les directions de ces groupes.

Mais ce serait une criminelle d'aborder politiques uniquement de vue de leur base sociale, en considérant que la nature de ce mouvement, la direction khomeiniste, ne serait qu'un élément de seconde importance, vite relativisée par la dynamique affrontements de classe radicalisation politique.

Trotsky lémiqué contre une telle approche qui fut celle de Staline-Boukharine à propos précisément du Kuo Min Tang : «(...) Les sommets du Kuo Min Tang dont Boukharine parle sont en réalité l'âme du Kuo Min n'est dans 'sommet, comme elle l'est aussi dans la société. Mais ce sommet est puissant par son capital, ses connaissances, ses relations, la possibilité qu'il a toujours de s'appuyer sur les impérialistes, et surtout par son pouvoir de fait dans l'Etat et dans l'armée, dont les cadres les plus élevés se confondent intimement avec la direction du Kuo Min Tang lui-même. C'est précisément ce 'sommet qui rédigea contre les grèves, qui étouffa les mouvements paysans, qui refoula les communistes dans l'ombre en leur permettant, tout au plus, de constituer que le tiers du parti et en leur faisant jurer de placer le sunyat-sénisme petit bourgeois au-dessus du marxisme, (...) Kuo Min Tang non pas comme un 'parti bourgeois mais comme une arène neutre dans laquelle on lutte pour avoir avec soi les masses', mettre en avant, comme un atout, les 9/10 constitués par la base che pour masquer la question de savoir qui est le maître maison, cela signifiait la puissance et le pouvoir du sommet'; c'était l'aider à transformer des masses de plus en plus nombreuses en 'cheptel' et préparer dans les conditions les plus favorables pour ce sommet le coup d'Etat de Shanghai... (10)»

POUR QUI ROULENT LES ETUDIANTS DE L'AMBASSADE ?

Les dernières semaines montré à plusieurs reprises comment des différentiations politiques intervenaient au sein de ce mouvement khomeiniste.

mouvement où turelle islamique: l'assassinat aller croissant, centristes, erreur groupes du point du sommet trême gauche des campus (11).

affrontements, montre pas être confondus hezbollahs qui chose prendre d'assaut éphémère, che, certaines sociale. Certes, le parti et organisèrent une manifestation.

Téhéran et l'Imam, universités devaient vint d'ailleurs le 5 juin dernier.

les lois l'ambassade.

ne compris sur la question

Considérer le juin dernier, le Dr Ayad, l'un des idéologues du PRI préparant de gaule président, dans la renverser consolider à savoir que une bonne partie des secrets découverts à le rôle joué ont le réseau religieux de la prestigieuse ajoute encore que les patchés dans les villes de province

Ainsi, lors du sac des universités au nom de la Révolution culpar les hezbollahs et dans certains cas d'étudiants progressistes et de militants des organisa-

La amené certains secteurs des sociétés islamiques à se publiquement de ces que, certaines universités de province, ils se sont interposés entre les deux camps pour prévenir les affrontements. S'expliquant après coup à la télévision, certains de ces étudiants islamiques ont affirmé que leur intention n'était pas de vider par la force les organisations d'ex- un choix Mais ce qui s'est produit à fait de le jour des principaux les limites qui ne sont pas encore franchies au lors de ces prises de distance. Pour à-dire avec les commençaient de les universités tion de où s'était retranchée l'extrême gausociétés islamiques décidèrent d'abandonner les campus

Mais la manifestation se dirigea vers la résidence de Khomeiny sorti sur le balcon, répéta exactement, mot à mot, le même discours qu'il avait tenu jusqu'alors, à savoir que les être fermées, dépendra, pour pouvoir être épurées et islami- outre de sées. Fermeture définitive qui inter-

On pourrait citer aussi l'exemple du Groupe des étudiants qui suivent la ligne de l'Imam qui occupent dant et Un faisceau de faits montrent aujourd'hui que ces étudiants, en dépit du radicalisme de leurs discours, à force de «suiure la ligne de l'Imam» sociale, mai ont en fait roulé pour le PRI. Le 19 cessus rôle important dans la campagne sac des universités et qui venait d'être accusé par Bani Sadr de monter un complot pour officialisa, en menaçant de les publier, ce dont tout un chacun se doutait en Iran: PRI, c'était la direction du PRI qui avait fait main basse sur documents Au l'ambassade. L'indépendance totale des étudiants de l'ambassade à l'égard du PRI semblait d'ailleurs poser déjà quelques problèmes quand on voyait auprès d'eux par l'Hodjateleslam Khoeini, l'Imam jomeh de la capitale, Khamenei et tout centristes. école théologique de Qom. Quand on

Lénine» otages disont été remis aux bons soins du corps des pasdars, dont sont eux-même issus nombre des étudiants

«qui suivent la ligne de l'Imam» ou que certains des étudiants de l'ambassade ont participé à la réunion des sociétés islamiques chargées de planifier la Révolution culturelle islamion voit exactement où se situe le problème d'une éventuelle radicalisation d'un tel courant: pour que certains de ses éléments puissent passer définitivement dans le camp de la défense des ouvriers et des masses opprimées, dont ils disent soutenir le combat, il leur faudra à moment donné choisir; et le portera précisément sur le savoir s'ils continuent ou non à «‹suivre la ligne de l'Imam». Pas au sens religieux bien sûr. Mais sens politique et social, c'estest-ce qu'ils continueront à défendre le programme politique et social, les institutions et la direc la République islamique quand ceux-ci s'opposeront de plus en plus ouvertement, en pratique, à la satisfaction des revendications légitimes des travailleurs, des paysans pauvres et des nationalités opprimées de l'Etat iranien. LA RADICALISATION OUVRIERE

Mais une telle différentiation pour une large part, l'évolution obiective des confrontations de classe dans l'Etat iranien, de facteurs subjectifs, notamment des rythmes de développement, de centralisation et de politisation d'un mouvement ouvrier indépencentralisé, ainsi que de l'intervention de l'avant garde marxiste révolutionnaire.

Les diverses manifestations qui se sont déroulées à Téhéran le ler réfractent assez bien les proqui sont à l'œuvre au sein de la classe ouvrière iranienne et définissent les prochaines échéances.

Le matin, la manifestation centrale, convoquée devant le «nid d'espions», par la Coordination des shoras islamiques de Téhéran, mais aussi par l'ensemble des groupes et figures religieux, y compris le les pasdars ou la Croisade pour la reconstruction, n'a guère regroupé plus de 40000 personnes.

même moment, deux autres manifestations se déroulaient dans les deux principales zones industrielles, à l'appel de regroupements «autonomes» des shoras, constitué dans chacune de ces zones, et dans lesquels interviennent des «indépendants» mais aussi des organisations 10) «L'internationale communiste après 11) Cf. «Inprecor», «Iran, la crise sociale

Get le sac des universités»

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L'après-midi, trois manifestations ont eu lieu: une manifestation regroupant 5000 personnes, dirigée par l'organisation mao-stalinienne Peykar qui a une assez importante implantation ouvriere) ainsi que deux rassemblements, chacun de plusieurs dizaines de milliers de personnes, organisés l'un dans le Sud, près de la gare par les Moudjahidins et l'autre sur la place de la Liberté par les Fedayins. Ces deux rassemblements seront attaqués par les Hezbollahs. Les affrontements auront une telle violence près de la gare que les Moudjahidins devront suspendre leur meeting (le meeting qu'ils organisèrent à la mi-juin dans un stade du centre de Téhéran et qui fut attaqué par les Hezbollahs, regroupa plus de cent mille personnes). Le premier constat à faire, au vu simplement de ces chiffres, c'est qu'il est évident que les organisations centristes ou les Moudiahidins semblent capter une partie des phénomènes de radicalisation politique qui se développent au sein de la classe ouvrière. Le phénomène est d'autant plus significatif que les Fedayins avaient au cours des derniers mois, presque disparu de la scène politique centrale et que ni les Moudjahidins, ni les Fedayins n'ont de réelle ligne d'intervention politique dans la classe ouvrière. A part souligner l'importance des shoras, ils n'offrent, les uns et les autres aucune véritable perspective, notamment du point de vue de la construction d'un mouvement ouvrier indépendant, de sa centralisation politique (rien sur la nécessité d'assemblées régionales et nationales des shoras ouvriers, sur l'élaboration, à partir des discussions et des plateformes des différents shoras, d'un plan ouvrier national pour lutter contre crise, le blocus impérialiste et le sabotage capitaliste etc.).

Pour comprendre le phénomène, il faut évidemment revenir aux caractéristiques mêmes de la politisation et de la radicalisation de classe ouvrière telles qu'elles s'opèrent aujourd'hui en Iran.

En même temps qu'ils s'engageaient, à partir de la fin septembre 78, dans la grève générale, les travailleurs et les salariés iraniens ont avancé leurs propres revendications d'abord sur les aug mentations de salaires, puis au moins dans certaines entreprises, sur la nationalisation ou la rupture des liens avec l'impérialisme.

Pourtant durant toute cette période, le mot d'ordre central, celui qui verrouillait toutes les possibilités de voir satisfaire les revendications matérielles, était clui de renversement de la dictature.

la classe retrouvée

Khomeiny.

re le meilleur outil décisive shoras, un vrier, de remise de industrielle.

protège les ci gouvernants rompre la rialisme par s'est iranienne ments, ce n'avait tout tion sont locaux se res rection tout»,

Au de tout», secteur indusde lisé à l'échelle nationale.

de ou saavances, résolument à envers avec une envers la diet surtout mal entouré», ment ouvrier, indépendant et centra-

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DIRECTION, SECTARISME ET DIVISION Sur la voie de la construction d'un tel mouvement ouvrier s'élève divers obstacles, dont celui de la question de l'unité.

Les secteurs islamiques construisent leurs propres shoras (et en expulsent le plus souvent les militants d'extrême gauche); ceux-ci constituent en retour leurs propres shoras et leurs propres coordinations, et jettent l'anathème et l'exclusive contre les shoras «islamiques». L'on a le résultat du ler mai: alors que l'appel de la Coordination des shoras islamiques permettait d'engager une bataille pour une manifestation unique de toute la classe ouvrière de la capitale, Moudjahidins et Fedayins ont adopté une position biaise. Au lieu d'appeler leurs sympathisants ou les coordinations «indépendantes» de shoras participer sous leurs propres mots d'ordre et avec leurs propres cortèges à une seule manifestation (quitte à mener une bataille préventive et à prendre toutes les mesures pour faire respecter la démocratie ouvrière face aux attaques prévisibles des Hezbollahs), ils ont choisi de manifester à part, mais dans l'après-midi, pour ne pas paraître concurrencer l'initiative du

C'est dire si aujourd'hui, en même temps que le combat leur centralisation, la bataille des toutes premières tâches pour les marxistes-révolutionnaires thème: un seul shora par usine, mais un shora pour tous les travailleurs, pour défendre la meilleure plateforme de revendications et d'action). Pour être crédible et même être seulement entamée, cette bataille doit s'accompagner d'une défense intransigeante, sans la moindre concession du respect du pluralisme politique et idéologique au sein de la classe ouvrière, du respect de la démocratie ouvrière, en expliquant que c'est sur les revendications, sur les tâches, sur les formes de lutte d'action que se distingue un ouvrier sur des a priori idéologiques.

C'est parce qu'ils sont les seuls à pouvoir défendre jusqu'au bout un tel programme d'unité et d'indépendance de la classe ouvrière que l'action des militants marxistes révolutionnaires, pour limités que soient encore leurs moyens et leur nombre, est irremplaçable.

Ils sont les seuls à apporter l'ensemble des réponses programmatiques aux grandes questions posées par le développement de la révolution iranienne : la solution de la question' nationale par la reconnaissance de leur droit à l'autodétermination, la solution du problème agraire par une réforme agraire radicale, la nationalisation des biens impérialistes, le contrôle ouvrier et l'expropriation des grands capitalistes et la mise au point d'un plan de reconversion nationale de l'industrie, la constitution d'un mouvement syndical indépendant, la prévention des coups d'Etat de la réaction et de toute intervention de l'impérialisme par l'armement massif et généralisé des travailleurs et des masses plébéiennes des villes et des campagnes, la défense intransigeante des libertés démocratiques, la bataille pour le gouvernement ouvrier et paysan basé sur les shoras. 20 juin 1980

Iran

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