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Hélicoptères soviétiques lors des manœuvres « Fraternité d'armes » du Pacte de Varsovie en 1980.
Les mêmes sont utilisés massivement en Afghanistan (DR). apprécier le rapport de forces EstOuest. Le premier consiste en la « comparaison quantitative » qui aligne des colonnes de chiffres sans grande signification : tant d'hommes, tant de chars, tant d'avions ou de fusecond, complément indispensable du premier critère, s'attache à quelque chose de plus sérieux, la « comparaison ve », autrement dit la tentative d'évale caractère opérationnel données quantifiables à un moment donné dans un espace et des conditions déterminées ; parmi les facteurs qui doivent être alors pris en compte, il faut citer - sans prétendre être exhaustif - le moral des troupes, doctrine militaire tactique ou stratégique, la capacité effective des résermaintenance du matériel et bien d'autres facteurs encore ; le troisième critère concerne ce qu'il est convenu de classer sous le chapitre des « intentions », c'est ce que nous appellerions l'analyse concrète d'une situation concrète en terme politique. Telle est la méthode qu'utilisent les experts de la bourgeoisie, mais en général les études de ce type ne sont réservées qu'aux plus hautes instances des Etats bourgeois et non au commun des mortels auxquels on distille une propagande qui grossière n'en est pas moins efficace.
double langage de la bourgeoisie constitue une difficulté pour nous adressant aux masses, nous devons répondre point par point a la propagande mensongère des cercles impérialistes, sans pour autant nous laisser abuser par le discours militaire officiel, d'apparence plus sérieux, mais qui débouche bien souvent sur l'impasse. Dans le contexte actuel par exemple, il nous faut démontrer que la prétendue supériorité soviétique est un leurre grossier qui sert de prétexte à la relance de la course aux armements, mais dans le même temps il s'agit de comprendre que la supériorite militaire, elle bien réelle, des Occidentaux, n'est en aucune mesure contradictoire avec le développement d'une crise de direction majeure pour l'impérialisme à l'échelle internationale qui paralyse grandement ses capacités proprement
L'équivalence majeure en question En mai 1979, un rapport de la Commission de défense et des armements de l'UEO (2) estimait : « Une comparaison de tous les potentiels révèle que l'Alliance de l'Atlantique-Nord dispose sur le plan mondial, et compte tenu de tous les facteurs, d'un potentiel de défense qui reste capable de faire face efficacement à celui l'OTAN, ni le Pacte de Varsovie ne peuvent poursuivre par la voie militaire des objectifs politiques agressifs dirigés contre l'autre alliance.
militaires. Seul le marxisme permet de s'orienter face à cette situation à l'échelle internationale. Si « la guerre n'est que le prolongement de la politique par d'autres moyens », on peut sans doute citer également Clausewitz à propos des doctrines militaires, même à l'heure du nucléaire : « Peut-être, écrivait-il à l'époque, n'est-il pas impossible d'élaborer une théorie systématique de la guerre, riche d'idées et de grande portée, mais celles dont nous disposons jusqu'à présent en sont fort éloignées. Sans parler de l'esprit non scientifique qui y préside, elles ne sont qu'un tissu de banalités, de lieux communs et de radotages tout en prétendant être cohérentes et complètes. (1) » Aucun camp n'est vulnérable à la pression. (3) »
1. Carl von Clausewitz, De la guerre, (UEO) regroupe tous les pays de l'Europe de l'Ouest ; cette instance est la seule habilitée à traiter des questions de défense de l'Europe, à la différence de l'Assemblée des Communautés européennes qui se voit interdire ce rôle, par la plupart des députés
Au début de l'année 1980, le secrétaire d'Etat américain à la Défense, Harold Brown, arrivait à la même conclusion : « Il est erroné de croire qu'à l'heure actuelle une guerre entre les Etats-Unis et l'Union soviétique peut être gagnée par un côté
En juin dernier enfin, le général forces de l'OTAN, observait lui aussi : « Si l'on considère notre stratégie de riposte graduée, qui requiert une grande compétence à tous les niveaux - classique, armes nucléaires de théâtre ou stratégie nucléaire -, l'Union soviétique ne peut en aucun cas être sûre qu'une attaque contre l'Occipas immédiatement suivie d'une riposte atomique. Or, je ne peut croire qu'un être sensé, prudent, préoccupé de l'intérêt de son pays, puisse lui faire courir pareil risque de destruction. (5) » Les milieux officiels impérialistes s'accordent donc : pour reconnaître « dans la situation présente », il n'y a pas de supériorité globale des forces qu'affirmer le contraire à des fins de propagande risquerait du même coup ôter toute crédibilité. « fenêtre de la vulnérabilité » risquerait pourtant de s'entrouvrir moins proche. Telle est la thèse des capitales occidentales. différents secteurs de forces militaires prouve au contraire à quel point cette affirmation est dénuée de fon-
Dans le domaine des armes nucléaires stratégiques - armement susl'agresseur par opposition à l'armement tactique du champ de bataille théâtre -, on considère à l'Ouest qu'il y a entre les Etats-Unis et l'Union soviétique ce qu'il est convenu d'appeler une « équivalence majeure », chacun ayant la possibilité dernière analyse plusieurs fois son adversaire.
Cette appréciation d'ordre géné. ral ne rend compte que partiellement de la réalité, dans la mesure où les moyens soviétiques sont pour les trois quarts d'entre eux basés au sol, et par conséquent plus vulnérables à première frappe que l'arsenal US disposant de moyens très diversifiés, sol-sol, air-sol et surtout mersol (sous-marins Poseidon et bientôt Trident, sans équivalent à l'Est).
Poseidon déjà vieillissant peut détruire toutes les villes soviétiques de plus de 100 000 habitants, comme le reconnaissait le président Carter en mars 1978... Et les Américains en possèdent trente et un. Partant, les conditions de perfectionnement des arsenaux stratégiques dans un proche avenir sont très favorables aux USA. Pour prétendre rivaliser avec eux, les Soviétiques devraient être en mesure de diversifier leurs moyens nucléaires en se dotant, en particulier, d'une forte composante embarquée, supposant par là-même un développement plus considérable encore de leur marine. C'est de toute évidence hors de leur portée.
Pour Washington, le problème est tout autre, il ne concerne que la vulnérabilité à une première frappe 1986. Lorsque les experts américains parlent de « fenêtre de la vulnérabilité » au niveau stratégique dans les prochaines années, c'est en réfé.
remplacement des vieux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) soviétiques dans leurs silos souterrains par une nouvelle génération d'armes plus faciles à mettre en œuvre, à têtes multiples et surtout beaucoup plus précises (SS-13, 16,
19) qui « seraient susceptibles de détruire les Minuteman dans leurs silos » lors d'une première frap-
Cependant, ils omettent volontairement de prendre en compte trois facteurs qui ruinent leur argumentation : d'abord, les Minuteman pourraient être mis en œuvre durant les trois quarts d'heure que durerait le voyage des missiles soviétiques à destination du sol américain ; ensuite, leur non-mise à feu ne signifierait pas pour autant leur totale destruction ; enfin et surtout, la force nucléaire
Le « Backfire » (TU-26) soviétique et le B-1 américain (DR). embarquée des USA serait intacte. C'est dans ce contexte qu'a vu le jour le projet MX.
Il s'agit d'un transporter dix charges de 300 kilotonnes chacune, susceptibles d'atteindre leur objectif avec une précision de 100m à une distance de 10 000 km. Chaque charge détruirait tout dans un rayon de 4 km. Disposés sur des plates-formes mobiles, les MX se déplaceront entre différents silos de lancement répartis autour de deux cents « pistes » ovales de 25 km de long. Coût estimé au départ de l'opération du déploiement du MX dans les Etats de. Nevada et de l'Utah : s'ajoutent 8 autres milliards de dollars pour la mise en place de la dé. fense rapprochée des sites de lance. ment (6). Avec ce système, « le plus lancé par l'homme », les Etats-Unis s'assureront une supériorité durable dans tous les secteurs relevant des armements stratégiques.
Aussitôt ce programme adopté, un rapport du Pentagone envisageait pourtant un autre système, alternatif pour l'heure mais pourquoi pas complémentaire au MX demain, baptisé
4. Harold Brown, intervention lors du débat au Congrès US sur le rapport annuel sur la défense, janvier 1980.
5. Général Rogers, interview à Europa, 6 juin 1980.
6. Chiffres avancés par le Pentagone.
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Les armements Sans conteste, c'est la question du déploiement des armements de la « zone grise », c'est-à-dire du théâtre européen, qui domine les polémiques militaires de la fin des années 1970 et début des années 1980. Cette nouvelle génération d'armes a pris la relève des armes nucléaires tactiques. Par armes nucléaires tactiques, entend généralement les armes destinées à être employés contre le corps de bataille adverse. Or, ce qui précisément pose problème avec la nouvelle génération d'armes, c'est sa définition, sa classification, qui varie seAméricains dont le territoire est hors de portée des nouveaux engins, il s'agit d'armes dites « de théâtre » ; l'Europe où ils seront déployés est ainsi considérée comme un champ de bataille éventuel; pour les Européens - Soviétiques compris —, ces armes ne peuvent en aucun cas être classées dans l'arsenal tactique car leur portée et leur précision mettent en jeu des objectifs directement situés sur leur territoire, d'où l'appelation d'euromissiles ou d'armements eurostratégiques qui est à l'évidence plus conforme à la réalité
Le déploiement dans les années à venir de ces euromissiles vise à remplacer les armes nucléaires tactiques de ! conception déjà très ancienne, pour la plupart datant des années 1950. Il est intéressant de remarquer la disproportion existante entre l'arsenal soviétique, fort de quelque 3 500 têtes nucléaires (13), celui des pays de l'Alliance atlantique, deux fois plus important numériquement et vraimissile mobile MX, voire un nouveau bombardier lourd... (12). » eurostratégiques semblablement plus encore en qualité. Les euromissiles cumuleront une série d'avantages par rapport à leurs prédécesseurs :
augmentée, ils pourront être basés assez loin des limites du champ de bataille éventuel et seront par là-même moins vulnérables ; plus
Get plus maniables, ils seront emploi beaucoup plus facile ; avec une mise à feu et un lancement technologique séparant le Minuteman-III, dans l'arsenal stratééquivalente à celle qui sépare les Pershing de la première et de la seconde génération ; surtout les euromissiles sont l'exemple le plus typique d'une nouvelle génération d'armes téléguidées sur l'objectif avec une précision extrême à des milliers de kilomètres. C'est évolution technologique qui fonde l'évolution doctrinale de la « anti-cités » des objectifs «anti-forces ».
A Washington, Londres, Bonn ou Paris, on se plaît à souligner que de l'apparition l'horizon des menaces du SS-20 soviétique. Cet engin, dont le déploiement effectif a commencé en 1977, est réputé « capable de traîter les objectifs-forces des pays de l'OTAN et de la France ». L'URSS en possèderait environ 150 et la cadence de lâche. De violentes polémiques ont agité les milieux spécialisés en Europe et aux Etats-Unis sur le fait de savoir si ces engins étaient ou non « mirvés » (MIRV, Multiple Independently Targeted Reentry Vehicle, ogive à têtes multiples et à guidage indépendant). L'OTAN, opérant par projection du développement technologique de l'Ouest sur l'Est, le suppose comme un fait acquis, rien ne permet pourtant à ce jour de le
C'est dire à quel point la menace-prétexte est volontairement amplifiée (14).
Est-ce que pour autant, même en prenant pour version des milieux impérialistes, les SS-20 entrouvraient la « fenêtre de la vulnérabilité » pour l'OTAN? On peut répondre catégoriquement par la négative à cette question, si l'on tient compte à la fois de l'évidente supériorité américaine dans le domaine des systèmes centraux stratémais giques, et du détachement de cinq avons déjà souligné l'efficacité et qui sont affectés depuis 1977 à des objectifs du européen ». Dans ces conditions, la décision prise par T'OTAN, il y a tout juste un an, shing-Il et 464 Cruise Missiles sur le « théâtre européen », n'a que de très lointains rapports, malgré les dires de la propagande occidentale, avec le déploiement partie d'ailleurs pourrait bien être pointée sur la Chine, ce qui relativise encore la crédibilité de cette prétendue « nouvelle » menace.
En fait, les motivations qui soustendent les décisions de l'OTAN sont plus complexes et moins avouables. Le rôle joué par le chancelier ouest-allemand Schmidt, qui fut le premier des hommes politiques européens à demander le déploiement des armes l'Institut international études stratégiques de Londres (15),
Fournisseurs.
Acquéreurs
Algérie
Bahrein
Egypte
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Irak
Israel
Jordanie
Koweit
Liban
Libye
Maroc
Oman
Qatar
Arabie Saoudite
Soudan
Syrie
Tunisie
Emirats arabes unis
Yémen du Nord
Yémen du Sud l'Est (Ostpolitik), développait massivement son potentiel militaire dans tous les domaines. Ce faisant, elle avait besoin dans le domaine armements nucléaires, dont elle est absente, d'une crédibilité assurée par un arsenal qui, s'il reste discrétion de la Maison Blanche, tant qui concerne la maintenance d'emploi,
Poseidon qui rappellent par trop les systèmes centraux américains.
Certains commentateurs, notamment en France, en ont tiré la conclusion qu'on assistait aux préparatifs d'un transfert de la responsabilité des
« clés » des euromissiles des Américains aux Européens et aux Allemands de l'Ouest en particulier (16).
Cette hypothèse semble devoir être exclue sous réserve de bouleversements politiques considérables qui
Etats-Unis que Washington se résigne alors à jouer la carte de la « multipolarité », y compris dans le domaine nucléaire, avec un partage des tâches systématique entre
USA. Une telle situation ne peut pas résulter d'une évolution linéaire du déclin relatif des Etats-Unis, d'autant que l'élection de Ronald Reagan à la
Maison Blanche n'ouvre certainement pas une perspective de renforcement
Principaux fournisseurs du Moyen-Orient et de l'Afrique
•
•
•
• bourgeoisies l'éventuelle d'augmenter
La prochaine grande mements eurostratégiques, l'Europe et les devrait être l'objet, puisse du Nord elo
• ropéens, de la multipolarité du monde occidental. Les déclarations alarmistes du côté américain sur l'éventuel désengagement américain de l'Europe - les que tels les discours d'Henry Kissinger et du général Haig à Bruxelles en sepn'avaient d'autre fonetion que de faire pression sur les un européennes qu'elles tiennent leurs engagements tuation des de 3% par
Défense comme devaient sanctuarisation le montrer les développements ulté-
Les décisions finalement adoptées par l'OTAN, et ce malgré les fortes réticences des petits pays eu-
Vers une négociation négociation Est-Ouest sur la limitation des armements devrait notamment porter sur la question des artenu de la place qu'ils occupent dans le contexte militaire international dont l'Europe reste un des points très sensibles. Mais il n'est pas sûr que la prochaine phase des SALT, dont ce vier 1980 officiellement dans un futur rappro-
17. Voir ché, tellement paraissent éloignées en actuellement les positions de l'un et l'autre camp, comme l'ont montré les décembre 1979.
(1977-1979) offrent aux Etats-Unis la possibilité de réaffirmer leur leadership militaire à moindre frais, puis-
Européens paleront une bonne partie de la note sur le plan financier ; elles leur offrent en outre débouché supplémentaire pour leurs industries d'armements; enfin, si elles peuvent conduire à une accentensions Est-Ouest en Europe, elles renforcent de fait la des USA qui misent de manière réaliste sur l'impossibilité pour l'économie soviétique de suivre dans tous les domaines la course aux armements (stratégiques, tactiques et eurostratégiques, classiques). des systèmes avancés préliminaires que se sont ouvertes à la mi-octobre 1980 à
Du côté américain, on affirme en principe la volonté de continuer la négociation sur la limitation des armements « sous la direction du président Carter autant que sous celle
16. Voir l'article de l'amiral Antoine Sanguinetti (PS) dans le Monde, 3 janles déclarations des milieux officiels de part et d'autre de l'Atlantique vue de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de L'OTAN de
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Tchécoslovaquie Autriche Canada France Brésil Chine RFA Singapour Indonésie Pays-Bas Espagne Japon Italie Grande-Bretagne Yougoslavie Etats-Unis Turquie Suède Suisse URSS
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à l'issue d'une étude sérieuse, à la conclusion que les forces classiques de l'OTAN sont bien supérieures à celles du Pacte de Varsovie. Le rapport en question restera secret et le Conseil atlantique d'Athènes en 1962 adoptera, à la demande des Américains, la perspective d'un renforcement du potentiel classique de l'Alliance, bien sûr toujours pour compenser la prétendue supériorité soviétique dans ce domaine.
Toujours est-il que l'OTAN se dispose, encore aujourd'hui, à faire face à un déferlement des divisions blindées du Pacte de Varsovie en Centre-Europe, appuyées par une puissante aviation tactique. On oublie d'expliquer dans le même temps qu'une telle attaque serait suicidaire pour au moins trois raisons.
La première tient à la vétusté de la plupart des quelque 40 000 blindés de l'Est, supérieurs en nombre mais très nettement moins performants, y compris pour le plus moderne d'entre eux le T-72 soviétique, que les chars occidentaux, XM américain et Leopard-Il allemand. Mais c'est surtout les armes anti-char qui feraient la différence, domaine où la supériorité de l'OTAN est incontestable. C'est un des principaux enseignements de la Guerre du Kippour de 1973 au Proche-Orient où les chars d'assauts syriens, identiques à ceux du Pacte de Varsovie, ont été stoppé à quelques kilomètres de leur point de départ par un impressionnant barrage d'armes anti-char israéliennes qui sont les mêmes, et pour cause, que celles dont dispose l'OTAN.
Deuxième raison pour l'URSS de renoncer a une attaque classique en Centre-Europe, l'appui aérien tactique qu'elle peut mettre en œuvre est inférieur à celui de ses adversaires occidentaux - forces françaises comprises , notamment en ce qui concerne les avions d'attaque au sol.
Enfin, troisième raison d'évidence, une attaque de ce type l'expose. rait rapidement au feu nucléaire des Occidentaux qui, sans même « monter aux extrêmes », lui infligeraient des dégâts irréparables.
On pourrait done être tenté de conclure que les scénarios militaires occidentaux en général, et ceux de P'OTAN en particulier, ne sont qu'élucubrations sans intérêt. Il faut s'en garder car derrière les manœuvres et autres exercices programmés pour faire face à la « menace soviétique », se profile toujours « l'ennemi intérieur », agent supposé d'une « déstabilisation » sociale et politique que redoutent par dessus tout les bourgeoisies européennes et leur protecteur américain.
Instruits par la grève générale de mai 1968 en France, puis le mai rampant italien et la chute des dietatures portugaise, grecque et espagnoaméricain (DR).
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le, les bourgeoisies européennes et l'OTAN ont depuis lors tourné tous leurs efforts vers la « prévention des menaces intérieures ». Il en résulte une réorganisation de la plupart des armées ouest-européennes sur le modele de la Bundeswehr ou de l'armée française. Ces mesures de réorganisation sont généralement marquées par une tendance à la professionalisation au moins des « unités dures », qui doivent rester sûres et qui sont dotées d'importants moyens héliportés ; une part croissante accordée à la « défense opérationnelle du territoire » (renseignement, quadrillage, maintien de l'ordre) et un redéploiement des unités, avee réorganisation des réserves sur l'ensemble des territoires concernées.
Au niveau de l'armement proprement dit, on note une volonté sans cesse réaffirmée de l'adopter - y compris en ce qui concerne le maté.
-, aux conditions du combat dans les centres urbains. Le ma-
« anti-guérilla » émeute » se taille la part du lion dans les salons internationaux d'exposi-
Les deux chars de bataille concurrents, le le T-72 soviétique et le tout nouveau XM-1 tion des dernières productions d'a mement. Le mythe de la menace so viétique est ainsi surtout utilisé par les gouvernements capitalistes pour imposer une « militarisation » du corps social, un contrôle serré des populations civiles dans la perspective qui résulterait plus vraisemblablement de l'activité que des tensions Ouest. Partant, on comprend mieux pourquoi les interminables palabres MBFR (Mutual and Balanced Forces Reductions), portant « sur les réductions mutuelles des forces et des armements et certaines mesures annexes ayant trait à l'Europe centrale », ouvertes à Vienne en 1973, sont restées de fait une coquille de noix sans résultat tangible dans aucun domaine
La seconde plaque sensible dans la conjoneture militaire internationale se situe au pourtour du Golfe persique. On a fait beaucoup de bruit à l'Ouest à propos de l'intervention de l'URSS en Afghanistan, en feignant d'y voir le signe avant-coureur d'une
chaudes ». La vérité est que bien avant le « coup de Kaboul », l'impérialisme avait opté pour un renforcement de sa présence militaire dans cette région vitale pour les approvil'économie capitaliste. La chute de l'avant-poste iranien n'a fait qu'accélérer le processus de redéploiement, non seulement dans l'océan Indien au débouché du détroit d'Ormuz, mais aussi sur tout le pourtour méditerra-
Ce fut d'abord l'hypothèse échaffaudée par les états-majors occidentaux d'un « saut » sur les champs pétrolifères du Moyen-Orient, autrement dit la perspective d'une opération aéroportée rapide, ponctuelle et efficace, qui devait aboutir à la constitution des premiers éléments des d'intervention extérieures et françaises. Palhavi à Téhéran modifiera le scénario dans le sens d'une présence plus massive, dès avant le temps de crise, pour faire face le cas échéant, non à des « actes de sabotage terroriste », mais à un masse ample. C'est à partir de cette évolution que les Occidentaux quasystématiquement fin 1979 toute la région, surtout à des unités navales dépêchées dans l'océan Indien, mais aéro-te. et es ou portuaires rapprochées pour compléter leur dispositif.
malgré les grès enregistrés, de la plaisanterie, mais les mass media de l'Ouest vont tout de même l'agiter sans vergogne, quitte à être catégoriquement démentis par l'Institut international des études stratégiques (IISS) de Londres qui estime que les seuls moyens américains, sans prendre en compte donc les marines de guerre anglaise et française, sont nettement supérieurs de l'Union soviétique dans l'océan Indien (22). Quelques chiffres concernant le potentiel global des deux pays susceptibles de concourir à une intervention dans cette zone l'attestent suffisamment. Pour l'infanterie de marine, le rapport est de 1 à 15 : 184 000 marines contre 12 000 pour l'URSS ; les capacités de transport aérien sont du simple double en faveur de Washington ; quant à la marine dont les portesavions restent la pièce maîtresse, en
June configuration comme celle du Golfe, les Etats-Unis en possèdent 14 contre 5 à Moscou. De plus les porte-avions soviétiques sont d'un tonnage inférieur de moitié aux monstres américains et ne peuvent conséquence nombre limité de moyens aéro-naque les énormes porte-avions US qui se relaient en permanencence nencence dans l'océan Indien peuvent embarquer chacun jusqu'à 90 plus générale, l'échelle du globe, la marine soviétivulnérabilité majeure, dans la mesure ses unités, pour sortir de leurs abris, doivent forcément passer des bases occidentales, l'exception près de l'Arctique, mais où les ports de la région sont bloqués six mois sur douze. Autres précisions fournies par l'Institut de recherche sur la paix et la
(23): un sixième de la flotte soviétique est aujourd'hui bonne pour la casse ; en 1976, la moitié de ses bateaux plus de mille tonneaux avaient déjà plus de quinze ans d'âge. Son infériorité est done patente dans la totalité des moyens navals et aéro-navals.
Le quadrillage de l'océan Indien et le contrôle de la route du pétrole sont bien entendu liés à la défense des intérêts économiques du monde capitaliste plongé dans la crise, mais on ne souligne jamais assez la dimension polico-militaire de « redéploiement à l'échelle du globe » qui s'y combine. Plus de cinquante unités navales occidentales (contre douze navires de combat soviétiques, des unités de soutien et un porte-hélicoptères) croisent en permanence aux
: détroit d'Ormuz, vingt-cinq unités américaines dont deux porte-avions, quinze à vingt unités françaises selon la période dont un porte-avions, une dizaine d'unités britanniques et, depuis temps 1980, deux l'Allemagne de l'Ouest. Ce dispositif à la base britannique de Diégo Garcia, elle même relayée pour par les bases US de Subic et Philippines. Les navires au Kenya, et demain ce sera au tour de l'ancienne base soviétique de Berbera en Somalie servir de relai aux marines. Il n'est
Nouvelles tendances, Cet inventaire rapide des secteurs d'armements où l'impérialisme a relancé la course à la production de terribles moyens de destruction serait incomplet si l'on n'évoquait pas aussi plusieurs créneaux demain pour les marchands de caLe premier d'entre eux concerne la bombe à neutrons, une arme ther rayonnements neutroniques sont renforcés et les effets collatéraux de souffle et de chaleur au contraire réduits. Cet arme de la « terreur capioccidentale qui n'envisage de se doter de moyens navals nouveaux destinés à cette région du monde. Harold Brown annonce « la mise en chantier d'ici cinq ans de près d'une centaine de nouveaux bateaux de guerre » ; la RFA a obtenu en juin de l'Assembleé parlementaire de l'UEO qu'elle lève les limitations imposées à l'armement naval ouest-allemand par le traité de Bruxelles en 1954. Le Japlus dépendant encore approvisionnements provenance de la région que ses partenaires occidentaux, visage à son tour d'armer une authentique marine de guerre, ce dont il est pour l'instant dépourvu.
même temps et pour pallier a la défection des installations iraniennes, parmi les plus importntes à l'époque, du réseau NADGE d'alerte et de surveillance de l'OTAN, l'impérialisme fait flèche de tout bois au Moyen-Orient et sur le flane sud-est de l'Europe, déploiement des avionsgéants AWACS en saoudite, coup d'Etat militaire en Turquie, réintégration enfin de la Grèce dans l'OTAN.
Ce formidable bond en avant du dispositif militaire impérialiste dans la région du Golfe contribue à réactualiser la possibilité d'intervention contre-révolutionnaire, à chaud, ailleurs dans le monde, en Afrique ou en Amérique centrale par exemple. La constante préoccupation des états-majors de la contre-révolution de se doter de puissantes forces d'intervention extérieures à déploiement rapide, disposant des moyens logistiques à long rayon d'action, y trouve l'occasion de rôder et les hommes et le matériel. C'est pourquoi il serait au plus haut point dangereux de sous-estimer le redéploiement des moyens militaires conventionnels de l'impérialisme qui partout sont directement tournés contre le mouvement d'émancipation sociale ou/et nationale des peuples. nouveaux creneaux taliste » a donc un effet maximum sur l'homme, tout en causant un minimum de dégâts aux matériels et aux infrastructures. D'après Samuel Cohen et Marc Geneste, qui s'en font les propagandistes zélés, « le véritable bain de la mort (24) » qui résul-
42. Voir l'article de Michel Tatu, le Monde, 4 novembre 1980.
23. Voir les travaux de Dieter Lutz. sous-directeur de l'Institut de recherche sur la paix et la sécurité de Hambourg, à propos de la marine notamment.
24. Samuel Cohen, Marc Geneste, Echec à la guerre, éditions Copernic, Paris, 1979.
terait de l'emploi d'une bombe « N » de 1 kilotonne ferait sentir « ses effets pervers » sur une superficie de 12 km2. Selon la distance qui séparerait le point d'impact des sujets irradiés, l'agonie serait plus ou moins longue, quelques heures titre d'exemple à 700m tandis qu'à 900m la mort ne surviendrait qu'après 24 ou 48h...
En fait, il ne s'agif pas d'une invention nouvelle puisqu'elle fut testée pour la première fois en 1963 lors d'une explosion souterraine dans le désert du Nevada. Gérald Ford prit la décision secrète fin 1974 de stocker des ogives neutroniques en vue de leur déploiement en RFA mais Carter revint fin 1977, publiquement cette fois, sur la décision de son pre
Aujourd'hui, le régime de Giscard d'Estaing a quasi officiellement opté pour cette arme et il est probable que Ronald Reagan reviendra à son tour sur la décision de Carter. Le coût relativement modique de la bombe « N», même produite en grande série, n'en fait pas potentiellement déterminants champ de bataille qui lui vaut le soutien des états-majors. Présentée à di• verses reprises avec des affectations très différentes (anti-missile, défense rapprochée des silos...), c'est en tant qu'arme anti-blindés sur le théâtre l'arme neutronique sera probablement développée. partisans en préconisent une installation massive en Centre-Europe * pour former barrage au déferle•ment des blindés du Pacte de Varsovie ». Mais la bombe à neutrons, banalisation de l'usage du feu nucléaire, parce que supposant sa maîtrise dans le temps et dans l'espace, est sans doute une redoutable arme anti-subversion susceptible d'être utilisée demain en Afrique ou ailleurs. Le silence pesant des experts officiels sur ce point a valeur d'aveu, et c'est surtout à ce titre que nous sommes directe. ment concernés par son déploiement probable dans les années à venir.
Autre créneau du même ordre, l'utilisation éventuelle des rayons gamma, aussi redoutables que les neutrons pour les être vivants mais seulement à la longue, et qui pourraient s'avérer plus efficaces encore que les rayonnements neutroniques contre la « subversion ». Laissons à ce propos la parole à Cohen et Geneste qui décrivent avec enthousiasme et cynisme un scénario terriblement inquiétant (25): « Supposons en effet qu'une tête de fusée, au lieu d'exploser brutalement comme les engins A, H ou N, au-dessus d'une ville ennemie ou de quelqu'autre cible, se borne à provoquer au-dessus de l'objectif une pluie de microbilles préalablement activées dans un réacteur nucléaire conçu spécialement à cet effet. Un tapis de rayons gamma s'abat sur la zone considérée. Ses dicontrôlables. Elles sont fonction de l'étendue couverte par cette pluie, mortelle à terme. Son temps d'efficacité est contrôlable, en fonction de la durée d'activité des composants choisis. Son intensité est contrôlable, en fonction de la densité ture (...) Ses effets sur l'adversaire sont spectaculaires. Parce qu'ils ne sont pas immédiatement mortels, ils le contraignent, sous peine de mort, à décamper au plus vite de la zone visée, ou à rentrer sous terre pour n'en plus sortir jusqu'à la fin du
1 (...) La dose de terreur ainsi administrée, sans massacre, nous paraît suffisante, compte tenu de la "peur des radiations" mythologique, dont l'incident de Three Mile Island et autres exemples ont récemment administré la preuve. (...) Et supposons, pour corser le tout, qu'une petite fraction de nos microbilles soit rendue luminescente par l'irradiation, ce qui est très facile. Alors une sinistre lueur verdâtre s'abattra sur la zone visée, marquant la zone de mort lente, et rayons gamma auxquels civils et militaires sont exposés s'ils ne déguerpissent pas sur le champ. Tous sauraient que la mort est là. (...) Ce serait une forme de bombardement militairement efficace, qui désarmerait de leurs servants toutes les installations participant à l'effort de moralement charitable puisqu'elle donnerait quelques minutes supplémentaires aux occupants pour sauver leur peau, en fixant les limites de la zone mortelle dont on pourrait sortir en courant. »
Troisième exemple révélateur de ces créneaux technologiques et industriels où la course effrénée à
L'AWACS, cet avion-radar américain hyper-sophistiqué qui se révéle avant tout comme une arme diplomatique lors du conflit Iran-Irak ou de la crise polonaise (DR). l'innovation et aux profits menace l'humanité, le domaine chimique et bactériologique. Parmi les pays membres de l'Alliance atlantique, deux se distinguent par les stocks importants d'armes chimiques dont ils disposent : il s'agit des Etats-Unis et de la France. Par ailleurs, la Grande-Bretagne s'oriente miques modernes sont des composés organophosphorés neurotoxiques de famille que les pesticides mais beaucoup plus toxiques. Ce sont les nazis qui les premiers fabriqué. rent ce type d'armes à partir de la surtout du Sarin en 1938. Durant la Première Guerre mondiale, les armes chimiques avaient grand nombre, mais il s'agissait alors de produits beaucoup moins toxiques que les gaz neurotoxiques qui ne furent d'ailleurs pas utilisés 1945. Ces gaz, habituellement stockés sous forme liquide, peuvent être répandus soit sous forme de nuage de vapeur soit sous forme de gouttelettes dispersées par des moyens mécathermiques ou explosifs. Ils provoquent la mort par asphyxie en quelques minutes. Dans le cas où l'empoisonnement résulte d'un contact avec la peau, l'agonie peut durer plusieurs heures. Deux scientifiques américains, M. Meselson et J. Robinson estimaient récemment : « Aucun poison sur le champ de bataille n'est plus efficace qu'un gaz neurotoxique : un tel gaz qui associe forte toxicité et rapidité d'action, efficacité sur la peau et le système respiratoire, facilité de dissémination, coût faible et stabilité, est supérieur à tout autre agent chimique. » « Terreur sans massacre : la bombe gamma ». Politique internationale, numéro 9.
Cours nouveau et nouvelles contradictions de l'impérialisme
Parmi les gazs les plus couramment produits et stockés à l'Ouest, on retiendra par-delà leurs noms chimiques, l'agent GB ou Sarin, l'agent GD ou Soman et le VS. D'autres produits sont considérés comme dépassés parce qu'insuffisament « efficaces ». Au nombre de ces derniers, les « incapacitants » ou les « paraly• sants » qui n'ont - en principe - pas pour fonction de tuer. Ce sont des agents du même type qui ont été utilisés massivement par les criminels de guerre américains au Vietnam. Classés dans la catégorie « anti-émeutes », nombre de ces produits sont désormais stockés par les polices de
Nous avons vu jusqu'alors que, dans à peu près tous les domaines où la course aux armements relancée ces dernières années sur des élargies, c'est qui en a pris l'initiative. Le discours officiel, se référant à la « menace soviétique » et à une analyse grossièrement déformée du contexte militaire international, sert de couverture à un redéploiement sans l'ampleur globale, les bases économiconséquences politiques qui, comme on va le voir, sont lourdes de contradictions.
Selon une brochure publiée en 1978 par l'Agence américaine pour le désarmement, en 1976 déjà, les dépenses militaires dans le monde représentaient 5,8 % du PNB mondial, soit l'équivalent de l'ensemble des dépenses d'éducation et plus du double des dépenses consacrées à la santé publique. La tendance n'a fait que s'amplifier depuis. Ces dépenses s'élèvent aujourd'hui dans le monde à environ 1 million de dollars par minute. Quamillions d'hommes et de femmes travaillent dans des industries qui concourent à la production d'équipements militaires. D'un quart à un tiers des ressources de l'humanité en terme de « matière grise » sont détournées à des fins militaires. Le indique que les dépenses militaires se 480 milliards de dollars et qu'elles sans doute 500 milliards de dollars en 1980. Le célèbre institut remarque que « l'armement est l'un des secteurs de l'économie qui connaît la plus forte croissance dans le monde » et que si l'on enregistre une forte progression des dépenses militaires des pays en voie de développement (15,3 % du total mondial contre 6,3% en 1965), ce sont toujours les principaux pays industriels qui restent maîtres du jeu plusieurs Etats. Mais le créneau concernant les armes chimiques est directement lié à un progrès technologi-
« J'espère que les Etats-Unis décideront de produire des armes bi-
Une arme binaire se compose de deux agents chimiques inoffensifs aussi longtemps qu'ils restent séparés, mais qui, en fusionnant après un tir d'obus ou le largage d'une bombe, deviennent toxiques (26) », s'exprimait en juin le général Rogers, commandant suprême des forces de l'Assemblée de l'UEO déclarait à la même époque : « Les stocks et types avec une part de 72,8% du total mondial. Ces chiffres recouvrent cependant des réalités plus complexes et il faut distinguer ce qui relève directement de la production d'armedes armes et enfin des budgets militaires qui englobent les précédentes données - sans entrer ici dans le problème du maquillage de toute une série de crédits publies dans plusieurs pays qui sont en fait affectés à des fins militaires - et la maintenance des potentiels de défense.
Le SIPRI évalue à 120 milliards de dollars, pour l'année 1979, la seule production de matériel militaire, soit environ un quart des dépenses militaires globales. Le « boom » des industries d'armements ne cependant sentir qu'à moyen terme. Quelques chiffres suffisent à fixer la part qu'entend se tailler l'impérialisme US dans ce domaine ; ainsi, les autorisations de programme prévues pour 1985 dépasseraient de 100 milcelles de 1981 (en cours d'exécution) et la somme des cinq ans à venir atteindrait quelque 1 032 milliards de dollars (28). Pour le seul budget 1981, alors qu'Harold Brown réclamait « seulement » une rallonge de 1 milliard de dollars, de mettre les bouchées doubles pour accélérer la réalisation
Men cours et en susciter de nouveaux, avancent des chiffres allant de dollars (sénateur Tower, futur président de la Commission des forces armées) à plusieurs dizaines de milliards de dollars (groupe d'experts de l'équipe Reagan).
Dans ces conditions, ni le potenet des ne permettent aux uns et aux autres d'espérer faire mieux que de figurer loin derrière les Etats-Unis dans d'armes chimiques détenus par les partenaires de l'OTAN doivent être portés a un niveau suffisant pour constituer le potentiel de dissuasion et de représailles indispensable (27) ». Les facilités de fabrication, de stockage et de manipulation des armes binaires sont aux yeux des états-majors autant d'atouts en faveur du redéploiement de l'arsenal chimique. L'an dernier, le Congrès américain avait refusé les crédits nécessaires à la mise en route du programme binaire. Ce ne serait que partie remise comme on le laisse entendre dans l'entourage de Ronald Reagan. la relance des productions d'armements. Cela dit, même en Amérique du Nord, l'injection de pareilles sommes dans les industries de guerre se heurte à des contradictions. Difficultés d'approvisionnement en matières premières rares (pour l'aéronautique notamment) et manque de main-d'œuvre spécialisée se conjuguent pour renforcer encore les effets inflationnistes de ces investissements improductifs. Il faut en tirer une double conclusion. La première c'est que la relance massive des tions d'armement US ne permettra pas au capitalisme de crise, et risque au contraire de se traduire à terme par de nouvelles et très d'armements ouest-européennes avec ce que cela suppose de tensions entre Washington et les capitales occidentavieux continent. La seconde conclusion, c'est que non seulement la pression sur les économies du COMECON sera difficilement maîtrisable par la bureaucratie, et done source de nouvelles tensions à l'Est, qu'ailleurs dans le monde la l'impérialisme dangereusement le retour à un cours politique ouvertement interventionniste de Washington. Au total, la redes productions américaines sera forcément « déstabilisante » par rapport à la situation internationale actuelle et à ses équilibres déjà pré-
Au niveau du commerce international des armes, la situation est globalement tout aussi favorable Etats-Unis qui s'accaparent près de la
26.Général Rogers, interview à Europa. juin 1980.
27. Projet de recommandation de la Commission de la Défense pour la 26e session ordinaire de P'UEO.
28. Voir le Monde de l'Economie. 19 janvier 1980.
ventes d'armes; viennent T'URSS avec un peu moins de 30 %, la France avec environ 11 %, l'Italie, la Grande-Bretagne et la RFA avec moins de 5% chacune. Un rapport de la Commission des affaires générales de l'UEO expliquait et commentait en 1979 cette situation dans les termes suivants: « Dans les circonstances actuelles, tout indique que, a l'intérieur au moins de l'Alliance atlantique, la situation profite principalement aux producteurs américains d'armements. Ceux-ci, en effet, profitant du que leur offrent les forces armées des Etats-Unis, peuvent fournir aux marchés extérieurs des produits pour lesquels ils peuvent répartir les frais généraux, y compris ceux qui touchent à la recherche et au développement des prototypes, sur grand nombre d'exemplaires, que les industries des pays européens ne peuvent répartir les leurs que sur le nombre beaucoup plus restreint que peuvent acquérir leurs armées nationales. Ils se trouvent donc, sur les marchés de leurs partenaires européens, en posture défavorable face a leurs concurrents américains. Cette situation s'aggrave encore examine les possibilités de sations" puisque, produisant moins grand nombre d'exemplaires du matériel fini, ils doivent, pour offrir des "compensations" accroître d'autant le nombre de pieces et d'éléments qu'ils devront se déclarer prêts à acquérir auprès de leur acheteur. Le phénomène l'économie d'échelle joue donc doublement en faveur des producteurs américains, face à leurs concurrents européens, ce qui explique les succès commerciaux qu'ils ont remportés, en Europe même, cours des dernières années. Or, ces succès contribuent encore à limiter les débouchés des producteurs européens et à élargir ceux des Américains, done à renforcer encore un processus qui conduirait rapidement les industriels européens à se cantonner dans un rôle d'appoint et de sous-traitance en faveur concurrents américains. (29) »
Ce qui est vrai de la position dominante des Etats-Unis marchés européens, les plus importants en volume, l'est encore sur les autres marchés cette fois dans une moindre mesure car entrent en ligne de compte des facteurs politiques liés à la perte de crédit militaire de l'impérialisme US dans la période précédente.
C'est pourquoi un pays comme la France et avec lui, mais à moindre degré, les autres grands de l'Europe capitaliste, ont pu s'insérer de manière parfois importante sur les marchés du Proche et Moyen-Orient par exemple. Les producteurs de ensuite pétrole sont s'est tendance
• l'échelle du globe, d'autant que les large marché les données concernant l'aide milid'application se
L'Egypte et Israël qui un très alors pressions exercées par les USA part de leur budget consacrée défense monde.
si l'on
"compencontradictions un partenaires de l'OTAN perspective d'un égales, de souvent
6 %) —, ne faisant au l'Alliance l'autre les Européens de leurs est est en cause.
sur les
Unis se du globe, mais les USA pour assurer sa défense la propagande un gouvernements à renoncer à ainsi devenus depuis quelques années des clients de rêve pour les industries d'armements et la nettement encore confirmée en 1980, au profit de Paris notamment, sans qu'on puisse encore en chiffrer les résultats avec exactitude. Le redéploiement des industries américaines d'armements se heurte principalement à cette difficulté à l'Europe conséquences d'une politique étrangère au coup par coup coûtent cher aux Américains, comme l'attestent pour la taire à l'étranger qui a vu son champ dans des réduire proportions considérables au risque du capital de laisser la place libre aux Européens qui n'attendaient que cela.
d'une relance recevaient
2,7 % de l'assistance militaire US en disposaient
1969, en monopolisent par exemple
82 % aujourd'hui. Ajoutons que les sur leurs alliés pour qu'ils augmentent la à la ne favorisent pas la reconquête des marchés perdus par eux au leurs profit des européens ailleurs dans le responsabilité
Avec l'affaire des buages, les nucléaire de l'« atlantisme » moyens apparaissent plus nettement encore.
Au sommet de Londres, en 1977, les traçant la de allemande
*programme défense à long terme » s'étaient engaconstat.
gés à augmenter de 3% par an, en termes réels, leurs dépenses militaires. Le compte est aujourd'hui facile à faire, seul le Luxembourg tiendra promesse, puisque la France - dont le budget est en augmentation comparable à celle du budget US (5 à illustré pas partie de l'organisation intégrée, n'était pas liée par les engagements de Londres.
Le paradoxe est saisissant, d'un côté contre-révolutionnaire a latérale un remporté d'incontestables succès sur latérale le flane sud-est de l'Europe (Grèce,
Turquie) et s'apprête à enregistrer tôt ou tard l'adhésion de l'Espagne, de rechignent à d'« intégration régler la note. La crise ainsi révélée profonde, l'atlantisme lui-même
Les pays européens et les Etatsd'importants livrent à une concurrence effrénée sur le plan économique, y compris dans le domaine des producd'une tions d'armements; mais, dans le n'apparaît même temps, l'Europe capitaliste, la
France exceptée, semble compter sur l'Est. A cela, plusieurs explications :
outrancière la sur
« menace soviétique », si elle fait des ravages Outre-Atlantique, se heurte en
Europe à un certain scepticisme ; la crise économique qui touche tous les pays européens amène la plupart des une augmentation provocatrice du gaspillage militaire, tandis qu'ils appliquent une politique d'austérité draconienne dans tous les autres secteurs (contradiction typique à laquelle est confrontée la social-démocratie au pouvoir). La différence d'emprise du militarisme d'un bord à l'autre de l'Atlantique est patente. La perspective même de la transformation de champ de bataille contribue à l'apparition de courants pacifistes petit-bourgeois qui militent
* neutralisation de l'Europe », et même pour sa «finlandisation » fulminent les cercles atlantistes. Mais les secteurs les plus réalistes européen ont surtout compris que, dans les conditions massive de la course aux armements par les Américains, ils de peu de « créneaux rentables » par rapport à ces derniers. Aussi, si les bourgeoisies européennes sont prêtes à se doter des moyens indispensables pour faire face aux « menaces probables », soit « interieures », soit liées à la protection de approvisionnements pétroliers, elles préfèrent laisser aux USA la de de la la « couverture de l'Europe » et des classiques d'accompagnement. En termes plus concrets, elles rechignent à n'être que des clients obligés des Etats-Unis. La politique illustre illustre à merveille ce La France figure à part dans ce concert puisque non membre de l'organisation militaire intégrée et disposant de forces nucléaires autonomes. Cela dit, elle se trouve confrontée à un épineux problème d'orientation par les polémiques récentes sur la « bataille de l'avant ». Au niveau militaire, en effet, on avait assisté ces dernières années à un « processus d'intégration par le bas » marqué par une politique de coproduction bi-
You multilatérale d'armements, mais ce processus a des limites évidentes s'ils ne se trouve pas relayé par de substantiels progrès en terme par le haut» au niveau politique et donc militaire qui rendrait possible la mise en commun des moyens nucléaires. Aujourd'hui, projets de coproduction, comme le char franco-allemand, marquent le pas et la construction
Europe « supranationale » pas comme une perspective rapprochée. Il peut en résulter dans le domaine de la politique militaire un isolement croissant de Paris, à moins d'un retour de la France done le giron de l'OTAN, et une tendance au recul de la multipolarité du monde occidental.
29. Rapport sur les conditions politiques d'une coopération européenne en matière d'armements, présenté à la 25e session ordinaire de l'UEO, mai 1979.
Il faut cependant rester prudent en ce domaine tant que l'administration Reagan n'aura pas tracé avec plus de précision ce que sera sa politique étrangère, diplomatique et militaire. Quelle que soit la volonté des Américains de reprendre les choses en main, l'évolution de la dernière décennie a été marquée par un « déclin relatif » des Etats-Unis, c'est un fait. Les changements de cours sont plus faciles en théorie qu'en pratique. Il est évident que la volonté affirmée par Ronald Reagan de disposer d'une « marge de sécurité » par rapport à Moscou sur le plan militaire, qui remplace la « recherche d'une parité approximative » dans le discours officiel de l'impérialisme, va se traduire pratiquement dans la réalité par une accélération de la course aux armements. Par là-même, les conditions favorables à un cours interventionniste s'en trouvent renforcées. Mais il reste que le rapport coût/efficacité de telle ou telle intervention militaire Sur la place Rouge et le Rond-point des Champs-Elysées, le défilé des missiles * eurostratégiques » (DR).
à chaud, dans telle ou telle région du monde, continuera à diviser les experts du Pentagone et de la Maison Blanche. L'idée d'un président fou qui prend tout seul des risques inconsidérés appartient à l'imagerie d'Epinal de grand papa. Dans le meme ordre d'idée, les sphères dirigeantes américaines sont trop averties des capacités des bourgeoisies européennes à leur donner du fil à retordre pour ne pas avoir une approche plus prudente dans les faits que dans les discours des réalités de l'Europe capitaliste. Dans ces conditions, il se pourrait bien que l'arrivée à la Mai-
Si elle est tant attachée à un cadre bipolaire de contrôle de la situation internationale, c'est que la bureaucratie, de par sa nature sociale conservatrice, entend bien éviter toute rupture brutale des grands équili-
PETUARO son Blanche du cow-boy Reagan nous réserve quelques surprises et que les Etats-Unis par exemple se réorientent en définitive, dans un environnement international marqué par les crises régionales, vers une relance de la « coexistence pacifique » avec Moscou impliquant un retour en force des relations bipolaires qui sont une des conditions essentielles du « maintien de l'ordre » à l'échelle internationale, aussi bien à l'Ouest qu'à l'Est. C'est en tout cas l'hypothèse sur laquelle semble tabler la bureaucratie soviétique. L'URSS victime et complice de l'impérialisme bres mondiaux. Bien entendu, cela ne signifie pas qu'elle répugne à profiter des opportunités qui s'offrent à la périphérie des zones de confrontation principales entre elle et l'impérialisme - comme en Afghanistan →, encore que la brutalité et le cynisme qui caractérisent ses méthodes ne lui permettent guère d'obtenir un rapport coi fficacité satisfaisant. Au plan de la course aux armements, comme en ce qui concerne ses grandes orientations militaires, se retrouve cette caractéristique conservatrice qui la conduit à toujours « jouer le jeu » face à l'impérialisme, sans en remettre en cause les règles. Or, sur ce terrain, les dés sont pipés comme nous avons essayé de le démontrer.
Il y a par exemple une énorme mystification en Occident sur le potentiel de défense des pays de l'Est. La bureaucratie, présentée comme l'agresseur potentiel, est fréquemment affublée d'une puissance militaire sans commune mesure avec les moyens -mêmes considérables -dont elle dispose. Son crime consiste à ne jamais démentir cette caricature qu'elle juge utile, au risque de démobiliser les masses des principales citadelles impérialistes au plus grand profit des gouvernements occidentaux. La politique ridicule du « secret » est un leurre grossier puisque les progrès technologiques dans le domaine l'observation, de la détection et de la surveillance, par satellite-espion notamment, permettent aux sphères dirigeantes occidentales de savoir très exactement à quoi s'en tenir quant au potentiel réel de l'Union soviétique et des autres pays du Pacte de Varsovie. En rechanche, les masses à l'Ouest comme d'ailleurs à l'Est sont laissées dans l'ignorance la plus absolue et à la merci de toutes les campagnes d'intoxication de la propagande militariste occidentale.
En 1977, lors de l'affaire du missile gap opportunément mise en avant pour justifier le programme -« pharaonique » selon les termes du
général Galois - de reforcement du potentiel intercontinental de Washington, la bureaucratie a laissé faire sans broncher. Ce sont les Américains, une fois leur « coup » réussi qui démentirent les « informations » complètement erronées qu'ils avaient eux-mêmes répandues à grand frais sur l'état de l'arsenal intercontinental soviétique. De même, la bureaucratie se taira lors de l'affaire des systèmes ABM, comme elle se tait aujourd'hui à propos des SS-20 et sur la question de savoir s'ils sont ou non « mirvés ». On pourrait sans difficulté allonger la liste des exemples. Mais il est un domaine où les bureaucrates sont plus locaces, c'est celui de la stratégie militaire que les dignitaires du régime chargés à chaque époque des questions de défense (maréchal Gretchko, maréchal Sokolovski, amiral Gorschkov notamment) ont exposé à plusieurs reprises dans des ouvrages qui remplissent les rayons des bibliothè ques des officiers du Pacte de Varsovie.
En premier lieu, les dirigeants soviétiques reviennent sur les fondements militaires de la « coexisence pacifique ». Pour eux, on est passé de l'« inéluctabilité » de la guerre à sa « non-inéluctabilité » car, expliquent-ils, «le fait que sur notre planète n'ait pas éclaté une guerre de missiles nucléaires est dû avant tout à l'existence de l'Union soviétique, l'amitié des Etats socialistes et de leur puissance capable d'arrêter l'agresseur ». (Volkogonov, la Guerre et l'Armée). A ce stade, et en passant sur l'« amitié des Etats socialistes », l'on ne peut qu'être d'accord en précisant que c'est en appliquant aux Etats ouvriers le principe du droit à l'autodéfense que la IVe Internationale a approuvé le fait que l'URSS, puis la Chine, se dotent d'un arsenal nucléaire. Seulement la bureaucratie soviétique ne s'en est pas tenue à cette stricte nécessité de dissuader l'impérialisme d'agresser avec des moyens nucléaires les territoires d'où les capitalistes avaient été expulsés.
Elle s'est à son tour engagée dans une politique de chantage nucléaire auprès des pays occidentaux, perçue comme une menace directe par les travailleurs de ces pays, qui est aussi stupide qu'inefficace. La modernisation extravagante de son arsenal nucléaire, sa diversification et la place privilégiée qu'il occupe désormais dans le potentiel global de défense des pays de l'Est, ressemble à s'y méprendre à une « singerie » de l'impérialisme, qui plus est avec des moyens bien moins importants que ce dernier. L'affirmation tout aussi contrerévolutionnaire selon laquelle les pays socialistes doivent pouvoir gagner, le cas échéant, une guerre nucléaire participe de la même orientation. On oublie trop souvent enfin que le ralliement lamentable des PC de masse d'Europe occidentale aux forces nucléaires de l'impérialisme, puise ses racines dans l'impact négatif de la politique de puissance nu-
Au contraire, il fallait et il faut miser sur l'impossibilité pour l'impérialisme d'user de son formidable arsenal nucléaire en agissant à un double niveau, certes en se dotant de d'autodéfense conçus et présentés comme tels, mais surtout en suscitant par tous les moyens la mobilisation des masses des citadelles impérialistes contre leurs propres bourgeoisies. Une politique efficace de défense des Etats ouvriers ne peut pas faire l'impasse de la mobilisation des masses, même si les héritiers de Staline n'ont rien voulu apprendre de la résistance victorieuse à l'envahisseur nazi. La nature de la bureaucratie lui interdit politique révolutionnaire parce qu'elle saperait les bases de son pouvoir. Ainsi, le déploiement d'un considérable SS-20, avec des objectifs anti-forces en Europe, ne se justifie ni sur le plan de la nécessaire défense militaire des Etats ouvriers, d'une politique de soutien actif aux luttes de masse anticapitalistes dans les pays d'Europe de l'Ouest.
Que l'on image un instant quelle serait l'efficacité d'une mobilisation à l'Ouest des masses contre les dernières décisions de l'OTAN, adossée à une initiative, même pas de désarmement partiel et limité mais du type « moratoire » sur le déploiement des Sur ce dernier point, celui du trôle, la bureaucratie tourne également le dos à l'efficacité car le diapermanent d'Etat à Etat, de bloc à bloc dans un cadre bipolaire exclut l'intervention des masses et de leurs organisations en les désaisissant dès le départ de toute possibilité de peser par leur mobilisation. Que l'on encore, l'efficacité par la convocation d'une conférence mondiale des Etats et des organisations ouvrières et démocratiques pour le contrôle sur place des arsenaux en présence. Les bureaucrates du Kremlin sont incapables de prendre de pareilles initiatives, et leur préfèrent le cadre piégé des SALT, MBFR et autres conférences sur le désarmement qui sont autant de avec la paix, par le désarmement de l'impérialisme
La montée en puissance d'un formidable potentiel de destruction de l'humanité, à l'initiative de l'impérialisme US et de ses alliés européens, et l'armement des masses pour le so-
Le deuxième axe qui vertèbre la stratégie militaire de Moscou concerne le maintien de l'ordre bureaucratique dans le « camp socialiste ». I est fondé sur la doctrine Brejnev dite
«souveraineté limitée », autrement dit sur la responsabilité collective du camp socialiste dès que « les intérêts du socialisme sont menacés » chez tel ou tel partenaire du Pacte de Varsovie. En fonetion de quoi, selon Brejnev, « l'URSS ne peut être indifférente, et elle ne le sera jamais, destinées de la construction du socialisme dans les autres pays, ainsi qu'à la cause du communisme mondial », et autre précision cynique : « Une initiative telle que l'octroi d'une aide militaire à un pays frère en vue d'éliminer la menace pesant sur l'ordre socialiste est une mesure exceptionnelle imposée par les circonstances. Elle ne peut être suscitée que par l'action directe des ennemis du et à l'extérieur des frontières de ce pays, action entraînant une menace contre les intérêts communs du camp socialiste. (30) »
On sait quel type de pratique est censé couvrir ce discours, hier en Tchécoslovaquie, demain peut-être en Pologne, qui assigne aux troupes de Varsovie un rôle du pouvoir bureaucratique » face aux masses en lutte pour la démocratie socialiste. C'est là sans faiblesse principale sur le plan politique et done militaire de la faiblesse dont on se réjouit dans les capitales occidentales, aussi longtemsp du moins que les « menaces intérieures » en font pas apparaître des risques graves de déstabilisation incontrôlables. La stratégie soviétique masque de plus en plus mal ces contradictions qui minent l'ordre bureaucratique et que sa politique de compétition pacifique avec l'impérialisme dans le domaine de la course aux armements accentue de manière irréversible. la caste bureaucratique n'a pas de politique de rechange et, tant bien que mal, elle de suivre, renforçant par ses choix politiques l'efficacité des pressions que l'impérialisme impose aux économies des pays de l'Est. Ce faisant ils prennent ensemble, par la force des choses, le risque d'une déstabilisation majeure, cette cœur de l'Europe, aux conséquenContre le militarisme, pour le socialisme ! avec la complicité objective de la bureaucratie du Kremlin, s'accompagne
30. Leonid Brejnev. discours prononcé le 11 novembre 1968.
d'un retour en force du militarisme sous la forme du chantage à l'« apocalypse nucléaire » et autres artifices de propagande qui n'ont d'autre objet que de détourner les masses de leur lutte d'émancipation nationale et sociale. Parallèlement, les gouvernements occidentaux s'attachent à faire passer dans les faits des mesures de « militarisation » sociale. Et bien sür, la recherche, la mise au point et le déploiement de nouvelles générations d'armes vont dans ce contexte s'accélérant. Combattre l'un et l'autre relève des tâches du mouvement ouvrier dans la période De là découle la nécéssité de campagnes de masse qui, si elles diffèrent de par les thèmes mis en avant dans chaque pays, doivent pouvoir converger pour entraver les préparatifs de guerre de l'impérialisme. Dans cette mesure, parce qu'elles vont objectivement dans le sens d'un « désarmement » politique et militaire des citadelles impérialistes, ces campagnes sont le meilleur moyen de lutte pour la paix qui passe par l'instauration du socialisme. A ce titre une série d'axes principaux de lutte se dégagent clairement :
1. - Contre l'embrigadement de la jeunesse dans les armées impérialistes ; la lutte pour le plein exercice des libertés démocratiques, d'information, d'expression et d'organisation en toute indépendance par rapport à la hiérarchie militaire, est une arme puissante contre le militarisme dans tous les pays d'Europe occidentale qui ont recours à la conscription. Elle permet de donner un contenu concret et de masse, dans les conditions actuelles, à la tradition communiste, reprise dans les 21 conditions d'adhésion à l'Internationale communiste, d'un travail en direction des jeunes prolétaires enrôlés sous les drapeaux de la bourgeoisie, quelles qu'en puissent être les formes pratiques. Pour autant, la conscription ne représente en aucun cas un acquis du mouvement ouvrier comme feignent de le croire les directions réformistes, staliniennes ou social-démocrates. Elle s'est même développée historiquement en opposition à l'armement des masses. C'est pourquoi sa réintroduction aux EtatsUnis ne signifierait pas autre chose qu'un embrigadement massif de la jeunesse américaine qui doit être à ce
2. - Contre les mesures de « militarisation » des sols et d'« encadrement » des populations, qui dégradent l'environnement aux libertés. L'implantation des missiles mobiles comme le MX aux USA, la poursuite d'expérimentations nucléaires dans le Pacifique notamment, et les innombrables exercices militaires « en terrain libre », y compris dans les centres urbains, sont aupoints d'application possibles. De même, sous le prétexte hypocrite de la protection des populagoût du jour dans plusieurs pays les plans de « défense civile » qui ont pour objectif la « protection des arrières contre la subversion » avec ce que cela suppose de restrictions des libertés ouvrières et démocratiques. Là encore, le champ d'application est immense, de la « militarisation » de certains services publies au « maillage serré » du territoire et à l'exploitation informatisée du renseignement.
3. - Contre l'OTAN et l'Alliance atlantique anti-ouvrière. L'impénord-américain redouble d'efforts pour dépasser la crise de l'OTAN, conséquence de la réactivation de la classe ouvrière au centre et au nord de l'Europe, après le sud ; il a enregistré un succès au moins partiel avec le retour de la Grèce au sein de l'organisation militaire intégrée. L'Espagne est de plus en plus fortement pressée de se joindre au concert atlantique. Quant à la France, son absence de l'organisation intégrée ne peut faire illusion et plus que jamais elle assume son rôle de pilier de l'alliance anti-ouvrière de l'Atlantique-Nord. Autant de raisons de mobilisation contre cette alliance con encore, a montré de quoi elle était capable en Turquie.
4. - Contre les budgets de guerre, qui sont une source immense de gaspillage des ressources de l'humanité, d'autant plus scandaleux que les besoins les plus élémentaires des trois quarts de la population du globe ne sont pas satisfaits et que l'austérité est imposée aux travailleurs dans les métropoles impérialistes. Les moindres restrictions sur les crédits de guerre des principaux pays industriels ont un effet bénéfique sur la course aux armements, dans la mesure où elles limitent d'autant la mise en route de programmes de recherches parmi les plus fous en ne leur assurant pas un débouché certain sur le mar-
5. - Contre le redéploiement des moyens militaires de l'impérialisme à l'échelle de la planète, qu'il s'agisse de l'implantation de nouvelles ogives nucléaires en Europe, ou qu'il s'agisse de moyens plus classiques d'intervention militaire contrerévolutionnaire contre les peuples des « zones de tension », autour du Golfe et en Méditerranée comme dans la Caraibe. Tout succès sur ce terrain contribue a entraver le nouveau cours interventionniste qu'entend suivre
Washington. L'exigence du retrait des marines de guerre de l'océan Indien et de la fermeture des principales installations aéro-terrestres et portuaires de la région est sur ce plan particulièrement importante.
6. - Contre les arsenaux nucléaires qui font peser sur l'humanité une menace aussi terrifiante qu'en partie incontrôlable, pour l'arrêt des fabrications et la destruction des stocks à l'Ouest comme à l'Est. Même si nous ne confondons pas le rôle respectif dans ce domaine de l'impérialisme et de la bureaucratie, force est de constater que la politique suivie à Moscou est un obstacle aux mobilisations pour le désarmement des fauteurs de guerre occidentaux. Une révolutionnaire des initiatives de désarmement unilacapacités d'autodéfense afin de susde masse en défense de la révolution, pour le désarmement de la contredu capital à l'Ouest et le renversment de la bureaucratie à l'Est sont les seules garanties décisives que peut se donner la classe ouvrière contre le chantage à la guerre nucléaire. Les conférences-alibis du type SALT ne sont d'aucun secours contre la course à la production des plus formidables moyens de destruction jamais mis en œuvre sur la terre.
7. - Pour le contrôle des travailleurs sur les productions et les ventes d'armes dans la perspective de leur reconversion et du socialisme. Les réformistes font assaut de démagogie pour défendre les productions d'armements au nom de l'« emploi » ou de l«indépendance nationale ». Il faut lutter, au contraire, pour la nationalisation sous contrôle ouvrier de toutes les industries qui concourent à ces productions et pour leur reconversion dans le cadre d'un plan, élaboré démocratiquement, où les besoins des masses orienteront les choix de production et non l'inverse. Seul le socialisme peut résoudre définitivement le problème de la course aux armements.
Dans la plupart des pays occidentaux des tâches combinant plusieurs de ces axes de lutte sont directement à l'ordre du jour. Dans plusieurs pays, des luttes de masse sont déjà engagées. Elles devraient connaître un nouvel et important essor dans la prochaine période, car c'est la seule voie réaliste de riposte de la classe ouvrière aux préparatifs de guerre et à la relance de la course aux armements par l'impérialisme. •
Novembre 1980.