Inprecor 1974–2004

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ECONOMIE

La conjoncture au printemps 80 et la nouvelle récession

· Inprecor n° 81, 10 juillet 1980 · p. 3-7 · 4 719 mots

Économie mondiale Japon et Corée Allemagne France

Ernest MANDEL endent la reprise L y a de nombreux facteurs qui avait marqué les économies impérialistes entre 1976 et 1978 s'achève et que nous entrons dans une nouvelle récession internationale. Au moment où nous écrivons, cette Etats-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. En France,

Allemagne fédérale, avant la fin de l'année, ce qui l'amènera à s'étendre à la plupart des autres pays capitalistes d'Europe. En mai 1980, les ventes d'automobiles ont brutalement chute en France. Le Banque centrale d'Italie a annoncé officiellement la récession dans son pays. En République fédérale d'Allemagne, les commandes à l'industrie ont décliné de 4,5 pour cent en avril 1980 par rapport à mars (corrigées des variations saisonnières).

Après avoir nié cette éventualité, des experts américains, dont ceux de la Chase Manhattan Bank envisagent désormais la probabilité d'une nouvelle récession synchronisée en 1980 dans tous les pays impérialistes.

La seule question en suspens concerne le sort du Japon. Alors qu'il y aura certainement un net ralentissement de la croissance économique sous l'effet des mesures déflationnistes que le gouvernement face au déficit important de la baquement survenu et à la hausse subsétaux d'inflation (qui a atteint en février 1980 l'équivalent d'un taux de 18 pour cent par an pour les prix de détail et 8 pour cent pour les prix de gros). Les observateurs sont divisés pour savoir si ces ble récession, c'est-à-dire une baisse absolue de la production industrielle ou seulement une baisse du taux de croissance en le ramenant de 5,5 pour cent à 2,5 - 2 ou même 1,5

En retour, selon que l'économie parvient à échapper à la récession internationale de l'économie capitaliste ou qu'elle la transforme en une récession généralisée analogue à la récession de 1974-75, cela aura des effets importants à la fois sur l'ampleur et la durée de la réet la nouvelle récession cession internationale et sur l'impact qu'elle aura dans une série de pays capitalistes semi-industrialisés de l'Asie orientale, en particulier Taïwan, Hong-Kong et Singapour. Si ces pays sont touchés par une réduction de leurs ventes au Japon, rés dans le maelström récessionniste. Cela aboutirait en retour à réduire les marchés pour le débouché de secteurs clés de l'économie japonaise, exportant des machines-outils et des biens d'équipement, ce qui aggraverait encore la récession japonaise.

Si au contraire, ces pays parviennent à préserver le développement de leurs exportations, ils pourront dans une large mesure échapper à la récession et aider l'économie japonaise ment (1). Dans tous les cas, la Corée du Sud sera touchée par la réces-

La récession de 1979-80, tout comme la récession de 1974-75, a débuté aux Etats-Unis, dans le secteur des biens de consommation durable. L'industrie automobile et la construction ont été tout particulierement touchées. Au début du mois de mai 1980, la production d'automobiles et de camions, comme les maisons individuelles, avaient chuté de 40 pour cent, par rapport au niveau de février 1979 Les mises en chantier de nouvelles maisons en avril 1980 représentaient un chiffre annuel d'un million, soit une baisse de 700000 par rapport à la moyenne des mises en chantier du dernier trimestre 1979. A la miétait de 25 pour inférieure au niveau de la mi-mai 1979.

appareils ménagers et le construction fortement touchés. Les commandes de bois de charpente et de contreplaqués sont inférieures de 25 30 pour cent au niveau normal, les prix des produits du bois sont de 40 dollars au-dessous des coûts moyens de production (Business Week, 2 juin

Il est vrai que la faible valeur du dollar a permis aux USA d'augmenexportations cours des premiers mois de 1980, au moment où les consommateurs, se rendant compte de l'inflation, ont été saisis d'une frénésie d'achat, pré- tionistes sévères.

Economie levant sur leurs économies à un point tel que le taux d'épargne est tombé, au cours du quatrième trimestre 1979, à son niveau le plus bas en 30 ans, c'est-à-dire à 3,3 pour cent des revenus disponibles (alors qu'il était encore de 5,5 pour cent un an auparavant). Il est possible qu'il ait été près de zéro en janvier 1980 (Business Week, 25 février 1980). Les dépenses n'ont pu se maintenir long temps au même rythme, étant donné le taux d'inflation et de 13 pour cent que l'on observe en ce moment, aux Etats-Unis. Cela signifie que les dépenses des consommateurs ont augmenté plus vite en janvier que leurs revenus : les dépenses de consommation des ménages se sont élevées à 19,5 milliards de dollars alors que les s'élevaient à 11.4 milliards de dollars seulement (Business Week,

Il est également vrai qu'une augmentation généralisée des profits, en 1978 et 1979, aux USA ainsi que dans la plupart des pays impérialistes, a permis de retarder une réduction des investissements. Les commandes de biens durables ont de nouveau augmenté de 4,3 pour cent en janvier 1980 aux USA, succédant à une* augmentation en décembre 1979, après une baisse en novembre. Mais elles ont décrû en mars 1980 et c'est cette tendance qui se poursuit actuellement.

Et si l'on veut porter un jugement sur la tendance générale de l'économie, on peut dire que la «stagflation» revient en force. Non seulement l'inflation n'a pas diminué aux USA depuis le début de la récession - mais elle s'est même accélérée. Nous observons - pour reprendre une métaphore un peu tirée par les cheveux - que l'inflation joue avec la même efficacité qu'un frein graisseux pour freiner l'actuelle récession et qu'il ne s'agit pas d'une inflation induisant une relance modérée pour échapper à la récession. C'est ce qui apparaît clairement si l'on remarque que, le 30.01.1980, les prêts au commerce, à l'industrie et à l'agriculture

Les capitalistes ouest-européens et de la balance des paiements du Japon n'incite ce pays à lancer une offensive provoquer de graves problèmes, détonaciale» et générateurs de mesures protec-

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étaient supérieurs aux Etats-Unis de 19 pour cent par rapport à l'année précédente alors que l'indice de l'activité économique de Business Week faisait apparaître une baisse de 0,5 pour cent pour la même période malgré la frénésie d'achats manifestée par les consommateurs de la production industrielle d'avril 1980 était inférieur de 1,9 pour cent).

Cela ne pourra pas durer longtemps. Comme le montre le phique ci-dessous. Le taux tion et le taux d'intérêt («coûts du crédit») ont atteint tous deux des 'sommets historiques aux USA. Le «taux d'intérêt préférentiel» a dépassé 16 pour cent, pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis. Et les autres pays ont suivi le mouvement. La Grande-Bretagne, le Canada, l'Italie et la France ont des taux d'escompte qui atteignent ou dépassent ceux des USA, au Japon et en Allemagne fédérale même, les taux d'indépassent maintenant 7 pour (En Allemagne, le global des emprunts pour le secteur privé a doublé depuis 1977). Le fait important souligné par le graphique est que, durant la récession de 197475, le taux d'inflation et le taux d'intérêt avaient diminué après le début de la récession alors que cette fois ils continuent à augmenter. Ceci oblige presque tous les gouvernements impérialistes à prendre des mesures très sévères concernant les restrictions de crédit et, par conséquent, à renforcer les tendances nistes. En effet, les prêts aux entre-

16% 14% 12 % 10% 8 % 6 % % déc. 72 oct. 73 prises ont commencé à diminuer à parallèlement.

(l'indice grad'inflation d'endettement)

de

1979-80, le montant menté atteignant la dans cette contradiction structurelle montant non dans l'explosion du prix du pétrole que l'on doit rechercher les raisons fondamentales de cette inflation irréductible et permanente.

la tendance generale vers une reces augmentation des dépenses militaires.

En effet, depuis la chute de la dic récession-

TAUX D'INFLATION ET D'INTERET AUX USA août 74

Bavr. 76 juin 75 partir d'avril 1980 et les taux d'inrapport térêts ont commencé à diminuer

Cette situation généralisée n'est pas accidentelle, bien entendu. Elle ne fait que refléter la tendance fondamentale à la surproduction et à la surcapacité de production qui caractérise l'économie impérialiste depuis la fin des années 60 - liée à l'utilisation de l'inflation de crédit ( l'inflaseul comme moyen d'éviter une crise explosive dont les dimensions seraient du mê-

1929-32.

Entre la récession de 1975-75 et celle total des dettes publiques et privées a augde 25 pour cent aux USA, exorbitante somme de 4000 milliards de dollars, pour permettre une croissance globale du rendement réel de moins de 10 pour cent entre 1973 et 1979 (2). C'est du troisième âge du capitalisme et de ces plans.

2)

Alors

Le seul facteur qui pourrait propre permettre de renverser sérieusement sont passées de sion internationale serait une forte milliards chah, l'impérialisme améêtre ricain n'a cessé de préparer l'opinion publique à une politique étrangère pour cent.

fév. 77 déc. 77 oct. 78 plus agressive (qui n'est pas sans avec la «longue vague de tendance à la stagnation» que l'économie capitaliste internationale est en train de traverser), fondée sur un déploiement de forces à l'étranger et sur une nouvelle génération de fusées et d'avions encore plus sophistiqués.

L'augmentation des dépenses militaires pour l'année fiscale en cours est de l'ordre de 15 milliards de dollars (3,3 pour cent en valeur absolue). C'est insuffisant pour arrêter la récession, bien évidemment. Il est vrai que certains programmes ambitieux, comme celui qui prévoit la produc tion de la nouvelle ICBM (InterContinental Balistic Missile), appelée MX, implique des dépenses totales, et qui ont été déjà approuvées, de 30 milliards de dollars. Mais, à l'heure actuelle, il y a de sérieux goulots d'étranglement, en particulier dans l'industrie aéronautique et l'industrie électronique, qui retardent la mise en œuvre complète qu'elle est plus modérée qu'ailleurs, «l'explosion de la dette» n'est en aucune manière un phénomène à l'Amérique du Nord. En Allemagne de l'Ouest, les dettes du secteur privé (les entreprises et les particuliers)

764 milliards à 927 de DM au cours du redressement plutôt modéré de 1977-78 («Wirtschaftswoche», 26 février 1979). Cette augmentation de plus de 20 pour cent doit comparée à l'accroissement de la production réelle qui est de moins de 10 aux d'inflation sur base annuelle Taux d'intérêt de l'eurodollar août 79 janv. 80

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Ils arriveront probablement trop tard pour empêcher l'actuelle récession de suivre son cours naturel. dépenses militaires accroît l'inflation dans une mesure bien supérieure à la moyenne (parce qu'elles sont génératrices de revenus pour les consommateurs et d'investissements pour les entreprises, tout en ne produisant pas de biens supplémentaires).

Etant donné que le taux actuel d'inflation est déjà alarmant, d'annoncer que l'augmentation des dépenses militaires serait «compensée» par d'importantes restrictions dans les dépenses civiles du gouvernement, c'est-à-dire en particulier des coupes sombres dans les soi-disant dépenses «sociales» aux dépens de la classe ouvrière américaine et des couches les plus défavorisées (Carter a annoncé une réduction du déficit budgétaire). Mais, en période de récession, de telles réductions dans les dépenses ont en retour un effet déflationniste démultiplié sur l'économie dans son ensemble. Cet effet déflationniste va donc, au moins neutraliser, sinon annuler l'effet de stimulation provoqué par les augmentations des dépenses militaires.

Enfin, de la même manière que l'actuelle récession démarre avec un taux d'inflation et des taux d'inté-

PART DES MACHINES E USA Japon Allemagne de l'Ouest France Grande-Bretagne Bien qu'il soit possible, mais certain, que l'actuelle récession soit peu plus faible que celle de 1974-75 en raison essentiellement de l'augmentation des dépenses militaires, il est également vrai que le cycle actuel comporte de nombreuses conpériode précédente et qui, par conséquent, traintes les plus sévères et les menaces les plus graves d'explosion au cours de la prochaine période. Les menaces pesant sur les géants «les plus faibles» de l'industrie automobile internationale — tels Chrysler aux Etats-Unis, British Leyland en Grande-Bretagne, SEAT en Espagne et une ou deux firmes au Japon - dont entraînerait milliers de licenciements - donnent un exemple de la situation.

rêts plus élevés que lors de la précéelle débute aussi avec un résidu très élevé de chômeurs non éliminé durant la précédente période De plus, toute augmentation des de relance. En fait, alors que le pays impérialistes (pays de l'OCDE) a touché 10 millions de de la récession de 1970 et 15 millions en 1975, il atteindra 20 millions en 1980. Et il n'est pas du tout certain que ceci soit un maximum au cours de cette récession.

Cette tendance est étroitement liée à un point que nous avons souligné dans notre ouvrage «La crise» (Flammarion), concernant les investissements (qui ont été faibles en qui ont commencé à augmenter rapidement en sont essentiellement des («investissements en profondeur» comme le dit le jargon usuel). Ils ne consistent pas à construire de nouvelles usines, pas plus qu'à augmenter substantiellement les capacités de productions existantes (qui souffrent encore sur une large échelle de surcapacités héritées de la récession de 1974-75 et de la période de pré-récession). C'est ce que confirme d'une manière frappante le tableau suivant publié par l'Economist (23 février 1980) et qui met en rapport la part des machines et de l'équipement à la construction dans les investissements totaux des entreprises privées. T DES BIENS D'EQUIPEMENT

1968 1978 43,8 % 48,0 % 51,7 % 55,6 % 39,1 % 48,6 % 46,1 % 52,5 % 46,7 % 52,3 % De plus, l'économie capitaliste internationale entre dons une nouphase de récession sous un ciel couvert. Les deux soupapes de sûreté qui ont joué un role important dans la limitation du champ et de la durée de la récession de 1974-75 vont probablement fonctionner de manière beaucoup plus modeste cette

Elles ont consisté croissance des exportations vers les pays semi-coloniaux (et en premier lieu, mais non uniquement, les exportations vers les pays de l'OPEP) et l'augmentation des échanges EstOuest. Mais l'expansion dans ces deux directions devient de plus en plus difficile en raison de l'énorme

Get par les Etats ouvriers bureaucratisés. On estime que de ces dettes a atteint, pour les pays semi-coloniaux et 70 milliards de dollars pour les Etats ouvriers bureaucratisés (dont plus de 200 milliards à l'égard des banques privées de 10 pays).

Le marché des pays de l'OPEP, pour ce qui concerne les exportations impérialistes globales, s'est déjà rétréci de manière significative, après avoir atteint son apogée en 1976-77, les effets de la révolution iranienne jouant bien entendu un rôle dans ce processus.

Le soi-disant «recyclage des pétrodollars» par les grandes banques privées impérialistes est en réalité un financement par l'intermédiaire du crédit (c'est-à-dire par la création de nouvelles dettes) des exportations

Men direction semi-coloniaux. Ces pays absorbent

30 pour cent la plupart en machines, équimoyens de transports, mais une importante part est constituée par les produits alimentaires (surtout venant des USA, du Canada et de l'Australie), des biens dudes produits de luxe et, bien sûr, des armes. On a toutes les raisons de supposer que, sans cette expansion des exportations des pays impérialistes vers le soi-disant «TiersMonde», la réduction du commerce mondial de 1975 aurait duré plus longtemps et la relance de la production industrielle - au moins dans quelques secteurs clés de l'industrie - en Europe de l'Ouest, Japon et en Amérique du Nord, se serait produite plus tard qu'elle ne

C'est la fonction objective de l'énorme dette qui écrase les pays semi-coloniaux. La motivation des banques privées était encore évidente : en période de récession et, dans une période qui suit immédiatement la récession, il y a abondance de capital financier. La dedes entreprises capitalistes est faible dans les pays impérialistes. banques sont à la recherche de nouveaux clients - d'autant plus que les capitaux dont elles disposent se sont accrus en raison de la masse de pétrodollars non utilisés en provenance des pays de l'OPEP les plus riches et déposés dans les grandes banques impérialistes. C'est pourquoi ces banques sont désireuses de prêter aux pays semi-coloniaux et aux Etats ouvriers bureaucratisés.

Mais ce qui s'est produit a une signification beaucoup plus profonde. Alors que, grâce à l'énorme expansion du crédit bancaire (argent bancaire), les banques privées sont depuis de nombreuses décennies devenues les principaux créateurs d'argent dans les pays impérialistes (avec la

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USA

Allemagne de l'Ouest

Japon

France

Grande-Bretagne

Italie

(OCDE : Economic Perspectives, décembre 1979) bienveillance des banques centrales, des gouvernements et, en définitive, dans l'intérêt du système capitaliste dans son ensemble, sans considération sur les effets inflationnistes de cette création d'argent), ces banques privées ont maintenant pris le contrôle de la création (et de la redistribution) des «liquidités internationales», tout d'abord à travers le système des «eurodollars» et maintenant à travers le recyclage des

Mais il y a une différence beauprofonde entre l'expansion du crédit inflationniste (expansion de l'argent bancaire) sur le marché national et l'expansion du crédit inflationniste sur le marché mondial. Dans le premier cas, il y a un prêteur du dernier recours : la banque centrale nationale. Un national bourgeois, en définitive, peut jouer un rôle «d'arbitre» entre intérêts opposés qui peuvent s'affronter entre les différents secteurs de la classe dominante, quand il devient nécessaire de cautionner des entreprises en faillite ou d'empêcher les banques de faire faillite et, par conséquent, de prévenir une généralisée dans les banques. Dans le second cas, pas de prêteur du dernier recours. Il n'y a pas de gouvernement capialors que les bourgeois sont aussi unis entre eux que les doigts de la main lorsqu'il est question du partage des bénéfices, la loi du «chacun pour soi» entre en vigueur lorsqu'il s'agit de partager les pertes (et dans le cas qui nous intéresse, les pertes peuvent être considérables !) (3).

Ainsi l'incapacité de régler ses . dettes de la part de l'un des grands débiteurs parmi les pays sous-développés peut être un danger et provoque chez les banquiers et tous les autres financiers du monde capitaliste moulte nuit sans sommeil (4). Un certain nombre de pays n'ont pu faire face à leurs échéances pendant une brève période (c'est-à-dire qu'ils n'ont pu rembourser leurs emprunts à la date pour laquelle ils s'étaient engagés), c'est le cas de la Turquie et du Zaïre. Mais les montants étaient suffisamment faibles pour que le capital fi-

EXPORTATIONS VERS LES PAYS DE L'OPEP DANS LE MONTANT TOTAL DES EXPORTATIONS

1976-77 1979 10,9 % 8,7% 8,7 % 6,0 % 14,5 % 11,8 % 8,6 % 7,1 % 11.8 % 8,2 % 12,3 % 10,7 % nancier international, avec l'aide de quelques institutions publiques internationales, comme le Fonds monétaire international, puisse trouver une solution au problème. Mais le manquement d'un grand débiteur comme la Corée du Sud, pour ne rien dire du Brésil - le plus important de tous -ou une révolution sociale dans l'un de ces pays poserait un point d'interrogation concernant leur volonté de continuer à reconnaître et à rembourdettes contractées par des économiques contraires aux intérêts des masses laborieuses et porterait un coup fatal aux banques les plus fortes des pays impé-

En effet, les fausses manœuvres de Carter pour essayer de geler les fonds iraniens déposés dans les banques américaines (y compris dans leurs agences à l'étranger) laissent soupçonner quelles réactions en chaine pourrait provoquer une révolution dans un pays important ou dans un pays semi-colonial. On ne peut pas oublier ce qu'implique le soi-disant «recyclage» des pétrodollars par les privées impérialistes: c'est la violation d'une des «règles d'or» du systeme bancaire capitaliste qui consiste à ne pas opérer des prêts à long terme sur la base de prêts à terme. La plupart des pétrodollars sont des dépôts à court terme. Tous les prêts aux «pays du Tiers-Monde» moyen ou long terme. On peut bien

L'OR, EVALUE AU «PRIX» COURANT, 1951 63,0 % 1955 60,0 % 1960 54,6 % 1966 56,3 % vice-président de la «Morgan Bank», Rimmer de Vries. a déclaré sans ambiguité : «Cette fois-ci, le système bancaire privé ne peut venir recyclage des pétrodollars sans aide, ni financer les déficits vertigineux de lá balance des paiements des pays en voie de développement» («International Herald Tribune». novembre 1979, supplément « Euromarkets»).

imaginer ce qui se passerait si la solvabilité de la plus grande banque, et non seulement celle de l'un des débiteurs les plus importants, se trouvait menacée mais aussi si l'un des pays clés de l'OPEP retirait soudain tous ses avoir de ces banques (ce que le régime de Khomeiny n'a pas fait et ce fait révèle à lui seul clairement sa nature bourgeoise, malgré toute la rhétorique anti-impérialiste et tous ses conflits réels, mais limités, avec l'impérialisme américain).

C'est dans ce contexte de menaces grandissantes de crise, sinon d'effondrement de ce qu'on appelle le «système monétaire international du papier-dollar» (ou mieux encore le «non-système») que l'on peut comprendre la fantastique envolée du «prix de l'or» qui s'est produite en 1979, le faisant passer de 220 dollars l'once au début de l'année plus de 600 dollars en février 1980 (avec une pointe à 835 dollars le 18 janvier 1980). prix n'est pas due en premier lieu à des conspirations de spéculateurs privés, mais à l'action des pays de l'OPEP au Moyen-Orient, en de transférer une partie réserves de dollars en réserves d'or. Cela montre l'échec de la tentative américaine d'imposer d'instaurer un «système monétaire» permanent fondé sur une dépréciation constante du dollar-papier.

En effet, étant donné l'ascension vertigineuse du «prix de l'or», les réserves d'or des banques centrales sont pratiquement aussi importantes, dans la part des réserves totales, qu'elles l'étaient au lendemain de la Seconde Guerre mondiale lorsque à-dire un système monétaire international dans lequel plusieurs monnaies nationales servent, en dehors de l'or, de réserves pour les autres monnaies), commença à être appliqué à une large échelle. EN TANT QUE PART DES RESERVES TOTALES DE TOUTES LES BANQUES CAPITALISTES CENTRALES

1976 39,8 % 1977 41,6 % 1978 44,2 % 1979 59,1 % 4) Selon le «Wall Street Journal» du 10 janvier 1980, les autorités monétaires américaines sont préoccupées par la dégradation du rapport entre le capital propre et les réserves des banques américaines d'une part et le montant total de leurs prêts de l'autre y compris de certaines des banques les plus importantes.

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Et alors que les Etats-Unis sont encore les plus grands détenteurs de réserves d'or, leur participation aux réserves totales d'or de toutes les

1913 28,3 % 1918 38,0 % 1934 43,4 % 1940 71,7 % (maximum historique) 64,2 % gement de la situation réelle — et des réflexions qu'ont les principaux technocrates de la bourgeoisie internationale - que la déclaration faite par Jacques de Larosière, président général du Fond monétaire international, l'institution même qui s'est efforcée de faire adopter la « démonétarisation de l'or» au cours de la dernière dé-

«(Il conviendrait de) calmer les marches des changes et le systeme des liquidités internationales, notamment par la mise en œuvre d'un compte de substitution fortement gage peut-être par l'or du Fonds monétaire international» (Le Monde, 13 février 1980).

Cela signifie-t-il que nous soyons à la veille d'un retour à l'étalon-or, suivant l'exemple du Système moné taire européen qui base ses avoirs communs sur une couverture or moyenne ? Nous ne le pensons pas.

La répartition des réserves d'or est extrêmement inégale entre les pays capitalistes. Les pays impérialistes s'y taillent la part du lion (et parmi eux, la place du Japon ne correspond en aucune manière à sa place actuelle dans le commerce mondial). Les pays semi-coloniaux pris globalement, pour 22 pour cent aux échanges internationaux, détiennent à peine 10 pour cent de l'or des banques centrales capitalistes. Les pays de l'OPEP, qui participent pour envirion 11 pour cent aux exportations mondiales, détiennent seulement environ 2,5 à 3 pour cent des réserves mondiales d'or.

Dans ces circonstances, étant donné le déficit prolongé et structurel de la balance des paiements de la plupart des pays du «Tiers-Monde», un retour à un étalon-or «normal» les condamnerait bientôt à la banqueroute, à une réduction stricte de leurs importations, à une crise sociale explosive. Cela pourrait amener une réduction généralisée du commerce mondial. La bourgeoisie internationale essaiera d'éviter cela autant que possible. Mais l'or jouera un rôle de plus en plus important dans le système monétaire mondial, aujourd'hui plus faible qu'avant la Première Guerre mondiale ! PART DES RESERVES D'OR AMERICAINES DANS LES BANQUES CAPITALISTES CENTRALES

1955 57,8 % 1960 44,0 % tout comme les autres monnaiespapier moins dévaluées que le dollar (6), en premier lieu le DM, le franc suisse et le yen (qui, cependant, déjà perdu 25 pour cent de sa valeur marché des changes dans la dernière période contre le dollar) (7).

Il est de plus peu probable que des débouchés supplémentaires significatifs puissent se présenter à l'économie capitaliste internationale grâce à un renouvellement rapide de l'expansion du commerce Est-Ouest. En ettet, le poids de la dette et la prescroissante de l'inflation qui se répercute au niveau du marché mondial dans les Etats ouvriers, y créent des problèmes — y compris des problèmes explosifs sur le plan social -tels que l'on peut certainement avancer qu'à l'heure actuelle, on a atteint un seuil qui ne sera franchi que marginalement dans la période immédia-

Est-ce que la réintégration de la dans le commerce mondial, produite avec un grand «éclat» à la suite du programme des «quatre modernisations» de Deng Xiaoping, aura une incidence décisive en ce domaine ? Cela semble peu probable, tout au moins l'étape actuelle. Les plans grandioses qui avaient été faits dans les cercles impérialistes débordants d'optimisme, ont quelque peu diminués. Les importations chinoises, en provenance des pays impérialistes, ont certainement augmenté. Le total des importations (la fraction provenant des Etats ouvriers bureaucratisés est insignifiante) est passé de dollars en 1972 à 6 milliards en 1977, 10 milliards en 1978 et 13 milliards en 1979 (ce qui est déjà en retrait par rapport aux prévisions qui étaient de 15,5 milliards de dollars). Mais le déficit cumulé de la balance commerciale des trois dernières années semble dépasser deux milliards de dollars et la Chine regarde du côté des ques occidentales pour obtenir des crédits. Seul le Japon a développé des relations commerciales importantes avec la Chine: 4,2 pour cent de ses exportations totales ont été capitalistes centrales est en 1979. Pour tous les autres principaux pays impérialistes, moins 1 pour cent de leurs exportations se font vers la Chine - on est bien loin de répéter l'histoire ouest-allemande à succès de l'Ostgeschäft (la percée commerciale vers l'Est). Et le Japon lui-même a été capable de s'installer de manière significative en République populaire de Chine en tant que fournisseur de biens de consommation, seulement parce qu'il a accepté d'accorder à ce pays plusieurs milliards sous forme de contribution à certains de ses projets d'expansion les plus

Ainsi le bilan général est à peu près le suivant : il n'apparait pas pour le moment qu'il y ait dans l'économie internationale aucune tendance d'importance, capable de renverser, en 1980, le cours de la récession américaine et son extension vers tous, ou presque, les pays impérialistes. Le seul élément nouveau dans cette situation, si on la compare à celle des années 70, - l'augmentation de la course aux armements, — aura, apres cette recession, plus une influence sur le rythme du redressement qu'il ne empêcher l'éclatement- de la crise. Et ses conséquences, dans la mesure où augmentera le taux d'inflation et où le système monétaire et bancaire international dans son sera de plus en plus vulnérable, restent à chiffrer, en particulier par rapport à la capacité de la classe ouvrière des pays impérialistes de résister aux réductions sauvages de ses salaires réels, directs et indirects. ler juin 1980

Cf. aussi la déclaration suivante dans l'éditorial du «Financial Times» du 4 janvier 1980 :

«Il n'est pas exclu que l'on se rende compte que le rôle le plus utile que pourrait jouer l'or officiellement détenu serait... d'aider à résoudre quelques problèmes de remboursements officiels... Avec une proportion de réglements de leurs balances en or - essentiellement le désir de fournir de l'or d'une manière organisée réduirait devraient être acheminées système bancaire international dont les capacités de recyclage illimité sont large6) Selon «l'Economic Research Institute of Hamburg», ce sont à présent 51 à 52 pour cent du commerce mondial qui s'effectuent en dollars, 14 pour cent en DM, 7 pour cent en livres sterling, 7 pour cent en francs français, 5 pour cent en yens, le reste dans les autres monnaies. 7) Il est significatif qu'alors que, sur

Run total de surplus de pétrodollars qui s'élevait en 1977 à 33 milliards de dollars, 9,2 milliards aient été déposés aux USA, le surplus de 10 milliards de dollars du premier semestre de 1979 n'ayant pas été déposé du tout aux USA («Neue Zürcher Zeitung», 21 décembre 1979).

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