Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER POLOGNE

Le déroulement du conflit aux Ateliers mécaniques Ursus

Inprecor n° 82-83, 31 juillet 1980 · p. 10-11 · 893 mots

Syndicalisme

Atelit

L A grève aux Ateliers mécaniques Ursus a commencé dans trois départements, le mardi 1er juillet, dans la deuxième équipe. Elle fut directement provoquée par les bruits concernant une augmentation du prix de la viande. La tension est montée du fait du manque d'informations. Le mercredi, le buffet d'entreprise n'a pas été approvisionné en viande. La grève a gagné seuls deux départements des presses par les autres travailleurs.

Le 3 juillet, la grève a atteint les chaînes de montage. Les ouvriers arrêtaient le travail, débranchaient les machines et se groupaient en brigades pour formuler les revendications. La grève s'étendait lentement.

Les membres de la direction et les activistes du parti pour l'émulation dans le travail appelaient à la reprise. Ils s'approchaient des groupes d'ouvriers et, s'il y avait des membres du parti, ils en appelaient à leur conscience de militants - sans résultats. Certains se faisaient particulièrement remarquer par leur zèle. Le contre-maître Grazniewski, du département des chassis, menaçait ses subordonnés de sanctions pénales et le contre-maître Pietrzka, du département de montage des moteurs, de licenciements discipli naires. Simultanément, la direction oulement du con ers mécaniques l a commencé à chercher à isoler des grévistes. Les Ateliers mécaniques ont été isolés du reste du monde et, dans certains départements, le téléphone a été coupé pour grévistes ne puissent pas informer l'extérieur.

Les grévistes du département PS de montage ont élu une de même que ceux du département PB des chassis la délégation comptait vingt Au département PR de réparation et d'énergie, les ouvriers ont organisé une assemblée générale, rédigé un cahier de revendications et élu un comité de grève de sept personnes.

La direction, tentant de maîtriser la situation, organisait des réunions de chefs de brigade, contremaîtres, etc., sans réussir à faire reprendre le travail. Etant donné échec, les directions de département ont entamé des négociations, selon les cas, avec les délégués ou avec l'ensemble des travailleurs. Au début, la direction expliquait que les ouvriers des autres entreprises étaient encore moins bien traités et promettait des augmentations à compter du 30 septembre pour ceux qui accompliraient la norme. Dans la plupart flit aux

Jrsus des départements, les deuxième troisième équipes ont rejoint la grève. Le lendemain, la grève était totale.

En présence d'un dirigeant local du parti, le comité de grève a présenté les revendications des grévistes : 1 - Augmentation de la prime pour travail dans des conditions dangereuses pour la santé, de 0,1 à 1,5 zlotys de l'heure ;

Création d'une prime de 10 % pour le travail en seconde équipe; 3 - Augmentation des salaires de façon à compenser la hausse des prix, introduction de l'échelle mobile.

Les grévistes ont donné deux heures à la direction pour répondre.

Passé ce délai, le directeur assisté des directeurs de département a fait son apparition. Ils commencèrent comme d'habitudes par des menaces. En réponse, les travailleurs ont rajouté une revendication : que la direction signe un engagement écrit de ne pas réprimer les grévistes. Le directeur promit et appela à la reprise du travail. Il annonça que la direction était prête à examiner en détail les revendications, plus tard, si le travail reprenait. C'était le moment crucial. Les grévistes ont tenu bon et la direc

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tion changea de tactique. Elle accepta de négocier, posant comme seule condition que le comité de grève change de nom pour que le terme «grève» n'apparaisse pas. Les travailleurs ont accepté et c'est ainsi que le comité a pris le nom officiel de «comouvrière». Les discussions En attendant leur issue, les travailleurs ont commencé les préparatifs pour couper l'eau chaude, menaçant de paralyser tous les départements si les discussions n'aboutissaient pas. De temps en temps, un des délégués sortait et informait les travailleurs du déroulement de la negociation. La délégation de la direction comprenait : le directeurgénéral, faisant fonction de négociateur en chef, le directeur des départements, le premier secrétaire local du parti et une personne inconnue des travailleurs.

Finalement, la direction s'engagea à satisfaire les revendications 1 et 2 dans la semaine et la revendication 3 avant le 15 février suivant. Elle refusait, par contre, de s'engager en ce qui concerne la non-répression des grévistes. Ceux-ci ont donc voté la continuation de la grève. La direction recula à nouveau à 16h30.

Le lendemain, le directeur a informé les travailleurs sur les diverses augmentations : sur les primes risque, de 400 zlotys sur les salaires

Une prime supplémentaire 500 zlotys fut de plus accordée.

Dans le département PS, ne voulant pas de rencontre avec la délégation des travailleurs, la direction a pris les devants. Les travailleurs furent informés par leurs contre-maîtres et chefs de brigades qu'on leur accordait une prime exceptionnelle de 10 % en plus d'une augmentation de salaire de 10%.

Dans les départements PB et PP, il y eut des discussions avec les grévistes. Les augmentations furent égales à celles du département PR et dans le département PB, les grévistes ont obtenu en plus que les travailleurs de la catégorie 3 passent en catégorie 4. Dans le département PB, les travailleurs ont pu obtenir une prime supplémentaire.

Peu après, le travail a repris normalement dans tous les départements. La «commission ouvrière» a décidé de se maintenir. Source : Robotnik, numéro 57 du 12 juillet 1980. (9) Il s'agit d'une erreur : l'augmentation ne fut, en fait, que de 200 zlotys (NDLR).

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