80 000 personnes ont manifesté le 26 octobre à Londres contre l'implantation de missiles à têtes nucléaires. A l'appel de la Campagne pour le désarmement nucléaire, la manifestation a été l'une des plus massives qu'ait connue la Grande-Bretagne depuis des années. Les manifestants ont défilé Cruise ! Pas de Trident ! » ment soutenue par le Parti travailliste. Il y avait également un large éventail de manifestants venant du mouvement ouvrier, des groupes politiques, des antinucléaires ou des écologistes. On a surtout noté la présence des jeunes dans cette manifesqui représentait le point culminant d'une campagne de mois contre la menace que constituent les nouveaux missiles. Des centaines de comités anti-missiles se sont constitués dans tout le pays.
Ces efforts se sont brusquement accélérés lorsque le congrès national du Parti travailliste a voté au dé. but octobre contre l'implantation des Cruise et des Trident, ainsi que pour le désarmement nucléaire unilatéral de la Grande-Bretagne. Ce vote a re. présenté une importante victoire de la gauche travailliste.
Le développement de cette campagne en Grande-Bretagne montre la conscience croissante qui existe du danger d'une guerre nucléaire. Les sommes énormes dépensées pour le programme Trident ont provoqué une véritable colère, mais c'est surtout la décision d'implanter les missiles Cruise en Grande-Bretagne qui a suscité une inquiétude particulière. Cela se rapporte à la stratégie de l'OTAN sur les guerres nucléaires « limitées à un théâtre d'opération ».
Alors que les relations entre les Etats-Unis et l'URSS se sont dégradées, un nombre croissant d'observateurs réactionnaires évoquent la possibilité de mener une guerre nucléaire « limitée à un théâtre d'opération » qui permettrait d'éviter d'en arriver à une guerre nucléaire généralisée. Le « théâtre d'opération » auquel fait le plus souvent référence l'Europe. Beaucoup de gens en Grande-Bretagne pensent que le pays est de devenir le avions » des Etats-Unis en Europe et, slogans : « Pas de partant, une cible de tout premier choix en cas de guerre nucléaire.
L'un des catalyseurs de la campagne anti-missiles en Grande-Bretagne a été constitué par les écrits de l'historien marxiste E. P. Thompson. Sa brochure Protester et survivre s'est vendue à plus de 40 000 exemplaires avant d'être rééditée sous forme de livre. En mai dernier, de concert avec la Fondation Bertrand Russel pour la paix, Thompson a lancé une campagne pour le désarmement nucléaire en Europe dont le but est une Europe libérée de toute arme nucléaire « de la Pologne au Portugal ». Au cours des six derniers mois, Thompson s'est adressé à de gigantesques meetings dans toute la Grande-Breta-
Alors que les fondateurs de la Campagne pour le désarmement nucléaire de l'Europe voulaient maintenir la balance égale entre les EtatsUnis et l'Union soviétique dans leur condamnation de la nouvelle course aux armements, dans de nombreux meetings, les socialistes ont expliqué, de la tribune ou de la salle, que l'installation des missiles Cruise de l'orientation belliciste de Washington, soutenue par le Premier ministre britannique Margaret
La campagne anti-missiles a eu des répercussions à tous les niveaux du mouvement ouvrier britannique. Le TGWU (Transport and General
Syndicat des travailleurs des transports), fort de membres, a récemment adhéré à la Campagne pour le désarmement nucléaire de l'Europe. Dans Engineering Workers - Syndicat des travailleurs de la métallurgie et assimilés), la question des armements nudes points en débat pour l'élection du nouveau président du syndicat. Le président sortant, l droitier Terry Duffy, soutien l'O TAN et les missiles, tandis que son opposant de gauche Bob Wright de. mande l'annulation de la décision d'implanter les missiles.
GRANDE-BRETAGNE Ces mots d'ordre font référence à la décision de l'Otan d'implanter 162 missiles Cruise porteurs nucléaires en Grande-Bretagne. De plus, le gouvernement conservateur a décidé de dépenser plus de 6 milliards de livres pour acheter aux Etats-Unis des missiles nucléaires lançables à partir des sous-marins Trident.
Le président pour la province du Yorkshire du National Union of Mineworkers (NUM - Syndicat natiodes mineurs), Arthur la campagne contre les d'énergie nucléaire. Les missiles ont également été au centre des débats pour la désignation du nouveau dirigeant du Parti travailliste. Le vainqueur, Michael Foot, a annoncé que, s'il devenait Premier ministre, il renverrait aux Etats-Unis les missiles L'un des principaux orateurs du rassemblement du 26 octobre a été le dirigeant de l'aile gauche travailliste, Tony Benn. Il a expliqué que le gouvernement était en train de réutiliser un vieux truc, qui consistait à dévier l'attention sur le prétendu ennemi extérieur pour faire oublier l'injustice qui règne ici. Il a expliqué qu'un futur gouvernement travailliste refuserait de fonder sa politique de défense sur l'arme atomique. Les sympathisants du journal trotskyste britannique Socialist Challenge ont joué un rôle très important dans la campagne contre les missiles. A chaque étape de la campagne, ils ont montré comment la décision d'implanter les missiles en GrandeBretagne était liée à la politique militariste du gouvernement américain. Socialist Challenge a expliqué comment une opposition résolue aux missiles devait, en toute logique, aboutir au retrait de la Grande-Bretagne de l'OTAN, l'alliance militaire impérialiste qui est fondée sur l'utilisation des armes nucléaires. Ils ont aussi souligné le lien qui existait entre la lutte contre l'implantation des missiles et le soutien des révolutions en cours au Nicaragua et à Grenade, qui sont menacées par l'impérialisme