Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BOLIVIE

Libérez nos camarades !

Inprecor n° 87-88, 30 octobre 1980 · p. 3 · 681 mots

Pérou et Bolivie

Solidarité avec le peuple bolivien !

Liberté pour tous les prisonniers politiques !

Liberté pour nos camarades Felipe Caballero,

Amado Vargas et José A. Perez !

Le début d'une résistance organisée à la dictature, l'isolement international de celle-ci, permettent qu'une campagne de solidarité du mouvement ouvrier international ait un impact important en Bolivie même. C'était une des conclusions que nous tirions de l'analyse de la situation bolivienne quelques semaines après le coup d'Etat*

Les évolutions récentes de cette situation rendent plus urgent que jamais le développement de la solidarité avec les travailleurs et le peuple bolivien, et confirment les possibilités d'impact dans le pays.

Malgré la censure, le strict contrôle des communications entre les principales villes du pays et l'isolement dans lequel sont maintenues les zones minières, les informations recueillies par les organisations ouvrières boliviennes sont concordantes : la répression reste généralisée, systématique et extrêmement brutale ; malgré quelques libérations, le nombre des prisonniers s'accroît ainsi que celui des disparus ; tous les dirigeants politiques et syndicaux de la gauche encore en liberté sont activement recherchés.

Parce qu'ils n'ont pas réussi à écraser le mouvement ouvrier, parce que c'est au sein de celui-ci que s'organise la résistance, Garcia Meza et ses hommes intensifient les actions de leurs appareils répressifs déchaînés.

La base sociale de la dictature reste, par ailleurs, tout aussi étroite et son isolement international s'est encore accentué.

Les tentatives, notamment des militaires argentins, pour concrétiser un accord entre l'ex-dictateur Banzer, son parti l'Alliance démocratique nationale et l'équipe militaire au pouvoir ont toutes échoué. Le discrédit de cette dernière est tel - notamment après les révélations faites au Sénat nord-américain sur ses liens étroits avec le trafic de drogue et la mafia - que Banzer et ses partisans préfèrent pour l'instant continuer à se présenter comme une solution de rechange plutôt que d'apporter leur appui à un régime dont, pourtant, l'orientation politique est proche de la leur...

C'est là le meilleur indice de l'isolement politique • de cette dictature. Un isolement catastrophique, alors que la dette extérieure bolivienne est en cours de rénégociation, que de nouveaux prêts sont requis d'urgence pour eviter une situation de banqueroute. La dictature argentine elle-même commence à trouver l'attitude provocatrice de certains membres du gouvernement Garcia Meza plutôt gênante, et la note à payer pour maintenir

Bolivie à flot ce régime un peu trop élevée. C'est ainsi que le gouvernement de Buenos Aires a refusé ces dernières semaines d'octroyer un nouveau prêt d'un million de dollars à la Bolivie et que la renégociation du prix du gaz bolivien vendu à l'Argentine est à nouveau dans isolée et économiquement aux ne doit pas être discretement renfouée par les experts du Fonds monétaire international (FMI) !

Elle ne doit pas être remplacée par une dictature plus... présentable à l'extérieur de la Bolivie et ayant les mêmes objectifs à l'intérieur ; elle doit être renversée ! Le résultat des élections dernier doit être respecté !

Siles Suazo, le candidat ayant recueilli une majorité des votes, et dont l'élection au Parlement était acquidoit pouvoir gouverner, sans que cela signifie de notre part un quelconque appui à ses orientations politiques et à son gouvernement.

Les arrestations massives, les disparitions doivent Liberté pour Juan Lechin, Simon Reyes et tous les militants ouvriers boliviens!

Liberté pour nos camarades Felipe Caballero, Amadeo Vargas et Jose A. Perez !

Dirigeants du POR-Combate (Parti ouvrier révolutionnaire-Combate), la section bolivienne de la IVe Internationale, dirigeants syndicaux — Felipe Caballero est secrétaire de la COB de Santa Cruz —, ils ont été arrêtés à La Paz le 16 octobre. Leur lieu de détention est inconnu. Leurs vies sont en danger, comme celle de milliers de prisonniers qui remplissent les prisons, les stades et les camps de concentration dans la forêt de l'Amazonie bolivienne.

Ils doivent être sauvés ! Solidarité avec le peuple bolivien, avec la résistance à la sinistre dictature de Garcia Meza ! Le vendredi 24 octobre 1980 * Voir: Inprecor numéro 85 du 14 octobre, pp. 24 à

31, l'article « Bolivie, le peuple sous la botte : un tournant dans la situation latinoaméricaine? ».

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