Inprecor 1974–2004

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ALLEMAGNE FEDERALE

Déclaration du Secrétariat unifié de la IVe Internationale sur les élections en RFA

· Inprecor n° 81, 10 juillet 1980 · p. 8-10 · 2 952 mots

Allemagne IVe Internationale Syndicalisme Écologie

P Allemagne de l'Ouest fut le pilier ENDANT une très longue période,

le plus solide de l'ordre bourgeois en Europe occidentale. La suprématie industrielle et économique du capitalisme ouest-allemand, liée aux énormes défaites subies par la classe ouvrière allemande au cours du XXè siècle, la division du pays imposée par les conférences de absolument aberrante du «socialisme» qu'offre le stalinisme en République démocratique d'Allemagne, tout cela a permis un contrôle social et politique de la bourgeoisie sur la classe ouvrière plus important que dans les principaux pays européens.

La base objective de cette relative stabilité a cependant commencé à s'effriter lentement. La prospérité de l'impérialisme ouest-allemand repose essentiellement sur l'expansion de ses exportations - une expansion qui est maintenant de plus en plus menacée par la récession que connaît l'économie capitaliste internationale, par une concurrence inter-impérialiste exacerbée et par les difficultés croissantes que rencontre 'impérialisme allemand pour réaliser «l'intégration» économique de l'Europe de l'Ouest qu'il transformer en son marché intérieur. Or cette Europe capitaliste va au devant d'une nouvelle récession, suivie crois le bes des derniere ans das des conditions de tensions internationales croissantes. geoisie ouest-allemande qui, au de la dernière décennie, a agi dans le cadre d'un gouvernement formé par le Parti social-démocrate et le Parti libéral, c'est-à-dire une coalition gouvernementale intégrant la bureaucratie oudoit se préparer à une politique d'affrontements de plus en plus durs avec la classe ouvrière. Afin de maintenir le taux de profit, les capitalistes doivent diminuer le niveau de la classe ouvrière. D'autant plus que fondamentales (syndicats) et le potentiel de lutte de la classe ouvrière allemande, pour la déla lutte des sidérurgistes pour la semaine de 35 heures ou la lente croissance de la combativité dans les rangs ouvriers. Enfin certaines fractions de la bourgeoisie désirent jouer un rôle plus agressif dans la politique mondiale, en mettant en place une force d'intervention pouvant agir au-delà des zones propres à l'OTAN.

Il n'est pas certain que ce projet puisse aboutir et que, s'il est élu, Strauss à l'appliquer. Cela dépendra crise économique et de l'issue de l'exacerbation des affrontements de classe. Mais le même que le principal parti bourgeois choisisse comme candidat une telle personnalité, plus à droite même que Thatcher en Grande-Bretagne, montre que la classe capitaliste ouest-allemande est convaincue qu'il faut se préparer à une période où cette nouvelle politique agressive sera nécessaire. Une victoire électorale d'un tel projet redonnerait à la bourgeoisie l'assurance modification rapports de forces sociaux en faveur de la classe dominante pourrait être introduite en République fédérale. Etant donné la place qu'occupe ce pays en Europe, un tel résultat aurait des conséquences importantes non au niveau national, mais aussi interna-

Qu'un tel changement devienne la responsabilité en incombe essentiellement à la direction du SPD et de la bureaucratie syndicale. Ce parti mandat très clair de la part des masses ouest-allemandes, à la fin des années 60 : rejetter la politique du CDU et du CSU et mettre en œuvre une politique de réformes sociales. La direction du SPD, non seulement a liquidé cette orientation réformiste dès les premiers signes de difficultés économiques pour le capitalisme ouest-allemand, mais a tout fait pour démobiliens traditionnels le SPD a été d'aligner totalement la politique étatique des revenus et sur les exigences de l'économie capitaliste.

Alors que Schmidt était chancelier, le SPD a tout fait pour démobiliser la classe ouvrière et pousser le mouvement syndical à accepter des «sacrifices» au nom de la relance économique (c'est-àdire les profits des patrons), que la masse des travailleurs, se fondant sur son expérience de la longue période de prospérité du capitalisme alle-

Allemagne fédérale mand, attendait pour un avenir proche. Strauss, quelqu'autre personnage espèce, saurait tirer profit à la fois de la subordination de la politique syndicale aux exigences de l'économie capitaliste et aussi de l'érosion des droits démocratiques le gouvernement de Schmidt sous préle terrorisme», pour se lancer opérations répressives contre le mouvement ouvrier et ses militants les plus combatifs.

Si aujourd'hui, ou peut-être demain, le capitalisme ouest-allemand s'apprête à remplacer Schmidt par Strauss - ou par quelqu'un de semblable à Strauss — ce n'est donc pas que l'actuel gouvernement ne l'ait pas bien servi. Au conc'est précisément parce qu'un secteur de la bourgeoisie aujourd'hui qu'il faut un tournant vers une orientation et des méthodes qui s'attaquent plus directement à la classe ouvrière ouest-allemande, que cela peut être à la démobilisation de la classe ouvrière opérée sous la houlette de la direction du SPD. Il pense qu'un gou vernement dirigé par Strauss sera plus à même d'appliquer une politique d'affrontements ouverts avec la classe ouvrière, et une politique plus agres sive sur le plan international, alors qu'un chancelier du SPD devrait faire face à une opposition dans les syndicats et au sein même du parti. Dès toute victoire de la bourgeoisie dans la mise en œuvre d'un tel projet impliquerait un recul significatif pour la classe ouvrière ouest-allemande.

Par conséquent, la classe ouvrière d'importantes batailles défensives, au moment des élections et pour les mois années à venir. Les marxistes révolutionnaires ouest-allemands seront à l'avant-garde de ces batailles.

Gagner de telles batailles n'est intègre l'indépendance de classe vis-à-vis de tous les secteurs de la bourgeoisie, le front unique des travaildans la lutte et une orientation stratégique claire pour liquider la domination capitaliste en République fédé accélérer le développement d'une claire conscience de classe politique au sein de la classe ouvrière ouest-allemande.

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Dans ce contexte, il est indispen- Dans ce contexte, sable d'adopter une attitude correcte vis-à-vis du SPD syndical. Le SPD, malgré l'extrême dégénérescence et la soumission à la politique patronale de sa reste un parti ouvrier bourgeois.

mesurer son degré rescence par la baisse sein du prolétariat industriel par le poids croissant à l'intérieur du Parti de la bureaucratie locale fédéral. C'est par le contrôle que maintient le SPD sur les directions syndicales, soutien de la classe ouvrière reste, avec les syndicats, nisation de masse de la classe ouvrière ouest-allemande. Toute polarisation de

Get tout développement radicalisation ouvrière de façon croissante au sein des syndicats et du SPD.

Ainsi les révolutionnaires qui essaient d'ignorer l'influence que détient toujours le SPD et ceux qui choisissent la «neutralité» au moment où les partis bourgeois attaquent tous ceux-ci aident en bourgeoisie dans son offensive

Get rendent encore tâche de détacher des millions réformiste de leur direction.

Les questions centrales posées par ces élections sont d'une part la remise des acquis économiques sociaux des vingt dernières années (sécurité de l'emploi, niveau de vie, sécurité sociale) que l'on voit poindre avec l'approche de la récession et l'introduction d'une nouvelle technologie dans l'industrie; et d'autre part, les raisons pour lesquelles le patronat a besoin Strass pour lancer son offensive antiindépendante vrière sur un clair programme de classe peut lui permettre de défendre efficace ment ses intérêts. Les marxistes révolutionnaires appellent les syndicats à en gager la lutte contre Strauss et indiquepar des initiatives concretes, qu'il est possible de transformer l'hostilité profonde des travailleurs envers Strauss en une réponse de classe contre "offensive patronale. révolutionnaires Ils se placent au contraire dans le camp de la classe ouvrière, ils appellent donc à voter pour le SPD, contre Strauss et les partis bourgeois CDU-CSU et FDP.

même temps, l'accent sur le fait que seule la mobilipeut empêcher la mise en œuvre du programme de Strauss.

La lutte contre Strauss favorisera de même la prise de conscience de la

Appeler à voter SPD, comment la coalition le FDP, petit parti des patrons, sert de il est indispen- couverture à la direction et du mouvement en plus lourd de la sa direction, quent, cela met en évidence qu'il faut que le SPD rompe avec le FDP et réde ponde aux revendications dégénéde ses effectifs dicats se doivent de mettre pour la défense des intérêts des travailet de principalement et grâce

Rhin-Westphalie, soulignent la justesse qu'il de la ligne qui est ici développée, en parla seule orgaticulier sur la nécessité d'une rupture du SPD d'avec le FDP.

Dans ces élections, obtenir d'importants gains électoraux de la s'exprimeront dans ses bastions ouvriers traditionnels et plus particulièrement auprès de secteurs plus retardés de salariés, de masse le fait la poliplus difficile de par l'idéologie subissant la pression ouvrières, il ne craignait rien moins que de perdre, pour sa coalition, son partenaire bourgeois. En d'un partenaire subalterne au gouvernement, le FDP, la direction du SPD n'avait plus aucun prétexte pour explipar des syndicats, le mouvement antinucléaire et la gauche du SPD.

catif fondamental classe et la rupture net Strauss ou un bürgerblock CDUindépendante la politique les résultats des votes.

de classe et d'unité dans l'action n'est pas du tout incompatible — et d'ailleurs cherche par sa politique à faire reposer En même temps, le Parti libéral (FDP)

sur le dos des travailleurs et de l'ensem s'est vu ble de la population, le poids de plus que les syncôté, en avant d'un de l'autre tion de classe,

Nord ment ouvrière le SPD ions ne disposant plus lutte elle ne peut pas satistie faire les revendications mises en avant tion mouvement antisens ouretour à une politique de avec la conception sur la de la coalition SPD.FDP comme un

«moindre mal» par rapport à un cabi-

CSU-FDP. Appeler à voter SPD servira aussi à ouvrir la voie à une mobilisaorganisations ouvrières ouest-allemandes contre les de issue manière lieu, quels que soient

Une telle politique d'indépendance du SPD qui influencés par l'idéologie catholique.

expulsé du Parlement régional, dans la mesure où il n'a pas franchi la barre des 5 % (nécessaires pour obtenir un représentant au Parlement).

Bien que la direction du SPD, et Franz Joseph Strauss aient tout fait pour empêcher une accentuation de la polarisa ces élections et leurs résultats ont, en fait, abouti précisé- abouti préciséà cette polarisation de classe objective. Sous la menace que représentait la candidature ouvertement la candidature ouvertement réactionnaire de F.J. Strauss, la classe

Use mobilisa et se prononça plus fortement en faveur du SPD, du SPD, ouvrier bourgeois. Le FDP, étant donné cette polarisation, se trouvait face au danger d'être laminé entre les deux blocs sociaux. Quant au SPD, elle les requiert - avec une dénonciation politique pro-bourgeoise de la direction du SPD et surtout avec une acharnée contre les mesures de répression au sein du mouvement ouvrier, et en particulier, dans les syndicats, appliquées par atla cesyndicale qui représente la du SPD. En agissant ainsi, la bureaucratie syndicale porte fortement atteinte à l'unité de la classe ouvrière. Elle cherche à étouffer la lutte contre les projets du patronat et implique une capitulation face à Strauss qui utilise la menace de diviser le mouvement syndical unifié à l'échelon fédéral en créant un mouvement syndical jaune fondé

Démocratie chrétienne, pour faire taire politiquement le DGB. La défense des intérêts de la classe ouvrière ouest-allemande passe par la lutte contre la bureaucratie du SPD et des syndicats et, en même temps, par la défense des syndicats et du SPD contre les attaques du patronat et du CDU-CSU. Seule une victorieuse de ces deux combats, reliés à la bataille pour une réponse socialiste à la crise, peut ouvrir la voie à une conscience politique socialiste au sein de la classe ouvrière.

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La faillite de la direction du SPD et de la bureaucratie syndicale ont amené à la formation des Verts écologiste). Ce parti a été créé par des politiciens «protessionnels», venant a la fois du CDU. de groupuscules bourgeois et petits-bourgeois confus, confus, qui cherchent à récupérer l'impact du mouvement de masse contre l'énergie nucléaire pour créer une nouvelle force parlementaire. Il a le soutien de larges couches de jeunes radicalisés. de courants issus de l'extrême-gauche et de courants centristes a renforcé son impact. Le soutien d'une part significa tive de la gauche à cette formation politique l'a fait encore apparaître comme une alternative crédible face au SPD et lui a permis d'influencer une partie des couches de travailleurs radicalisés.

Beaucoup de ceux qui soutiennent ce parti y sont sans aucun doute poussés par une haine largement justifiée grands capitalistes et de leurs défenseurs dans la bureaucratie syndicale. Mais la création de ce parti, ou le vote pour lui, ne peut en aucun cas offrir une solution pour les travailleurs allemands. Les marfond tous les mouvements de masse qui militent contre la construction de cntrales nucléaires et pour la fermeture de celles qui existent déjà. Personne, dans les conditions actuelles, ne peut garantir la sécurité de telles centrales. pour l'environnement et la vie humaine et elles s'accompagnent d'attaques importantes contres les droits démocratiques. De même, les révolutionnaires soutiennent tous les mouvements de masse contre les dangers qui menacent l'envi ronnement et qui sont le produit de la concurrence anarchique et de la course aux profits à laquelle capitalistes. Il est du devoir des révolutionnaires de signaler que les revendications avancées par ces mouvements doivent être reprises par le mouvement ouvrier organisé et que la bataille pour les faire aboutir doit être concue comme faisant partie de la lutte de classe : les révolutionnaires doivent se battre pour que ces mouvements aient une direction qui œuvre à leur liaison avec le mouvement ouvrier, condition de leur succès.

Un mouvement écologiste ne peut fournir à lui seul une réponse à la classe ouvrière et à l'humanité opprimée. Aujourd'hui, le capitalisme fait peser à une échelle de masse la menace de la misère et de la famine, du anéantissement des bases de la civilisation humaine par une guerre nucléaire. Dans ces circonstances, soutenir un tel parti fondement non la perspective prise du pouvoir politique et de l'élimination du capitalisme par la classe ouvrière mais seulement la lutte contre l'énergie nucléaire et ses menaces contre l'environnement et qui n'a aucune position claire envers le mouvement vrier - revient objectivement non seulement à affaiblir le mouvement anti-nucléaire selon des clivages d'ordre parlementaire, mais aussi à empêcher ce mouvement de mettre fin à son isolement par rapport aux organisations ouvrières. Ceci ne peut qu'aider les bureaucrates syndicaux introduire la division entre le mouvement ouvrier organisé et ceux, qui, dans le mouvement anti-nucléaire,

(parti s'y réfèrent. Ceci les militants engagés dans la lutte contre le danger nucléaire dans les méandres de la politique réformiste de collaboration de classe à laquelle peuvent se rallier des forces bourgeoises.

possibilité de débattre des perspectives

La participation l'Ouest, en particulier avec les courants mao-centristes et réformistes de gauche ponse à la situation présente est soit le soutien à la liste «verte» (écologiste), questions spécifiques en gramme leurs et le capitalisme et devient d'autant plus moment de l'extrême-gauche centristes remet en

Parti truire un la capacité de la résoudre la résoudre la crise de la société bourgeoise.

Mais, vent indiquer à tous les courants de la gauche en RFA que la question stratégique décisive reste celle de briser l'emprise du réformisme sur le se livrent les

Cet objectif sans une approche correcte nisations de masse vrière. Une orientation chômage et d'un former ou

LA

— qui a pour de la oules rangs ouvriers.

ne peut économiques,

Les élections à venir offrent la de la lutte des classes et de la stratégie pour le socialisme en Allemagne de en crise. Leur principale résoit l'abstention, soit céder à la logique

Les marxistes- révolutionnaires soutiendront tout pas en direction d'actions unitaires sur des de la classe ouvrière, des femmes, de la lutte contre le nucléaire et de toutes les reveridications des cousimultanément la totalité de leur propour le pouvoir aux travailsocialisme, comme seule alternative viable et conséquente au

Ceci réformisme.

important significative courants aux luttes qui luttes aux cause la nécessité de socialiste mais aussi

Dans classe ouvrière à lutionnaires en même temps, ils faire un bond des orga que et

1er juin 1980

EDITORIAL.

NMUNIS

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POLITIQUE

INTERNATIONALE

DE LA

BUREAUCRATIE

DOSSIER te ou sectaire ne peut qu'aider la bu-

GIM, section allemande de la

IVe Internationale, a toutes les raisons confiant dans les luttes qui se

La puissance et la sur lesquelles la classe domination politique, subissent de plus en plus de pressions de la part de forces qu'elle ne peut plus contrôler. Malgré syndicales et malgré l'exemple du staen RDA, la classe ouvrière allemande reste socialement et organisareste socialement tionnellement forte. Même si c'est à un rythme plus lent que dans les autres pays capitalistes européens, cience politique de la classe commence à changer comme le montre le développement de la combativité des dernières l'éclatement de conflits entre des groupes de militants syndicaux bureaucratie conflits inter-bureaucra tiques et l'influence grandissante que des femmes mouvements

La lutte contre l'élection qui auront lieu l'offensive capitaliste, quelle que soit quelle que soit l'issue des élections.

circonstances, les à une inter doivent allier la plus rigoureuse possible aux élections, des efforts décidés pour augmenter leurs forces dans l'industrie et nouvelles ouvertures politiques se deux objectifs, ils peuvent aider à faire en avant à la classe oude conscience politiplus efficacement les

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