Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SIDERURGIE

La crise de la sidérurgie européenne

· Inprecor n° 94-95, 16 février 1981 · p. 17-27 · 10 096 mots

Europe Allemagne France Belgique

D réconomie capitaliste mondiale. Elle touche des secteurs

EPUIS 1974, une crise structurelle affecte l'ensemble de aussi importants que la sidérurgie, les constructions métalliques et mécaniques, l'aéronautique, la construction automobile, le bâtiment, le textile et le verre. Ce travail se propose d'analyser la situation au plan européen d'un secteur :

la sidérurgie, et ce à plusieurs niveaux. D'abord, sur la toile de fond de la sidérurgie mondiale, il s'agit d'analyser les stratégies

Michel CAPRON

Il n'est pas possible, dans les limites de cet article, d'entrer dans le détail des problèmes et des stratégies développées au niveau de chaque pays. Il s'agira, d'une part, de fournir une information de base relative à la situation des principales entreprises sidérurgiques européennes depuis 1974 ; d'autre part, d'indiquer les caractéristiques de ces stratégies, dans la

Un certain nombre de facteurs peuvent expliquer la crise structurelle que sidérurgie mondiale connaît la depuis

1974 et qui affecte le plus fortement les sidérurgies de la CEE. Etant une industrie de base pour le secteur automobile (15% de la consommation d'acier), le bâtiment

(25%), les industries de biens d'équipement (40%), les fabrications métalliques légères, la sidérurgie dépend fortement des variations de conjoncture dans ces secteurs. Or, depuis la fin de 1974 - dans le cadre général de la récession de l'économie capitaliste mondiale — ceux-ci connaissent tous, à quelques exceptions près, des problèmes plus ou moins graves, durables, qui vont parfois en s'aggravant (1).

C'est ainsi qu'en Europe de l'Ouest, par exemple, la production d'automobiles a

TABLEAU I

POURCENTAGE DE LA PRODUCTION MONDIALE D'ACIER BRUT

1956

USA

37,1

Japon

3,9

CEE

27,6

Autres

31,4

(dont Europe de l'Est)

(22.4)

Source : Metal Bulletin, avril 1980.

européennes. mesure où elles se retrouvent, au moins partiellement, chez les principaux pays producteurs.

Le rôle croissant joué par la CEE sera précisé sans oublier de tenter de clarifier quelque peu la question des coûts et de la productivité des entreprises sidérurgiques. Auparavant, il s'impose néanmoins de jeter un bref coup d'œil sur les caractéristiques de la crise de la sidérurgie mondiale et sur les stratégies en présence sur le marché mondial de l'acier. I. — La crise mondiale de l'acier juin 1980 - de 20% en France et en Italie, de 17 % en Grande-Bretagne et de 8% en RFA. Or, cette récession de la demande survenait au moment où les principaux producteurs européens, l'exception de la RFA, venaient d'endes plans importants d'accroissement de capacités de production.

premier problème pour les sidérurgistes européens, l'exacerbation de la concurrence sur le marché mondial de l'acier. Depuis la fin des années soixante, l'acier européen est confronté à trois types de nouveaux concurrents: la sidérurgie japonaise (28,3 millions de tonnes (MT) d'acier brut en 1960, 88 MT en 1970, 117,1 MT en 1974), la

1970 1978 20,5 17,7 15,65 14,3 23,15 18,6 40.7 49.4 (26,51) (30,03)

LA SIDÉRURGIE développées par le patronat des grands groupes sidérurgiques et les pouvoirs publies (là où ils sont intervenus) des principaux pays producteurs de la Communauté économique européenne

(CEE). D'autre part, il importe de situer à cet égard la politique suivie par la Commission des Communautés européennes et, enfin, de serrer d'un peu plus près l'évolution d'indicateurs tels que la productivité et les coûts des principales sidérurgies sidérurgie des pays socialistes (87,4 MT en 1960, 157,4 MT en 1970, 187,9 MT en 1974), les « nouvelles sidérurgies », celles des pays du Tiers Monde (Brésil,

Inde, Mexique, Corée du Sud) ou autres :

Espagne, Afrique du Sud, Australie. Cela impliquait non seulement une baisse des exportations d'acier européen vers ces pays, mais en même temps une hausse des importations en provenance de ces pays.

Cela se reflète dans le Tableau I indique les glissements de dans la production mondiale.

La crise a cependant modifié quelque peu les données de la situation : les

USA ont adopté des mesures protectionnistes (prix minima, plaintes anti-dumping) ; le Japon, qui possède un outil de production très moderne, a dû baisser sa production, mais est capable d'absorber toute hausse de la demande d'acier sur le marché mondial d'ici 1985 et s'y prépare en développant son réseau commercial ;

les « nouvelles sidérurgies » tendant à s'axer plus sur la satisfaction de leur demande intérieure (cas du Brésil, de la Corée du Sud, du Mexique). Le Tableau Il fournit des indications quant à l'évolution de la production d'acier brut 1974-1978 pour les principaux pays producteurs (plus de 4 MT), données partielles pour

1979 et les six premiers mois de 1980.

En termes capitalistes, ces nouvelles sidérurgies présentent des avantages incontestables par rapport aux sidérurgies de la CEE : matières premières, énergies, bas salaires, installations ultra-modernes.

La majorité des sidérurgies européennes trouvent dès lors acculées à adopter se une politique industrielle et une politique d'investissements qui visent à restaurer leur compétitivité, voire leur rentabilité à long terme. Cet impératif a impliqué, pour ces sidérurgies, des restructurations

(fusions d'entreprises, constitution de multinationaux, cartels), des groupes

1.

Voir les indications fournies récemment par Ernest Mandel dans Inprecor numéro 81, 10 juillet 1980, « La conjoncture

1980 printemps et la nouvelle récession ».

p. 3-7.

Page 18

Les chiffres en italique indiquent des croissances de production, soit de 1978 par rapport à

1974

URSS

136,2

USA

132,2

117.1

Japon

RFA

53,2

Chine

26

Italie

23,8

France

27

Grande-Bretagne

22.4

Pologne

14,6

Tchécoslovaquie

13,6

13,6

Canada

Belgique

16,2

Brésil

7.5

Roumanie

8,8

Espagne

11,5

Inde

7,1

Afrique du Sud

5,8

Australie

7,8

RDA

6,2

Mexique

5,1

Pays-Bas

5,8

Luxembourg

6,4

Corée du Sud

1,9

Autriche

4,7

Suede

Autres :

28,3

TOTAL:

708,8

Source : Statistiques IISI et Eurostat.

1974, soit de 1979 par rapport à 1978.

rationalisations (fermetures d'outils dépassés ; investissements dans de nouveaux procédés ; acier à l'oxygène ; coulées continues ; accroissement des capacités de production lié aux plans d'investissements mis en œuvre avant 1974). Il en découle une triple conséquence : des pertes d'emploi énormes, un endettement sans cesse croissant et le recours quasi général à l'aide des pouvoirs publics.

Enfin, le début de la crise de l'acier fut marqué par une chute vertigineuse des prix de vente, liée, pour les sidérurgies de la CEE, à un accroissement des coûts de production (matières premain-d'œuvre), mières, énergie, l'incidence des variations du compter dollar et de la hausse récente des taux d'intérêt.

Etant donné commerciale aggressive de la CEE tant que la demande était forte (vente de grandes quantités au prix fort), les consommateurs se mirent à constituter des stocks sur lesquels ils

1975, d'où la chute brutale des ventes et de la production.

Telle était, grandes lignes, la situation des barons de l'acier européens en 1975. Le Tableau III l'évolution donne idée une de d'acier brut des Neuf de la production

CEE pour la période 1974-1979.

TABLEAU II

PRODUCTION MONDIALE D'ACIER BRUT en millions de tonnes

1979

1978

152 (1)

149,5

123.8

126,1

111,7

102,1

41,3

46,4

31

24,3

24,2

23,3

22,8

20,3

21,4

19,5

20,3

15,4

14,8

14,9

12,6

13,4

12,1

11,6

13,7

11,3

9,4

7,9

7,6

6,9

6,8

5,6

5,8

4,8

4,9

4,7

4.2

4,9

4,2

35,7

712,8 face à la crise des principales européennes ont réagi sans la politique vécurent en

RFA dans ses

Italie

France

Grande-Bretagne

Belgique de la

Pays-Bas

Luxembourg

Danemark

Irlande

TOTAL

Source : Eurostat.

1980 (ler semestre)

55,5

57.7 international,

23

14,1 l'Arbed),

13

5,2

(Denelux,

7,2 entre et positions

2,8

2,6

2,4 groupes bleau IV.

II. — Stratégies patronales

Il s'agit ici de présenter brièvement la manière dont les dirigeants capitalistes entreprises sidérurgiques pour limiter au maximum les effets, néfastes pour eux, de la crise. Les stratégies patronales s'articulent à plusieurs niveaux. Au plan national, il s'agira d'une part de rationaliser, de di-

TABLEAU III

PRODUCTION CEE D'ACIER BRUT 1974-1979 en millions de tonnes

1974

1975

1976

53,2

40,4

42,4

23,8

21.9

23.4

27

21,5

23,2

19,8

22.4

22,4

16,2

11,6

12,1

5.8

4,8

5.2

6,4

4,6

4,6

0.54

0.56

0.72

0,11

0,08

0.06

155,45

125,24

134,08 minuer l'emploi, de créer des outils plus productifs, d'autre part de recourir dans la majorité des cas — à l'intervention des pouvoirs poublics. L'action conjuguée des pouvoirs publics et des groupes privés poursuit quatre objectifs: réduire la charge financière des entreprises, nuer l'emploi dans le secteur, rationaliser l'appareil de production par la fermeture des installations dépassées, opérer des regroupements entre entreprises pour les rendre viables à plus long terme. Au plan les entreprises tenteront soit de se multinationaliser (par exemple soit de conclure des accords pluri-nationaux (Triangle et Arbed, Estel et Krupp), soit de se constituer en cartels

Eurofer). A ce niveau, les groupes allemands demeureront hostiles à toute intervention coercitive de la Commission de la CEE, tandis que les groupes français, plus faibles, feront rapidement appel à l'intervention de la Commission. Au plan européen, on assistera à la lutte groupes pour consolider les places acquises, l'étape ultérieure étant la lutte entre les groupes européens les plus puissants et les autres sidérurgies pour le contrôle du marché mondial. Examinons maintenant la situation et les stratégies des principaux groupes européens. Quelques données de base pour ces sont présentées dans le GRANDE-BRETAGNE En Grande-Bretagne, la British Steel Corporation (BSC) a été nationalisée en 1967 en regroupant les 14 principales sociétés sidérurgiques assurant près de 90% de la production nationale. Cette opération coûta à l'époque 560 millions de livres. La stratégie de la BSC - et des gouvernements britanniques successifs — part, après quelques tâtonnements, d'un Plan de base (1973-1980), plusieurs fois revu en baisse. En 1973, un Development Strategy Plan regroupe la production autour de cinq centres : Port Talbot et Llanwern (Pays de Galles), Lackenby et Scunthorpe dans le Nord et Ravenscraig

1977 1978 1979 39 41,3 46,4 23.3 24.3 24.2 22,1 22,8 23.3 20,5 20,3 21.4 11.3 12,6 13,4 4.9 5,6 5.8 4,3 4,8 4,9 0.68 0.9 0.8 0.04 0.07 0.07 126,1 132,67 140,27

Page 19

QUELQUES DONNEES DE BASE SUR LES PRINCIPAUX GROUPES SIDERURGIQUES EUROPEENS

(3) Comme filiale à 100 % de Sacilor et d'Usinor, la Solmer n'est pas juridiquement constituée pour dégager un bénéfice net. Les données

TABLEAU IV

Hainaut-Sambre

BSC

Cockerill

Sidmar

Arbed

Production d'acier brut

(en millions de tonnes)

6,62

2,26

1974

23

2,7

5,73

1978

17,4

5,37

1,93

2,66

4,25

17,5

2,75

1979

4,35

2,08

4,62

Chiffre d'affaires

Millions

Millions de FB

Millions de L de FLux

(acier uniquement)

1 851

65 156

49 176

1974

22 138

22 950

2 896

1978

52 019

16 901

22 014

37 468

1979

2 898

48 847

22 234

25 942

45 413

Fonds propres

752

19 942

4 630

10 881

23 878

1974

2 249

7 280

3 819

8 298

18 221

1978

21 574

4 679

8174

18 625

1979

Bénéfice net

(Perte nette) (2)

!!!

1740

1974

.89

705

814

33

(1 919)

1978

(469)

(6 413)

1979

(295)

(2 423)

717

218

Dettes à plus d'un an

1974

676

14 372

4 526

9 889

9 889

21 716

1978

2 051

32 649

9 081

15 626

25 525

8 688

15 651

25 421

1979

Falck

Italsider

Estel

Thyssen

Production d'acier brut

(en millions de tonnes)

1974

1,146

10,965

12,145

13,443

1978

1,039

10,4

10,355

11,262

1979

11,5

Chiffre d'affaires

Millions de Lire

Millions

(acier uniquement)

de FL.

1974

252 108

1 723 000

7 212

7 338

1978

328 682

2 598 000

6 507

6 886

1979

Fonds propres

1974

58 135

389 655

2 178

3 469

2 878

1978

1 018 827

2 556

72 381

1979

Bénéfice net

(Perte nette) - (2)

1974

2 764

32 814

323

285

1978

(289)

109

2 396

(348 505)

1979

(257 000)

Dettes à plus d'un an

1974

53 607

2 448 637

3 052

1 809

2 109

1978

114 463

3 917 787

5 212

1979

(1) En 1979 : production Usinor plus Solmer.

(2) Les chiffres entre parenthèses signifient des pertes nettes.

les plus récentes dont nous disposons pour les groupes français sont de 1977.

(4) Les chiffres en italique correspondent à l'année de 1977.

Source : Eurofinance complété.

Usinor

9,51

6,79

9,4 (1)

10 237

9 706

2 436

2 795

164

(2 057)

(933)

8 005

13 996

Krupp

5,603

5,061

4,9

Millions de DM

4 852

4 150

1046

781

84

(66)

1 419

1 528

Sacilor

6,02

3,81

3.6

Millions de FF

10 212

8 735

2 469

3 363

117

(2 283)

(1370)

4.840

9 591

Peine-

Salzgitter

5,493

3,873

4,4

2966

2 252

814

756

280

(166)

652

815

Solmer

0,81

2,78

(→ (1)

974

3 425

1 263

2 086

(-) (3)

-

5 363

8 205

Klöckner

3,638

3,51

2 716

2 644

648

711

21

(85)

1 033

1 493

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en - qui avait fait apport de ses actifs sidé-

Ecosse. Le but est d'atteindre,

1980, une capacité de production de 32 à rurgiques à la Financière du Ruau →,

35 MT, pour faire face à l'accroissement

Frère-Bourgeois) font des appels pressants des besoins britanniques par la moderniau financement par les pouvoirs publies.

des installations (procédé

LD

En mars 1977, la Conférence nationale sation d'acier à l'oxygène ; coût prévu : 300 milpublics, tripartite (patronat, pouvoirs lions de livres par an). En 1977, le nouorganisations syndicales) de la sidérurgie veau patron de la BSC, sir Ch. Villiers se décide de faire appel au bureau d'études fixe l'objectif de 30 MT en 1982 pour un investissement d'un milliard de livres par

En 1978, le secrétaire d'Etat à

Industrie présente, dans un Livre blanc, un plan plus draconien : fermeture anticipée de trois usines, arrêt de tout nouvel investissement d'accroissement de capacités, sauf pour Ravenscraig et le haut- fourneau de Redcar (près de Lackenby).

Le programme d'investissement est limité à un total d'un milliard de livres pour gique

1979 et 1980, et lié à un effort de commercialisation et de réduction des coûts de production. Il s'agit par là à la fois de la rentabilité objectif: perte nulle en 1980) et d'assurer 70% de la demande intérieure d'acier. La BSC est ciaux : ses retards de livraison chroniques, la médiocre qualité de sa production, la vétusté et la dispersion de ses laminoirs et des installations de finition. C'est pourquoi la société nationalisée a décidé de procéder à des diminutions d'emplois, qui se sont heurtées à de vives résistances des sidérurgistes britanniques.

En septembre 1980, les objectifs

Ian Mac Gregor, sont nettement plus restreints que ceux prévus au programme

1979-1980 : il s'agit ni plus ni moins de ramener les capacités de production en- dessous de 20 MT par an, et il est actuellement question à la fois de procéder à de nouvelles fermetures et de réorganiser fortement l'ensemble du réseau commercial. Par ailleurs, la BSC bénéficiera encore en 1980 d'une aide publique sup plémentaire de 400 millions de livres en vue d'accélérer cette restructuration.

BELGIQUE

En Belgique, la sidérurgie est un des secteurs qui a le plus durement ressenti le contre-coup de la crise parce que, dotée d'outils en partie dépassés, composée de groupes se livrant une concurrence anarchique, elle dépend pour ses ventes essentiellement des marchés extérieurs. Elle comprenait, en 1977, quatre groupes d'entreprises: Sidmar (contrôlé majoritairement par l'Arbed depuis 1976)

Cockerill (contrôlé par la Société Génétions d'emplois.

rale, la Financière du Ruau et Boël) ; le

L'application des ces accords est

Triangle de Charleroi : Hainaut-Sambre/ du ressort du Comité national de planifi-

Carlam, Thy-Marcinelle-Monceau (TMM)

cation et de contrôle (CNPC), devenu et les Laminoirs du Ruau, l'ensemble opérationnel en juillet 1979. Sa section étant sous contrôle majoritaire de la planification comprend pouvoirs publics

Financière du Ruau (sous-holding de et groupes privés auxquels s'ajoutent les

Cobepa, holding belge de la Banque de organisations syndicales pour la section

Paris et des Pays-Bas) et du groupe Frè-

Des comités tripartites, par re-Bourgeois ; les Forges de Clabecq (Boël sidérurgique, et Frère-Bourgeois) et les Usines G. Boël.

d'avis auprès du CNPC. Fin 1978, les det-

Devant la persistance de la crise, tes à moyen et long termes atteignaient, les groupes financiers ou holdings (Sociépour la sidérurgie belge, 75,542 milliards té Générale, Cobepa, Bruxelles-Lambert de FB, les dettes à court terme à 59,179 ckerill et dre marasme.

millions ; la encore buer

100 l'exercice 1979 !

groupes financiers privés : d'une part, les pouvoirs publics subordonnent leur aide à

Cockerill et au Triangle à des restructurations internes préalables en vue de saturer les outils les plus performants; d'autre plats et du Ruau,

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part, par souci de « rentabilité », le ministre Claes aurait voulu séparer, chez Coekerill, les lignes de la sidérurgie à chaud et celles de la sidérurgie à froid: il a momentanément battu en retraite devant le tollé soulevé à Liège par ce projet de démantèlement de Cockerill ; enfin, les groupes financiers refusent de financer, pour le moment, la restructuration à parité avec l'Etat, prétendant se limiter à la mise sur pieds de la SFS, sans s'engager collecter effectivement les milliards de FB promis.

Donc, bilan actuel : de nombreux milliards publics servent à fermer d'anciennes installations, à moderniser l'outil et à pallier, provisoirement, aux pertes des entreprises. Peu ou pas d'engagements (2) des groupes financiers privés qui gardent le contrôle des décisions stratégiques et réussissent même, étant par l'intermédiaire des banques des holdings les créanciers des entreprises sidérurgiques, à recevoir indirectement le paiement de charges financières par les pouvoirs publics (5 milliards en 1980).

LUXEMBOURG

Au Luxembourg, le groupe Arbed, bien que frappé par la crise comme les autres, a néanmoins profité de celle-ci pour se multinationaliser largement. L'Arbed est contrôlé par les groupes belges de la

(13,3%) et Empain-Schneider (13,1 %), ce qui n'empêche pas son PDG, E. Tesch, d'avoir les coudées assez franches. La stratégie de l'Arbed a été double : rationalisations et modernisations au Luxembourg (fermeture d'Athus, réduction de Rodange au rôle de relamineur, fermeture d'installations à Dude-

Get Schifflange, production d'acier brut concentrée à Esch-Belval autour d'un nouveau haut-fourneau de 11 m), extension de son emprise à l'extérieur : contrô le majoritaire de Sidmar, acquisition de 100 % du capital du premier producteur sarrois Stahlwerke Röchling-Burbach de la presque totalité de Neunkirchen Eisenwerk (deuxième producteur) - avec un processus de restructuration en Sarre devrait être terminé en 1982 →, minorité de blocage dans les Aciéries de Dilling et accord technico-commercial avec le Triangle de Charleroi. E. Tesch, ce dernier accord partage de certaines activités sidérurgiques dans le souci d'une concentration de la production sur les outils les plus performants (3) » et implique des lors des rationalisations importantes.

Tout cela assure à l'Arbed une taille et une diversification suffisantes, notamment en aval (fil, construction mécanique, tubes, aciers spéciaux) pour voir venir. Son programme d'investissements 1979-1983 porte sur 23,2 milliards de francs luxembourgeois (FLux) : il vise la fermeture des installations non performantes et le report de leur production sur les outils les plus rentables. De 52 en 1978, le nombre d'usines luxembourgeoises passera à 28 fin 1983. En Sarre, l'Arbed a obtenu 244 millions de DM d'aides à l'investissement pour la rationalisation, et un cautionnement de crédit de 900 millions de DM des autorités allemandes : l'opération se déroule sous la houlette du holding • Arbed Finanz Deutschland, sa filiale à 100 %. On vient d'apprendre que, pour la période 1980-1984, l'Arbed réclame une aide de 13,5 milliards de FLux des pouvoirs publics luxembourgeois en arguant d'une chute de commandes de 20% par rapport à 1979 et d'une chute de ses prix de vente.

Enfin, Arbed étend son influence au niveau de la commercialisation de l'acier : contrôlant déjà Demanet-Cassart Aciers en Belgique, l'Arbed vient, par le biais de sa filiale Tradearbed Participa tions, de mettre la main sur le holding néerlandais Lommart-Ods International, qui contrôle des entreprises de négoce de l'acier aux Pays-Bas et en RFA.

En France, il y avait eu plusieurs « plans acier » (Plan Ferry en 1966 : 3 milliards de FF de subventions; programme « sidérurgie sur l'eau » en 1970 : 2,65 milliards de FF). En 1975, la situation financière de la sidérurgie française est désastreuse : l'objectif de croissance de la productivité n'est pas atteint et le coût du financement des investissements en cours (principalement la Fos-sur-mer) a atteint, de 1971 à 1975, 32,3 milliards de FF au lieu des 21,9 milliards prévus. Les déficits de 1975 sont couverts par des emprunts coûteux, les résultats d'expioitation ont été surestimés et le déficit global de 1975 est de 2,553 milliards. Les hypothèses de production acier du VIle Plan français (1976-1980) prévoyaient une production d'acier de 31 à 34 MT et une capacité de 36 à 38 MT. En 1978, la production est de 22,8 MT et les capacités de 33,3 MT.

1977, après de multiples hésitations, le gouvernement Barre présente son nouveau «Plan acier», qui vise restaurer la compétitivité des entreprises et a maintenir la capacité de production par le report de la production des installations vétustes à arrêter sur les installations modernes moyennant certains investissements (aciéries à l'oxygène, coulées continues). Ce Plan pouvait réussir, selon J. Ferry, président de la Chambre syndicale des sidérurgistes français, à conditions : une production de 28,5 MT en 1980 ; d'ici là une hausse des prix de 40% et 16 100 suppressions d'emplois à l'échéance d'avril 1979. Le volet financier prévoyait 8,8 milliards de FF d'investissements de 1977 à 1980, 9,1 milliards de remboursement de dettes et 6,4 milliards pour fonds de roulement et prises de participation. Le financement se ferait pour 9,2 milliards par autofinancement et apport des actionnaires, et pour 15,1 milliards par emprunts (Fonds de développement économique et social (FDES), Groupement de l'industrie sidérurgique (GIS), CECA et crédits bancaires). Le volet industriel prévoyait comme nouvelles installations cinq aciéries à oxygène :

Usinor-Longwy, Neuves-Maisons, Rehon, Caen-SMN, et le passage de la capacité de Solmer de 3,5 à 4 MT par an. Usinor fermerait Thionville au profit de Longwy et Sacilor-Sollac arrêterait installations à Homécourt, Rombas et Knutange. l'égide de la Banque de Paris et des Pays-Bas est créée la compagnie industrielle de Chiers-Châtillon (CICC) qui regroupe la

Neuves-Maisons Commentry-Biache, avec rationalisation de la Chiers-Longwy. A Rehon, Cockerill aura une aciérie à oxygène en 1978. Le Plan Barre annonçait également des aides de reconversion à la Lorraine, non encore

Des conditions de réussite du Plan, il s'avère que, comme par hasard, seule la suppression d'emplois sera lie, ce qui amène le gouvernement à prendre, le 20 septembre 1978, le contrôle des sociétés sidérurgiques pour éviter leur faillite et à procéder à des restructurations sévères. Il ne s'agit pas d'une nationalisation simple: devant l'opposition du patronat des industries de transformation de l'acier, les pouvoirs publies n'augmentent plus les capacités de production pour éviter une ponction trop forte sur le budget de l'Etat et se contentent d'une prise de participation majoritaire avec nomination de nouveaux PDG. Ils garderont les installations performantes et fermeront les autres, ce qui recommandations de la Commission de la

Les pouvoirs publics mettent sur pieds deux sociétés financières (SF) qui créent des holdings avec, d'une part Denain-Nord-Est-Longwy (DNEL) pour Usinor, et d'autre part Marine-Wendel pour Sacilor. Dans le cas d'Usinor, la SF détient 51 % du holding et DNEL 49%, avec chacune 21% des actions d'Usinor, étant entendu que Vallourec est rattaché à Usinor. Pour Sacilor, la SF détient 67 % du holding et 23% directement dans Sacilor, Marine-Wendel 33 % du holding et 10,8 % dans Sacilor. Le holding détient dans Dilling, 26,5 %. Sollac, qui est détenu à 64,3 % par Sacilor et à 25,1 % par Dilling, détient 50% des actions de la Solmer, dont Usinor détient le reste. Tel est le schéma de la restructuration financière.

Au moment de la prise de contrôle par l'Etat, les deux groupes sidérurgiques (Usinor et Sacilor-Sollac) ont 27,2 milliards de FF de dettes à long terme. Leur charge financière annuelle est de 3,5 milliards. Le plan du gouvernement vise à réduire cette charge, à reporter l'échéance de remboursement des emprunts (cas des prêts FDES ; gel des prêts des banques ; pour les organismes de prêt publies, le remboursement de 13,5 milliards est suspendu pendant vingt ans, mais une publique d'amortissement l'acier leur garantit le paiement à échéance des intérêts et des emprunts). La

2. Il s'agit même de dégagements: de 13,8 % des actifs de Cobepa par exemple en 1973, le portefeuille sidérurgie de ce holding ne représentait plus que 1,9 % début 1978.

3. Interview à Tendances, 8 janvier 1980.

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facture globale pour l'Etat est évaluée, pour la période 1979-1984 à 30 milliards de FF (4). Or, dès septembre 1979, Usinor obtenait un milliard et Sacilor 800 millions de prêts FDES supplémentaires. En définitive, cet énorme effort financier des pouvoirs publics aboutissait à des milliers de licenciements contre lesquels les travailleurs français ont mené un ensemble d'actions parfois très vio-

En fait, l'approfondissement de la crise ces derniers mois a conduit aussi bien Sacilor-Sollac qu'Usinor à accélérer leurs plans de fermeture et a amené les sidérurgie française réclamer d'urgence l'application, Commission de la CEE, de l'« état de crise manifeste » impliquant des contin. gentements autoritaires de la production

En Italie, la sidérurgie présente des évolutions contrastées : d'une part les grandes sociétés (comme l'Italsider nationalisée et Falck), d'autre part les petits producteurs autour de Brescia (les Bresciani). Le début de la crise a peu affecté la production italienne (voir Tableau IV) qui réussit à se maintenir, voire à progresser légèrement. L'Italie dispose globalement d'installations très modernes, mais au prix d'un endettement considérable, contrebalancé par une productivité élevée, des coûts faibles et une monnaie dépréciée (atout non négligeable à l'exportation). En cas de reprise de la dela sidérurgie italienne pourra utiliser à plein sa capacité de production. Elle a bénéficié d'aides publiques considérables et n'a jamais arrêté ses investissements de modernisation, sauf dans le cas du report de la création de l'usine côtière de Gioia Tauro en Calabre et de la rationalisation de l'usine de Bagnoli (Naples).

En septembre 1980, tout en accroissant sa production de 10,7% par rapport à 1979, Italsider continue à supporter des charges liées aux taux d'intérêt élevés pratiqués par le système bancaire italien.

petits producteurs de la région de Brescia, ils comprennent quelque usines travaillant selon les principes suivants : un minimum de et de frais généraux, l'utilisation d'une technologie avancée (une aciérie électrique alimentée par des ferrailles bon marché et reliée à un petit laminoir intégré selon la technique de la coulée continue), souplesse et rapidité de réponse à la demande, amortissement rapide des installations et autonomie financière. Leur production (de l'ordre de

Men ronds à béton, vendus en bonne partie en Europe à 20 % en-dessous des prix de la CEE, d'où leur conflit avec la Commission de la CEE.

Aux Pays-Bas, la sidérurgie depuis 1977 à 50% par le groupe néerlandais Hoogovens-Ymuiden (5,5 MT en 1972) et à 50 % par la société allemande Hoesch AG (6 MT en 1972 ; 3 usines à Dortmund). Hoogovens y est dominant, dans la mesure où il détient 14,5 % du capital de Hoesch. Le renouvellement des installations est régulier (construction de coulées continues a Ymuiden où toute la production de l'acier à oxygène). L'endettement, faible en 1974, est devenu considérable, mais le groupe a su limiter tant les pertes financières que la baisse de la production et ne connait pas de problèmes aussi aigus que ses concurrents. Le groupe est bien intégré en aval et fortement diversifié (par exemple dans le ciment, l'aluminium, la construction mécanique). Il a conclu un accord avec pour l'exploitation du futur train à fil (Valfil) du Val Saint-Lambert, et il est question d'un rapprochement avec Krupp.

ALLEMAGNE FEDERALE

En Allemagne fédérale, la sidérurgie est dominée par cinq grands groupes : Thyssen AG, Krupp Stahl (anciennement

Hüttenwerke à Peine-Salzgitter (la seule entreprise publique du secteur), Klöckner Werke et Mannesmann, auxquels ont peut ajouter les

Röchling-Burbach, Neunkirchen et Dilling sous le contrôle prépondérant de l'Arbed. Depuis 1965, ces groupes sidérurgiques ont donné la priorité aux gains de productivité plutôt qu'à l'accroissement production, ce qui a d'ailleurs amené depuis quinze ans quelque 80 000 suppressions d'emplois.

Si l'on excepte le cas de Peine-Salzgitter, les pouvoirs publics de la RFA se sont toujours refusés à intervenir dans le secteur de la sidérurgie et, dans leur différend avec la Commission de la CEE, les sidérurgistes allemands ne se sont pas fait faute de le rappeler. Récemment des failles dans ce libéralisme « pur et dur ». D'une part, Klöckner a rompu le consensus avec ses concurrents en refusant, en septembre 1980, de continuer à respecter les limitations volontaires Davignon (Commission D'autre part, le groupe Hoesch (branche allemande d'Estel) a obtenu 260 millions de DM de prêts à taux réduits de la part des pouvoirs publies pour moderniser certaines installations, et au moins trois grandes sociétés sidérurgiques ont obtenu un total de 660 millions de DM de subsides gouvernementaux suite à leur orientation vers la construction navale. Enfin, d'aides publiques pour la restructuration de la sidérurgie en Sarre.

Le groupe Thyssen (qui comprend 126 sociétés) est fortement intégré (du traitement du minerai à la commercialisation des produits sidérurgiques) et diversifié (constructions métalliques, mécaninavales) ; majoritaire Rheinstahl, il s'étend aux aciers spéciaux géant Estel, contrôlé et de moulage. Ses installations sont récentes, performantes (haut-fourneau de

14 m, coulées continues) et concentrées autour de Duisburg. Les autres sociétés, moins puissantes que Thyssen, se sont renouvelant leurs installations, sans toutefois procéder à restructuration industrielle (malgré le phénomène des groupes comme on le verra plus loin). La restructuration ne touche que les usines sarroises. On parle d'un rapprochement entre Estel et Krupp, qui produiraient ensemble quelque 10,5 MT en RFA.

Tout cela n'a pas empêché la sile contre-coup de la 1974, 40,4 MT en 1975). Très productive, la sidérurgie de la RFA a des coûts élevés et - jusqu'il y a peu - une monnaie forte, d'où la baisse de ses ventes directes à l'extérieur, de là sa stratégie de transformation sur place de l'acier en vue de l'exportation de produits manufacturés et de biens d'équipement. L'année 1979 s'est d'ailleurs clôturée en bénéfice pour tous les grands groupes.

cependant pas encore possible de mesurer actuellement les conséquences de l'effondrement récent du DM sur l'activité sidérurgique RFA : mais il est d'ores et déjà probable que l'effet négatif s'en fera ressentir, plus particulièrement au détriment des travailleurs sidérurgistes de ce pays.

Enfin, les sidérurgistes allemands regroupements tant nationaux qu'internationaux, indépendamment des pouvoirs publics et de la Commission de la CEE Dès avant la crise, les entreprises de la RFA s'étaient regroupées mais, fin 1976, elles ont procédé à une restructuration qui s'est traduite par la création de groupes géographiques et fut approuvée par la Commission de la CEE. Le Groupe Nord comprend Klöckner, Krupp, Peine-Salzgitter et quelques autres et produit 29 % de l'acier allemand. Le Groupe Sud Burbach, Neunkirchen et produit 11,5 % de l'acier de la RFA. Leur objectif est de se spécialiser au niveau production et de éventuellement des participations communes. En tait, ces groupes tentent de peser quelque géant Thyssen-Rheinstahl. Hoesch, lié à Hoogovens dans Estel, ne participe pas non plus à ces regroupements.

Quelques mois plus tôt, en juillet 1976, à l'instigation des sidérurgistes allemands, se le « Groupement économique international» (appelé aussi «Denelux») comprenant les sidérurgistes allemands, Estel, Arbed et Sidmar. Le but officiel de ce Groupement était de représenter ses adhérents vis-à-vis de la Commission de la CEE. Il s'agit en fait d'un cartel visant à fixer les prix et à répartir les marchés entre ses membres. Les Allemands sont en effet oposés à toute fixation de prix minima et de quotas de production par entreprise émanant de la Commission de la CEE.

La création de Denelux ne passa Freyssenet, la Sidérurgie française, 1945-1979. Savelli, Paris, 1979, p. 220.

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pas inaperçue et, sous l'impulsion de la Chambre syndicale des sidérurgistes français, fut constitué en décembre 1976 « Eurofer », chambre syndicale de la sidérurgie commune aux neuf pays membres, en vue d'éviter toute cartellisation du genre de Denelux. Malgré ses

III. — Les interventions de la Commission de la CEE 1. L'ERE DES PLANS En mai 1975, la Commission de la CEE pour la politique industrielle, sous la présidence d'A. Spinelli, opportun de décréter l'« état de crise manifeste » qui aurait impliqué des mesures contraignantes quant au niveau de la production des entreprises et aux échanges. La Commission se bornait à souhaiter que les producteurs européens s'entendent - par pays — pour limiter leur production. L'objectif étant une réduction volontaire de 17% de la production. En fait, on voit immédiatement deux attituopposées, les producteurs français exigeant un programme de crise nien, les producteurs allemands voulant laisser jouer librement le marché.

En juillet 1976, la Commission de la CEE, en vue d'empêcher une recartellisation du marché de l'acier, proposait un ensemble de mesures appelé « Plan Simonet » du nom du commissaire européen l'époque) : au niveau production : prévisionnels par entreprise pour respecter des quotas volontaires de production ; au niveau des prix : publication de prix minima indicatits a respecter librement, avec éventuellement interdiction de s'aligner prix des concurrents hors CEE et ouverture de négociations sur les quantités à importer avec les pays tiers ; au niveau investissements : le cas échéant, on prévoyait d'influencer les investisseurs pour les orienter vers les secteurs sous-investis et pour éviter les surcapacités de production. Il restait exelu d'interdire la mise en place de nouvelles unités de production.

effectivement, pour quatre mois, au ler janvier 1977, restait en fait très prudent eu égard aux réticences allemandes. promesse d'une limitation volontaire de leurs exportations vers l'Europe.

Devant l'échec du « Plan Simonet », le nouveau commissaire à la politique industrielle E. Davignon proposait en mai 1977 un nouveau Plan, appelé « Plan Davignon», et comportant les mesures suivantes : des prix minima oblitoires pour les ronds à béton (entre 8 100 et 8400 FB la tonne) avec interdiction de s'aligner sur les prix plus bas des producteurs des pays tiers. Pour les produits « sensibles », instauration d'un système de licence obligatoire à l'importation et de prix minima de référence. Au niveau de la restructuration, on dégageait un crédit de 40 millions d'ECU (unité de compte européenne valant environ 6 FF, déclarations, Eurofer fut obligé d'admettre l'existence de fait, en son sein, du cartel Denelux, tout en visant à mieux faire face à la concurrence des sidé rurgistes japonais et des nouvelles sidérurgies. 40 FB, 2,5 DM) en bonification d'intérêts pour les entreprises qui leurs capacités de production. 600 millions d'ECU sont alloués sous forme de prêts à la rationalisation et à la reconversion suite aux pertes d'emplois prévisibles. En octobre 1977, suite à un conflit avec les Bresciani, qui vendaient sous les prix minima imposés pour les ronds à béton, intervient un accord selon lequel les Bresciani peuvent exporter 44 000 tonnes par mois sur les marchées de la CEE et s'engagent en contrepartie à respecter les prix minima fixés.

Dès le 1er janvier 1978, ce Plan est mois, avec les spécifications suivantes :

- Au niveau des prix, il y a extenminima obligatoires aux aciers marchands et aux coils, proposition de relever les prix d'orientation (et donc aussi les prix minima) de tous les produits sidérurgiques de 15% par tranches en 1978, ce qui va de pair avec le renforcement du mécanisme de surveillance des prix. Il s'agit là des premières mesures d'allure protectionniste.

Au niveau des importations, un ensemble de négociations est mené : avec l'Espagne et les pays socialistes pour régulariser leurs importations, dans le même sens avec la Corée du Sud, le Brésil et l'Afrique du Sud. La forme de cet accord implique une politique contractuelle tendant à rapprocher les prix de vente de ces pays des prix de base de la CEE. La limitation se fait sur une base une peu infél'accord avec le Japon est reconduit. Enfin, la CEE proteste contre les mesures « anti-dumping » prises par les USA (voir plus loin).

- Au niveau de la restructuration, un Plan pour les années 1978-1982 prévoit 5 milliards d'ECU de prêts à la restructuration et à la quart de ces prêts vont en bonification d'intérêts, 125 millions d'ECU sont prévus pour le reclassement des travailleurs et 40 millions pour la recherche technologique en sidérurgie. On appréciera la part ridicule allouée à la reconversion.

En mai 1978, devant le non-respect par certaines entreprises des prix minima pour les ronds à béton et les aciers marchands, la Commission décide le renforcement du contrôle et l'accélération des sanctions ainsi que l'obligation du certificat de conformité pour les prix. Des accords sont signés au niveau de la limitation des importations avec le Japon, l'Afrique du Sud, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l'Espagne, les pays de l'Association européenne de libre-échange (AELE): Suède, Norvège, Finlande et Autriche. Des pourparlers sont en cours avec la Corée du Sud, le Brésil et la Bul-

En mai 1979, E. Davignon fait le point. D'une part, le rôle de la Commission européenne par rapport aux investissements est d'assurer la cohérence des programmes (qui restent du ressort des entreprises et des gouvernements) et de donner son avis sur ceux-ci. D'autre part, de la restructuration, annnonce qu'il y eu 2,5 milliards d'ECU alloués pour 1976, 1977 et 1978 avec bonification d'intérêts.

Par ailleurs, Davignon estime qu'il faut limiter les capacités de production dans la CEE sur la base d'un taux d'utilisation de 85 % ; il prévoit comme capacités nécessaires, en 1983, 174 MT ; en 1985 181 MT et en 1990, 201 MT (objectifs généraux acier de la CEE). Or, la capacité actuelle (1978) est déjà de 201,2 MT. Il faudra donc réduire les capacités de plus ou moins 27 MT d'ici 1983.

Fin 1979, il est prévu d'alléger le « Plan Davignon » pour 1980, en vue d'écarter le « danger » de protectionnisme. C'est ainsi que la Commission supprime les prix minima pour les ronds à béton et les aciers marchands. temps, les relations entre la CEE et les USA prennent un tour aigu (voir plus loin). Quelques mois plus tard, E. Davignon déclare, au cours du Symposium Acier de l'OCDE : « Il n'y aura pas de compétitive, une sécurité de travail à ses travailleurs dans de bonnes conditions, si le processus d'ajustement industriel n'est pas poursuivi (5) ». On appréciera toute l'ironie de ce propos quand on sait qu'en même dans l'Europe capitaliste, milliers de travailleurs ont été, sont et seront licenciés.

En juillet 1980, la Commission de la CEE propose un renforcement de son plan anti-crise devant la nouvelle détérioration de la conjoncture sidérurgique : le protectionnisme américain provoque une chute des exportations vers les USA; il y a eu perte du marché iranien et baisse des ventes au Proche-Orient; enfin, la demande en Europe est prévue en baisse pour le deuxième semestre 1980, suite à la crise accrue du bâtiment et de l'automobile. Par ailleurs, devant l'inefficacité du système des prix minima, ceux-ci sont également supprimés pour les coils et toute l'action va se concentrer sur la réduction des quantités produites. La Commission a décidé en juillet 1980 des limitations volontaires par entreprise -par le système des quotas de livraison — pour les produits dits « réglés » : coils, poutrelles, aciers marchands, ronds béton, tôles quarto, tôles minces à froid. En fait, la Commission estime qu'il faut aller plus loin: les entreprises doivent accepter une réduction, non seulement des produits « réglés », mais de la totalité

5. L'Observateur de l'OCDE, mars 1980, * Acier 80. Un symposium de l'OCDE ». P. 6.

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portantes aides publiques qui ont com- partenaires et néanmoins concurrents.

de la production d'acier brut. Il semblerait d'ailleurs que l'on aille vers une réduction des quantités de 10 à 15 % par rapport au deuxième semestre 1979, ce qui aura pour conséquence non seulement un accroissement du chômage partiel mais

En août 1980, la Commission recommande une diminution de 13% de la production d'acier de la CEE pour le quatrième trimestre de l'année, suite à la baisse de la consommation d'acier et à la diminution nette des exportations. Les sidérurgistes italiens refusent cette réduetion et Klöckner adopte la même attitude en cassant les prix en RFA. Ces deux refus sont motivés par la contestation la période de référence prise en compte pour la diminution de production.

Dès septembre 1980, E. Davignon indique que, face à l'effondrement de la conjoncture sidérurgique, la Commission est prête à prendre des mesures plus radicales par le recours à l'article 58 du Traité de la CECA (6) lui permettant de déterminer d'autorité la production par entreprise dans la CEE. Le 6 octobre, la Commission fait savoir officiellement qu'elle est décidée à entamer la procédure amenant à l'application de l'« état de crise manifeste » - done de l'article 58 au vu des éléments suivants : entre mai et juillet 1980, le volume moyen des commandes a baissé de 15 % par rapport à la période correspondante de 1979 ; en seption des capacités de production tombé à 58%; par rapport au début de l'année, les prix ont chuté en septembre de 13%. Les moyens mis en jusqu'à présent par la Commission ne sont plus adaptés, et ce d'autant moins que les producteurs ne respectent volontaires auxquelles ils s'étaient engagés auparavant. Ainsi, lors du deuxième trimestre 1980, les plafonds convenus pour les produits plats ont été dépassés de 25 % par le Bénélux, de 13 % par la RFA et de 16% par l'Italie. La Commission se sent dès lors obligée d'appliquer l'article 58 jusqu'à fin juin 1981. Néanmoins, pour avoir le feu vert, il lui faut d'une part l'avis conforme du Conseil des ministres de la CEE, c'est-à-dire une majorité comprenant au moins deux Etats assurant 1/8 de la production d'acier de la CEE, les Etats en question étant la France, la RFA, l'Italie et la Grande-Bretagne ; d'autre part, un avis positif du Comité consultatif composé des partenaires sociaux (pouvoirs publies, repréenvisagées par la Commission portent sur les quotas de production impératifs pour les produits laminés, implicant les réductions suivantes: 16 à 20% pour coils et feuillards laminés, 13 à 17 % pour tôles quarto et larges plats, 14 à 18 % pour les profilés lourds, 14 à 18 % pour les profilés légers (ronds à béton, fil machine, etc.). Les aussi de nouvelles pertes d'emploi. Enfin, des accords d'auto-limitation ont été conclus avec les pays de l'AELE, la Pologne. la Tehécoslovaquie, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, le Japon, l'Espagne et l'Australie. 2. « CRISE MANIFESTE » OU NON? quotas concernent ainsi 90 % de la production de produits laminés. Il s'y ajoute pour la production totale d'acier brut : elle ne peut dépasser la production d'acier nécessaire pour l'élaboration des produits laminés ci-dessus, plus les 10 % restants. Le caleul prendrait comme base, entreprise par entreprise, le meilleur mois entre juillet 1977 et juillet 1980. La Commission utiliserait des contrôleurs et des moyens informatiques pour veiller à l'application de ces quotas, et compte imposer une amende de 100 dollars US la tonne pour tout dépassement. Enfin, elle demande un budget de 150 millions d'ECU pour financer les mesures sociales, c'est-à-dire - en clair - préretraites licenciements travailleurs résultant l'application des quotas.

Luxembourg 7 octobre 1980, le Conseil des ministres (des Affaires étrangères et de l'Economie) s'est heurté à la résistance très ferme de la seule RFA. Les raisons invoquées par celle-ci sont le caractère trop bureaucratique du système des quotas limitant trop des entreprises, le délai trop court laissé nouveau gouvernement fédéral pour étudier le problème, la base de référence pour le calcul des quotas. Cette base revient, selon les sidérurgistes allemands, à les pénaliser pour avoir restructuré leurs entreprises avant juillet 1977 (en 1974, la RFA produisait 53,2 MT avec 350 000 travailleurs ; en 1978, la production était de 41,3 MT avec 302 000 travailleurs). Ils ajoutent cette restructuration s'est effectuée quasans l'aide des sidérurgies maintenant l'application 58 (Belgique, France, GrandeBretagne) ont laissé subsister des outils dépassés et maintenu des capacités de production excédentaires grâce à d'im-

3. LES RELATIONS CEE-USA Enfin, un des problèmes cruciaux pour la Commission de la CEE concerne les relations avec la sidérurgie des USA. Depuis 1978, les USA imposent à l'importation des prix minima (trigger prices ou « prix-gâchette ») établis, pour chaque variété d'acier, à partir des coûts de produc-

6. L'article 58 du Traité CECA stipule ceci : " En cas de réduction de la demande, si la Haute Autorité (actuellement la Commission de la CEE) se trouve en présence d'une période de crise manifeste et que les moyens d'action prévus à l'article 57 (les moyens mis en œuvre pensé des pertes issues de ce retard dans la restructuration.

Le 10 octobre 1980, les producteurs allemands (y compris Klöckner) annoncent leur décision de revenir au contingentement volontaire antérieur, ce qui rendrait inutile, à leurs yeux, l'application de l'article 58. Par ailleurs, la Commission obtient, les 15 et 16 octobre, l'accord à la fois du Comité consultatif CECA et du Parlement européen, chaque fois à une large majorité, en vue de la mise en application des mesures proposées.

Finalement, une nouvelle réunion du Conseil des ministres a lieu le 25 octobre 1980. Il en ressort que la RFA abandonne le contingentement volontaire et accepte l'application de l'article jusqu'à fin juin 1981. En contrepartie elle obtient qu'il n'y ait ni prix minima ni quotas à l'importation (ce qui aurait pu provoquer des mesures de rétorsion de la part des USA), qu'il n'y ait pas de quotas pour les tubes de pipe-lines, les rails et le fer blanc, bien que ces fabricats resteraient soumis à des contrôles stricts. Le seul problème en suspens concerne les aciers spéciaux (19,5 % de la production allemande, 15,5 % de la production de la que la RFA veut absolument exclure du système des quotas, par crainte des conséquences négatives de cette allemands d'aciers spéciaux. La Commission n'est pas prête - même si elle peut prévoir une certaine flexibilité pour les monoproducteurs en question - à lever les quotas pour les aciers spéciaux car, moyennant quelques manipulations, tous les producteurs pourraient échapper au global des quotas résultant de l'application de l'article 58. Une nouvelle réunion, qui devrait être décisive, était prévue le 30 octobre pour le Conseil des ministres. A l'heure où ces lignes sont écrites, cette réunion n'a pas encore eu lieu. Il reste, en fait, trois possibilités pour le gouvernement de la RFA : bloquer tout le système en usant de son droit de veto (en invoquant les « intérêts essentiels » de son pays), obtenir suffisamment de garanties pour convaincre les monoproducteurs, ou accepter de se faire mettre en minorité par ses huit autres tion et de transfert du producteur le plus compétitif de chaque continent. Toute importation inférieure à ces prix donne lieu à perception de droits compensatoires, si le dumping est effectivement prouvé. Le principal producteur américain, US Steel, avait déposé, en outre, des jusqu'à présent par le Plan Davignon) ne permettent pas d'y faire face, elle doit, après con-

Comité consultatif et sur avis conforme du Conseil, instaurer un régime de

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plaintes anti-dumping contre les producteurs européens d'acier. Après de multiples rebondissements, il semblerait que cette société serait prête à retirer sa plainte, à condition que le gouvernement américain mette en place une politique efficace de protection contre la concurrence étrangère. Il est certain que ce protectionnisme américain a porté un coup très sérieux aux exportations des producteurs de la CEE. Leur moyenne mensuelle d'exportations vers les USA est passée de 564000 tonnes en 1978 à 409 000 tonnes en 1979, pour descendre à 287 000 tonnes en 1980.

Fin septembre 1980, l'administration Carter a publié un « Nouveau programme de l'industrie sidérurgique » qui comporte quatre volets : allongement du délai de mise en place d'un système anti pollution, qui coûte très cher aux producteurs US ; allégement de certaines taxes en vue de la modernisation des installacoûté 60000 pertes d'emploi depuis début 1980 !) et prêts avantageux pour favoriser la recherche technologique; allongement de treize sedes allocations de mise en place de programmes de reconversion pour les ouvriers sidérurgistes licenciés ; rétablissement et adaptation du système des prix minima (trigger prices) en vue d'enrayer la concurrence étrangère « déloyale ». Ces nouveaux prix minima dépassent de 12% les prix minima antérieurs, pour tenir compte de la hausse des coûts de production japonais (pris comme base de référence) et des modifications intervenues dans le taux de change. Cependant, ce nouveau système de prix minima n'empêche pas d'autres mesures annexes : si le total des importations d'acier 1 dépasse 13,7% de la consommation américaine d'acier, le système sera renforcé et, si ce taux dépasse les 15,2 %, les producteurs US seront en droit d'introduire une procédure antidumping. Néanmoins, si la sidérurgie US fonctionne à 87% de ses capacités, aucune mesure de ce genre ne pourra être appliquée. Or, pour le moment, les entreprises sidérurgiques américaines ne fonctionnent qu'à 70,9 % de leur capacité et les importations d'acier représentent quelque 16,3% de la consommation intérieure américaine. Il est dès lors exclu que le volume des exportations de la CEE vers les USA puisse se redresser d'une manière ou d'une autre, d'autant plus que le système de prix minima est prévu pour une durée de trois à cinq ans, de quoi donner le temps aux sidérurgistes américains de se restructurer afin de pouvoir damer le pion à leurs concurrents européens et japonais.

En résumé, on peut dire que le rôle de la Commission de la CEE a surtout consisté à tout mettre en œuvre pour que, malgré les réticences de certains producteurs (surtout en RFA), la compétitivité des entreprises européennes puisse progressivement être restaurée. En cela, la Commission s'est surtout préoccupée des intérêts des producteurs, dans la mesure où elle est la fidèle émanation de l'Europe capitaliste, entraînant des dizaines de milliers de pertes d'emploi pour les travailleurs de la sidérurgie

IV. - Productivité et coûts de production Un des principaux leitmotive des capitalistes de la sidérurgie européenne est, indiscutablement, la question de leurs coûts de production. Qu'il s'agisse de se situer par rapport aux producteurs japonais ou aux « nouvelles sidérurgies », ou qu'il s'agisse de réclamer l'aide des pouvoirs publics, la même plainte revient périodiquement et fréquemment: « La tonne d'acier nous coûte trop cher, nos prix de vente sont trop faibles », et de s'appesantir en général sur les revendications déraisonnables des travailleurs et de leurs organisations syndicales.

Première question : quelles sont les composantes du coût de vente de l'acier brut? On peut les reprendre sous cinq rubriques : matières premières et fournitures, biens et services, personnel, amortissements, autres charges. Pour avoir une idée de la part relative de ces divers types de coûts, prenons un exemple : celui de la sidérurgie belge (Tableau V), dont le patronant se plaint toujours de souffrir des coûts de main-d'œuvre « les plus élevés d'Europe

Un coup d'œil jeté sur ce Tableau V Composantes Matières premières, fournitures, matières consommables, marchandises : Biens et services divers : Personnel : Amortissements, provisions diverses : Autres charges : TOTAL: Source : Banque Nationale de Belgique, Centrale des Bilans. RFA France Italie (DM) (FF) (Lire) 1975 19,68. 28,43 3 881 1978 23,03 41,74 6 231 -17 -46,8 -60,6 Source : Eurostat « Salaires et revenus », février 1980.

européenne. permet de réduire à leurs justes proportions les plaintes patronales: quand ils se plaignent de devoir supporter 9 % de hausses salariales, c'est en fait quelque 3 % de hausse qu'il faudra comparer avec, par exemple, les gains de productivité, qu'ils affichent par ailleurs. Pour situer le • problème, prenons l'exemple de la sidé. rurgie belge en 1979: 6,6 % de gains de productivité à la tonne pour un accroisse. ment de 11,5 % pour les matières premie. res, de 16,6 % pour les biens et services et de 9,4 % pour les dépenses « sociales » (salaires, etc). En fait, cela signifie une hausse globale des coûts de 10,9 % (soit 5,4% pour les matières premières, 2,8% pour les biens et services et 2,7 % pour la main-d'œuvre... Ces chiffres-là, le patronat se garde bien de les donner ! Quant à l'évolution du coût de la main d'œuvre, le Tableau VI donne quelques indications pour la période 1975Ces résultats sont évidemment à pondérer en tenant compte des taux d'inflation - et donc de la hausse du coût de la vie ainsi que de la liaison ou non des saTABLEAU V STRUCTURE DES COUTS DE LA SIDERURGIE BELGE EN 1978

Chiffres absolus % (milliards de FB) 67,964 47 24,111 16,7 42,535 29,4 8,194 5,6 1,536 1,3 144,341 100 TABLEAU VI EVOLUTION DU COUT HORAIRE DE LA MAIN D'OEUVRE 1975-1978

Belgique Luxembourg Grande-Bretagne (FB) (FLux) (livre) 322 277 2 416 355 3,07 augmentations en % 1978-1975

-29,2 -28,2 -53,5

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laires à l'indice des prix - différenciés selon les pays.

Enfin, il est bon d'avoir parallèlement - et compte tenu qu'il faut diviser environ par trois les pourcentages de hausses du coût de la main-d'œuvre pour pouvoir effectuer une comparaison valable avec les hausses de productivité — une idée de l'évolution de la productivité pour les principaux (Tableau VII). La productivité dont il est question au Tableau VII est exprimée en tonnes par travailleur occupé plus employés de la sidérurgie de chaque pays). Le Tableau VII, qui concerne la période 1977-1979, comprend ment des données quant à l'évolution du nombre d'heures d'ouvriers tonne produite. Les chiffres pour 1978 et pour 1979 sont des estimations.

On peut en conclure que, ne s'agit pas de nier qu'il y ait des hausses de coûts (et qu'en général ce n'est pas la

Depuis la rédaction de cet article, I'« état de crise manifeste » a été adopté par le Conseil des ministres de la CEE le 30 octobre 1980. Globalement, la solucontingentement préconisée reavancé plus haut (7). suivant : les entreprises ne produisant pas plus de 6 000 tonnes d'aciers fins et spéciaux ne sont pas soumises aux quotas. d'alliages, il y a des quotas, mais ceux-ci peuvent être dépassés pour les aciers dont la teneur en alliage est d'au moins 5% et prix de vente supérieur d'au moins 30 % au prix des aciers ordinaires correspondants; les aciers inoxydables restent soumis soumis aux quotas. L'ensemble des

EVOLUTION 1977 Productivité totale 148 Heures d'ouvrier par tonne 7,2 Productivité totale 189 Heures d'ouvrier par tonne 6,45 Source : Euroeconomics. (1) Les pourcentages négatifs productivité.

sont pas négligeables. En effet, pays producteurs

(ouvriers travailleurs se sont, égalepar sidérurgistes de la CEE.

s'il

ADDENDUM

« exceptions » touche ainsi environ 20% de la production européenne (puisque les tubes de pipe-line, les rails et le fer blanc également au d'acier qui l'application de l'article 58 du Traité par trimestre juin 1980), et

Pour les aciers pays tiers.

à la situation des principales entreprises

TABLEAU VII

France

1978

1979

177

163

6,7

6,4

RFA

216

239

5,9

5,5 traduisent la main-d'œuvre qui augmente le plus), il y a lieu d'interpréter correctement les données fournies à cet égard par le patronat de la sidérurgie. Par ailleurs, on remarque également que les gains de productivité ne plaint d'un surtout sur des réductions massives de l'emploi que se sont concentrés les efforts réunis de la bourgeoisie capitaliste de la sidérurgie, des gouvernements respectifs et de la Commission de la CEE. Si les pas encore plus dividence importantes, c'est surtout parce que les dans plusieurs cas, opposés à ces réductions, vis-a-vis desquelles la bourgeoisie n'a en général aura aucune solution valable de reconversion à proposer. Leur seule « solution », c'est le cière bureau de pointage ou des préretraites brutales pour des dizaines de milliers de

(ceux-ci Michel CAPRON 28 octobre 1980. Quant à la diminution de la pro- tructurations est attendue de même quant CECA, elle se situe entre 17,4 et 21,5 % par rapport à la période de référence

Centre juillet 1977 et elle oscillerait autour de 14,2% par rapport au dernier trimestre de 1979. Par ailleurs, la Commission

« Accord des de la CEE tente de réduire de 15 % les importations d'acier en provenance de

* British Les dernières informations relatives DE LA PRODUCTIVITE DES PRINCIPAUX PRODUCTEURS CEE, 1977-1979

Italie 1979-1978 1977 1978 - 8,5 239 250 - 4,5 (1) 5,43 5,3 Grande-Bretagne +11 118 122 - 7 11,7 10,8 diminution du nombre d'heures d'ouvrier par tonne, ce qui équivaut done à des hausses de sidérurgiques de la CEE indiquent des évolutions en sens divers. Ainsi, pour les neuf premiers mois de 1980, Estel accuse une perte de 267 millions de florins néerlandais (FL), la sidérurgie italienne se excès d'importations provenance des pays tiers tandis qu'Italsider ne tourne qu'à 58% de sa capacité. En RFA, Klöckner et Krupp Stahl prévoient des résultats en équilibre pour 1980, le groupe Thyssen, lui, annonce un de 8% par action! Hoesch (branche allemande d'Estel), par contre, se dit obligé de retarder la construction d'une nouvelle aciérie à l'oxygène, ce qui des répercussions néfastes l'emploi. En Belgique, la situation finandu Triangle reste précaire, tandis que la British Steel (BSC) s'apprête à réclamer de nouveaux crédits publics

Sont atteint, pour 1980, 850 millions de livres).

En définitive, il est encore trop tôt pour mesurer les effets, sur les prix de vente et la situation financière des entreprises sidérurgiques de la CEE, de l'application de l'« état de crise manifeste ». Ce qui est par contre d'ores et déjà certain, c'est que les travailleurs de la sidérurgie devront payer la note, une note dejà bien trop lourde depuis le début de la crise actuelle : chômage partiel, planification de nouveaux licenciements, resindustrielles accélérées. Quant à la reconversion industrielle et aux mesures d'aides sociales (dont le montant devrait atteindre la somme relativement faible - eu égard

7. Sur les effets de et les réactions aux mesures décidées par la CEE, voir : le Monde,

Neuf sur l'acier », ler novembre 1980 : Financial Times, « Steel quotas hit at the heart of the Ruhr », 12 novembre 1980 :

Steel: reconstructing the balancesheet », 21 novembre 1980 : « West German Steel Industry : Signs of resilience despite the old problems », 21 novembre 1980.

1979 1979-1978 % 260 - 4 5 - 5 131 + 7,5 9,5 - 12

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sciani : à la recherche d'une dimension ». 22 juin 1979 : « Sidérurgie allemande : un nouaux dizaines de milliards engagés pour « sauver » les entreprises - de 4,5 mil-. liards de FB en 1981), le Conseil des ministres de la Communauté s'avère incapable de prendre une décision. La disproportion est flagrante : la stratégie de la CEE en matière sidérurgique (comme dans bien d'autres secteurs) est de prendre des mesures - même si elles ne rencontrent pas les intérêts de tous les patronats — destinées à rétablir la « rentabilité » capitaliste. Par contre, quand il s'agit d'imaginer des solutions pour lutter contre la perte de 192 000 emplois dans la sidérurgie de la CEE (792 000 travailleurs en 1974, et seulement 600 000 en 1980), c'est le vide...

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