Liberté pour les militants du PRT emprisonnés le PRT, section mexicaine de la IVe Internationale, a organisé le 5 juin dernier une manifestation devant le ministère de l'Intérieur pour exiger l'amnistie de ces camarades. Par ce communiqué de presse, le
PRT alerte l'opinion publique mouvement ouvrier et révolutionnaire
UAN Islas et Arturo Gallegos, prisonniers politiques détenus à la prison de Santa Maria, sont à nouveau victimes d'une série de vexations de la part des autorités. A l'interdiction de toute lecture politique ou autre, s'ajoutent aujourd'hui la suppression des visites et la nourriture avariée.
Après un mois d'interdiction de visite pour les membres du PRT, le vendredi 23 mai, une commission du parti a pu les rencontrer. Cependant, les autorités de la prison, par présence constante, ont empêché toute libre communication. Tout à coup, Islas a dit : «Il faut que vous exigiez une autopsie», et Gallegos a ajouté : «Vous n'accepterez jamais que nous ayons pu nous suicider.
Nous ne nous suiciderons pas».
Cela est révélateur de la situation difficile dans laquelle se trouvent nos camarades. On peut dire, sans exagérer, qu'il est très probable qu'on tente à nouveau de les assassiner.
Comme on le sait, en 1979, un plan avait été mis en place pour les faire assassiner par un prisonnier de droit commun de la prison d'Acapulco qui dénonça, lui-même, ce plan.
Plus tard, à
Santa Maria, on apprit qu'un demi-million de pesos était offert pour ce «travail», soi-disant par les proches de Margarit Saad que nos camarades sont accusés d'avoir tué;
voilà une explication facile de leur disparition en prison ! Sous prétexte de les protéger, les autorités de la prison les ont isolés du reste des prisonniers.
Cependant, cet isolement s'est accompagné d'une série de pres-
Les contacts sions psychologiques.
avec l'extérieur ont été supprimés :
interdiction de visite et de lecture.
camarades Juan Islas, Lorenzo. Leur libération internationale et le sur le sort des Des médicaments provoquant un état dépressif ont été administrés à Juan Islas. Aujourd'hui, on leur sert de la nourriture avariée ce qui peut être un moyen de les empoisonner.
Islas et Gallegos font partie de la cinquantaine de prisonniers politiques qui n'ont bénéficié d'aucune mesure d'amnistie. Leur détention est, avant tout, liée au mouvement de guérilla de l'Etat de Guerrero. De fait, il y a quatre prisonniers politiques qui sont détenus dans ces conditions et dont la vie est constamment menacée. Ce sont, outre Islas et Gallegos, Aquilino Lorenzo Avila et Octaviano Santiago Dionisio, ces deux derniers sont détenus à Acapulco. Aquilino Lorenzo est, lui aussi, membre
Les difficultés rencontrées pour obtenir leur libération sont dues à diverses pressions exercées, en particulier, par le gouverneur Figueroa. La vengeance de ce gouverneur et du gouvernement fédéral en général s'est acharnée sur ces quatre camarades pour tenter de briser la résistance héroïque des masses qui ont dû supporter, ces dix dernières années en particulier, l'occupation militaire de toute la région. La situation de Guerrero et le fait qu'il y ait une centaine de disparus reflètent à la fois la volonté de répression du gouvernement et la capacité de résistance et la combativité de tout un peuple.
Le mouvement pour l'amnistie a obtenu, à plusieurs reprises, le démenti de Figueroa qui s'acharnait à affirmer qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques à Guerrero. C'est ainsi que la libération de camarades, comme Eloy Cisneros, Alejandra Cardenas, Aroon Demesa et Antonio Hernandez, a été obtenue. Pour cette raison, il ne serait pas étonnant, quelques mois de la fin du mandat de Figueroa, que soient préparés de nouveaux assassinats.
Mexique Arturo Gallegos et Aquilino serait une victoire de l'ensemble du mouvement pour la libération des prisonniers politiques et pour l'amnistie générale au Mexique avec l'aide de ses alliés partout dans le monde.
De plus, dans le cas des camarades Gallegos et Lorenzo, on veut les punir de vouloir continuer la lutte. Venus de différentes organisations de ont choisi de rejoindre le PRT. Bien que le gouvernement prétende laisser toute liberté à l'opposition et reconnaître ses droits, dans le cas du comme pour toutes les autres organisations démocratiques, ouvrières et révolutionnaires, la réalité est autre. Non seulement il n'a pas reconnu au PRT tous ses droits en tant qu'organisation politique, mais de plus il maintient en prison trois de ses membres.
Les camarades Islas, Gallegos et Lorenzo sont détenus depuis plus de cinq ans. Ils ont subi des tortures et seulement lors de leurs arrestations, mais aussi de détention «légale». Ce sont les prisonniers politiques condamnés aux peines les plus lourdes : trente ans pour Islas et Gallegos et dix-huit ans pour Lorenzo. Ce sont les représentants du peuple d'une des régions les plus combatives et qui a subi la plus forte répression. Ils incarnent aussi la négation des droits démocratiques les plus élémentaires, sont niés aussi bien à ces camarades qu'au parti dont les membres emprisonnés se voient interdire lecture, toute correspondance, tout droit aux exercices physiques ou même à sortir au soleil, tout droit de recevoir des visites personnelles ou politiques. De plus, on leur a refusé d'être transferrés à la prison d'Acapulco. Pour toutes ces raisons, ils sont le symbole de la lutte pour la libération de tous les prisonniers politiques et pour l'amnistie générale. Mexico, juin 1980