Le 13 juin, le régime raciste sud-africain déclarait
.vertement avoir lancé une vaste opération militaire en
Angola «pour détruire le quartier général militaire de la guérilla nationaliste» (La Repubblica, 2.07.1980). Selon le Minsitère de la Défense de Luanda, l'invasion massive, environ 8000 hommes disposant d'une importante couverture aérienne, commença dès le 7 juin. L'agression militaire sud-africaine se développa essentiellement dans les deux provinces du Cuenene et de Kwando Kubango. Les affrontements militaires les plus durs, entre le 23 et le 26 juin, se déroulèrent aux alentours de la ville de Mongua
(à 50 km de la frontière namibienne). Selon Lucio Lara, secrétaire du Comité central du MPLA, les troupes sud- africaines s'attaquèrent aux camps de réfugiés de Namibie. Elles cherchent, entre autres, à empêcher la remise
U cours des derniers mois, les troupes sud-africaines ont fait de nouveaux pas dans l'escalade répressive contre les guérillas qui combattent le gouvernement sud-africain en Namibie; de plus, d'importantes opérations militaires ont été lancées contre des objectifs se situant en Angola, dans la zone frontalière où sont basés de nombreux combattants na-
La plus importante attaque sud- africaine en Angola a eu lieu le 21 mai, lorsque les troupes du régime raciste pénétrerent, partant de la Namibie, à 45 miles à l'intérieur de l'Angola. Des hélicoptères de combat, des voitures blindées et de l'artillerie prirent part à cette opération au cours de laquelle plus de 200 Angolais furent tués et des dizaines d'autres blessés.
Selon le chef d'état-major angolais, le commandant Xietu, les actions militaires sud-africaines contre l'Angola ont marqué une importante escalade en mai. Le 12 mai, l'armée sud-africaine attaquait le chef-lieu de canton Chiede, à angolais, en blessant des dizaines et kidnappant des civils qu'ils ramenèrent avec eux en Namibie.
hélicoptères de combat participèrent à cette opération. Ils bombardèrent la zone avant de larguer des troupes tandis que la couverture aérienne était assurée par des avions «Mirage»
L'escalade sud-africaine
contre l'Angola
Zimbabwe». En mars et en avril, il y eut 19 raids de bombardement dans le sud de l'Angola. Au cours de certaines attaques, le napalm fut utilisé. Pendant ces deux mois, l'aviation sud-africaine viola 183 fois l'espace aérien angolais. Les attaques sud-africaines contre l'Angola font partie d'une campagne plus large pour écraser les combattants de la South West Africa People's Organisation (SWAPO) qui lutte depuis près de deux décennies contre l'occupation sud-africaine en Namibie. Selon les statistiques militaires sud-africaines, 417 guérilleros de la SWAPO et 39 soldats sud-africains auraient été tués au combat en Namibie depuis le début de l'année. Il y a 50000 soldats sud-africains
Jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, la Namibie ou Afrique du Sud-ouest comme elle est généralement dénommée, était une colonie allemande. Après la défaite allemande, la Société des Nations remit la Namibie à l'Afrique du Sud pour l'administrer sous mandat de la SDN.
En 1966, les Nations Unies abrogèrent le mandat et soutinrent la revendication namibienne à l'indépendance. Mais le gouvernement blanc de Prétoria rejetta cette décision et continua d'occuper militairement ce territoire riche en ressources minières. 90 % des Namibiens (pour une population totale de un million) sont noirs.
A coté de ses opérations militaires contre la SWAPO et l'Angola - qui aide cette organisation et l'autorise à opérer à partir de son territoire -, le régime sud-africain tente également de contrer la SWAPO sur
Afrique du Sud en marche du chemin ferroviaire de Benguala - après que les autorités angolaises aient pu frapper les saboteurs - qui concurrencerait le réseau organisé par les
Sud-africains à partir de la Zambie et du Zaïre ( The
Guardian - 2.07.1980). Une importante mobilisation populaire a été organisée en Angola contre l'attaque de
Pretoria. Ce coup de force sud-africain a peu de chance, malgré les communiqués de victoire de Pretoria, de regonfler l'UNITA en Angola et de briser la lutte des militants de la SWAPO. Dans la droite ligne de son intervention militaire en Angola, le gouvernement de Pretoria vient de menacer le gouvernement de Robert Mugabe, en déclarant que l'Afrique du Sud «détruirait immédiatement toutes les bases de guérilla qui seraient installées au le plan politique en impulsant un mouvement quisling (collaborateur),
Turnhalle Alliance
(DTA). Cette stratégie est similaire à celle mise en œuvre par le régime rhodésien de la minorité blanche de lan
Smith lorsqu'il devint évident qu'un régime noir ne pouvait plus être repoussé au Zimbabwe. Smith remit alors formellement et nominalement le pouvoir à un dirigeant noir pro-impérialiste, l'évêque Abel Muzoreva, dans l'espoir qu'il puisse constituer une alternative aux forces de la guérilla, la ZAPU et la ZANU. Mais lorsque les élections eurent lieu en février dernier au Zimbabwe, le raz de marée électoral en faveur de Robert Mugabe balaya Muzoreva.
Des résultats analogues seraient obtenus en Namibie si la SWAPO était autorisée à mener librement campagne contre la DTA. Après le résultat des élections au Zimbabwe, le régime sud-africain s'employa à enliser davantage les négociations sur la tenue des Nations Unies. Comme le notait
Washington Post du 14 mai, les autorités sud-africaines veulent «gagner du temps avant la tenue des élections pour renforcer l'autorité et la mise en place de leurs alliés namibiens, pour renforcer leurs chances face aux guérillas nationalistes noires qui combattent l'armée sud-africaine sur le
Les attaques contre l'Angola sont destinées à remplir deux objectifs. De façon tout-à-fait immédiate, elles visent à affaiblir la SWAPO et à sur le gouvernement angolais pour qu'il réduise son aide à cette organisation. De plus, les atta-
sud-africaine. Les forces du MPLA et contre l'UNITA pour de longues ques sud-africaines cherchent à affaiblir le gouvernement angolais, dirigé par le MPLA que Pretoria a déjà tenté de renverser en 1975-1976.
En poursuivant ces objectifs, Pretoria s'appuie non seulement sur les attaques directes effectuées par ses propres troupes, mais aussi sur les actions de guérilla menées par l'UNITA de Jonas Sawimbi qui opère dans les zones centrales et méridionales de l'Angola. L'alliance entre l'UNITA pro-impérialiste et le régime sud-africain date de la mi-1975 lorsque les forces de l'UNITA collaborèrent étroitement avec les troupes sud-afrienvahissaient l'Angola pour empêcher le MPLA d'assurer son contrôle sur le pays qui venait de conquérir cette année-là portugais. Au moment où se produisait l'invasion sud-africaine, des troupes zairoises, soutenues par les EtatsUnis, envahissaient l'Angola depuis
Cependant, le MPLA fut capable de repousser les deux invasions avec l'aide de 15 à 20000 combattants internationalistes cubains qui vinrent en Angola à la demande du MPLA après le début de l'invasion les cubains boutèrent hors de l'Angola les troupes sud-africaines vers la fin du mois de mars 1976. Mais les troupes de Pretoria laissèrent derrière elles, au cours de leur retraite, d'importantes quantités d'armes et de matériel pour l'UNITA. Depuis lors, l'UNITA a continué de recevoir de l'aide et des facilités d'entraînement pour mener ses actions contre le gouvernement angolais.
En échange du soutien sud-africain, Sawimbi a collaboré avec Pretoria contre la SWAPO. En 1977, il explique à un journaliste américain que «l'UNITA ne laissera jamais plus (la SWAPO) opérer de nouveau contre les Sud-africains en Namibie — jamais plus !». Sawimbi a un long passé de trahison des luttes anti-imdocuments publiés au Portugal ont révélé qu'il avait collaboré dès 1971 avec l'armée coloniale portugaise et avec la PIDE, police secrète portugaise. Il a ainsi fourni des guides à l'armée portugaise pour la conduire vers les zones opérationnelles du MPLA, facilitant par là les attaques militaires portugaises contre cessèrent les opérations militaires périodes. Ils fournirent même à Sawimbi quelques armes pour les utiliser contre le MPLA. premiers liens avec les colonialistes portugais, mais il admet désormais que l'UNITA reçoit aujourd'hui un soutien des Sud-africains. Il a également sollicité ouvertement un soutien plus important des impérialistes
Get britanniques. Durant un voyage, fin juin aux Etats-Unis, il a rencontré l'ancien secrétaire d'Etat, Henry Kissinger, et l'ancien chef de la CIA, James Schlessinger. A Londres, il eut des entretiens avec divers dirigeants conservateurs. En Angola même, cependant, la base de soutien à l'UNITA s'est réduite. Même dans ses anciens bastions, le MPLA a été en mesure d'ouvrir des locaux du donnée la faiblesse de l'UNITA, les Sud-africains se voient de plus en plus forcés de faire eux-mêmes leur Extrait de Intercontinentale Press/
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