Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GUINEE-BISSAU

La mort du PAIGC

· Inprecor n° 91, 15 décembre 1980 · p. 33-35 · 2 811 mots

Portugal URSS et Russie Afrique australe Stalinisme

S ra, chef de l'armée guineone et Premier ministre, AMEDI 15 novembre, Joao Bernardo « Nino » Vieiprenait le pouvoir à Bissau presque sans coup férir, profitant de l'absence déplacement à Lisbonne ou au Cap-Vert. Le président Luis Cabral, frère d'Amilcar Cabral, était facilement fait prisonnier dans sa luxueuse résidence Pierre OLIVIER José PEDRO

La gauche européenne et les courants centristes qui ont toujours ainsi que le MPLA et le FRELIMO (1) devront au moins répondre à une question : comment expliquer le recours au coup d'Etat pour résoudre les débats parti qualifié de « démocratique et révolutionnaire », comment quer l'écroulement immédiat et total de la section guinéenne du PAIGC, « parti de masse » ? Nulle réponse satisfaisante à cette question, si l'on n'accepte pas de reconnaître ce qu'a été la politique réelle du PAIGC aussi bien en Guinée-Bissau qu'au Cap-Vert (2) : un cours ouvertement pro-impérialiste, néo-colonial et répressif. COUPS ET CONTRE-COUPS

L'événement le plus récent qui explique le coup d'Etat est l'adoption, le 10 novembre dernier, d'une nouvelle Constitution en Guinée. Au Cap-Vert, des élections devaient avoir lieu le 7 décembre, la Constitution ayant déjà été adoptée. Dans ces deux Etats dirigés par le PAIGC, cette institutionnalisation devait renforcer le pouvoir du parti établir un régime bonapartiste et répressif, mais elle accentuait les prérogatives de la fraction « politique » de la bureaucratie petite-bourgeoise, rognant le pouvoir des chefs militaires : le président devenait le chef du gouvernement et de l'armée. « Nino » Vieira devait done s'effacer. Il y a peu, « on » lui avait demandé d'aller reprendre ses études à l'étranger pour quatre ans... En ce sens, le coup d'Etat de « Nino » Vieira est en fait un contre-coup en réponse à son

Ces batailles bureaucratiques recouvrent le néens-Capverdiens, qu'il serait faux

La mort du PAIGC Après le coup d'Etat à Bissau de la plupart des dirigeants en de Bubaque. Les bourgeoise du coup d'Etat. de réduire à une lutte inter-tribale. En effet, pendant toute la période postes inférieurs de l'appareil d'Etat colonial furent systématiquement pourvus de métis capverdiens par les Portugais, non seulement en Guinée-Bissau, mais aussi en Angola et au Mozambique. Lors de l'Indépendance, le PAIGC réembaucha tout ce personnel, non seulement pour des tâches techniques, mais aussi pour remplir des fonctions directement politiques. C'est pourquoi, en Guinée-Bissau, une des formes d'expression du mécontentement populaire depuis l'Indépendance est restée sentiment anti-capverdien. Il est clair que cette rivalité pour les postes au sein de l'appareil d'Etat était encore plus vive au sein de la bureaucra-

En 1973, les rivalités entre Guinéens et Capverdiens recouvrirent des divergences qui s'étaient faites jour au sein du PAIGC sur la question de la nécessité ou non de négociations avec le Portugal. Il est maintenant certain que l'assassinat d'Amilcar Caavec l'aide de la PIDE (3), par les échelons supérieurs de la Sécurité du PAIGC. A cette

(1) PAIGC : Parti africain de l'Indépendance de la Guinée-Bissau et des iles du Cap-Vert, fondé en 1956

Amilear Cabral (assassiné après une dizaine d'année de lutte de

MPLA : Mouvement de libération de l'Angola, fondé en 1956 par Agostinho Neto, au pouvoir depuis l'Indépendance de l'Angola en

FRELIMO : Front de libération du Mozambique, dont nombre de dirigeants ont été assassinés par les forces coloniales portugaises. mène la lutte armée à partir de 1964 pouvoir lors de la proclamation de l'Indépendance sous la direction de

(2) La Guinée-Bissau est l'an-

GUINEE-BISSAU premières déclarations du régime furent de dire que les principes de l'OUA seraient respectés et la politique extérieure inchangée. La présence dans le Conseil de la révolution d'individus comme Vitor Freire, gouverneur de la Banque nationale de Guinée-Bissau et très lié au Fonds monétaire international montre clairement la nature

Rafael Barbosa, fondateur en 1949 du Parti socialiste guinéen et proche de Mamadou Dia, devenu dirireant du PAIGC, fut présenté comme le cerveau de l'assassinat de Cabral.

son jugement à Bissau en

1976 n'y ait pas fait formellement allusion. Il fut condamné à mort, puis sa peine fut commuée en celle de prison à vie par Luis Cabral. Or un des premiers actes des auteurs du coup d'Etat fut de le libérer. Si le PAIGC n'a pas éclaté en 1973 entre deux clans rivaux (capverdien et guinéen), ce fut uniquement grâce à la pression de Sékou Touré (4) et de Moscou qui refusèrent leur appui aux deux fractions. Un compromis bureaucratique fut done nécessaire mais rien n'était réglé pour autant. Au Ile Congrès du

PAIGC, en 1973, pour remplacer

Amilcar Cabral, il n'y eut pas l'unanimité habituelle en faveur du dirigeant suprême, certains proposant

« Nino » Vieira contre Aristides Pe-

Après l'Indépendance, une tentative de coup d'Etat conduite par

Malam Sanha échoua, mais son dirigeant réussit à s'enfuir au

En 1976, Luis Cabral fut élu prési cienne Guinée portugaise tandis que le Cap-Vert est l'ensemble des petites fles situées au large de la Guinée-Bis-

(3) PIDE : police politique portugaise du temps de la

(4) Sékou Touré est le chef de l'Etat de la Guinée-Conakry. Il prit part en 1946 à la fondation du Ras-

(RDA) et fonda en 1952 le Parti démocratique de Guinée. Il fut maire de Conakry, député à l'Assemblée nationale française (1956) et vice-

(1957). Il préconisa le vote « non » au référendum organisé par la France et fut ainsi le promoteur de l'Indépendance de la Guinée (2 octobre

1958). Président de la République, chef du gouvernement et des armées.

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dent du Conseil d'Etat contre la volonté de « Nino » Vieira qui aspirait à occuper le même poste. En 1978, la deuxième tentative de coup d'Etat dirigée par Salam Sanha échoua, mais mit en évidence les complicités dont jouissait le courant guinéen au sein de l'armée qui lui avait fourni ses armes. Luis Cabral eut bien du mal à trouver des troupes pour défendre la « légalité » et le travail fut essentiellement fait par les Cubains.

coup d'Etat actuel, qui a « stupéfait » les dirigeants du MPLA et du FRELIMO n'a done rien de... stupéfiant mais reposait sur de nombreuses causes intérieures et extérieu-

L'Union soviétique a une longue pratique d'intervention conflits inter-bureaucratiques. 1976, elle inspira directement la tentative de coup d'Etat de Nito Alves en Angola. Il est certain que l'influence soviétique est forte au sein de l'armée. C'est là que l'aide du pays « frère » est la plus consistante, et de nombreux cadres sont formés à Moscou. Néanmoins, il ne faudrait pas en conclure à une attitude « pro-soviétique » des nouveaux dirigeants. Dans la mesure où le PAIGC s'était fortement éloigné, malgré les discours, de l'URSS -il apparaît certain qu'un traité militaire secret Guinée-Portugal-OTAN a été conclu en 1979 - Moscou essayera de mettre à profit les nouvelles circonstances, et les putschistes en feront de même pour mieux négocier l'« aide » des Soviétiques ; c'est ce qu'indique l'arrivée à Bissau, dès le 18 novembre, d'une délégation soviétique. Mais il serait faux de voir un investissement direct de l'URSS dans la préparation du coup, l'échec de Nito Alvès en Angola incitant à la prudence.

Le soutien de Sékou Toure (Guinée-Conakry) par contre est plus évident. Le sanglant dictateur guinéen rêve depuis toujours d'une « Grande Guinée » englobant les deux Guinée et la Sierra Leone (5). Mais beaucoup plus concrètement, des conflits de frontières l'opposaient à Bissau, la frontière passant au mide riches zones pétrolifères. Alexandre Nunes Correia, un dirigeants du putsch, fut un ancien ambassadeur à Conakry, si proche de Sékou Touré que Luis Cabral dut le rappeler. Récemment, une certaine agitation pro-Sékou Touré était perceptible dans certains quartiers populaires de Bissau (apparition de portraits de Sékou Touré, arrestation de certains cadres inférieurs du PAIGC), montrant l'existence bien réelle du nationalisme guinéen. Néanmoins, des tendances pro-sénégalaises existent aussi parmi les putschistes (Vitor Freire, notamment). Toutes ces influences extérieures ne manqueront pas de produire des fractions et sous- fractions qui s'entre-déchireront à brève échéance. Mais l'existence de ce nationalisme diffus repose sur une réalité néo-coloniale renforcée.

« L'ESPRIT DE BISSAU »

La presse bourgeoise portugaise a toujours célébré l'« esprit de BisPAIGC), avec le soutien de la gauche et des courants centristes européens qui ont sciemment caché la réalité et mythifié le PAIGC.

Au Cap-Vert, la question de la réforme agraire était explosive lors de l'Indépendance. La lente décomposition de la structure foncière esclavagiste avait amené l'existence de nombreux micro-propriétaires et micrométayers (50 % de la population active): la mobilisation paysanne prit donc d'emblée une dynamique antipropriété privée, mais le PAIGC se préoccupa uniquement de freiner ce mouvement et de tendre la main aux moyens et grands propriétaires et aux commerçants ruraux.

L'économie est totalement dépendante de l'impérialisme. En 1978 et 1979, respectivement 77 et 78% du budget de l'Etat étaient composés par l'«aide extérieure » ! Le pays produit seulement 4 % de ses besoins alimentaires, car 50 % des terres irriguées sont destinées à la production de rhum. Sur le plan industriel, face à la grande faiblesse de la bourgeoisie interne, le PAIGC s'adresse encore à l'aide impérialiste pour des projets de prestige. Les chantiers navals de S. Vicente vont engloutir 2 millions de contos (17 millions de franes franà 99% étrangers (Portugal, Luxembourg). Précisons que le PNB du Cap-Vert est également de 2 millions de contos. L'adhésion à la Convention de Lomé, au FMI, au FAD, au CEDAO (6) et aucomplètent l'orientation pro-capitaliste du PAIGC au Cap-Vert.

En Guinée-Bissau, l'orientation a été la même. L'agriculture, qui groupe la grande majorité des habitants,

1979, 5,3 % du budget, qui ne furent même pas utilisés à des développement, mais à l'intensification des cultures d'expor-

Get coton) au détriment des cultures vivrières. La faim a plusieurs reprises. Plus de la moitié du budget est consacrée à la seule capitale (Bissau, la « ville des métis ») qui concentre la quasi-totalité des investissements industriels. Ceux-ci sont totalement inadéquats par rapport aux besoins du pays (comme le complexe de Cuméré) : ils sont orientés exclusivement vers l'exportation, financés uniquement par l'extérieur, disproportionnés. Une usine d'éponges fonctionne... 30 minutes par jour, marché; une usine de jus de fruits travaille à 30% de sa capacité; avec seulement 35 ouvriers, elle a coûté 345 000 dollars... Dépendant des emprunts extérieurs (qui devront commencer à être remboursés en 1983), le pays « doit » donc augmenter ses exportations agricoles au des cultures vivrières, l'aide alimen-

Best donc sans cesse nécessaire. La boucle est bouclée, le cycle classique de la dépendance est reproduit. Quant à l'aide des Etats ouvriers bu-

Best minime, se montant en tout à 6% du total des extérieures. Les dirigeants du PAIGC le disaient d'ailleurs entre eux : « Les Russes donnent seulement des armes. » « DEMOCRATIE NATIONALE

ET REVOLUTIONNAIRE »

Il est clair que ce cours néocolonialiste ne pouvait pas s'accompagner d'une véritable démocratie politique. La Constitution de Guinée comme celle du Cap-Vert déclare que «le PAIGC est l'expression suprême des intérêts des masses populaires et la force politique dirigeante de l'Etat et de la société », c'est-à-dire le parti unique. Les organisations dites de masse sont totalement inféodées au parti et profondément infiltrées par la police secrète réorganisée par les Allemands de l'Est et les Cubains. L'Assemblée populaire n'a aucun pouvoir. On a déjà refusé, et on refuse toujours, du travail et des bourses à des jeunes et même à des députés pour des raisons politico-partidaires. Filatures grossières, écoutes téléphoniques, agressions (y compris par balle) se multiplient. Dans l'ile de Brava, la police politique a assassiné un jeune, mais, pour couper court au scandale, toute la zone a été occupée mi-

(5) Sierra Leone : ancienne colonie britannique, indépendante depuis 1961 et située entre la Guinée-Cona-

(6) Convention de Lomé : nom qui lient les pays en voie de développement d'Afrique, de la Caraibe et du Pacifique (appelés ACP) à la Com-

FMI : Fonds monétaire internaFAD : Fonds d'action et de développement, organisme aux pays sous-développés impulsé par les puissances européennes.

CEDAO : organisme régional qui lie un certain nombre d'Etats néocoloniaux d'Afrique de l'Ouest et qui est censé répartir l'aide impérialiste pour les grands projets régionaux et œuvrer à une division régionale du travail plus efficace.

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litairement. Lors de la grève de la FRICAP, la Commission de travailleurs démocratiquement élue a été jetée en prison.

Cette répression fait sentir ses effets: de nombreux jeunes désirent « ne plus s'occuper de politique », la paysannerie est démobilisée et les ressentiments régionalistes s'en accroissent d'autant, pendant que les fractions bureaucratiques cherchent à les utiliser pour se construire une base sociale. La corruption, le népotisme, la hausse des prix, sciemment organisée en Guinée par le Commissariat au Commerce, prennent des proportions sans cesse croissantes.

Le tout sur fond d'un non-alignement bien particulier en politique extérieure : le PAIGC refusa aux avions cubains le droit de faire escale dans l'archipel lors de la guerre civile angolaise ; mais ce droit est accordé aujourd'hui aux avions sud-africains ; l'intervention française au Zaïre lors de la guerre du Shaba fut qualifiée de «légale ». Les liens militaires avec le Portugal et l'OTAN se sont sans cesse renforcés. Mais les discours restaient « revolutionnaires », et permettaient à la gauche européenne et aux cen tristes de persister dans leur soutien inconditionnel au PAIGC.

LA MORT DU PAIGC Un des ciments idéologiques du PAIGC était l'unité à réaliser graduellement entre les deux Etats de Guinée-Bissau et du Cap-Vert. Mais face au cours neo-colonial, cette unite, meme bureaucratique, tut reduite a l'état de déclarations de propagande. Car les projets économiques furent mis en œuvre sans planification inter-étatique, souvent même en concurrence. Les deux sections du PAIGC, guinéenne et capverdienne, n'avaient en fait pas intérêt à l'unité, car celleci nécessitait pour le moins une redistribution des pouvoirs et des postes. Non seulement en Guinée, mais au Cap-Vert même existait une fraction hostile à l'unité : Osvaldo Lopes da Silva (ministre de l'Economie), Abilio Duarte (ex-ministre des Affaires Etrangères, limogé par P. Pires) y notoirement avaient soutenu « Nino » Vieira en 1973 contre Aristides Pereira.

Néanmoins, l'objectif unitaire affirmé continuait à avoir une fonction idéologique précise : contrer les tenanti-capverdiennes, maintenir l'identité du parti face autres variantes néocoloniales Mais la base sociale du PAIGC en Guinée et aussi au Cap-Vert s'était considérablement rétrécie, se réduisant de plus en plus à l'appareil bureaucratique et même militaro-poli-

Le PAIGC de Guinée-Bissau s'est écroulé en un seul jour : les putschistes n'ont nullement cherché maintenir en vie, même en nant la direction. Cela montre aussi le chemin parcouru depuis la guérilla de libération nationale. Pour se créer une base sociale minimale, le nouveau régime va probablement tenter de réorganiser un tant soit peu les circuits de ravitaillement ; il a procédé à des distributions de riz dans les quartiers populaires de Bissau immédiatement après le coup d'Etat ; il va punir quelques fonctionnaires corrompus, notamment dans les Magasins populaires ; il va exploiter à fond la fibre nationaliste guinéenne, comme le montre la libération immédiate de Rafaël Barbosa qui jouit encore d'une certaine popularité dans les milieux guinéens. Mais il est clair qu'il y a une chose que le nouveau régime guinéen ne fera pas : le démantèlement de la police politique, la « Sé-

Au Cap-Vert, le PAIGC contiment, mais l'affaiblissement de son appareil bureaucratique va entraîner une accentuation des luttes de cliques internes, notamment sur la question de la nécessité de maintenir ou non la fiction d'un parti capverdien-guinéen. On ne sait pas encore si les élections du 7 décembre seront maintenues. De toute manière, il s'agit d'une farce : les candidats sont tous choisis par le parti unique, il n'y a qu'un candidat par circonscription avec un bulletin « pour » et un bulle-

Dans la situation actuelle, serait impérative la convocation d'élections libres pour une Constituante, avec liberté d'expression de tous les partis politiques, et la rupture de la dépendes syndicats vis-à-vis de l'Etat; il faudrait des investissements massifs pour l'agriculture et le système d'irrigation, la réforme agraire ; il faudrait promouvoir le contrôle des travailleurs sur la direction des entreprises pour combattre la corruption et le népotisme, et augmenter les sa-

Avec ce coup d'Etat, le PAIGC est mort, 24 ans après sa création. En Guinée-Bissau, le nouveau régime ne gardera pas longtemps la petite base sociale que son nationalisme lui aura temporairement donnée. Vert, la direction A. Pereira-P. Pires se retrouve affaiblie aux yeux des masses capverdiennes.

Amilcar Cabral, qui avait le mérite de la franchise, avait théorisé sur le rôle historique de la petite bourgeoisie africaine, qui devait diriger la lutte de libération nationale, prendre le pouvoir, pour ensuite « se suicider en tant que classe » et remettre l'Etat aux mains des travailleurs. Il faut croire que la petite bourgeoisie n'a pas voulu « se suicider en tant que classe ». Avec la bénédiction conjointe de l'impérialisme, des grands partis ouvriers européens et des courants Lisbonne, le 19 novembre 1980

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