Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CRISE DE L'AUTOMOBILE

Fiat : Les travailleurs contre les licenciements

Inprecor n° 85, 25 septembre 1980 · p. 3-4 · 1 153 mots

Syndicalisme Italie

Fiat : Les travailleurs contre les licenciements travailleurs de la FIAT, à Turin, contre les licenciements massifs représente un moment très important de l'affrontement de classe

Le quotidien du capital septembre 1980, l'a immédiatement compris: «C'est potentiellement le conflit du travail le plus sérieux et

Depuis Depuis plusieurs mois, la direction de la FIAT, relayée par les médias, orchestrait une campagne visant à créer un climat favorable à des mesures de licenciement. Les thèmes du «péril japonais» et de la crise furent utilisés à plein pour justifier les mesures de réorganisation de la production, pour mettre cause des bribes vrier sur l'organisation du travail acquis au cours des luttes ouvrières depuis 1969, et surtout pour préparer des licenciements.

La direction de la FIAT déjà testé en octobre 1979, lors du licenciement de 61 militants ouvriers, la disposition des directions syndicales , à reculer sur la question des licenciements. Durant la direction du PCI, qui a repris à son compte la devise comme quor «une Italie saine a besoin FIAT saine»avalisait la campagne d'Agnelli sur la nécessité d'un assainissement du trust de Turin.

En août, la FIAT déclare que les décisions de restructuration ne peuvent plus attendre, que la crise est trop profonde et la concurrence internationale trop forte pour re pousser encore les échéances. Au début du mois de septembre, le délégué-administrateur de la FIAT, Cesare Romiti, fait connaître au gouvernement les projets concrets de l'entreprise: la FIAT envisage de réduire sa production de voitures jusqu'à la fin 1981 de 20 pour cent, soit de 457000 unités sur un total prévu de 2,25 millions. Cela implique de mettre à la «caisse d'intégration» (caisse d'assistance qui verse 90 pour cent du salaire) 24000 travailleurs durant 18 mois. Il faut noter que, durant le mois de septembre, 74000 travailleurs ont déià été mis à la «caisse important depuis plusieurs années en Italie.» En effet, l'enjeu même de cette lutte, c'est le droit pour le patronat de procéder à des licenciements massifs et de porter ainsi des coups très durs aux principaux bastions organisés classe ouvrière, ceux qui ont conduit les mobilisations des travailleurs depuis plus de dix ans. LA FIAT MONTRE LA VOIE d'intégration» tous les lundis et mar-

La première réaction des directions syndicales et du PCI consiste à minimiser la gravité des projets de

Get à affirmer qu'il s'agit d'une manœuvre visant à obtenir rapidement une aide de l'Etat de 2000 milliards de lires (960 millions de francs français) et à faire repousser l'accord entre l'Alfa-Romeo et la Nissan, accord qui assurerait la pénétration du géant japonais sur le mar-

Le 8 septembre, les négociations entre la direction de la FIAT et les syndicats se sont ouvertes. Les prode la FIAT sont les suivantes: 24000 travailleurs du secteur automobile (sur les 140000 de la

UNE CLASSE La riposte ouvrière est rapide et massive. FIAT-Rivalta est occupée et bloquée. Un cortège se rend à la fabrique Indesit, usine d'électroménager, qui menace de licencier plusieurs milliers de travailleurs. Des cortèges partent aussi de la FIAT-Mirafiori, entre autres des ateliers de carrosserie. Les grèves et cortèges sont décidés soit par des assemblées, soit par les membres du Conseil des délégués. La direction syndicale ne prend pas d'initiative. Jeudi et vendredi 11 et 12 septembre, alors que les syndicats proposent 3 heures de grève, c'est l'arrêt complet et le blocage des usines qui sont décidés par les travailleurs et, ceci sans grande discussion, avec l'accord de la très large majorité des délégués. A Brescia, les travailleurs de l'OM (usine de camions) entrent en grève et sortent

Crise de l'automobile FIAT) mis à la «caisse d'intégration» pour 18 mois, «blocage du turn-over» sans limite de temps (les ouvriers partant ne sont pas remplacés), mises la retraite anticipée «d'auto-licenciements» contre versement d'un dédommagement.

• des 18 mois, 12000 travailleurs seraient réintégrés et 12000 connaitraient le statut de la «mobilité terne», c'est-à-dire qu'ils pourraient être reclassés dans des secteurs qui embauchent. Cette mesure revient effectivement à des licenciements, tous les travailleurs l'ont compris ainsi.

La réponse de la FLM (Fédération de la métallurgie) est fort modérée. Elle acccepte le «blocage du turn-over» et les retraites anticipées. Elle ne propose qu'une modification dans l'application «caisse d'intégration», sous la forme d'une rotation d'un volant de 24000 travailleurs. Elle oppose à la «mobilité externe» la «mobilité dans l'entreprise» (entre secteurs), tout en acceptant le principe des licenciements. La bureaucratie syndicale cherche immédiatement le compromis.

La FIAT, le 9 septembre, engage une procédure de licenciements portant sur 13200 travailleurs de l'automobile et 1400 qui travaillent dans un secteur sidérurgique. OUVRIERE QUI DIT «NON!» en manifestation. A Turin, les cortèges de travailleurs, dépassant souvent les 10000, se dirigent vers la RAI (radio et TV) et vers les journaux afin d'imposer la publicité de leurs actions et de leurs revendications. Les travailleurs clament leur étonnement. En effet, alors que la presse et la radio n'avaient pas manqué de relater dans le détail la lutte des travailleurs polonais, elles essayent de limiter l'information sur la lutte des travailleurs de la FIAT.

Si la mobilisation ouvrière est la preuve d'une fantastique combativité, d'une énergie que les travailleurs de la FIAT ont illustrées depuis 11 ans, le manque de coordination des initiatives, le manque de direction pour centraliser toute cette force est patent. Alors que la FLM est fort timo-

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rée, elle se fait cependant attaquer par les directions confédérales (CISL, UIL, CGIL) dont les dirigeants acceptent le principe de la «mobilité externe».

Lors des assemblées ouvrières, le NON aux licenciements, le NON à la «mobilité inter-interprise» (externe), le NON à la «caisse d'intégration prolongée» sont très largement repris. Ce qui manque, ce sont des revendications en positif.

De plus, les travailleurs expriment une grande défiance face aux négociations qui se sont déplacées à Rome. L'idée de négocier sous le contrôle direct des travailleurs, comme à Gdansk, fait son chemin parmi les militants syndicaux.

Alors que la majorité des travailleurs sont à la «caisse d'intégration», les lundi et mardi 15 et 16 septembre, dans l'usine Lingotto (qui fabrique la Lancia-Delta), l'une des rares qui début de semaine, les travailleurs ont immédiatement voté la grève complète contre la prod'arrêts de travail réduits proposés par les directions syndicales. Une motion a été adoptée lundi 15, avançant le mot d'ordre de grève générale contre les licenciements et réclamant que les négociations se déroulent à Turin. Encore l'exemple de Gdansk ! Un cortège de travailleurs se rend à La Stampa (journal contrôlé par Agnelli) pour y déposer la motion votée.

La LCR (section italienne de la IVe Internationale) est présente dans cette mobilisation. Ses militants, délégués ouvriers, non seulement mettent en avant la nécessité de rejeter toutes les propositions qui aboutissent à affaiblir la classe ouvrière (par exemple, l'exclusion de 24000 de l'usine durant des mois), à faire accepter le des licenciements, mais ils mettent en avant le besoin d'une mobilisation d'ensemble (grève générale) et l'objectif des 35 heures immédiate15 septembre 1980

Turquie

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