politiques sur
A la suite d'une large mobilisation du peuple mexicain pour la libération des prisonniers politiques et contre la répression, la presse bourgeoise a commencé à parler de ces revendications. Les prisonniers politiques, amnistiés ou non, ont commencé à publier des témoignages des prisonniers la répression sur la répression et sur leurs propres expériences. Nous reproduisons, ci-dessous, des extraits deux témoignages.
Le premier est celui de José Alfredo Medina Vizcaino, prisonnier à Chihuahua qui est paru dans l'hebdomadaire de Mexico Siempre du 7 mai 1980.
TEMOIGNAGE DE JOSE ALFREDO MEDINA VIZCAINO PRISONNIER « Le 24 mai, nous avons été arrêtés à Juarez par l'un des corps répressifs les plus sanguinaires de la bourgeoisie, connu sous le nom de jour, nous avons été soumis à des tortures (coups, eau dans le nez, chocs électriques sur tout le corps, en particulier sur les testicules, le pénis et l'anus). La même nuit, on nous a conduits à Chihuahua où nous avons été détenus jusqu'au 25 mai 1978, date à laquelle on nous a emmenés à Mexico.
Dès notre arrivée, les coups et les tortures ont repris. Le 26 mai, nous avons subi une série de tortures d'une durée inimaginable : de l'eau dans le nez, immersion de la tete dans une cuvette d'eau, chocs électriques sur les parties sexuelles et, à chaque fois que nous refusions de nous était infligée méthodiquement barre de caoutchouc ou autres objets (garrots, planches, ba-
TEMOIGNAGE DE
CIRO CIENFUEGOS JAIMES EVADE DE LA PRISON SECRETE
«Moi, Ciro Cienfuegos Jaimes, lycéen du port d'Acapulco, j'ai été arrêté le 14 novembre 1979, en même temps qu'un ouvrier, Rogelio Betancourt Diaz, à l'entrée du Centro Infantil, Jardin las Palmas, où je travaillais comme instituteur bénévole.
Après nous avoir porté des coups au visage, on nous a lié les mains et les pieds, bandés les yeux et conduits vers le centre de la ville. Puis, après avoir tourné dans différentes directions, on nous a emmenés dans un lieu que nous ne connaissions pas. Nous y entendions des toux, des lamentations, des cris de peur ou de douleur, des bruits de prisonniers malades ou soumis à la torture. On nous a jetés par terre et obligés à rester le visage contre le sol pendant les quinze premiers jours. Nous recevions sans cesse des coups de pieds et de poings. Ensuite, nous
A CHIHUAHUA guettes métalliques, etc.) épaules, la tête, le ventre, le visage, les jambes, les fesses, les genoux, les tibias, les pieds, les bras, les coudes et les mains. A la suite de ces coups. toutes ces parties du corps restaient plusieurs jours boursoufflées et douloureuses. Nous subissions ces tortures à chaque fois que nous étions conduits dans les locaux clandestins des Brigadas Blancas où nous étions gardés plusieurs jours de suite. Durant ces périodes, on nous soumettait à différents types de tortures qui allaient de la persuasion (tortures psychologiques comme les simulacres d'assassinats, les menaces de mort sur les membres de notre famille aux tortures physiques décrites plus haut. Il faut souligner que ces tortures quotidiennes avaient pour but de nous extorquer des déclarations dans lesquelles nous devions répéter ce qu'ils nous disaient... De cette manière, ils nous ont accusés d'avoir participé à des vols à main armée, à des assassinats, etc..
Arturo Gallegos et Juan Islas actuellement emprisonnés à la prison de Santa Martha
Le lundi 28 mai 1978, on nous a conduit au camp militaire de concentration numéro 1 et on nous a en fermés dans un souterrain où il y avait de nombreuses petites cellules qui ressemblaient à des cages. Là sont enfermés des camarades guérilleros et des sympathisants de la guérilla amenés de différentes parties du pays (Chihuahua, Sinaloa, Monterrey, District fédéral, etc). Il faut préciser que nous étions toujours emmenés les yeux bandés, enchaînés ou les menottes aux poignets si bien que nos yeux étaient ensuite boursoufflés et nos bras ensanglantés. Nous en gardons aujourd'hui encore les cicatrices. Pour entrer dans le souterrain, comme j'ai pu le voir car mon bandeau était desserré, nous sommes passés par un endroit où on pouvait lire sur la porte «Biblioteca».
Là, de nouveau, on a «extorqué des déclarations» à chacun de nous; la radio était branchée au plus fort de son volume; au milieu de la pièce, il y avait une espèce de comptoir, au fond des étagères avec quelques livres, à gauche, au bout du comptoir, des planches qui cachaient du souterrain: C'est là que nous avons appris que certains prisonniers étaient détenus depuis 7 ou 8 mois...»
fusé toute nourriture et soumis à des tu ? Où sont les locaux clandestins ?» avons été torturés. On nous a retortures psychologiques.
Des personnes appartenant à différents corps de police m'ont interrogé, mais mon «cas» était entre les mains du capitaine Aguirre, tortionnaire notoire. Pendant que l'un procédait à l'interrogatoire, les autres nous torturaient en utilisant différentes méthodes. Plus de quinze fois, ils nous ont interrogés sans cesser de nous donner des coups sur la tête. Généralement, ils posaient toujours les mêmes questions : «Comment t'appelles-tu ? Qui sont tes parents ? Où habites-tu ? A quelle organisation de guérilla appartiens-tu ? Où sont autre ration. Cependant, l'eau durant toute une semaine.
siques suivantes sont appliquées tes camarades ? Quels pays connaispassage Dans la prison secrète où ils m'ont emmené, on tue, en général, les prisonniers par la faim. Ce sont les ordres d'Acosta Chaparro. C'est ce que déclarent les gardiens tous les jours vers midi quand ils donnent aux prisonniers deux ou trois tortillas. Le soir, vers huit heures, quana cela leur chante, ils nous en donnent une
Oil arrive qu'ils ne donnent rien d'autre que de ratoire. Les méthodes de tortures phychocs électriques sur différentes parties du corps, en particulier sur les tures...» testicules, immersion dans l'eau avec d'électricité, introduction dans le nez d'eau gazeuse ou naturelle sous pression, bruits assourdissants pour affecter le cerveau, simulacre de viol, introduction de parafine chaude dans les oreilles, coups de pieds, de poings ou coups avec des cables électriques sur les testicules, administration de drogues qui provoque chez le prisonnier qui les absorbe ou à qui on les injecte un état dépressif. Ce n'est pas le seul centre de torture et de mort, mais ce centre sert de labo-
Apres avoir soumis un prisonnier à un type de torture, on l'observe, on le surveille, on l'interroge et tout ce qu'il dit et fait est noté pour améliorer les méthodes de tor-