A Conférence internationale sur l'intervention des Etats-Unis en Iran, du 2 au 5 juin, a condamné sans appel le gouvernement des Etats-Unis pour ses agissements passés et présents en Iran.
Cette Conférence, qui s'est tenue à Téhéran, a réuni 350 délégués représentants de partis politiques, de syndicats et de mouvements de libération nationale, venus de quelque 54 pays différents.
Cela a représenté un coup pour Washington qui tente d'isoler l'Iran au niveau international, et a permis de dénoncer, une fois de plus, les véritables objectifs et les projets de l'impérialisme nord-américain.
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rôle des Etats
Parmi les participants, il y avait une délégation de dix Américains, conduite par Ramsey Clark, ancien ministre de la Justice. Ces dix Américains - des hommes d'église, des avocats et des militants du mouvement pour le respect des droits de l'Hom-
Sont lancé un défi direct, par leur présence à Téhéran, à l'interdiction anticonstitutionnelle de Carter de se rendre en Iran, interdiction dont le but est d'empêcher les citoyens américains de découvrir par eux-mêmes la vérité sur la révolution
Clark a dénoncé l'opération militaire du 24 avril, décidée par Carter, en ces termes : «une expédition militaire hors-la-loi, une violation de la souveraineté nationale de l'Iran.»
«La raison pour laquelle nous sommes venus ici», a dit Clark à des le de Téhéran
-Unis en Iran
reporters en Iran «c est notre conviction que le dialogue entre les peuples est un élément essentiel pour la compréhensinn et le respect mutuel »
A leur retour, Clark et les autres participants se virent menacés de peines allant jusqu'à dix ans de prison et d'amendes allant jusqu'à
50000 dollars. Une motion a déjà été présentée à cet effet au Sénat.
Les trois premiers Américains qui sont rentrés d'Iran ont été détenus à l'aéroport et leurs documents concernant la Conférence confisqués, connu pour avoir défendu des militants du mouvement contre la guerre du Vietnam, a déclaré aux reporters qu'il avait trouve en Iran «une grande volonté de parler et de discuter»
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et par comparaison, à son retour aux
Etats-Unis, il a dit : « Les menaces de nous deferer devant la justice et la saisie de nos documents, démontrent clairement, je pense, quel camp porte la responsabilité du prolongement
Dans son discours diffusé sur tout le territoire iranien le 4 juin, l'ayatollah Khomeiny a, lui aussi, demandé : « Pourquoi Carter a-t-il peur délégations qui se rendent en Iran ? Pourquoi inflige-t-il des amendes aux citoyens de son pays et en particulier aux personnalités ? Pourquoi est-il si effrayé par les procès des personnes de la-dite ambassade américaine que nous appelons le «nid
Lors de la conférence, on a présenté aux délégués quelques-uns des documents «top secret» trouvés à l'ambassade. Par exemple, un document daté du 22 janvier 1979, expliquant comment voyait une invasion militaire de l'Iran juste après la fuite du chah au début de l'année 1979.
Dans ce document, qui est un message du général américain Robert Huyser au général américain Alexander Haig, il est écrit : « Les actions que je préconise sont de briser la grève par l'utilisation de militaires aux douanes, dans les secteurs pétrolier et bancaire... En cas d'échec, je pense qu'il faut leur conseiller une prise de pouvoir directe par les mi-
Une autre partie du document explique plus en détail les méthodes utilisées par l'impérialisme américain. Envisageant une possible guerre civile, il est écrit : « Une bonne manière de résoudre la crise est de faire rentrer Khomeiny et de le faire as-
Ces documents représentent donc un démenti sans appel aux déclarations de la Maison-Blanche comme quoi le but de la mission Huyser en Iran était de prévenir un coup d'Etat par les partisans du chah.
Plusieurs documents trouvés dans les hélicoptères américains en Iran, après l'échec de l'expédition militaire, ont également été présentés à la conférence. Il y avait des documents traitant des liens entre la CIA et la SAVAK, police secrète du chah. a adopté une résolution en douze points. Washington y est sévèrement condamné pour le coup d'Etat de 1953, fomenté par la CIA, qui a réinstallé le chah sur le trône du Paon et pour l'expédition militaire du 24 avril. La Conférence a aussi durement critiqué le gouvernement des EtatsUnis pour le gel des avoirs iraniens, les mauvais traitements dont sont lobjet les iraniens, en particulier les étudiants, aux Etats-Unis et pour les pressions exercées sur d'autres pays afin qu'ils imposent des sanctions économiques à l'Iran.
La Conférence a aussi «reconnu le droit de l'Iran de demander des compensations pour les énormes pertes humaines et matérielles causées l'intervention des Etats-Unis pendant ces 27 dernières années» et «son droit d'exiger le retour du chah et des richesses extorquées au peuple par la dynastie Pahlavi.» niens se sont montrés réservés sur la de Clark à la Conférence internationale qui avait été organisée essentiellement par le président Abolhassan Bani Sadr et le ministre des Affaires étrangères Ghotbzadeh.
novembre dernier, juste après l'occupation de l'ambassade américaine, Carter avait envoyé Clark
A cette époque, Khomeiny avait refusé de le recevoir et il n'avait pas été autorisé à entrer dans le pays.
plus, nombre d'Iraniens protestèrent contre certaines déclarations de Clark. Bien qu'elles aient été faites dans le contexte du soutien à la révolution iranienne et de la condamnation de la politique de Washington en Iran, Clark y demandait la libération des otages expliquant que les étudiants ne détenaient pas les personnes qu'il aurait fallu. adopté une position différente s'il s'était agi de Allen Dulles, Kermit Roosevelt, Richard Kissinger ou Richard Nixon, prenant pour exemple les principaux dirigeants et fonctionnaires du Département d'Etat et de la CIA. De plus, Clark a proposé de prendre la place de l'un des otages.
Mais Clark passe sous silence le fait que, dans le personnel de l'ambassade des Etats-Unis, il y a un certain nombre de fonctionnaires importants du Département d'Etat et que la preuve a été faite que l'ambassade était utilisée comme centre d'espionnage pour organiser des actions dirigées contre la révolution iranienne.
Les critiques de Clark n'ont été ont expliqué qu'ils n'étaient pas là pour intervenir dans la politique
La Conférence s'est déroulée en même temps que les mobilisations de masse en commération du 17e anniversaire du soulèvement de juin 1963 contre le chah. Cette immense manifestation populaire d'opposition avait entraîné l'exil de l'ayatollah
Le 5 juin, des manifestations et des rassemblements commémoratifs se sont tenus dans les villes et les villages de presque toutes les régions de l'Iran. A Téhéran, plus d'un demi-million de personnes se sont mobilisées. Des dizaines de milliers de manifestants ont envahi les rues d'Isfahan. Cela a été une des plus grandes mobilisations de ces derniers mois.
Le principal thème repris par es manitestants etait opposition imperialisme nord-americain et l majorité des manifestants était des ouvriers iraniens.
Au rassemblement de Téhéran, au milieu des cris et des applaudissements, une résolution qui reprenait les revendications des étudiants de l'ambassade — pour le retour du chah et de ses richesses — a été adoptée. La foule a affirmé sa détermination de résister au boycott économique et de préserver l'indépendance de l'Iran.
Bani Sadr avait fait des mises en garde contre de possibles attaques de la droite lors des manifestations. Au contraire, elles ont démontré, par le nombre des participants, l'échec total des attaques sur les campus, inspirées par les capitalistes, qui avaient eu lieu quelques semaines plus tôt. Ces actions n'ont en rien diminué la détermination des masses et se sont, en fait, retournées contre le gouvernement. Ces mobilisations se sont déroulées sans aucun incident.
Le Parti révolutionnaire des travailleurs iraniens (HKE), l'une des organisations de la IVe Internationale en Iran, a distribué 25 000 tracts d'ap-
Les membres de la délégation nord-américaine en Iran ont au rassemblement d'Isfahan ont rencontré des Iraniens qui avaient été torturés et mutilés dans les chambres de torture du chah.
La participation de la délégation nord-américaine à cette conrence a permis de donner des informations supplémentaires aux travailleurs des Etats-Unis sur le véritable rôle de l'impérialisme américain. Les interventions de Washington en Iran ne sont, en fait, qu'un exemple de la façon dont ce gouvernement tente de combattre les luttes pour les droits démocratiques et le progrès social partout dans le monde.
Clark a déclaré qu'il constituerait, aux Etats-Unis mêmes, une commission d'enquête sur les interventions du gouvernement des Etats-Unis pendant le régime du chah et qu'il attaquerait, si nécessaire, le gouvernement aux termes de la loi sur la liberté d'information.
Cela pourrait représenter l'administration Carter qui se refuse un Carter refuse même de reconnaître la pas en avant dans la dénonciation de réalité des crimes des Etats-Unis contre l'Iran, inutile de dire qu'il puisse à résoudre le problème des otages. s'en excuser. Une telle commission pourra aussi aider les Américains à mieux comprendre pourquoi les masses iraniennes continuent d'exiger le retour du chah et de ses richesses.
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