Inprecor 1974–2004

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ITALIE

Après les élections, la relance de l'austérité

· Inprecor n° 82-83, 31 juillet 1980 · p. 12-15 · 3 351 mots

Italie Syndicalisme France

ORSQU' il se forma, le printemps passé, avec l'appui de la Démocratie chrétienne, du Parti socialiste et du Parti républicain, le second gouvernement Cossiga ne proposa aucun plan économique. Il attendait que les élections aient eu lieu pour lancer, ensuite, une politique d'austérité bien plus rude que celle qui avait été appliquée depuis 1976 en Italie.

L'attaque violente que le patronat et le gouvernement sont en train de lancer contre la classe ouvrière fut annoncée dans le cours même de la campagne électorale par la mise au chômage technique, un jour par semaine durant sept semaines, à la FIAT, de 78000 ouvriers.

Un saut qualitatif dans l'attaque gouvernementale et patronale Après les élections, l'attaque gouvernementale a pris toute son ampleur, bien que, du point de vue même des capitalistes, 1979 fût une année relativement positive. En effet, pour la premiere fois depuis de nombreuses années, le taux de croissance de l'inflation, qui fut de 20%, fut supérieur de 1 % à celui des salaires.

Selon la Banque d'Italie, une source bourgeoise au-dessus de tout soupçon, le revenu national en 1979 a crû de 5%, la production industrielle de 7 % et la productivité horaire de 8 %. L'augmentation de la richesse produite par les travailleurs s'est donc faite exclusivement à l'avantage de la classe capitaliste.

Dans l'industrie, les coûts unitaires salariaux ont diminué de 4,7 % en termes réels. Cette réduction des coûts unitaires a permis une redistribution des revenus d'environ 3,4 % en faveur des profits. Mais la crise qui s'annonçait, poussa les patrons italiens à prendre des mesures d'attaque plus radicales et à chercher à infliger une défaite à la classe ouvrière. De nombreuses voix patronales se sont élevées pour réclamer une dévaluation de la lire afin de rendre plus compétitifs les produits italiens sur les marchés extérieurs.

L'échelle mobile des salaires est devenue l'objectif central de l'attaque du patronat. Elle serait, selon lui, la cause fondamentale de l'inflation et il réclame neutralisation. Au sein même du gouvernement, la proposition d'un blocage de l'échelle mobile a été discutée. A son tour, le vice-président de la FIAT, Umberto Agnelli, demanda la dévaluation de la lire et annonça que la FIAT aurait recours à des licenciements massifs. Le chiffre de 15000 ouvriers à licencier fut rapidement avancé. Le leitmotiv des politiciens et des économistes bourgeois a été le suivant durant la dernière période : «Il faut diminuer le coût du travail pour faire face à la concurrence étrangère. Il faut garantir une plus grande mobilité de la force de travail.»

Le président de la FIAT, Gianni Agnelli, dans son rapport annuel aux actionnaires, a non seulement souligné à plusieurs reprises la nécessité des licenciements, mais de plus a clairement exprimé la volonté de tous les patrons italiens de retourner, après ces douze dernières années, à une situation dans laquelle ils puissent réellement diriger dans l'entreprise, disposer pleinement, selon leur volonté, des machines et des hommes comme cela se fait dans la quasi-totalité des pays capitalistes.

Le gouvernement, à la fin juin, prenait des mesures économiques très dures dont l'axe central était le blocage de l'échelle mobile des salaires. Dans les entreprises, l'inquiétude et la tension montèrent immédiatement malgré la passivité des directions syndicales. Les travailleurs considéraient, à juste titre, l'échelle mobile comme la principale conquête économique et sociale de leurs luttes depuis 1969.

La lutte pour les contrats au niveau des entreprises Dans cette période, de nombreux travailleurs sont engagés dans des luttes pour le renouvellement des contrats au niveau des entreprises.

Italie Ces luttes doivent aboutir à une intégration de ces contrats aux contrats conclus au niveau national qui, eux, ont été renouvelés l'an passé.

Dès le début, ces luttes ont mal commencé. En effet, il est impossible pour la classe ouvrière face à des problèmes généraux tels que l'inflation galopante ou le chômage, avec des luttes partielles et isolées, en particulier quand elle se trouve devant un patronat uni et décidé à lui infliger une défaite économique et

Les directions syndicales, que ce soient celles des grandes confédérations ou celles des fédérations traditionnelllement combatives comme le syndicat de la Chimie ou de la Métallurgie, avaient envisagé ces renouvellements contractuels dans le cadre d'un développement de la production industrielle italienne, ce qui aurait permis une collaboration de plus en plus ouverte avec le patronat. En effet, les syndicats mettent tous les jours plus l'accent sur la nécessité d'augmenter la productivité et de diminuer le coût du travail pour rendre l'industrie italienne plus compétitive sur le marché mondial. Au centre des revendications syndicales, se trouve une idée bien peu précise : «la nouvelle organisation du travail». Avec cette formule, on indique diverses choses : 1 - la revendication de l'accroissement de l'automation, ce que le patronat a déjà par ailleurs décidé et mis en pratique, 2 - l'expérimentation de nouvelles formes d'organisation du travail qui, dans une interprétation dite de gauche, aurait des aspects utopistes car réalisables seulement si le patronat était déjà chassé des entreprises et qui, dans une interprétation plus réaliste, implique une cogestion des entreprises pour accroître la productivité.

Dans ces contrats, au niveau des entreprises, on ne parle plus de réduction du temps de travail, si ce n'est dans quelques cas limites et seulement pour atteindre les 40 heures qui sont déjà inscrites dans les con-

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trats nationaux de l'an passé et ne sont valables que pour certains sec-

Enfin, les directions syndicales, sur le thème des augmentations de sa-

Sont renoncé à leur politique traditionnelle d'augmentation pour tous. Les augmentations de salaires réclamées sont d'une part réduites et d'autre part se font en pourcentage. Dans quelques cas, comme à l'Alfa Roméo de Milan, les bureaucrates syndicaux ont été plus loin : ils ont introduit des revendications salariales qui ne sont rien de plus qu'une volonté de «monnayer la fatigue» du travail, c'est-à-dire qu'ils ont demandé plus de salaires pour les ouvriers à la chaîne. Ils ont ainsi renoncé à la bataille traditionnelle pour l'augmen-

Un chômage menaçant et Pendant ce temps, le problème du chômage devient de plus en plus dramatique. La SIR, une grande entreprise chimique, qui possède des établissements dans les plus pauvres d'Italie, au sud et en Sardaigne, et qui est en crise depuis des années, a annoncé la fermeture de ses

En conséquence, depuis été licenciés. A l'Indesit, grande entreprise d'appareils électro-ménagers, 6000 ouvriers ont été mis au chômage technique jusqu'à fin octobre. Cette mesure représente le premier pas vers des licenciements.

Dans le secteur des télécommunications, ce sont près de 30000 ouvriers qui sont mis au chômage technique pour de très longues périodes. Nous pourrions allonger cette liste. Aux secteurs traditionnellement en crise, avant tout la chimie, se sont ajoutés, dans la dernière période, des secteurs de la métallurgie, pourtant Toutes ces mesures, prises dans leur ensemble, annoncent le lancement d'une offensive gouvernementale de grande envergure. Elles suscitent un climat d'effervescence dans les entreprises. Ces grèves, cadre du renouvellement des con-

Les directions syndicales tergiversent Les dirigeants syndicaux, face à cette mobilisation ouvrière et aux de fabrique, déclaraient qu'ils n'accepteraient pas de modifications de l'échelle mobile et qu'ils auraient recours à la grève générale gouvernement voulait tation des poses, le ralentissement des rythmes et donc la diminution de la fatigue. Ils ont ainsi ouvert la voie à une relance du corporatisme dans les revendications salariales des diverses couches de la classe ouvrière. Il ne faut donc pas s'étonner si, à la fin du mois de juin, ces luttes contractuelles qui auraient dû, selon les directions

Seulement dans quelques petites et moyennes entreprises, ces luttes se sont conclues avec des résultats très modérés. Les batailles contractuelles dans les grandes entreprises (FIAT, Alfa Roméo, Zanussi, Olivetti, Montedison, Siemens), sont toutes une combativité accentuée trats au niveau des entreprises, avaient pris une allure routinière. Puis elles se sont rapidement animées.

La manifestation nationale des travailleurs du secteur des pneumatiques et matières plastiques, qui luttent pour le renouvellement de leur contrat au niveau national, s'est déroulée à Turin, deux jours avant la réunion du gouvernement qui devait décider de mesures d'attaque contre les travailleurs. Cette manifestation a réuni des milliers de travailleurs et exprimé une très forte combativité.

La grève générale de tout le secteur industriel que les directions syndicales avaient prévue, depuis un certain temps, pour le ler juillet -afin de soutenir les luttes contractuelles et afin de faire appliquer un ancien accord conclu avec le gouvernement - a pris une dimension allant bien au-delà de ce qui avait été initialement prévu. Des centaines et des centaines de motions en provenance des Conseils de fabrique se prononçaient pour la défense de l'échelle mobile, pour la transformation de la grève du ler juillet en une grève générale nationale de tous les salariés et pour l'organisation de grandes manifestations dans la rue. Elles furent directions syndicales s'attendaient pas à un tel mouvement. poser. La direction de la Fédération travailleurs de la métallurgie, demanda qu'une grève générale soit organisée pour le ler juillet. Mais les directions des confédérations, craignant la dynamique qui s'affirmait au sein de la classe ouvrière, refusèrent d'élargir la grève à tous les salariés. Le secrétaire de l'UIL, le socialiste Benvenuto, eut l'audace d'affirmer «qu'on ne pouvait pas déclarer une grève contre des rumeurs, des bruits de couloir, contre une volonté présumée du gouvernement de modifier l'échelle mobile !» Finalegouvernement décida de remettre ses décisions au 2 juillet, c'est-à-dire au lendemain de la grève générale et à la suite d'une rencontre avec les dirigeants syndicaux !

La grève du ler juillet fut un réel succès. La participation fut très forte, les entreprises étaient quasiment vides. Les cortèges, les manifestations furent très nombreux même s'ils n'atteignirent pas les sommets connus depuis 1969. Des dizaines de milliers de personnes étaient présentes dans les trois plus importants rassemblements : ceux de Turin, de Milan et de Naples. A Milan, le meeting au cours duquel Benvenuto prit la parole, se transforma rapidement en une mise en question de la ligne des syndicats et Benvenuto, lui-même, fut chahuté. Face aux mots d'ordre combatifs lancés par des militants LCR, Benvenuto voulut faire croire qu'il ne s'agissait que d'une opposition minoritaire et isolée. Pourtant, très rapidement, l'ensemble du rassemblement reprit le mot d'ordre de milieu des sifflets et de la contesta-

L'UIL et le PSI, pour échapper au jugement des travailleurs, inventèrent, par la suite, une histoire de provocation organisée par le PCI contre les dirigeants socialistes. Il est vrai que la contestation, l'objet Benvenuto, fut largement reprise par les militants et certains cadres intermédiaires du PCI. Cela est, en partie, dû à la polémique qui oppose aujourd'hui les deux partis reformistes. Mais les raisons plus profondes et plus réelles de ces manitestations de mécontentement résident malaise que connaissent les travailleurs face à l'orientation syndicale. Cette attitude exprime la volonté de rechercher une alternative permettant de riposter à l'attaque patro-

A Turin où le dirigeant communiste de la CGIL, Lama, a pris la parole, il n'y eut ni sifflets ni contestation, le climat était néanmoins tendu et l'incertitude des travailleurs face à la ligne proposée par les

La grande banderole contre les licenciements et pour les 35 heures que portaient les militants de la LCR, les diverses pancartes défendant le

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mot d'ordre de grève générale ou de réduction du temps de travail reçurent un accueil très favorable auprès des travailleurs. Or, elles exprimaient clairement une orientation de lutte radicalement opposée à celle proposée par les directions syndicales.

Face à la riposte ouvrière, le gouvernement était contraint de renoncer à s'attaquer à l'échelle mobile et de rencontrer les syndicats pour obtenir leur appui et leur couverture pour prendre d'autres mesures.

Les nouvelles mesures concoctées par le gouvernement

Il n'y eut pas de véritable accord entre le gouvernement et les syndicats. Cependant, ont évidemment donné au gouvernement l'assurance qu'ils n'auraient pas recours à la grève générale pour s'op poser aux nouvelles mesures du plan d'austérité. Ces mesures d'austérité, proposées par le Conseil des ministres, représentent pourtant une attaque très dure aux conditions de vie des travailleurs. Les principaux points du plan d'austérité sont les suivants : 1 - Une augmentation de la TVA qui aboutit à faire augmenter, en particulier, l'essence, les biens alimentaires de première nécessité pain, les pâtes, le lait, etc.) et certains essentiels comme le gaz et Une augmentation spéciale est prévue pour les alcools;

L'introduction d'un prélèvement spécial de 0,5 % sur tous les salaires, ce qui représente un véritable impôt direct supplémentaire. Ce prélèvement période minimum de cinq ans, mais il n'est pas du tout certain qu'il sera remboursé au bout de ces cinq ans.

Ce prélèvement devrait servir à constituter un fond de solidarité pour les entreprises en crise qui sont gérées conjointement par le patronat et les syndicats. En réalité, cette mesure revient à prendre dans la poche des travailleurs pour redistribuer aux patrons.

De plus, des subsides importants sont alloués à certains secteurs industriels. 3- Une réduction importante des dépenses sociales est accordée aux patrons par le biais d'une fiscalisation des contributions sociales. Cette mesure a déjà permis au patronat d'économiser 4000 milliards de lires* en 1979. En 1980, le cadeau devrait être de 30000 milliards de lires. Cela équivaut à un transfert de 7 milliards de lires en faveur des profits. Cette fiscalisation entraînera, pour chaque travailleur, d'environ 100000 lires par an.

Les directions des confédérations syndicales ont fait quelques critiques d'ordre secondaire aux nouvelles mesures du gouvernement. Cependant, elles ont totalement accepté la mesure centrale, c'est-à-dire le prélèvement de 0.5 % sur les salaires.

Quelques dirigeants syndicaux ont même eu l'audace cette mesure comme progressiste et se sont vantés de l'avoir, eux-mêmes, proposée au gouvernement. ment, les directions syndicales n'ont fait aucune proposition pour s'opposer au plan d'austérité. Les dirigeants de la FLM ont critiqué les mesures, puis ils ont voté le document proposé par les directions des confédérations. Cependant, devant les pressions très fortes de la base, ces dernières ont été contraintes d'ouvrir une phase de consultation avec les travailleurs sur les lieux de travail.

Face à ce nouveau plan d'austérité, face à ces dirigeants syndicaux du PCI et du PSI qui criaient victoire parce qu'ils avaient évité, disaient-ils, une modification de l'échelle mobile, - comme si ces nouvelles mesures n'étaient pas tout aussi graves - la réaction des travailleurs fut claire. Dans différents endroits, comme à Gènes, à la FIAT de Rivalta, à l'Alfa Roméo de Milan, des mobilisations ont immédiatement eu lieu. d'autres endroits des Conseils de fabrique, des assemblées de travailleurs des motions pour la grève afin de repousser la nouvelle version du plan d'austérité. De nombreuses motions demandent à la FLM de s'engager à préparer la grève générale. Le déroulement des premières réunions syndicales pour discuter du plan d'austérité du gouvernement a clairement indiqué cette volonté.

La crise de direction L'opposition des travailleurs aux mesures est généralisée comme l'est la volonté de riposter et de lutter. Les difficultés viennent du fait que les travailleurs, lorsqu'ils doivent faire face à une attaque violente de l'adversaire, s'engagent semi-spontadirections omis co n'est quement, que peut surgir, en positif, une orientation alternative à celle mise en avant par leurs propres organisations de masse, une orientation alternative pour imposer leur volonté de lutte.

De plus, il y a un élément nouveau dans la situation italienne : le PCI, qui, depuis des années et aujoursoutient la politique d'austérité, a pris, dans ce cas particulier, position contre les décrets du gouvernement.

Le PCI a donc une position quelque peu différente de ses princi paux dirigeants syndicaux. Il n'y a aucun doute à avoir sur la signification tactique d'une telle position. Le PCI est en difficulté, il est isolé, il n'a pas de perspective à court terme d'entrer au gouvernement. Il chercher à recomposer sa base en dé veloppant une opposition qui puisse être quelque peu crédible. Il n'est pas inutile de rappeler que, les derniers mois, la direction du PCI a lancé une série d'attaques violentes contre les syndicats et, en particulier, contre la FLM, accusant ses dirigeants d'être trop radicaux et de ne pas tenir suffisamment compte des intérêts de la nation et de la politique de l'EUR (c'est-à-dire de la politique d'austérité décidée dans un congrès syndical qui se déroula à Rome dans le palais de l'EUR).

Aujourd'hui, apparemment, les positions sont changées. En réalité, la polémique engagée par le PCI se caractérise plus par la dureté de ses déclarations que par le refus, au niveau de sa pratique, de la politique d'austérité. En outre, ce n'est pas un refus d'ensemble des mesures prises par le gouvernement. Cette position tactique du PCI a néanmoins relancé l'activité de ses militants dans les entreprises. Cependant, plus d'une fois, cette relance se fait de façon sectaire et ne favorise pas l'unité des syndicats et la capacité des Conseils de fabrique à proposer une offensive unitaire et véritablement de classe contre l'attaque bourgeoise.

Gouvernement et patrons, de leur côté, ont déjà déclaré, sans ambiguité, que les mesures prises sont, certes utiles, mais qu'elles sont insuffisantes. Ils considèrent la question de l'échelle mobile comme essentielle. Il n'y a aucun doute qu'ils se remettront à l'ouvrage à la première occasion.

De nouvelles augmentations sont déjà prévues, entre autres celles des taxes de téléphone et des frais hospitaliers. En outre, une augmentation des loyers frappera les locataires salariés dès le mois d'août.

1000 lires représentent environ 5 francs français.

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Le combat à la FIAT Pendant cette période, la situation dans ce qui reste de bastion de la classe ouvrière italienne, la FIAT, se fait plus critique. Les discussions entre le syndicat et la direction sont interrompues. Le débat se polarise, non plus sur le renouvellement du contrat d'entreprise, mais sur les licenciements prévus. La direction la FIAT campe sur ses positions : elle veut le feu vert pour licencier. FLM, bien qu'ayant déclaré de nombreuses heures de grèves, commence à accepter la logique des licencie-

Elle recherche un accord avec le patronat.

Il est intéressant de voir que la FLM de la FIAT avance des proposi tions qui sont identiques à mettait en avant.

Ces propositions peuvent se résumer ainsi : le blocage de l'embauche, la mise en retraite anticipée, la mobilité maximum de la main d'œuvre pour faire passer les travailleurs d'un secteur à un autre selon les exigences de la production et du marché et enfin, la mise au chômage technique. Ce sont des propositions ultra-défensives et qui ne peuvent que conduire à la défaite.

Pour l'instant, aucun secteur des directions syndicales n'a proposé l'objectif de la réduction du temps de travail. Même la gauche syndicale, qui, jusqu'à hier, affirmait que la crise de l'automobile n'existait pas, et qui, aujourd'hui, met avant tout l'ac cent sur l'aspect manipulatoire des exigences d'Agnelli, insiste sur lobtention d'un financement plus important pour la FIAT. tant, l'industrie automobile italienne, en tant que composante de l'industrie automobile mondiale, et l'économie italienne se dirigent vers une

Plus que jamais, dans contexte, se révèle la contradiction entre la combativité et la force que possèdent encore les travailleurs italiens et le manque de direction alternative capable de proposer, en pratique, une stratégie de classe sur le plan syndical et politique afin de battre en brèche l'offensive bourgeoise. Des combats très durs s'annoncent pour cet été et encore plus pour l'au-

Sur la question de l'échelle moments, des épreuves de force de grande envergure se développeront. La LCR, section italienne de la IVe Internationale, va développer toute son activité pour que se renforcent, au sein des secteurs les plus combatifs et les plus avancés du mouvement ouvrier, les éléments d'une riposte géné rale à l'offensive patronale, éléments qui représentent l'orientation syndicale. C'est sur les revendications centrales d'augmentations égales pour tous et de 35 heures que la LCR va, aujourd'hui, concrétiser, sur le plan syndical, cette réponse. En outre, elle menera campagne, comme elle l'a déià fait ces dernières semaines, sur le thème de la grève génécessaire pour repousser le plan d'austérité. Cette bataille agitatoire se développera au cours des consultations au sein des entreprises où l'écho que rencontrent ces propositions, s'est déjà clairement manifesté. Le 4 juillet 1980

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