Die sinace sur la situation ensemble de les ouver
EUX mois aprés le coup d'Etat militaire en Turquie, cidentale, sur la situation dans ce pays. Les gouvernements européens, après avoir fait une déclaration de principe sur la nécessité d'un retour rapide à la démocratie, non seulement ont maintenu leurs relations politi-
Pierre CHARDIN
Le bilan de 2 mois de dictature militaire est lourd. Le quotidien turc
Milliyet rapporte les chiffres officiels présentés par le général Saltik, secrétaire du Conseil national de sécurité :
« Depuis le 12 septembre, 6 900 interpellations et 746 condamnations à des peines diverses dont 3 exécutions. »
La réalité est bien plus grave car il s'agit de plusieurs dizaines de milliers de Turcs et de Kurdes qui ont
Le bilan répressif
de deux mois de dictature ques, vu se refermer eux les portes des prisons et des centres de regroupement. Toutes les nuits, l'armée encercle les gecekondu (les quartiers populaires des grandes villes), et procède à une fouille systématique maison par maison. La détention d'armes, de publications interdites ou simplement de littérature marxiste pourtant « légale », conduit immédiatement à l'arrestation.
Au Kurdistan, c'est en plein jour et avec les blindés que s'effectuent les opérations militaires pour lesquelles l'armée turque s'entraînait depuis plusieurs années. De nombreux villages sont cernés, investis, et toute la population est alors fouillée et inter-
TURQUIE économiques et militaires avec la junte, mais ils ont décidé d'aider les militaires d'Ankara dans leur chasse aux opposants en instaurant des visas d'entrée dans presque tous les pays d'Europe. Ainsi, ceux qui auraient cru pouvoir s'échapper de Turquie pour fuir la répression se voient maintenant refoulés ou extradés.
rogée ; les hommes sont souvent garplusieurs pour l'exemple. Malheur à ceux qui ne parleraient pas convenablement le turc, serait un signe évident de car ce et séparatiste.
subversive
Deux mois après le coup d'Etat, ces arrestations continuent, comme l'indiquait une dépêche AFP du 7 novembre qui parlait de 600 arrestations.
Les militaires turcs ont expliqué qu'ils n'envisageaient pas une « législation d'exception dans le domaine pénal ». En effet, les lois scelérates
République turque sont une de la arme suffisante entre les mains des cours de sûreté de l'Etat, des tribu-
naux militaires et même des tribunaux civils. Le Code pénal turc, inspiré du Code pénal italien de Mussolini, contient en particulier les articles 141 et 142 qui sont directedirigés contre le mouvement ouvrier et contre le mouvement na-
D'après le quotidien britannique Guardian, Sadi Ozansu, assistant à la de sciences politiques d'Istanbul, a été condamné à sept ans et demi de prison, en vertu de l'article 142, pour avoir traduit en turc le d'Ernest Mandel Introduction au marxisme. Ozansu a fait appel de ce jugement. Depuis cinq ticle 142 n'a pas été utilisé par les tribunaux. Derrière cette condamnamilitants ouvriers tures et kurdes. Il faut les faire libérer, il faut faire lever
De nombreux prisonniers, arrêtés avant le coup d'Etat, risquent aujourd'hui de nouvelles inculpations. Ainsi sont menacés les dirigeants de la confédération syndicale DISK, dissoute, en particulier de la fédération de la métallurgie (Maden-Is) et de la fédération des mineurs (Yeraltimaden-Is), des dirigeants des fédérations combatives du syndicat Turk-Is qui ont été dissoutes comme celle des ouvriers du pétrole (Petrol-Is) et de la fédération des ouvriers des ponts et chaussées (Yol-Is). Les mêmes menaces pèsent contre les élus de nombreuses villes turques et kurdes, contre le maire de Fatsa, F. Sönmez, sauvagement torturé lors de son arrestation ; contre le maire d'Ankara, A. Dinçer, accusé de propagande communiste, de détention de publications illégales et de constitution d'organisation portant atteinte à la sureté de l'Etat; contre le maire
U. Alpaslan, et contre maire de Diyarbakir — la principale du Kurdistan , De nombreux détenus sont menacés par la détérioration des conditions de détention qui sont aggravées par l'arrivée de l'hiver, comme Demir Küçükaydin, ancien responsable de la revue Sosyalist, enfermé à la prison de Nigde, ou le sociologue I. Besikei dont le cancer s'aggrave.
Le 7 novembre a commencé à Ankara un procès où les accusés soupçonnés d'appartenir à l'organisation « Partizan » risquent la peine de mort. Pour tous ceux-là, pour arracher à la prison et à la torture les prisonniers politiques turcs et kurdes, une campagne de solidarité internationale doit s'engager sans délai. Le 10 novembre 1980.