C'est alors qu'est mort soudainement . reste stable avec un peu plus de 10 % mocrate libéral) japonais, avec E gouvernement LDP (Parti déà sa tête le Premier ministre Masayoshi Ohira, fut battu lors du vote d'une motion de censure à la Chambre basse, le 16 mai 1980. Le vote favorable à la motion de censure fut obtenu grâce à une scission qui s'est produite au sein du LDP lui-même : 70 des 257 députés du LDP ont boycotté la session lors du vote à la Chambre basse. Le Premier ministre et son cabinet ont donc prononcé la dissolution de la Chambre basse et des élections générales ont été pour le 22 iuin. à la fois pour renouveler la Chambre basse et la Chambre haute (la Chambre haute doit être renouvelée par moitié tous les trois ans). le Premier ministre Ohira, en pleinecampagne électorale, à la suite d'une «attaque cardiaque», dans un climat de crise profonde du LDP, parti unique au pouvoir; de plus, de dures luttes de fraction se déroulaient au sein du parti. Lors des dernières élections générales d'octobre pour la Chambre basse, le LDP avait connu une division interne si profonde que deux candidats se présentèrent au premier tour des élections pour le poste de Premier ministre, Ohira, le prédent du parti, nouvellement élu, et l'ancien Premier ministre, Fukuda. La mort d'Ohira symbolise la crise très profonde qui affecte le LDP.
Le résultat des élections générales du 22 juin a cependant surpris tout le monde. Le LDP, durement touché par la crise obtenait 284 sièges sur 511 à la Chambre basse; il avait une majorité relative de 257 sièges au moment de la dissolution. Le Nouveau club libéral (NCL), qui a été créé lors d'une scission du LDP, après l'affaire de la Lockheed, en 1976, et qui connaissait aussi une profonde crise interne avant les élections, obtenait lui aussi un assez bon résultat : le nombre de sièges qu'il avait à la Chambre basse passait de 4 à 12. Le Parti bouddhiste Komei sentant la petite-bourgeoisie urbaine, parti qui se définit lui-même comme étant «au milieu de la route», a été le plus touché : il a subi une lourde perte, passant de 58 à 33 sièges. Le Parti social-démocrate, l'aile droite de la social-démocratie, n'a pas beaucoup perdu : il passe de 36 à 32 sièges. Ce PSD, qui jouit du soutien total des forces syndicales droitières, est politiquement très proche de la grande bourgeoisie et du LDP.
Le parti qui représente «traditionnellement» la classe ouvrière japonaise au Parlement, le Parti socialiste, a tout juste conservé ses forces à la Chambre basse; il obtient 10 sièges alors qu'il en avait 7 lors des précédentes élections générales d'octobre. Le PS a bénéficié du soutien de des bureaucrates syndicaux, n'appartenant pas au PC, de la gauche réformiste du Sohyo (Conseil général des syndicats). Le Parti communiste a beaucoup perdu, mais le pourcentage des votes qu'il a obtenu (Le Monde, 26 juin 1980).
Cependant, la mort du Premier ministre ne suffit pas à expliquer la victoire électorale du LDP et du NCL. Tout d'abord, l'ancien Premier ministre était le président du LDP - et non du NCL - et pourtant ce dernier a triplé le nombre de ses sièges. Le NCL, dont la base électorale est urbaine et qui avait eu une attitude « critique» à l'égard du LDP, a obtenu des gains importants essentiellement en tant que parti conservateur bourgeois. En second lieu, «selon un Mianichi Shinbun (sondage d'opinion au
A première vue, il semble que la «tragédie» de la mort du Premier ministre Ohira ait eu une fonction mystique et ait sauvé le LDP du désastre. On ne peut nier que la mort du premier ministre ait eu un certain impact et provoqué certaines réactions conservatrices dans de vastes couches de la petite-bourgeoisie. En fait, le LDP, dans son ensemble, et ses candidats ont fait preuve de la plus grande hypocrisie afin de tirer profit de cette mort. En voici un exemple grotesque : un candidat du LDP avait demandé que les drapeaux du siège du parti, à Tokyo, soient mis en berne durant la campagne
Japon niveau national, effectué avant la mort du premier ministre), la popularité du cabinet d'Ohira était à son niveau le plus bas (21 %). De plus, le nombre des gens qui ne lui faisait pas confiance, avait augmenté de 15 %, passant à 41 % par rapport à un sondage effectué en septembre dernier, avant les élections générales du 7 octobre. On peut se poser des questions sur le crédit à accorder à ces sondages, mais ils constituent une indication sur le mécontentement du public qui se cristallisait sur le cabinet Ohira parce que celui-ci était au pouvoir» (Far Eastern Economic Review, 13-19 juin 1980).
Ohira était l'un des chefs de fraction en vue du LDP; fraction étaient au pouvoir, avec le soutien de tout le parti depuis le célèbre «scandale Lockheed» éclaté au moment où Tanaka, aujourd'hui inculpé, était Premier ministre. Cette personnalité politique n'a jamais joui d'aucune sympathie auprès du public. Dans l'ensemble, le nombre des votants a été assez élevé (74,5 %), supérieur à celui des dernières élections générales, et les deux partis bourgeois, le LDP et le NCL, ont considérablement renforcé leurs positions à la Chambre basse aux dépens du Parti bouddhiste et du Parti communiste: LE ROLE MYSTIQUE DE LA MORT DU PREMIER MINISTRE électorale; il portait un ruban noir de deuil et commençait chaque réunion électorale en demandant une minute de silence; de plus il a accusé l'opposition d'être responsable de la mort d'Ohira, en raison des critiques constantes qu'elle avait faites au gouvernement. Mais «ce candidat du LDP a bien entendu oublié de mentionner son absence lors du vote de la motion de censure contre le cabinet Ohira, le 16 mai, et ce fut, en fait, l'événement qui a provoqué les élections» (Far
Economic Review, 20-26 juin 1980). Comment peut-on expliquer alors les résultats des élections et qu'est-ce que cela signifie en terme
Pour diverses raisons, la participation électorale a été plutôt élevée : la simultanéité des élections pour les deux Chambres, la crise politique trop évidente qui fut révélée par le vote de la motion de censure contre le gouvernement Ohira et la dissolution de la Chambre basse, huit mois seulement après les dernières élections générales, la mort soudaine du Premier ministre en pleine campagne électorale et les développements dramatiques de la situation en Corée du Sud après le soulèvement de la population de Kwangju et la répression sanglante menée par les militaires ont joué.
Les deux partis bourgeois ont obtenu de meilleurs résultats grâce à la petite bourgeoisie qui forme une partie de leur base électorale. Il semble que ce soit la peur qui ait dicté la réponse des masses petites bourgeoises qui se sont repliées sur le conservatisme politique face à une évolution «trop rapide» de la situation vers une crise intérieure et internationale.
L'ensemble de l'évolution politique et sociale au Japon dans les ar: nées soixante-dix a largement contribué à la politisation des masses petites-bourgeoises. Elles ont été obligées de s'éveiller à la politique et leurs diverses sources de mécontentement se sont accumulées d'une manière contradictoire. Elles n'ont pas de solution propre; elles sont hétérogènes et instables quand elles se politisent.
Lors des élections générales d'octobre 1979, le Parti bouddhiste Komei avait obtenu de bons résultats qui révélaient le mécontement des masses de la petite-bourgeoisie urbaine. Quant au LDP et au NCL, le premier avait perdu les élections, s'assurant à grand peine une majorité à la Chambre basse grâce aux conservateurs indépendants, et le deuxième avait reçu un coup presque mortel. Leur soutien traditionnel, la petite-bourgeoisie «silencieuse», eut une attitude passive à l'égard du LDP et du NCL, né d'une scission dans les villes; ce dernier exprimait ainsı son mécontentement et son scepticisme à l'égard de la politique de la bourgeoisie conservatrice et corrompue. Mais, lors des élections du 22 juin, cette même petite-bourgeoisie a fait un revirement spectaculaire, recherchant une «stabilité» politique illusoire, effrayée par la profondeur de la crise. Ce qui est important, ce n'est pas la mort du premier ministre en elle-même, mais les circonstances internationales au cours desquelles il est mort. Cette fois, le parti Komei a été touché très durement, le LDP et
LES MOUVEMENTS DES MASSES PETITES-BOURGEOISES le NCL ont obtenu des gains importants.
En moins de dix mois, la même petite-bourgeoisie a voté d'une manière complétement contradictoire. Et nous devons en conclure que le LDP ne s'est jamais renforcé au niveau social et politique par rapport à sa base de classe, que rien n'est résolu d'une manière tant soit peu définitive en termes de rapports de forces et que, par conséquent, la crise du LDP et de la grande bourgeoisie risque de continuer indéfiniement.
LA CLASSE OUVRIERE ET LES ELECTIONS Il y a trois partis dont la base principale est représentée par la classe ouvrière : le PSD, le PS et le PC.
Le PSD, l'aile droite de la sociale-démocratie japonaise, jouit du soutien total des syndicats droitiers au sein de l'industrie : environ quatre millions de travailleurs sont sous l'influence de ces syndicats droitiers. Le PSD est un parti marginal au Parlement depuis le début des années soixante et il est devenu une force parlementaire seulement à la fin des années soixante-dix. Maintenant, il apparaît que ce parti s'est renforcé et qu'il représente le tiers des forces du Parti socialiste sur le terrain électoral, dans les couches «aisées» de travailleurs des grandes industries. C'est-àdire que cette couche de travailleurs semble s'être cristallisée dans un courant politique distinct au sein du mouvement ouvrier japonais.
Le Parti socialiste a, lui, conservé ses forces au Parlement dans le contexte d'une avancée significative du LDP et du NCL. Le PS a connu un processus d'affaiblissement constant depuis le milieu des années soixante; en particulier en 1976-1977, il a connu une nouvelle crise face à son électorat traditionnel qui représentait environ trois millions de votants du Sohyo et qui était en majorité composé d'ouvriers et d'employés du secteur public. La situation du PS et de la direction du Sohyo est réellement désastreuse comme l'explique l'article suivant de Goro Hayashi. Malgré cela, nous devons dire que les travailleurs du Sohyo, colonne vertébrale du mouvement ouvrier japonais, se sont mobilisés et ont empêché des pertes plus importantes pour le PS; les travailleurs du Sohyo ont fait un vote de classe. Le PC, qui est un courant minoritaire au sein du Sohyo, perd beaucoup mais conserve sa base électorale.
Ainsi les travailleurs du Sohyo ont bien répondu en termes de classe. Mais la question centrale est celle de leur direction; c'est l'orientation du PS, celle des bureaucrates syndicaux du Sohyo et la ligne politique du PC qui ont été battues lors des élections du 22 juin car elles ont été incapables de constituer un pôle ouvrier puissant pour les masses petites-bourgeoises et n'ont ainsi pas réussi à gagner des couches de la petite-bourgeoisie. Les lecteurs pourront se rendre compte dela gravité de la situation dans l'article suivant.
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