Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IRLANDE

Après l'attentat contre Bernadette Devlin et son mari

· Inprecor n° 96, 2 mars 1981 · p. 32 · 858 mots

Irlande Grande-Bretagne

Une déclaration de l'organisation « People's Democracy »

IRLANDE

ELON une dépêche, expédiée de Belfast par l'envoyé

S spécial dintercontinental Pres, Ger Boley Etablisen

Devlin et son mari Michael Mc Aliskey se rétablissent blessures qu'ils ont reçues dans l'attentat rapidement des monté contre eux le 16 janvier dernier. Michael est sorti de l'hôpital et Bernadette pense pouvoir rentrer chez elle d'ici quelques semaines.

Elle a exprimé son désir de reprendre aussitôt que possi-

« People's Democracy » condamne la d'assassinat

Bernadette, membre fondateur de « People's Democracy » et organisatrice de la Campagne contre les Block H et Armagh, et contre

Il ne fait pas de doute qu'il y a une campagne orchestrée pour assassiner les dirigeants de la campagne sur les Block H.

Deux autres membres du Comité national de la Campagne contre les Block A et Armagh, Miriam Daly et Noel Little, ont déjà été assassinés, ainsi que trois autres dirigeants de la campagne, John furnley,

Ronald Bunting et Tony Valenti.

Pour chacun de ces meurtres, l'armée britannique et le RUC (Royal Ulster

Constabulary), si discrédités, n'ont pas manifesté la moindre hâte pour arrêter les

Au contraire, ils auteurs de ces crimes.

ont exprimé leur satisfaction cynique devant ces attentats. L'attentat par balles contre Bernadette n'est que le dernier incident en date, et le plus infâme, de la longue liste d'horreurs perpétrées par les

Britanniques et leurs alliés loyalistes. La

Campagne contre les Block H et Armagh, qui est une campagne légale et ouverte, doit faire face aux attaques haineuses des

Britanniques et de leurs supplétifs, qui harcèlent, tentent d'intimider, et finalement assassinent les défenseurs des prisonniers politiques.

Il ne peut pas y avoir de réquisitoire plus sévère les prétentions de contre l'Etat fantôche des six Comtés d'être un jour un Etat démocratique. La minorité catholique est soumise, jour après jour, à ces attaques haineuses, légales ou illégales, perpétrées par les forces de la couronne britannique.

C'est parce que les Britanniques savent qu'ils ne peuvent pas éliminer totalement toute la population anti-impérialiste, qu'ils ont recours à l'assassinat contre nos dirigeants et qu'ils tentent, par la terreur, de nous soumettre. Ils craignent plus que tout la dynamique engagée par la Campagne contre les Block H et Armagh. Les mobilisations de masse dans toute l'Irlande ont frappé de stupeur les

Britanniques qui pensaient avoir brisé no-

Après l'attentat

dans cette épreuve. ianvier contre les Me Aliskey. tre volonté de résistance. Ils avaient compté sans l'instinct de justice irréductible du peuple irlandais, que Bernadette avait largement contribué à ranimer. Non seulement les Britanniques ont été contraints de concéder un accord, mais ils sont aujourd'hui forcés de l'appliquer, après avoir tenté de le faire passer aux oubliettes. La seule force capable de faire tenir sa parole au gouvernement britannique, et capable demain de l'expulser d'Irlande, c'est la mobilisation de masse du peuple irlandais.

C'est parce que Bernadette avait compris cette vérité simple qu'elle est aujourd'hui la cible des assassins et qu'elle se retrouve, grièvement atteinte, avec son mari, à l'hôpital.

Et qu'en est-il du gouvernement irlandais ? Le Premier ministre Charles Haughey, va prendre le thé avec Margaret Thatcher, mais il se révèle incapable de demander publiquement que les Britanniques cessent leur campagne de terreur. Il refuse de soutenir ouvertement les revendications des prisonniers des Block H et d'Armagh alors que l'immense majorité du peuple irlandais voudrait le voir prendre position dans ce sens. De quoi a-t-il peur ?

A moins que le gouvernement irlandais ne demande publiquement, et sans la moindre équivoque, au gouvernement britannique de désarmer et de dissoudre ble son combat pour la cause irlandaise, en dépit des risques qu'elle encourt. La chambre de l'hôpital de Bernadette croule sous le déluge des télégrammes, des fleurs et des flots de visiteurs qui viennent lui exprimer leur sympathie et leur soutien

Nous publions ci-dessous la déclaration publiée par l'organisation « People's Democracy » sur l'attentat du 16

Bernadette Devlin le RUC et l'UDR (Ulster Defence Regiment) et leurs comparses des milices privées et des groupes paramilitaires loyalistes, le peuple irlandais ne pourra que constater et condamner sa couardise son cynisme. Car, en définitive, c'est là le seul moyen de sauver les vies que le gouvernement irlandais dit vouloir protéger. Charles Haughey et le Fianna Fail

(le parti au pouvoir en Irlande) portent une lourde responsabilité dans la vague de terreur qui a été déclenchée contre la population et les dirigeants nationalistes de l'Ulster.

Bernadette a montré le véritable chemin qu'il faut suivre : il faut lutter contre les Block H et Armagh jusqu'à la victoire.

Il ne faut compter que sur nos propres forces et obliger ceux qui prétendent parler en notre nom à faire ce que nous disons; qu'ils soient dans le Fianna Fail, le SDLP (Parti social-démocrate et travailliste) ou à la tête du mouvement syndical, nous devons les forcer à agir dans notre intérêt. Sinon, il ne nous restera qu'à agir par nous-mêmes, comme nous l'avons fait pour la campagne contre les

Block H et Armagh.

Que la famille, les voisins et les amis de Bernadette et Michael soient assurés de notre sympathie.

« People's Democracy »

16 janvier 1981.

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