Inprecor 1974–2004

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CONJONCTURE

La spirale des récessions ne peut s'élargir à l'infini

· Inprecor n° 94-95, 16 février 1981 · p. 4-16 · 10 513 mots

Économie mondiale Japon et Corée Allemagne Grande-Bretagne

LA CONJONCTURE ÉCONOMIQUE INTERNATIONALE

L est inutile de reprendre le récit de la course de vitesse entre la réalité économique et les pronosties des instituts de recherche, des gouvernements et des économistes bourgeois toujours en retard sur elle ; André Gunder Frank a déjà dit l'essentiel à ce propos dans le dernier numéro spécial économique d'Inprecor. Dans le même

Winfried WOLF

Les instituts de recherche économique bourgeois continuent à réviser en baisse leurs prévisions de mois en mois, voire de semaine en semaine, tout en continuant à parler de « croissance » ou de « mini-croissance » pour 1981. Mais la réalité est entre-temps devenue évidente : depuis le troisième trimestre de 1980, l'économie capitaliste internationale vit sa troisième récession internationale synchronisée après la Deuxième Guerre mondiale (2), récession qui s'amplifiera au cours de l'hiver 1980-1981.

On peut dès maintenant prévoir :

- que la crise économique 1980-

1981 aura au moins l'ampleur de celle de 1974-1975 ;

- que ses effets sociaux sur la classe ouvrière seront beaucoup plus graves que lors de la récession précédente ;

- que les pays semi-coloniaux non exportateurs de pétrole s'acheminent de plus en plus vers une situation sans issue, par suite d'une nouvelle montée en flèche de leur facture pétrolière et de leur endettement (2bis). L'effet « correcteur » de la misère de masse et de la famine de millions d'êtres hurains — qui laisse les places boursières internationales de glace - ne semble plus suffire. Quelques- uns de ces pays sont au bord de la faillite financière ouvertement déclarée ;

- contrairement à ce qui s'était passé en 1974-1975, au cours de la nouvelle récession économique généralisée, certains des principaux pays dépendants semi-industrialisés (l'Inde, la Corée du semi-industrialisés

Sud, Hong-Kong, l'Argentine) ont également subi une baisse absolue de la production du revenu national et de l'eminternationale accroît le danger d'un krach bancaire international et de l'effondrement de tout le système international du crédit. Une bonne partie de l'expansion de l'endettement international continue à s'effectuer sans aucun mécanisme de

- parallèlement à la crise de l'éco-

La spirale des récessions

ne peut s'ela rgir a l'intini cinq ans. nomie capitaliste internationale - et en partie sous son impact -, les pays non capitalistes atteignent de plus en plus les limites d'une économie planifiée bureaucratiquement centralisée. La Pologne connaît pour la première fois une baisse absolue de son produit national brut (PNB) sous l'effet de la crise agricole. Cette misère économique constitue l'arrière-fond de la crise sociale et des processus révolutionnaires en cours dans ce pays.

Dans l'ensemble, nous nous trouvons donc devant la répétition des phénomènes classiques de crise économique 1975. En RFA, le « Conseil des experts » s'efforce de démontrer qu'on ne peut pas

La nouvelle récession se distingue de celle de 1974-1975 par le fait que l'écart entre le moment où les principaux pays impérialistes entrent en crise, et le moment où ils atteignent le point extrê me de la récession, a été plus important d'un pays à l'autre.

Aux Etats-Unis, la récession a débuté dès la fin de 1979, a duré pendant les trois premiers trimestres de 1980, a été suivie d'une légère reprise au cours du dernier trimestre de 1980 mais risque de reprendre au début de 1981, surtout sous l'effet de la hausse vertigineuse des taux d'intérêts qui ont de nouveau dépassé le seuil des 20 %. troisième trimestre de 1980 mais ne semble vraiment s'affirmer qu'en fin d'année. poursuive au cours du premier semestre de 1981.

La France est en récession depuis le deuxième semestre de 1980, de même que l'Italie.

Quant à la Grande-Bretagne et au Canada, toute l'année 1980 a été pour eux une année de récession.

numéro (1), nous avions également esquissé les traits de la nouvelle crise économique qui pointait à l'horizon, dans la continuité des analyses détaillées que notre publication consacre à la conjoncture économique internationale depuis parler d'une crise cyclique (3). On peut lui donner raison dans la mesure où le caractère « cyclique » de la crise n'exprime qu'un de ses aspects. Il faudrait le combiner avec le phénomène de son aggravation tendancielle depuis 1970-1971 dans le cadre d'une onde longue à taux de croissance déclinant. Il serait donc plus juste de parler d'une spirale ou d'une avalanche qui, forcément, ne peut pas continuer éternellement. Même si l'analyste ne dispose jamais d'avance de tous les éléments qui déterminent les étapes de cette évolution - notamment parce que l'économie et la politique constituent un tout -, il est clair que cette spirale ou cette avalanche s'oriente tendanciellement non vers sa simple autoreproduction, mais vers un point d'explosion. Une légère désynchronisation et ses conséquences

Cette désynchronisation plus forte qu'en 1974-1975 est l'argument utilisé

1. Voir Inprecor numéro 67/68 du

17 janvier 1980, André Gunder Frank, « Nouvelles récessions et nouvelles déroutes de la prévision économique » : Winfried Wolf, « La nouvelle récession internationale en 1980 ».

2. En 1957-1958, il y eut une récession internationale qui n'a eu cependant que des effets mineurs en Europe capitaliste. ou l'ex-

Pansion fut génér lement poursuivie, fût-ce à un rythme ralenti. Mais les USA et le Japon connurent une baisse absolue du PNB et de la production industrielle:

2 bis. Viir l'étude de G. Lewis sur l'endettement des pays dépendants dans ce même numéro d'Inprecor.

3. Le « Conseil des experts pour juger le développement économique dans son ensemble » (Sachverständigenrat zur Begutachtung der gesamtwirtschaftlichen Entwicklung) se compose de cinq économistes formellement indépendants du gouvernement, qui présentent chaque année une « expertise » étendue de la situation économique internationale et ouest- allemande (Jahresgutachten). A côté de jugements plus fondés sur la période antérieure, ces expertises se caractérisent surtout par la myopie quant aux perspectives immédiates, et par une tendance à justifier les diverses politiques économiques suivies par les gouvernements des principaux pays impérialistes. L'« expertise » pour l'année 1980 accorde ainsi une couverture massive à la politique d'économies budgétaires du nouveau cabinet social-démocrate-libéral d'Helmut Schmidt en RFA.

Page 5

Le trimestre concerné est en général juin-juillet-août, sauf pour les Etats-Unis Guilletpar la majorité des économistes bourgeois pour expliquer qu'on ne connaîtra pas de récession économique généralisée. ness Week prévoit une croissance de 2% en 1981 (4), la Frankfurter Allgemeine Zeitung affirme que la récession se terminera vraisemblement dès l'hiver 1980-1981 (5).

Mais depuis lors, la hausse vertigineuse des taux d'intérêt aux Etats-Unis a rendu les experts beaucoup plus prudents. Ainsi, l'OCDE enregistre une baisse de la production industrielle de 6,25 % pour les sept principaux pays impérialistes au deuxième semestre de 1980 par rapport au premier semestre - qui avait lui-même connu une baisse de la production de 0,3 % par rapport au deuxième semestre 1979 (mais cette baisse était concentrée essentiellement aux Etats-Unis) - et ne prévoit pour le premier semestre de 1981 qu'une augmentation de 2% de la production industrielle par rapport au deuxième semestre de 1980. Cela laisserait le niveau de cette production encore en-dessous de celui du premier semestre de 1980, pour ne pas dire de celui du premier semestre de 1980.

Cela veut dire durera au moins de l'été 1980 à l'été 1981, selon les instances de l'OCDE qui, étant composées des représentants gouvernements membres, amenées à présenter la situation comme meilleure qu'elle ne l'est en réalité (6).

L'évolution d'ensemble de la production industrielle des pays impérialistes ressort des chiffres du Tableau I.

Au cours de la récession de 1970-1971, il y eut dix millions de chômeurs | officiellement enregistrés dans les pays impérialistes. Au point le plus critique de la récession de 1974-1975, il y en avait 16,5 millions. Fin 1980, ce chiffre s'élève déjà un peu plus de 20 millions. Lorsque la

USA Japon RFA Grande-Bretagne France Italie Pays-Bas Belgique Danemark Suède Australie Canada (*) Sauf pour la RFA et la Grande-Bretagne : novembre. Source : The Economist, 22 novembre 1980.

Busi-

Australie

Canada

France

R.F.A.

Pays-Bas

Italie

Japon

Suède

Etats-Unis

Grande-Bretagne dial a continué de croître légèrement en 1980, du taux modeste de 1,5 %, mais que la récession cette hausse est due essentiellement à la du premier semestre de 1980.

de reprise de la production industrielle aux sont toujours de 1980. Cela explique les prévisions sur récession de 1980-1981 atteindra son premier trimestre de chômage au cours de ces dernières années.

TAUX DE

Moyenne annuelle

1975

8,4 %

1,9 %

4,1 %

3,6 %

3,8 %

5,9 %

4,7 %

4,5 %

6,0 %

1,6 %

5.0 %

7,2 %

TABLEAU I

PRODUCTION INDUSTRIELLE EN 1980

Moyenne trimestrielle comparée au trimestre prédédent

- 4 %

- 17 %

- 4%

- 7 %

- 9 %

- 26,5 %

- 8,5 %

-22,5 %

- 9%

- 7,5 % août-septembre) et pour le Canada et la Suede (mai-juin-juillet).

Source : The Economist, 1er novembre 1980.

Seul le volume du commerce monforte poussée des exportations au cours rapporte,

Il est vrai qu'il y a eu un début de

Etats-Unis durant le quatrième trimestre une reprise durable à partir du premier trimestre de 1981. Mais l'explosion des taux d'intérêt, avec un prime rate (intérêt

De 10 à 16, puis à plus de 20 millions de chômeurs point extrême (sans doute à la fin du

1981), ce chiffre pourrait atteindre 22 à 23 millions. Le tobre 1980.

Tableau II indique la montée des taux

TABLEAU II

CHOMAGE octobre ou novembre

1979

5,8 % (novembre)

2,2 % (octobre)

3,5 % (novembre)

5,6 % (décembre)

5,8 % (novembre)

8,7 % (octobre)

5,0 % (novembre)

7.3 % (octobre)

1,8 % (novembre)

5,4 % (novembre)

7,3 % (novembre)

Dernier mois comparé au même mois de l'année précédente (1979)

- 1%

(aodt)

- 5,5 %

(juillet)

- 3,5 %

0

(août)

- 2 %

(août)

- 5 %

(août)

- 1 %o

(août)

- 5,5 %

Guillet)

- 7.5 %

(septembre)

- 8 %

(aoüt)

demandé par les banques aux firmes les plus solides) dépassant les 20 %, « étrangle la reprise », constate Business Week

(7), corrigeant l'estimation précédente.

Le même numéro de cet hebdomadaire prévision unanime comme d'une quarantaine d'économistes, la perspective d'une chute de la production industrielle américaine au cours du premier trimestre 1981.

4. Business Week, 27 octobre 1980.

5. Frankfurter Allgemeine Zeitung, 21 oc-

6. Perspectives économiques de l'OCDE , numéro 28, décembre 1980.

7. Business Week, 29 décembre 1980.

septembre ou octobre (*)

1980

7,6 % (octobre)

2,0 % (septembre)

4,2 % (novembre)

8,3 % (novembre)

6,8 % (septembre)

8,2 % (septembre)

6,5 % (octobre)

10.5 % (septembre)

9,0 % (septembre)

2,1 % (septembre)

6.1 % (septembre)

7,6 % (octobre)

Page 6

Le taux d'inflation des pays impérialistes dépasse, en moyenne, les 10 %

En 1856, l'introduction du procédé Bessemer en Grande-Bretagne abaissait de manière sensible les coûts de production. Mais dans un système capitaliste dominé par la loi du profit et la concurrence sur le marché, les innovations technologiques débouchent sur de nouvelles crises de surproduction, tandis que le remplacement du travail vivant par le travail mort accentue le chômage (DR).

En examinant de plus près ces chiffres, on s'aperçoit que, par rapport à la récession de 1974-1975, la hausse du taux de chômage provient surtout de l'Europe occidentale. Le taux de chômage a légèrement reculé aux Etats-Unis, où des millions de nouveaux salariés ont pu être intégrés dans l'économie. Ce fait révèle surtout un taux d'accroissement de la productivité plus bas qu'en Europe. Il faut en outre tenir compte des techniques de comptabilisation du chômage, passablement différentes en Amérique du Nord et en Europe.

Cette montée massive du chômage dans les pays impérialistes constitue sans doute l'aspect principal de la crise capita-

Le développement de la crise sous forme de spirale est illustré également par l'accroissement des taux d'inflation. Si l'on compare le taux d'accroissement du coût de la vie au moment de la dernière récession (1974-1975) et dans la récession en cours, ce sont surtout quelques pays impérialistes mineurs comme la Suède ou le Danemark qui connaissent la poussée la plus forte. Au Japon et en RFA, elle s'est légèrement réduite, en France et en Grande-Bretagne elle est stationnaire ; en Italie, au Canada et aux Etats-Unis, il y a une légère accélération.

liste du point de vue des rapports entre les classes. En une décennie, le nombre de chômeurs a plus que doublé. Il n'y a pas de prévision sérieuse incluant une réduction significative du chômage au cours de la future reprise, surtout si l'on tient compte de ce qui s'est passé au cours des années 1976-1979 (sauf aux Etats-Unis). Par contre, de nombreux économistes prévoient une augmentation du chômage, même au cours d'une légère reprise intervenant en 1981, surtout par suite de l'introduction, ou de la généralisation, de nouvelles technologies.

Les rapports de production capitalistes, à l'époque de l'impérialisme et du troisième âge du capitalisme, non seuleMais, à long terme, la tendance à l'accélération est incontestable. Elle est d'autant plus impressionnante qu'elle s'est réalisée bien que tous les gouvernements impérialistes aient appliqué une politique économique anti-inflationniste pendant la période 1979-1980, avec des taux d'intérêt très élevés, et des restrictions budgé. taires, ou du moins avec des taux d'accroissement des dépenses publiques inférieurs à ceux de la période précédente. Tout cela n'a pas pu empêcher le taux d'inflation de continuer à augmenter à long terme.

ment se révèlent incapables de satisfaire les besoins humains élémentaires, chelle mondiale, mais ils sont encore incapables d'assurer le droit élémentaire au travail - bien entendu le droit au travail salarié, donc au travail exploité, c'est-à-dire à une part de la richesse nouvellement créée. Un mode de production dont la force motrice reste la recherche du profit maximum est obligé, dans des conditions de taux de profit déclinants, et de la présence de technologies de plus en plus avancées, de chercher à économiser le travail vivant de manière radicale, et donc de conduire au chômage massif, et de plus en plus massif.

La cause principale de ces taux éle. vés d'inflation et de leur croissance réside dans l'augmentation de l'endettement privé et public. Si l'on ne considère que l'endettement intérieur, il s'est fortement accru d'un cycle à l'autre. Cela s'applique même aux économies réputées les plus solides comme celle de la RFA.

Cela signifie qu'en l'espace de 8 ans, la dette privée a plus que doublé et la dette publique presque triplé en chiffres absolus. Par rapport au PNB, l'ensemble de la dette publique et privée est passé de 80 % en 1971 à 102 % en 1979.

Page 7

(*) L'inflation avait atteint son point culminant en Grande-Bretagne en 1975, avec 21,5 %

Source : Perspectives économiques de l'OCDE, numéro 28, décembre 1980 - OECD Economie Outlook, december 1975.

Les déficits des balances de paiement, les pétrodollars et le marché des eurodevises

Etats-Unis Canada Japon R.F.A. France Grande-Bretagne Italie Pays-Bas Danemark Suède Australie Tous les pays de l'OCDE Pays européens de P'OCDE (**) Septembre 1980 par rapport à septembre 1979. Cette création croissante d'une demande artificielle agit sans doute, à certains moments de la production capitaliste, comme un stimulant pour maintenir ou même accélérer les investissements et la consommation. Mais cela à une condition : que l'endettement ne croisse pas plus vite que le PNB, ou au moins que l'écart reste réduit. En d'autres termes : un pareil endettement ne crée pas trop de problèmes dans une phase de croissance relativement rapide de la production. Mais lorsque s'ouvre, avec la fin des années 1960, une phase de croissance plus lente, l'augmentation constante des dettes acquiert un « earactère double » fatal.

D'une part, elle hypothèque le développement capitaliste ultérieur ; une partie croissante de la valeur nouvellement créée est gaspillée sous forme de

Nous avons déjà antérieurement réfuté l'explication démagogique de la crise par la hausse des cours des matières premières et « la note élevée et croissante du pétrole » (9). Mais il est incontestable que la hausse du prix du pétrole contribue indirectement à nourrir l'inflation, par le biais des déficits de la balance des paiements des pays non exportateurs de pétrole, et de la dette extérieure croissante utilisée pour financer ces déficits.

Le nouvel accroissement du prix du pétrole a provoqué de nouveau un changement important dans la structure commerce mondial. La première augmentation du prix, celle de 1973, avait entraî-

TABLEAU III

AUGMENTATION DU COUT DE LA VIE 1960-1980

1961-1970

1971-1976 moyenne annuelle en % moyenne annuelle en %

2,8

6,6

2,7

7,4

11,1

5,8

2,7

5,9

4,0

9,0

13,6

4,1

3,9

12,2

4,1

8,7

9,2

5,9

4,0

8,3

2,5

10,8

3,3

8,5

9.8

3,8 tissement des dettes.

1971

1975

1979 être largement par l'investissement partiel exportés par les pays impérialistes.

1974

1979 en % en %

11.4

11,3

10,5

9,1

24,4

3,6

7,0

4,1

13,7

10,8

15,1 (*)*

13,4

19,1

14,8

10,0

4,2

9,6

7,2

9,9

9,1

9,9

-

10,6 dépenses improductives : service et amor-

D'autres part, c'est justement dans une telle phase que la tentation est particulièrement grande de réduire l'ampleur limites.

TABLEAU IV

DETTE PRIVEE ET PUBLIQUE EN RFA 1970-1979

DETTE PRIVEE en milliards de DM en % du PNB

476,3

62

689,2

66,8

1 022,1

72,8

Source : Monatsberichte der Deutschen Bundesbank, mai 1975 et novembre 1980.

né un fort surplus de la balance des paiedes pays de l'OPEP, accompagné d'un fort déficit chez les pays importateurs de pétrole. Mais ce déséquilibre a pu

1978 par l'accroissement des importations de marchandises - avant tout biens d'équipement - par les pays de l'OPEP ;

dollars dans l'industrie des pays impérialistes ; et par la stabilisation, voire le rendes termes de l'échange dans la phase d'expansion 1976-1978, lorsque la hausse du prix du pétrole fut inférieure à celle du prix des produits industriels

1980 mois de référence entre parenthèses en %

13,9 (septembre)

11,9 (septembre)

9,0 (septembre)

5,0 (octobre)

13,6 (septembre)

16,0 (septembre)

22,0 (octobre)

7,0 (octobre)

13,0 (septembre)

15,5 (octobre)

10,0 (août)

12,5 (**)

13,8 (**)

de la crise par la création accentuée d'une demande artificielle, c'est-à-dire par l'endettement accéléré (8). Mais, là aussi, la spirale du crédit ne peut pas s'élargir sans

DETTE PUBLIQUE en milliards de DM en % du PNB

140,4

18,4

24,9

256,4

413,9

29,5

Le déséquilibre provoqué du prix du pétrole en 1980 est supérieur à celui de 1973. Le surplus de des paiements des pays de l'OPEP atteindra 115 milliards de dollars

8. Business Week (numéro du 12 jandette des ménages américains augmentera de 44 milliards de dollars en 1981, serait pas les 1 à 1,5% pour l'ensemble de

9. Inprecor numéro 67/68 du 17 janvier 1980, Winfried Wolf, « La nouvelle récession internationale en 1980 », p. 3.

Page 8

(*) Selon le Monde du 13 janvier 1981, ce chiffre se serait encore aceru de 130 milliards

Sources : Banque des réglements internationaux (BRI), Bâle, Rapports annuels, numéros en 1980, contre 68 milliards en 1979. La contrepartie, c'est un déficit de la balance des paiements des pays impérialistes de 50 milliards de dollars (contre 11 milliards en 1979), de 65 milliards de dollars pour les pays semi-coloniaux non exportateurs de pétrole (contre 55 milliards en 1979), et de 5 à 10 milliards de dollars pour ce qui est des Etats ouvriers (10).

Six des pays de l'OPEP (l'Arabie saoudite, l'Irak, le Nigéria, la Libye, les Emirats arabes unis et le Koweit) se sont entre-temps rangés dans la liste des vingt plus grands pays exportateurs du monde. Mais aucun pays membre de l'OPEP ne se trouve dans la liste des vingt plus grands importateurs du monde. De là le problème de « recycler » les pétrodollars, problème devenu plus difficile qu'en 1973-1974. Selon une étude de la Banque d'Angleterre, la majeure partie des placements de pétrodollars s'est effectuée sur le marché des eurodevises en 1979 ; une partie mineure s'effectue sous forme d'investissements directs dans d'autres pays (cette partie apparaît dans le Ta-

SURPLUS DES PAYS DE e

Dépôts bancaires :

dont sur marché national dont en eurodevises

Obligations publiques à court terme

Obligations publiques à long terme

Autres placements

Institutions internationales

Pays du « Tiers-Monde »

Ensemble des placements identifiés

Placements nonidentifiés

Crédits aux pays industrialisés

Crédits aux pays de l'Est

Crédits aux pays du « Tiers-Monde »

Off shore et indéfinissables

Total des prêts accordés par les eurobanques et banques off shore

Réserves de l'OPEP

Rapport des réserves de l'OPEP à l'ensemble des prêts bancaires internationaux de dollars en 1980.

48 et 49 : Provisional Report, February 1980.

bleau V comme partie de la rubrique

«autres placements »).

1974, 40% des pétrodollars étaient placés en Grande-Bretagne ; en 1979 ce

RFA, en France, aux Pays-bas et en Italie court terme s'est accentuée.

les suivantes :

TABLEAU V

L'OPEP ET LEUR PLACEMENT 1974-1979 n milliards de dollars

1974

1978

1978

28,6

3,9

37,3

7,0

2,8

6.3

31,0

21,6

1,1

8,0

- 0,8

3,3

1,1

- 1,8

- 0.7

7,1

5,8

9.0

3,5

0,1

- 2,0

4,9

6.2

6,9

53,2

13,4

53,8

1,9

5,4

25,2

Source : Bank of England, tableau reproduit par Wirtschaftswoche, 4 juillet 1980.

TABLEAU VI

MARCHE DES EURODEVISES ET PLACEMENTS DES PAYS DE L'OPEP

AUPRES DES BANQUES ENGAGES DANS CE MARCHE en milliards de dollars

1975 1976

1977

405

257.9

324

21,6

28,8

38,3

98,7

63,0

80,9

85,6

89.6

108,2

428.1

523,3

650.6

37,5

40.1

38.8

1/11

1/13

1/17

Il faut déduire de ce tableau que 80% des 240 milliards de pétrodollars sont investis dans les pays impérialistes, bien que la destination régionale de ces placements se soit fortement modifiée : en cerne les armes.

pourcentage était tombé à 32%. La part des pétrodollars placée aux USA a également reculé, la part placée au Japon, en périalistes.

a augmenté. Les pétrodollars placés au

Japon sont passés de 3,2 milliards en fin

1978 à 15,6 milliards en septembre 1980

(11). Par contre, la part placée en dollars

(y compris eurodollars) est restée en gros la même. La tendance aux placements à

Les raisons des difficultés croissantes pour « recycler » les pétrodollars sont

1) Vu la structure socio-économique semi-coloniale des pays de l'OPEP,

Surplus accumulés fin 1979

115

26

89

10

58

46

236

1978

1979

530,8 616,1

47.5

52.8

121,7 147,2

136,3 162,9

836.3

979,0 (*)

26.6

44.4

1/31

1/22 blié des

Allgemeine

« note pétrolière » cembre 1980.

il y a des limites à l'industrialisation et à l'expansion des importations qui n'ont pu être surmontées. Les importations de biens d'équipement se limitent à l'infrastructure et à quelques secteurs industriels privilégiés: industrie pétrolière, pétrochimie, bâtiment et génie civil. Une partie importante des importations con-

2) La chute du taux de profit et la nouvelle récession n'encourage pas les investissements directs dans les pays im-

3) La politique inflationniste des gouvernements a conduit à des taux d'intérêt très élevés pour les placements à court terme, ce qui incite les pétrodollars à devenir des « capitaux vagabonds », passant d'un pays à l'autre au gré des diffé. rences momentanées entre taux d'intérêt.

La synthèse de ces trois facteurs met en lumière le caractère de plus en plus vulnérable de l'économie capitaliste internationale. D'une part, les pays impérialistes et les pays semi-coloniaux ont besoin d'un surplus de crédits -« demande artificielle » —, pour amortir, c'est-à-dire retarder dans le temps, les effets les plus graves de la crise. D'autre part, la croissance générale de l'endettement privé et public, et la croissance du taux d'inflation, conduisent à un encadrement plus strict du crédit fourni les systèmes bancaires nationaux. Le seul système de crédit qui échappe encore aux mesures de contrôle tant soit peu efficaces est donc celui des eurodevises. Et les pétrodollars vagabonds se dirigent ainsi de plus en plus massivement vers ce système, y sont placés à court terme, tandis que les banques qui les reçoivent les placent en majeure partie à moyen ou à court terme. C'est dire que le système de crédit international s'oriente de plus en plus dans la direction d'une répétition, à l'échelle internationale, de ce qui avait commencé en 1929-1930 sur le terrain des systèmes bancaires nationaux insuffisamment contrôlés. Les pays de l'OPEP peuvent retirer leurs fonds pratiquement du jour au lendemain, alors que les banques les ont gelés en crédits à long terme non réalisables immédiatement (ou réalisables à

On ne peut évidemment pas dire que n'importe quel événement pourrait désarticuler ce marché international du crédit. Il devrait s'agir de la banqueroute d'un ou de plusieurs pays semi-coloniaux importants, de la faillite de plusieurs grandes multinationales (signalons, pour mémoire, que quatre monopoles en difficulté, la Chrysler et ITEL aux Etats-Unis, Massey-Ferguson au Canada et ICL en Grande-Bretagne, ont ensemble des dettes

10. Voir The Economist du ler novembre 1980. La Morgan Guaranty Trust Co a puévaluations similaires (Frankfurter Zeitung, 21 octobre 1980). La élevée n'est pas la seule cause de ce déficit et de cet endettement croissants. Il faut y ajouter le poids croissant de l'importation de vivres.

11. International Herald Tribune, 6-7 dé-

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La désynchronisation régionale affaiblira-t-elle ou prolongera-t-elle la récession ?

auprès de banques privées pour plus de 8 milliards de dollars, ce qui équivaut déjà à celles de quelques-uns des pays semi-coloniaux les plus vulnérables), ou d'une combinaison entre ces facteurs et quelques autres (12).

Par ailleurs, de nombreux signes laissent prévoir que le prix du pétrole sera soumis à une pression croissante sur le marché mondial. Oeuvrent dans ce sens la découverte et la mise en exploitation d'énormes réserves nouvelles (Mexique, Venezuela, éventuellement Chine et Vietnam, mer du Nord) ; la substitution croissante du pétrole par le charbon ; le développement massif d'investissements dans les sources d'énergie dites nouvelles. Il est significatif que la guerre entre l'Iran et l'Irak, et la réduction des exportations de pétrole de ces deux producteurs majeurs qu'elle entraîne, n'a pas conduit à une hausse importante du prix

Mais le ralentissement de la hausse du prix du pétrole réduirait l'afflux des pétrodollars sur le marché des eurodevises, détériorerait encore davantage rapport entre les prêts des eurobanques et des banques off shore d'une part, et les réserves de l'OPEP d'autre part. En cas d'« incident » ou simplement de longue période de stagnation de la conjoncture en Occident, cela pourrait conduire à un retrait massif des pétrodollars du marché des eurodevises et ébranler le système de crédit international (13). Si au cours de la récession 1980-1981, aucun krach caire de l'ampleur de celui de la Herstadt

Cette désynchronisation est généralement avancée comme le principal argument pour affirmer que l'actuelle réces-

Best « tout à fait différente» et moins grave » que celle de 1974-1975. Examinons tout d'abord ce qu'il en est de cette désynchronisation

AMERIQUE DU NORD La production industrielle aux Etats-Unis a commencé à baisser à partir du milieu de l'année 1979. Cette baisse a brièvement interrompue à deux reprises : au début de 1980, sous l'effet des événements d'Afghanistan, et pendant partie du deuxième semestre de 1980. Néanmoins, la tendance générale va dans le sens de la baisse. La crise a frappé de manière particulièrement forte l'industrie automobile, l'industrie du bâtiment et l'industrie sidérurgique. C'est surtout la crise de l'industrie automobile qui mérite une attention particulière. La vente d'automobiles particulières construites aux USA se situera en 1980 à 37 % en-dessous du niveau de 1979, à 44 % en-dessous du niveau de 1978 et à 46 % en-dessous du niveau record (9,7 millions d'unités) de l'année 1973. Ce recul spectaculaire, entraînant d'énormes capacités excéden-

Usines Oldsmobile à Lansing, Michigan. Pour Bank et de la Franklin Bank (système Sindona) lors de la précédente récession ne s'est (encore) produit, mentionnons quand même leffondrement du groupe de toute la « nouvelle banque privée » en taires et des licenciements massifs, a déjà produit des pertes record de toute l'histoire du capitalisme américain. Les trois grands monopoles auront ensemble 1980 des pertes dépassant largement de dollars. Pour General Motors, c'est la première année de pertes de toute son histoire. Et, malgré des prêts gouvernementaux de 2 milliards de dol-

12. Selon l'International Herald Tribune, supplément de novembre 1980, « Euro-markets 1980 », les banquiers ouest-allemands s'attendent à ce que le gouvernement leur impose à partir de 1982 des «bilans consolidés ». cluant les dépôts d'eurodevises de leurs filiales à même journal, une conférence réunissant 200 banquiers dirigeants de tous les principaux pays capitalistes s'est tenue le 6 novembre 1980, à Vienne, où le représentant de l'Union des banques a exprimé son inquiétude quant aux difficultés croissantes posées problème «recyclage » des pétrodollars. Un avis similaire fut exprimé par des banquiers ouest-allemands lors de la Conférence monétaire internationale de la Nouvelle-Orléans, en juin 1980. Ils réclamèrent qu'un « filet de sécurité privé » soit tissé pour contrôler le marché des eurodevises.

13. Selon la Banque des règlement internationaux, les créances sur l'étranger des banques privées américaines représentaient déjà 20 % de leurs actifs totaux en 1976. Une partie croissante de ces créances sont celles du marché des eurodevises et des filiales off shore des grandes banques. Il y a un processus d'interpéla première fois de son histoire, General Motors

La été déficitaire en 1980 (DR). Argentine (14), ainsi que l'effondrement du groupe Rozenblum en France, deux chaines de banqueroutes dans lesquelles de très grosses banques internationales ont perdu quelques plumes. lars, Chrysler est plus que jamais au bord de la faillite.

Des symptômes de crise similaires, bien que non identiques, se manifestent dans l'ensemble de l'industrie américaine. Le taux d'utilisation de sa capacité productive est tombé de 85 % en 1979, à 74 % en septembre 1980. Le montant réel des investissements a reculé de 10% nétration croissante entre les banques américaines et leurs filiales à l'étranger.

14. Le krach argentin de 1980 a commencé, de manière significative par celui du groupe Sasetru, principale firme d'exportation de blé du pays. Cette banqueroute laisse une dette de près d'un milliard de dollars répartie sur plusieurs banques. De là la faillite de quatre banques en mars-avril 1980, dont la première banque privée du pays, la Banco de Intercambio Regional. Cette première vague de faillites fut suivie par une deuxième en octobre 1980 : une quinzaine d'établissements financiers se trouvent en état de banqueroute virtuelle. Le total des dettes des firmes privées argentines à l'égard du système bancaire est estimé à 6-8 milliards de dollars (le Monde: bilan économique et social 1980, janvier 1981, p. 86). Selon Business Week (1er décembre 1980), une quinzaine de banques étrangères sont engagées envers les trusts et banques argentins menacés de faillite et s'efforcent d'amortir le choc. Dans le cas du groupe Capozzola, qui contrôle la banque Turnquist, deux banques américaines risquent de perdre 16,5 millions de dollars.

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en 1980. Le nombre total des chômeurs officiellement reconnus a atteint 8 millions, malgré une baisse du nombre d'heures effectivement travaillées par salarié et par semaine à 35,1 heures (15). La part du chômage de longue durée, dans l'ensemble du chômage, passe de 18,9 % en 1973 à 20,2% en 1979. Parmi ces chômeurs de longue durée, les travailleurs adultes, qui n'en constituaient que 32,8 % en 1974, constituent 40,6% en 1979

Dans ces conditions, une énorme pression s'exerce sur les qu'ils acceptent des réductions de salaires réels. La Chrysler a donné le ton, lorsque les syndicats y ont accepté des réductions de salaires réels de 465 millions de dollars pendant trois ans. Mais les capitalistes d'autres compagnies ont enregistré des succês similaires (17). Les salaires réels de l'ensemble de la classe ouvrière des Etats-

Use situent actuellement à 4% en-dessous du niveau de 1972, ce qui est un cas unique pour l'ensemble des pays impérialistes (le seul autre pays où il y aurait eu une baisse, il est vrai plus modeste, serait la RFA) (18).

Il est possible que l'administration Reagan prenne des mesures « radicales », en plus des réductions d'impôts et des réductions budgétaires (sauf les dépenses dans le domaine protectionniste qui viseraient surtout les importations japonaises. Mais les mêmes banquiers qui proposent cela (19) critiquent en même temps la hausse vertigineuse du taux d'intérêt. Ils craignent qu'elle puisse provoquer l'effondrement d'une série de grandes firmes, surtout (mais pas seulement) dans l'industrie automobile et la sous-traitance travaillant pour cette branche. Cela implique la possibilité - il ne faut pas aller plus loin pour le moment dans la prévil'administration s'engage dans une politique économique Usine Volkswagen en RFA (DR).

du type de celle de Mme Thatcher en Grande-Bretagne, avec comme but prioritaire la lutte contre l'inflation, même en sacrifiant des secteurs entiers de l'industrie et en étranglant la reprise. La conséquence serait la prolongation, voire l'approfondissement de la récession américaine en 1981, avec aggravation de la récession internationale.

Au Canada, la récession a commencé au cours du troisième trimestre 1979. Fin 1980, on a atteint le taux d'utilisation de la capacité productive le plus bas depuis 1962. En même temps, le taux d'inflation n'a pas été réduit. Et les premiers signes de la reprise qui sont apparus fin 1980 risquent d'être étranglés par suite de ce qui se passe aux Etats-Unis.

EUROPE OCCIDENTALE

En Europe capitaliste, on peut parler d'une récession généralisée à partir du milieu de 1980, moment où les quatre principaux pays impérialistes (la RFA, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie) ont été entraînés dans la crise.

C'est l'économie britannique qui a été frappée la première et le plus durement. La production industrielle y est en recul depuis le début de 1979. Fin 1980, elle est tombée au niveau le plus bas depuis 13 ans : — 15% par rapport au début 1979 (20). Le chiffre des chômeurs a atteint officiellement 2,3 millions au quatrième trimestre 1980, mais on n'hésite pas à parler de 3 millions de chômeurs pendant l'hiver 1980-1981. Malgré cette politique déflationniste brutale, le taux d'inflation se maintient fin 1980 au-desde 15%. L'association patronale Confederation of British Industries est de plus en plus critique à l'égard de cette politique ; mais aucun expert ne s'attend à une amélioration avant le deuxième mestre de 1981 (21).

L'Italie a connu un « boom » inflationniste jusqu'au milieu de 1980, avec croissance réelle du PNB de 4% et un taux d'inflation de 22%. En même temps, les exportations ont connu un des taux de croissance les plus faibles depuis la Deuxième Guerre mondiale, à peine 1% en termes réels. Le taux d'inté. rêt est grimpé à 22-25 %. Malgré cela, le des prêts au secteur privé n'a cessé d'augmenter, surtout pour financer des importations, vu qu'on s'attendait à une forte dévaluation de la lire. Alors que les tendances à la désintégration de l'économie sont comparables Grande-Bretagne, les gouvernements successifs de Cossiga et de Forlani n'ont pas pu imposer des mesures de « stabilisation » comparables à celles du cabinet Thatcher, surtout vu la force et la combativité importantes du prolétariat, et la faiblesse plus grande de la bourgeoisie.

L'échelle mobile des salaires est de plus en plus remise en question, mais continue quand même, en gros, à se maintenir. L'énorme déficit des entreprises d'Etat continue d'être couvert par des subventions budgétaires qui ront l'engagement de 10 milliards de dollars pour la seule année 1980. Le gouvernement a recours à la hausse impôts indirects, ce qui risque d'amener le taux d'inflation à 25 % et d'avoir des effets négatifs sur le tourisme, principal facteur pour compenser l'énorme déficit commerciale, qui atteint 15 milliards de dollars en 1980. Reste à voir si le succes que le patronat de la FIAT, avec la complicité de la bureaucratie syndicale, a pu obtenir contre les travailleurs, sera le signal d'une offensive antisyndicale plus généralisée en 1981

L'industrie française est également marquée par une tendance à la baisse production industrielle mai 1980. Pour l'ensemble de l'année 1980, cette baisse pourrait se situer aux environs de 4,5-5 %. Le niveau

15. Business Week, 24 novembre 1980. 16. Perspectives économiques de l'OCDE, numéro 28, décembre 1980.

17. Notamment chez Uniroyal, Braniff. Firestone, General Motors, Wheeling/ Pittsburg. et chez le Public Service Electric & Gas Co, ou les syndicats ont été amenés à faire des concessions similaires.

18. Perspectives économiques de l'OCDE, numéro 28, décembre 1980.

19. Un indice de la faiblesse du capital européen en tant que capital seulement confédéré et non unifié, dans le cadre de la CEE. c'est le retournement de la balance commerciale avec les USA qui se solde par un déficit de plus de 10 milliards de dollars en 1979 et de plus de 20 milliards en 1980 (l'Aurore du 18 novembre 1980). Le déficit de la balance commerciale de la CEE par rapport au Japon est aux environs de 8 milliards de dollars.

20. Financial Times, 16 décembre 1980. 21. International Herald Tribune, 13 novembre 1980 : The Economist, 22 bre 1980 : Handelsblatt, 27 novembre 1980 : Wirtschaftswoche, 7 novembre 1980.

22. Handelsblatt, 30 octobre 1980 ; Frankfurter Allgemeine Zeitung, 3 novembre 1980: Wirtschaftswoche, 19 décembre 1980 : Inprecor. numéro 87-88 du 30 octobre 1980, A. Duret, « FIAT, un premier point pour le patronat » ; et numéro 90 du 3 décembre 1980, Document LCR, « Le bilan de la lutte à la FIAT ».

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« production industrielle sans Bâtiment et Travaux publies (BTP) » s'est situé en fin 1980 à un niveau de 15 % inférieur à celui de l'année précédente. Giscard d'Estaing n'hésite pas à parler de la

« crise économique mondiale la plus grave depuis 1929 » (dégageant ainsi ses propres responsabilités, et insinuant que la crise française est tout entière « importée »). La politique d'austérité restrictive, ou mun

Fran ment le tau un fran ductivité, en tra paie de dollars milliards pour l'ensemb officielle salarié(e)s fin lion de d'attein

980-19 italienne ne semble ment classe rigoureu issues sont tres ment

Raymon conci depuis le deuxième leur en prit, installée est tombé en-dessous de 80 % fin 1980. Il pourrait atteindre de nouveau le point le plus bas depuis 1949, celui de

76 % enregistré en 1975. La dévalorisation du deutschmark par rapport dollar, qui était par moment de l'ordre de

10 % au cours de l'année 1980, doit être considérée comme un phénomène purement passager. Elle disparaîtra sans doute dès le courant du printemps 1981. L'origine en est essentiellement la différence prononcée des taux d'intérêt, qui fait refluer des capitaux vagabonds vers les Etats-Unis (et dans une moindre mesure vers la Grande-Bretagne et vers le Japon). La coalition social-démocrate-libérale ne poursuit pas une politique anti-inflationniste moins vigoureuse que le gouvernement des Etats-Unis. Mais comme elle est confrontée à un taux d'inflation de 5% et non de 15%, elle n'a pas besoin de pousser à une hausse aussi prononcée des taux d'intérêt.

Tout laisse prévoir que le pays impérialiste le plus important de la CEE, la deuxième puissance impérialiste sur le marché mondial, n'atteindra le creux de la crise qu'au cours de l'année 1981. Les exportations, facteur décisif de la conjoncture ouest-allemande, pourraient continuer à reculer, y compris en chiffres absolus, au cours de l'année 1981, surtout en fonction de la récession aggravée dans l'ensemble de l'Europe capitaliste qui absorbe 60% des exportations ouest-allemandes. En outre, contrairement à ce qu'escomptaient les syndicats d'une victoire électorale social-démocrate, le cabinet Helmut Schmidt a présenté un budget pour 1981 qui prévoit des économies dans tous les domaines (dépenses sociales, enseignement, etc.) sauf en matière de dépenses militaires — où la RFA occupe actuellement la deuxième place en ce qui concerne l'accélération du réarmement, après les Etats-Unis, mais loin avant la France, la Grande-Bretagne ou le Japon. Ces restrictions budgétaires exerceront un effet de frein sur la conjoncture, c'est-à-dire d'accentuation de la réces-

Cette image est confirmée par l'évolution de la plupart des pays capitalistes secondaires d'Europe. connaît une baisse de la production industrielle à partir de la deuxième moitié de 1980, qui aboutira en 1981 à une chute absolue de cette production pour l'ensemble de l'année, évaluée par l'OCDE à 1,5 %. Aux Pays-Bas, la chute de la production industrielle avait commencé fin 1979, elle avait été annulée par une légère reprise au début de 1980, pour reprendre de plus belle pendant le deusemestre de 1980. L'OCDE s'attend à une chute de la production industrielle pour l'ensemble de 1981 de l'ordre d'un peu moins de 1%. Le PNB du Danemark a déjà été en recul dès 1980, tandis que la production industrielle a stagné. Le taux d'inflation (13 %) et le du chômage (9 %) atteignent des L'économie capitaliste suédoise, renommée pour son « Welfare State », continue à subir une crise structurelle prononcée. Les exportations ont reculé en volume (à prix stables) de 2 % en 1980, la production industrielle a stagné et l'OCDE prévoit une chute de près de 1 % en 1981. Le taux d'inflation a atteint le chiffre record de 14 %, le déficit de la balance des paiements celui de 4 milliards de dollars. La Suisse, qui avait connu un accroissement considérable de la production industrielle en 1980, voit maintenant sa conjoncture menacée par la réduction des investissements et le recul des exportations. Comme les revenus des ménages sont en stagnation, la prévision de l'OCDE de 1% d'augmentation de la production industrielle en 1981 semble trop optimiste.

Les pays capitalistes plus faibles de l'Europe méridionale (Espagne, Portugal, Grèce, Turquie) sont entraînés dans la récession, sauf peut-être le Portugal, avec en plus pour la Turquie la menace d'une véritable banqueroute d'Etat. Même pour la Norvège, qui avait pourtant échappé à la récession de 1974-1975 grâce à ses revenus pétroliers importants hausse des dépenses (et des dettes !) publiques, l'OCDE prévoit une chute de la production industrielle de 0,5% pour 1981. La même remarque s'applique à l'Autriche, pour laquelle l'OCDE prévoit une chute de la production de 0,25 % en 1981, malgré l'importance du secteur nationalisé et du commerce avec les pays de l'Est. Stagnation de la demande des ménages, stagnation des exportations, recul des investissements et surtout déstockage massif, semblent être à la base de cette légère récession, qui avait déjà commencé à se manifester au cours du deuxième semestre de 1980.

Il n'y a que la Finlande qui semble échapper au mouvement général, grâce surtout à l'accroissement du commerce avec l'URSS qui fait que les exportations continuent à même proportion que les importations, et à une grosse poussée des investissements. Il y aura cependant décélération de la croissance, sous l'effet de la réces. sion générale. Le taux de croissance de la production industrielle passerait 7 % en 1980 à 3 % en 1981 (25).

En résumé, constitue un cycle industriel largement synchronisé pour l'ensemble de l'économie capitaliste européenne. Cela résulte d'une interdépendance d'une interpénétration plus en plus poussées entre tous ces pays. Ils connaîtront presque tous le point le plus bas de la crise au cours de l'année 1981. Si Etats-Unis s'arrête et si la récession y reprend de nouveau, la récession euro. péenne en sera inévitablement aggravée. La nouvelle récession soumet épreuve plus dure que celle de 1974-1975 la cohésion interne de la CEE.

Le Système monétaire européen (SME), dont la deuxième phase de « mise en place » a été de toute façon retardée,

23. Le Monde, 29 janvier 1981; Notes bleues du ministère francais de l'Economie et des Finances. numéro 1, 1981 ; l'Aurore, 18 novembre 1980.

24. Sources pour la RFA : Wirtschaftswoche, 19 décembre 1980 : Frankfurter Allge. meine Zeitung, 18 décembre 1980 : sur « dévalorisation » temporaire du DM par rapport au dollar US, voir l'article d'Elmar Altwater in Tageszeitung du 14 novembre 1980.

25. Toutes les données pour les petits pays sont tirées de Perspectives économiques de l'OCDE, numéro 28, décembre 1980.

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Source : Die Weltwirtschaft, juillet 1980, revue publiée par l'Institut pour l'économie mon-

L'usine Honda de Saitama (DR)., pourrait être remis en question par divers mouvements de réévaluation ou de dévaluation de devises de pays membres. Même dans des branches qui étaient littéralement les « marraines » du Marché commun, comme la sidérurgie, l'aggravation de la concurrence inter-impérialiste agit comme ferment de désagrégation de la CEE (26).

JAPON

Au cours de la reprise économique de 1976-1978, l'impérialisme japonais avait démontré qu'il avait pu échapper jusqu'ici à l'aggravation des contradictions internes du mode de production capitaliste qui avaient touché l'ensemble de ses concurrents. Il a pu bénéficier d'un taux de croissance largement supérieur à la moyenne à partir de 1975.

CROISSANCE INDUSTRIELLE DU JAPON

COMPAREE A CELLE DE SES PRINCIPAUX CONCURRENTS

100-1975

1977

Japon

116

Italie

111

Etats-Unis

116

RFA

111

France

110

Grande-Bretagne

108 diale de l'Université de Kiel.

La présence de fortes tendances impulsant la croissance, ainsi que le fait que l'impérialisme japonais s'est assuré des positions de force dans certains secteurs du marché mondial (automobile, appareils électroniques, construction navale, industrie horlogère, etc.), lui a permis de retarder le début de la récession jusque vers le milieu de 1980. Pour la période marsnovembre 1980, la production industrielle, y compris celle des mines, est en recul de 0,5 % ; la production de l'industrie manufacturière a reculé de 5 % entre février

1980 et novembre 1980 de façon cumulative (27). Le taux d'inflation a dépassé les 8 % pendant la période juin-septembre

1980 ; il a cependant baissé de nouveau depuis lors.

Les investissements ont diminué, la

construction immobilière a recu un véritable choc (mise en chantier d'immeubles TABLEAU VII 1978 1979 1980 premier semestre 123 133 140 114 122 130 123 128 125 113 119 122 113 117 119 111 115 114 nouveaux en diminution de 20% pendant le deuxième semestre de 1980). La balance commerciale, qui était excédentaire de 24,6 milliards de dollars en 1978, a été réduite à un surplus de 1,8 milliard de dollars seulement 1979. Pour l'année 1980, on s'attend à un déficit de près d'un milliard de dollars. Etant donné une balance largement déficitaire des services et des transferts, estimée par l'OCDE 11,5 milliards de dollars, et des exportations de capitaux qui se poursuivent, fût-ce à un rythme ralenti (elles passent d'un montant net de plus de 12 milliards de dollars en 1977 et en 1979 à quelque 100 millions de dollars en 1980), la balance des paiements globale marquera un déficit global de 11 milliards de dollars selon des sources japonaises, de 13 milliards de dollars d'après l'OCDE

Signalons que la politique déflationgouvernement japonais commencé par appliquer en 1980, et qu'il entend poursuivre en 1981, s'est traduite - d'après le Japan Economic Journal —' par une chute des salaires réels en 1980 qui se situeraient, en novembre 1980, à 1,7 % plus bas qu'un an auparavant, après des augmentations légères au cours des trois années précédentes.

Les experts s'attendent généralement à une nette reprise de l'économie japonaise dès le premier trimestre de 1981. L'OCDE prévoit une augmentation de la production industrielle pendant le premier semestre de 1981, et de 4,5% pendant le second semestre (28). Mais l'impulsion exclusive de cette croissance devrait venir des exportations. Celles-ci devraient encore croître de 8,5 % pendant le premier semestre de 1981 et de 7% pendant le second semestre de 1981. C'est une décélération évidente par rapport aux performances spectaculaires de 1980 (plus 22,8 % pendant le premier semestre de 1980, plus 9,5 % pendant le second semestre), mais la croissance reste

Il est vrai que le Japon dispose actuellement d'avantages réels en matière de productivité, tels qu'ils ressortent nettement du Graphique I, page suivante.

Néanmoins, Thypothese d'une croissance des exportations japonaises de plus de 7,5 % en 1981 semble peu crédible, vu la tendance à la stagnation du commerce mondial, l'approfondissement de la récession en Europe, sa prolongation en Amérique du Nord, le déficit croissant des moyens de paiement des pays semi-coloniaux, et le ralentissement de la croissance du commerce sino-japonais. L'offensive protectionniste anti-japonaise devrait s'accentuer tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Et le boom de l'industfie automobile semble être brisé, du moins pour le moment. Les ventes d'automobiles sur le marché intérieur japonais se sont réduites de près de 9% entre avril et décembre 1980. Les exportations sont freinées ; il est même question

26. Voir note numéro 19. 27. The Japan Economic Journal, 30 décembre 1980.

28. Perspectives économiques l'OCDE, numéro 28, décembre 1980.

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Toyota réduise l'ensemble de sa production de 20% en 1981.

Il est donc peu probable que l'exjaponaise reprenne si tôt en 1981, et surtout qu'elle acquière l'ampleur prévue. Elle pourra difficilement

Éléments fondamentaux de la nouvelle crise et ses perspectives Si l'on veut formuler des perspectives valables concernant l'économie capitaliste internationale dans son ensemble, celles-ci ne peuvent se dégager que d'une détermination des causes fondamentales des deux crises généralisées que cette économie a connues depuis la Deuxième conduit habituellement à des pronostics faux, et, dans le meilleur des cas, à des pronostics justes qui ne sont qu'acciden-

Il s'agit avant tout de déterminer les détonateurs de la nouvelle récession généralisée, ses effets sur les conditions de mise en valeur du capital, et la question des issues possibles pour en neutraliser partiellement les effets.

Le facteur détonateur de la crise 1979-1981 a été la détérioration des possibilités de réaliser la plus-value à partir du milieu de 1979, c'est-à-dire un phénomène de surproduction prononcée marchandises, produites dans des conditions relativement bonnes de mise en valeur du capital. Cette fois-ci, la crise n'a pas été déclenchée par une nouvelle chute cyclique accentuée du taux moyen de profit. Les difficultés de réalisation résultent d'une part des capacités excédentaires produites par le boom d'investissements antérieur, d'autre part de la stagnation, voire du recul du pouvoir d'achat des masses, qui est le produit de l'offensive générale patronale contre les salaires réels et les prestations de sécurité sociale au cours de la période précédente. Marx avait décrit de manière magistrale la double attitude du patronat à l'égard de la consommation de masse il y a 121 ans, dans les Grundrisse :

« Chaque capitaliste sait que ses propres ouvriers ne se rapportent pas à lui comme consommateurs... et cherche donc à réduire, dans la mesure du possible, leur consommation, c'est-à-dire leur capacité d'échange, leurs salaires. Il souhaite naturellement que les ouvriers des autres capitalistes soient autant que possible les consommateurs de ses propres marchandises. Mais le rapport de chaque capitaliste avec ses propres ouvriers est le rapport général du Capital à l'égard du Travail, le rapport fondamental. (29) »

Ce « rapport fondamental » entre Capital et Travail, la bourgeoisie a cherché à l'imposer dans tous les pays capitalistes à l'aide de la politique dite d'austérité. Et cette tendance à la restriction du pouvoir d'achat des masses n'était plus neutraliser les effets combinés de la récession généralisée en Europe et de la rechute dans la récession aux Etats-Unis pendant le premier semestre de 1981, qui pourraient même à leur tour retarder la reprise au Japon. de l'économie capitaliste internationale partiellement neutralisée par l'expansion du crédit à la consommation et des dépenses publiques dites « sociales ». Au contraire, la politique restrictive quée par presque tous les gouvernements des pays capitalistes dans ces domaines a accentué la tendance au déclin du pouvoir d'achat des masses. La crise a done généralement commencé dans le département Il (moyens de consommation), pour se répercuter par la suite dans le département I (moyens de production).

Les capacités excédentaires représentent en moyenne fin 1980 quelque

25% de l'appareil industriel international du Capital. Elles se sont accrues par suite d'un « boom des investissements », réduit mais réel, pendant les années 1978-1979.

Depuis lors, il n'y a pratiquement plus de branche industrielle qui ne connaisse le phénomène des capacités excédentaires. Celles-ci se situent sans doute aux environs de 30 % dans l'industrie automobile, malgré des réductions de capacités substantielles à Detroit. Elles sont substantielles dans l'industrie sidérurgique et

ET MATERIEL DE TRANSPORT (*) 1972-1979 50 30 -20 10 3 2 1 1972 1973 autres matériels de transport. Pont-à-Mousson, numéro 20, décembre 1980.

surtout dans l'industrie du bâtiment (réductions de production allant jusqu'à 30-40 %). Depuis le milieu de 1980, elles se manifestent également dans la construction mécanique (industrie des machines-outils) et dans l'industrie chimique.

Au début de la récession, la situation était bonne pour les profits capitalistes dans tous les pays impérialistes, moins comparée à celle de la récession 1974-1975. Cela s'applique surtout aux grands trusts nationaux et aux grandes multinationales, qui disposaient en général de liquidités de centaines de millions de dollars, voire quelquefois de plusieurs milliards de dollars en 1978 et au début de 1979. Cela a conduit beaucoup d'analystes à négliger complètement les effets de la récession sur le taux de profit. Ils n'ont pas tenu compte du fait que ces profits élevés étaient souvent le résultat de surprofits technologiques, qui auraient tendance à disparaître dans une nouvelle phase de concurrence accentuée par suite de la crise. Ils n'ont pas non plus pris en considération que les premiers effets de la récession vont dans le sens de déprimer le taux de profit, surtout en fonction des surcapacités (le taux de profit se calcule sur l'ensemble du capital investi, non sur fraction mise couramment en mouvement, sauf évidemment dans le cas où la fraction non couramment employée est totalement dévalorisée : fermetures d'usines, liquidation de machines ferraille, déstockage massif de matières premières, etc.). En outre, la politique de hausse des taux d'intérêt renchérit le cré-

29. Karl Marx, Grundrisse der Kritik der politischen Oekonomie, p. 322, MEW, Dietz-Verlag, notre traduction. GRAPHIQUE I SOLDE DES ECHANGES DE MACHINES

JAPON ALLEMAGNE ETATS-UNIS FRANCE ITALIE 1974 1975 1976 1977 1978 1979 (*) Moteurs, machines et appareils mécaniques et électriques, véhicules routiers et Source : Economie et Industrie, lettre trimestrielle de la Compagnie Saint-Gobain-

----- photo credits and running heads -----

Milliards de dollars

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9000

7400

Etain

London, E/1000 kg

5800

1400

Cuivre

London, E/1000 kg

1080

760

420

Zinc

London, E/1000 kg

340

Plomb

London, E/1000 kg

300

85

Caoutchouc

London, p/kg

75

Echelle logarithmique

Source : Handelsblatt, 2-3 janvier 1981.

dit, ce qui réduit le profit d'entrepreneur.

Les coûts globaux de la force de travail ne peuvent pas être immédiatement réduits pendant la récession, surtout dans les pays avec une classe ouvrière combative ;

les coûts unitaires salariaux continuent donc à augmenter, sauf lorsque la « rationalisation » supprime des millions de postes de travail. Mais cela se traduirait immédiatement par un recul de la demande globale et donc des phénomènes prononcés de surproduction et de capacité excédentaire. Les coûts acerus des matières premières et de l'énergie ne se traduisent qu'avec un certain délai par une baisse du taux de profit. Et finalement, tous ces facteurs qui pèsent sur les profits se manifestent à un moment où la concurrence internationale exacerbée empêche même les monopoles de transférer les coûts accrus aux consommateurs

GRAPHIQUE II

COURS DES MATIERES PREMIERES EN 1980 moyennes mensuelles des maxima et des minima

2200

Argent

Coton

New York, cts/lb

London, p/tr oz

1325

Café

London, E/t

Or

London, S/tr oz

Sucre'

New York, cts/ib

Platine

London, E/tr oz par une hausse continuelle des prix. Les l'automobile ont été obligés pour la première fois depuis la Deuxième mondiale de baisser leurs prix de manière la récession traduisent donc une baisse

Unis, même une chute dès lors aux facteurs pour la prolonger et l'approfondir, nologiques.

110

90 une nouvelle tionniste

70

1800

4300

800

3500

Cacao |

New York, Sit

2650

1800

50 tions

30 tion

15 trusts américains et ouest-allemands de

Les premières données concernant l'évolution des profits depuis le début de sensible du taux de profit et, aux Etatsabsolue de la masse des profits déclarés (30). Cette baisse du taux de profit industriel s'ajoute mentionnés plus avaient déclenché diminué de 3%, pour en devenir de nouveau l'élément déterminant. Cela est d'autant plus vrai dans la mesure où les nouvelles technologies, qui réclament des investissements majeurs avec une composition organique juillet 1980.

du capital plus élevée, se généralisent dans toutes les grosses firmes et dans tous les principaux pays impérialistes, supprimant de ce fait des sources de surprofits tech-

Les possibilités de réduire l'ampleur de la récession par des voies de détour sont plus réduites que lors de la récession de 1974-1975. Vu la politique économique restrictive généralement appliquée, expansion du crédit inflasemble impossible dans les principaux pays impérialistes, pour autant que d'importantes explosions sociales n'obligent pas la bourgeoisie à s'engager sur cette voie. L'offensive patronale et celle de l'Etat bourgeois contre le niveau de vie des travailleurs s'est encore accentuée au cours de la récession. Le point culminant du chômage n'a pas encore été atteint. Pour toutes ces raisons, la demande solvable globale risque plutôt de se restreindre davantage, plutôt que de servir substitution », leur expansion se ralentit et est moins apte qu'au cours des années 1970 à servir de soupape de sécurité pour l'économie capitaliste internationale.

Cela s'applique avant tout aux pays semi-coloniaux, dont l'endettement vertigineux s'avère un frein croissant à leur capacité d'étendre sans cesse leurs importade produits manufacturés (31). Tous les pays latino-américains par exemple, y compris ceux qui ont poursuivi leur expansion en 1980 comme le Brésil, le Mexique, le Paraguay, le Chili, le Venezuela, se sont endettés de manière colossale ; près de 50 % des prêts internationaux dans leur ensemble sont allés vers l'Amérique latine. Et le service de la dette a atteint 59,5 % des revenus d'exportaau Panama, 57,2 % au Mexique, 46,7% en Bolivie, 44% en Uruguay et 32,4% au Chili (32).

Il faut y ajouter que, comme d'habitude, la récession a déclenché un mouvement général de baisse des cours des matières premières, fût-ce dans des proportions diverses. mouvement général se dégage clairement du Graphique Il et il réduit d'autant la capacité d'importation de ces pays.

Quant aux Etats ouvriers bureaucratisés, le poids de leur endettement est tel qu'une expansion comparable de 1973-1978 de leurs importations en

30. Selon une analyse du Wall Street nets après impôts aux USA auraient baissé de 9% pendant le deuxiême trimestre 1980 et encore de 5 % pendant profits gonflés des trusts du pétrole, la baisse

31. Rappelons que la Corée du Sud a subi une chute du PNB de 5% en 1980. En

Veut chute du PNB de 1,5% et chute plus sensible de la prola production (numéro du 27 décembre 1980) évalue la chute de la production pour l'ensemble de 1980 a

32. Frankfurter Allgemeine Zeitung, 7

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provenance de l'Ouest, financées par des crédits, est impossible (Tableaux suivants).

La même remarque s'applique à la République populaire de Chine, qui a considérablement limité ses projets d'expansion du commerce capitalistes financés à crédit.

Au frein pour l'expansion du commerce Est/Ouest que constitue l'endettement croissant des Etats ouvriers bureaucratisés, s'ajoute le frein résultant des contradictions intrinsèques de leurs économies, avant tout le ralentissement de la croissance, qui, dans le cas de la Pologne, a même conduit à une baisse absolue du PNB en 1979 et en 1980, qui devrait se poursuivre en 1981 (mais pas de baisse absolue de la production industrielle).

On peut donc résumer de la masuivante les perspectives de l'économie capitaliste internationale :

1) Toute perspective optimiste d'une reprise rapide au début ou au printemps de 1981 paraît irréaliste. La même remarque s'applique aux pronostics de l'OCDE de décembre 1980. La désynchronisation récession et la détérioration de la rentabilité des grosses firmes auront plutôt comme conséquence d'étendre la récession généralisée pendant tout premier semestre de 1981.

2) A moyen terme, et en éliminant l'éventualité d'un krach bancaire majeur,

Il est probable que la nouvelle récession 1979-1981 sera suivie d'une période de stagnation prolongée une reprise qui se nourrit d'elle-même et qui conduit à une augmentation sérieuse avec les pays

Pologne

Yougoslavie

URSS

RDA

Hongrie

Roumanie

Bulgarie

COMECON le

(DR).

de la production semble également peu probable. Il est plus probable que la récession 1979-1981 sera suivie d'une période de stagnation prolongée jusqu'en

TABLEAU VIII

DETTE EXTERIEURE NETTE DES PAYS DU COMECON

ET DE LA YOUGOSLAVIE FIN 1979 en milliards de dollars

Dette totale

20,7

14,9

9,9

7,0

6,9

3,3

Tehécoslovaquie

3,0

Total dette nette avec Yougoslavie

83,8

Sources pour le Tableau VIII et le Tableau IX : International

Herald Tribune, supplément novembre 1980 « Euromarkets » pour les pays du COMECON. Pour la seule Yougoslavie : Wirtschaftswoche, 7 novembre 1980.

1982, avec des taux de croissance minimes

(sauf peut-être au Japon).

3) En tout cas, la concurrence interimpérialiste s'accentuera dans ce contexte général. Les USA et les impérialismes européens n'hésiteront pas à prendre des dont : Dettes aux banques privées occidentales

14,7

1,2

6,6

6,7

4,1

2,7

2,0

40,9

Page 16

Pologne URSS RDA Hongrie Roumanie Tchécoslovaquie Bulgarie mesures protectionnistes massives protéger des branches industrielles vitales. Ces mesures frapperont surtout l'impérialisme japonais.

4) La classe ouvrière internationale sera frappée par l'accentuation du chômage, qui ne diminuera lorsqu'on passera de la récession proment dite au début de la reprise. Le cycle industriel prochain risque de porter ce socle de chômage permanent de 23-25 millions d'unités à près de 30 millions d'unités pour l'ensemble des pays impérialistes. Le moteur principal de ce développement, c'est l'introduction massive de nouvelles technologies qui, plus que jamais dans le passé, substitueront sur une grande échelle le travail mort au travail vivant (33). Usine automobile japonaise (DR).r

TABLEAU IX

SERVICE ANNUEL DE LA DETTE

EN POURCENTAGE DES EXPORTATIONS

PAYEES EN DEVISES IMPERIALISTES milliards de dollars revenus des exportations en chiffres absolus en %

5,3

79

18

4,0

1.6

36

1,5

46

1,2

43

1,0

27

0,7

58 pour une série de logies incarnent qu'à peine duction capitaliste en déclin, lions à neutrons.

Contrairement à ce qu'affirment courants écologistes, ainsi que des camarades comme Rudolf Bahro,

33. De cette nouvelle croissance qualitative des forces productives n'est pas destructrice

« en elle-même ». Ces nouvelles technoau contraire la possibilité matérielle de réaliser le principe communiste « De chacun selon ses capacités, deux à chacun selon ses besoins ! », et ce à l'éces octobre chelle mondiale. Mais ce qui est juste, c'est que dans le cadre du mode de prodes parle nouvelles technologies frayent simultanément la voie à la barbarie : chômage massif dugénération rable ; rythme de travail inhumain ; paupérisation et famine (y compris des mil-

Au cours de morts de faim) dans de vastes pourrait régions du monde ; réarmement impérialiste accéléré qui abaisse le seuil critique des guerres nucléaires par le développement d'armes nouvelles comme la bombe

La réponse ne doit pas être recherchée dans la voie d'un « retour à la nature », qui ne ferait que faciliter le glissement du système capitaliste vers la barbarie. Le fait que la spirale des crises capitalistes s'approche de son point d'explosion implique plutôt qu'il faut se préparer à des épreuves de force politiques décisives, qui permettraient à la révolution socialiste de trancher positivement le dilemme : Socialisme ou Barbarie.

Winfried WOLF 22 janvier 1981. ce fait, l'industrie électronique st la seule branche industrielle, avec l'indusrie d'armements, qui ait connu un taux de croissance élevé au cours de l'actuelle récession. La vente des semi-conducteurs a augmenté de 25 % en 1980 aux USA et de 10% en Europe en 1980 : on s'attend à des augmentations de l'ordre respectivement de 12% et de 10 % dans zones en 1981 (Handelsblatt, du et 6 octobre 1980). Le nombre des robots industriels déjà en service est encore relativement réduit. L'évaluation la plus élevée de 60 000 unités. dont 47 000 au Japon, 5 800 en RFA et 3 200 aux USA. Mais, au cours du prochain cycle industriel, une nouvelle de " robots intelligents » sera mise en service qui pourrait remplacer pratiquement toute la main-d'oeuvre travaillant à la chaîne.

des dix prochaines années, cela conduire à la suppression millions d'emplois dans les pays impérialistes...

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