Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FEMMES

La conférence de l'ONU à Copenhague

Inprecor n° 82-83, 31 juillet 1980 · p. 15-16 · 642 mots

Femmes

La li une Conferee mile dele des Nate a a Unis. U 14 au 30 juillet, la ville de Copenhague a accueil-

(ONU) sur les femmes. En réalité, cette conférence a donné lieu à des réunions de deux types : une conférence gouvernementale et un «Forum ouvert», organisé par des femmes des organisations non-gouvernementales liées à l'ONU.

La conférence gouvernementale avait pour objet de faire le point cinq ans après le début de la décennie de la femme, initiée en 1975, lors de l'Année internationale de la femme. Elle devait aussi adopter un programme d'action dans les domaines de la santé, de l'emploi et de l'éducation, principalement.

Quant au «Forum ouvert», il avait lieu à l'autre bout de la ville tandis que les entrées étaient soigneusement filtrées au «Bella Center» (où conférence gouvernementale). Une manifestation tangible des intentions de l'ONU qui voulait éviter à tout prix que la politique, que les luttes des femmes opprimées fassent irruption dans la conférence officielle.

C'est pour cette raison aussi que le forum ouvert ne devait pas adopter de «résolution finale» : prudence oblige après l'expérience de la conférence de Mexico, il y a cinq ans, où les interventions des femmes latino-américaines contre l'impérialisme avaient fortement marqué les débats.

Mais les choses se sont passées autrement : la révolte qui grondait depuis quelques jours parmi les participantes les plus conscientes du Forum, s'est organisée se déroulait la autour de la solidarité avec les femmes, les ouvriers et les paysans de Bolivie, immédiatement après le coup d'Etat dans ce pays. La répression brutale par la police danoise du cortège qui entourait les Boliviennes venues dans l'intention de prendre la parole dans le plénum des organisations gouvernementales a éclairé d'un jour cru le caractère réel de la conférence de l'ONU. Cet événement, grâce à l'organisation de la poursuite de la certaines participantes du a finalement pesé sur la conférence officielle puisque celle-ci a fini par recevoir une délégation de femmes représentatives de luttes importantes contre l'oppression et l'exploitation dans le monde (Bolivie, El Salvador, Irlande, Brésil, minorités du Sud-Pacifique...).

Ainsi, malgré tous les efforts de l'ONU, le rendez-vous de Copenhague aura permis d'avancer dans le regroupement des femmes qui luttent dans plusieurs parties du Tiers-Monde et des femmes qui luttent dans les pays capitalistes avancés. La prise de conscience de la répression, qui frappe, même dans un contexte «démocratique», toute expression des revendications des femmes les plus opprimées de la terre, aura aussi fait avancer d'un pas des femmes (parmi les Danoises, surtout) depuis longtemps marquées par les illusions réformistes, comme le sont les femmes de beaucoup de pays

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européens. Et ceci aura eu des répercussions jusque dans l'enceinte de l'ONU, jusque dans la presse internationale. Ceci démontre une fois de plus la dynamique de la montée des luttes de femmes en Amérique latine, non seulement a l'échelle de ce continent, mais à une échelle mondiale.

Nous publions ici le texte d'un entretien avec une militante féministe de l'Irlande du Nord, à propos de la lutte que mènent les femmes incarcérées dans la prison d'Armagh et de la campagne de solidarité engagée par le mouvement des femmes en Irlande du Sud et du Nord, campagne qui a reçu un large écho à la conférende de l'ONU.

Nous publions également un article sur la santé des femmes, en particulier, sur tout ce qui touche à leur capacité de mettre au monde des enfants : contraception, avortement, stérilisation. C'est un thème qui a fait l'objet de nombreux débats à Copenhague dans le «Forum des organisations non-gouvernementales», - débats souvent organisés et dominés par des associations directement liées à l'impérialisme américain, telle l'IPPF (Fédération internationale pour la Parenté planifiée). Et c'est un thème qui illustre à quel point la lutte pour l'amélioration de la condition des femmes est inséparable d'une lutte décidée contre l'impérialisme.

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