Inprecor 1974–2004

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EUSKADI

9 février : grève générale contre l'ETA / 16 février : grève générale pour la mort d'un militant de l'ETA

· Inprecor n° 97, 16 mars 1981 · p. 18-19, 19-21 · 4 910 mots

Euskadi Syndicalisme État espagnol

EUSKADI L'article qui suit a été rédigé le 20 fevrier, trois jours avant le coup d'Etat, par José Vicente Ydoyaga, membre de la direction de la LCR-LKI. José Vicente YDOYAGA

Durant la nuit du 6 février 1981, l'organisation ETA exécutait l'ingénieur en chef de la centrale nucléaire de Lémoniz - José Maria Ryan —, qu'elle avait enlevé une semaine plus tôt en exigeant qu'au cours de ce délai soient entrepris les travaux de démolition de cette centrale Lundi 9 février, c'était la grève quasi générale dans les provinces de Biscaye, Guipuzcoa et Alava. L'après-midi, des milliers de manifestants parcouraient les rues des capitales de ces provinces pour protester contre l'exécution de Ryan et exiger la « Paix pour Euskadi ! ».

Au cours de l'après-midi du 13 février, le militant de l'ETA José Arregui Izaguirre mourait sous la torture dans un commissariat. Le lundi 16, la grève était générale dans tout l'Euskadi, et cette fois-ci y compris dans la province de Navarre (1), et des manifestations massives se produisaient l'après-midi de ce même jour dans les quatre capitales basques. A l'occasion de cette journée, il y eut deux appels à la grève générale différents et politiquement contradictoires. Le sous le même mot-d'ordre que la semaine précédente : « Pour la paix ! », était le fait du Parti nationaliste basque (PNV), de Euskadiko Eskerra, du PSOE et du PCE. L'autre appel, « Contre la torture, pour l'amnistie des prisonniers politiques ! » était le fait des mêmes forces qui s'étaient opposées à l'appel à la grève générale du 9 février : Herri Batasuna, LAIA et la gauche révolutionnaire dont les forces les plus consistantes étaient représentées par la LKI (LCR) et l'EMK (MCE) (voir encadré). Les manifestations de l'après-midi, dans chaque capitale, eurent chacune deux cortèges bien séparés, le plus important étant celui formé par Herri Batasuna, LAIA et la gauche révolutionnaire.

La formule de « labyrinthe » est fréquemment utilisée pour parler d'Euskadi, mais le véritable problème est celui de la confusion politique qui est une terrible réalité au sein du mouvement ouvrier et populaire d'Euskadi, c'est le problème d'une division extrêmement forte, et même d'un sentiment d'affrontement qui existe entre deux secteurs de la classe ouvrière.

Ces dernières semaines, à la suite de d'un militant de l'ETA la désignation d'un nouveau président du Conseil du gouvernement, on a pu entendre dire que la démission du président du Conseil Adolfo Suarez exprimait formellement la fin de la période de la transition politique, de la dictature au régime parlementaire en Espagne. Au cours de la transition, l'Euskadi a représenté la résistance à la Réforme politique, la volonté de la faire voler en éclats et d'ouvrir le chemin à la « rupture démocratique ». Au cours de cette période, les positions électorales du parti bourgeois au gouvernement, l'Union du centre démocratique (UCD), se sont détériorées au Pays basque en même temps que sa crédibilité, au point de sombrer dans le ridicule. Mais, dans le même temps, étaient en gestation au sein du mouvement ouvrier et des nationalistes différences, affrontements et ruptures qui allaient se manifester lors de la mort de Ryan, et cette situation peut en arriver à signifier la dilapidation du potentiel de mobilisation existant en Euskadi.

Les premières élections générales de 1977 ont fait du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) le parti majoritaire en Euskadi. Mais le PSOE s'est complètement déconsidéré dans la politique des « pré-autonomies » concoctée par le gouvernement de l'UCD. Sur le plan pratique, cette politique a signifié la remise à plus tard d'une solution politique du problème aigu des nationalités, en ouvrant un processus juridico-politique complexe qui devait permettre en fait au pouvoir central de maintenir ses prérogatives comme au-

Le problème national existant au Pays basque était trop profond pour être traité de la sorte. Le PNV a trouvé dans cette situation le cadre le plus adéquat pour ne pas se voir compromis dans le processus de la Réforme politique qui

1. Tout ce qui se passe dans la province *de Navarre a une importance toute particulière Le gouvernement central a jusqu'à maintenant toujours refusé le rattachement de la Navarre à la communauté basque. Il existe une lutte permanente et acharnée entre les secteurs réactionnaires des notables locaux qui défendent - aux côtés du PSOE — Pexistence séparée de la Navarre, et le reste des forces qui s'y opposent et qui exigent son rattachement au Pays basque.

2. Le 25 octobre 1979 s'est déroulé le référendum sur le statut d'autonomie en Euskadi. Ces élections ont connu un taux de participation de 60 %, alors que Herri Batasuna et la gauche révolutionnaire avaient appelé à l'abstention (le référendum sur la Constitution avait connu un taux d'abstention de 51 %, le PNV et Euskadiko Eskerra ayant également appelé cets'imposait par le biais de la présence massive des policiers dans les rues et sur les routes d'Euskadi. Le PNV put de la sorte s'opposer à la Constitution et apparaître, même si c'est de manière générale, comme en opposition à la politique de PUCD en Euskadi.

Parallèlement, la radicalisation engendrée par la situation dans certains secteurs du mouvement ouvrier et de la jeunesse, donnait à Herri Batasuna une base de masse qui ne se contentait pas de capitaliser une position indépendantiste face au pouvoir central, mais en faisait un élément de résistance sociale, terrain abandonné aussi bien par le PSOE que par le PCE et les syndicats.

Le résultat de tout ce processus a été l'échec total de l'UCD et du PSOE, et la croissance spectaculaire du PNV et de Herri Batasuna, qui se sont également exprimés lors des consultations électorales

La dispersion organique de la classe s'est vue confortée, dans ces conditions, par de fortes tendances centrifuges au sein même du mouvement ouvrier dont la dispersion syndicale est une expression significative (voir encadré).

La visite officielle du monarque en Euskadi, le 3 février dernier, a permis de fixer comme sur une photographie les attitudes et les positions des différents partis au cours de tout le processus de la

Pour les dirigeants du PNV, cette visite - maintenue, de plus, malgré la démission du gouvernement Suarez deux jours plus tôt —, avait la signification d'un appui de la part du roi au cadre du statut en vigueur et à la gestion majoritaire du gouvernement nationaliste basque dans ce cadre (2). En contrepartie, l'appui à cette visite signifiait de la part du PNV sa reconnaissance de l'institution suprême de te fois à l'abstention). Le 25 octobre 1980 se sont déroulées les élections au Parlement basque. Depuis lors, le gouvernement central de PUCD s'est employé à geler le transfert des compétences au gouvernement basque, ce qui a motivé le retrait du PNV du Parlement central (Madrid) pendant plusieurs mois. Enfin, au cours de ces derniers mois, le transfert des compétences a commencé à s'opérer jusqu'à ce que, le le 27 décembre 1980, soit signé l'« Accord économique entre le Pays basque et l'Etat », qui abandonne aux mains du gouvernement basque une grande partie des questions économiques. Cela a modifié l'attitude du PNV qui a affirmé depuis que, désormais, il pouvait « gouverner ». Cet accord a pourtant été fortement critiqué par les secteurs réactionnaires de l'appareil d'Etat.

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l'Etat espagnol et, en même temps, dans une certaine mesure, la reconnaissance de la Constitution qu'il avait rejetée en son temps. Mais un secteur de ce même PNV se montra durement opposé à cette visite du roi. C'est ce qui explique que les dirigeants de ce parti aient combiné la plus grande des courtoisies officielles dans l'accueil réservé au roi, avec une mobilisation absolument inexistante militants dans la rue pour manifester leur appui à la visite du roi.

L'UCD et les partis de la droite, incapables de leur côté de parvenir à la moindre mobilisation pro-monarchique, se sont contentés de sonner le rassemblement de leurs troupes lors des arrivées du roi pour lui manifester leur appui... sans beaucoup de succès. Ce ne furent qu'à peine 300 personnes qui reçurent le roi à son arrivée et la plus grande « concentration » en appui à Juan Carlos s'est trouvée réduite aux dimensions de 3 000 personnes sur une place de Bilbao où le roi salua le public et prononça une allocution.

Le PSOE fut sans nul doute le meilleur défenseur de cette visite royale, au point d'adopter des attitudes réellement hystériques en regard de la chaleur toute relative de l'accueil réservé à Juan Carlos. Le PSOE a appelé publiquement à recevoir le roi et, pour ce faire, il a fait campagne au coude à coude avec la droite la plus rétrograde. Le PSOE a accusé le PNV de n'organiser aucune mobilisation en faveur de la monarchie. Le PSOE a été jusqu'à déclarer publiquement qu'il cherchait à éviter que le roi ne prononce des mesures de grâce en faveur des prisonniers politiques de l'ETA.

De l'autre côté de la barricade, Herri Batasuna, LAIA, LKI, EMK et plusieurs autres organisations populaires impulsaient une campagne contre la visite du roi. L'épisode le plus connu — puisqu'il a été retransmis à la télévision - s'est produit à Guernica, ou le roi a prononcé un discours devant les parlementaires et les corps constitués des autres institutions basques. Lorsque Juan Carlos a commencé à parler, les représentants de Herri Batasuna et de LAIA présents dans la salle se levèrent et commencèrent à chanter le Eusko Gudariak (hymne qui est devenu un symbole de la volonté d'indépendance nationale d'Euskadi) ; ils furent alors tous violemment expulsés de la salle.

EUSKADI ET LA VIOLENCE Le maintien et la continuité de l'appareil répressif du franquisme a constitué une source permanente de conflits en Euskadi. Les agissements de cet appareil répressif ont été la cause de nombreux morts - surtout des militants de T'ETA -, et ils ont entraîné de nombreuses grèves générales et de multiples mobilisations.

Ces ripostes massives à la répression ont toujours dû compter avec l'abstentionnisme du PSOE, du PCE, des Commissions ouvrières (CCOO) et de l'UGT, quand ce n'est pas avec leur opposition ouverte. Tout au contraire, ces partis et ces syndicats sont apparus actifs sur bien

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d'autres terrains, comme la participation et l'appui à toutes les dispositions légales visant à laisser toutes latitudes aux forces répressives ; l'utilisation des débats parlementaires (par exemple celui du « vote de censure » contre Adolfo Suarez proposé par le PSOE) pour exiger une augmentation des effectifs des forces policières en Euskadi ; l'appui à des lois comme la loi anti-terroriste que le Parlement a élevée au niveau de loi organique à l'automne passé et qui permet, entre autres choses, de prolonger la garde des détenus pendant 10 jours dans un commissariat (c'est de l'application des dispositions de cette loi qu'est mort assassiné José Arregui Izaguirre) ; l'appel, en même temps que l'UCD et d'autres forces, à des manifestations et à des « fronts » « anti-terroristes ».

Le sommet de toutes ces attitudes, le PSOE l'a atteint lors de la session du 13 février dernier du Parlement basque. Le Parlement a approuvé, avec les votes favorables du PNV, de Euskadiko Eskerra et du PCE, une motion demandant au Parlement central (celui de Madrid) la révision et la possible abrogation de la Loi de sécurité des citoyens (la loi anti-terroriste) ; cette exigence s'est faite jour, principalement, à la suite des nombreuses dénonciations de tortures infligées au cours de ces derniers mois. Le PSOE, quant à lui, taxa cette motion de « non conforme à la Constitution », et il vota contre. Une demi-heure après ce vote au Parlement, fut connue la nouvelle de la mort de José Arregui Izaguirre des suites des tortures qui lui avaient été infligées dans un commissariat. Les dénonciations de complicité avec les tortionnaires et ce crime d'Etat, contre le parti de Felipe Gonzales, ont fini par prendre un caractère réellement

L'attitude du PSOE d'Euskadi, tendant à accroître sa « crédibilité » en tant que parti face à la droite, à l'armée, à la police au niveau de l'Etat espagnol tout entier, a été la source d'une division considérable au sein du mouvement ouvrier. On comprend, dès lors, que les déclarations du PSOE se présentant comme une « alternative de gouvernement » à l'UCD n'ait pas suscité tellement d'illusions ni tellement d'espérances au sein du peuple basque.

De l'autre côté du spectre politique, il y a l'ETA-militaire et les secteurs de masse qui l'appuient et avec laquelle ils confluent politiquement; il s'agit avant tout de Herri Batasuna. En considérant le cas de l'ETA-militaire, faut prendre garde de ne pas l'assimiler à des organisations comme les Brigades rouges italiennes ou des organisations de ce genre. Cette organisation constitue la direction politique reconnue comme sienne par un large secteur du mouvement de masse, particulièrement au couches ouvrières, de la jeunesse et de la petite bourgeoisie. On peut même dire que la ligne de l'ETA-militaire hégémonise les organisations Herri Batasuna et la KAS (3).

Le courant constitué par les organisations KAS et Herri Batasuna est, avec toutes ses nuances, le courant de masse le plus influent à la gauche du PNV et c'est lui qui a galvanisé tout a long de ces dernières années la volonté la plus résolue de résistance à la Réforme politique. C'est de la politique concrete de ce courant que dépendait le fait que la radicalisation qu'il capitalisait entraîner des secteurs encore plus larges

3. Herri Batasuna (HB) est une coalition électorale, alors que la KAS (Coordination nationaliste et socialiste) est le regroupement des fronts de masse de ce courant (le syndicat LAB, le mouvement de quartier ASK, le front de la jeunesse JARRAI), avec le parti politique HASI, la coalition électorale Herri Batasuna et l'ETA-militaire.

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port avec la conception selon laquelle ce « autonomes » et même l'opposition du

Le premier tract de l'Union de Madrid des Commissions ouvrières (CCOO) appelait à la grève générale. Mais, très vite, à la suite de la déclaration du PCE, les dirigeants des Commissions ouurières devaient faire machine arrière et expliquer que le roi était devenu la dernière barrière espagnol, appela quant à elle à la grève générale, pour le jugement des responsables du coup d'Etat

1 point de se convertir en un obstacle chaque fois plus fort au centralisme et à la répression. Cela ne s'est pas passé et, pour comprendre pourquoi, il faut aborder trois positions politiques caractéristiques de ce courant.

Tout d'abord, son refus d'utiliser les instruments parlementaires que les résultats électoraux lui avaient donnés, tant au niveau du Parlement central qu'au niveau du Parlement basque, qu'au niveau des députations provinciales.

La thèse selon laquelle, si l'on voulait faire avancer la lutte contre la Réforme, il ne fallait pas participer aux institutions parlementaires mais seulement aux luttes qui se menaient dans la rue et créer un organisme censé représenter un contre-pouvoir face à ces institutions (ce qu'on a appelé l'EHBN, Euskal Herriko Biltzarre Nazionala ou Assemblée nationale du peuple basque), a été un véritable échec. L'EHBN n'a pas commencé le moins du monde à se construire, trois ans après l'annonce de sa création. Et elle ne va pas surgir du jour au lendemain, sauf si l'on en fait une pure construction d'appareil ne regroupant que les seules forces déjà regroupées dans la KAS. Le plus grave est que cette attitude a laissé les mains beaucoup plus libres au PNV. Le large secteur de masse qui suit Herri Batasuna n'a pas disposé de cette tribune au Parlement, qui aurait pu lui servir à s'opposer au mieux aux manœuvres de répression et d'isolement organisées par la droite, pour se regrouper plus facilement et servir d'appui aux luttes menées dans la rue et, enfin, pour mettre au pied du mur les partis parlementaires de gauche.

En second lieu, il faut signaler la combinaison entre la ligne sectaire dans le travail de masse et la faible organisation du courant qu'elles influencent ; cette faiblesse dans l'organisation et le développement du mouvement est à mettre en rappour défendre les libertés démocratiques. La et l'épuration de l'appareil d'Etat et la dissolution des corps répressifs (DR).

ALTO AL GOLPE MILITAR FASCISTA A LA HUCLGA GENERAL La erupcion ue woo aar as Cirers amague al sando Cel Sanitole Co DEFENDAMOS LAS LIBERTADES DEMOCRATICAS AMENAZADAS POR EL TODOS A LA HUELGA GENERAL POR EL PROCEEAMIENTO DE LOS RE RACION DE LOS APARATOS DE ESTADO Y POR LA DISOLUCION DE LOS A LA HUELGA GENERAL COMITE EJECUTIVO DE LA LIGA COM LCB -JCR JUVENTUDES COMUNISTAS REVOLUCIONARI qui est décisif, c'est la « délimitation politique » des organisations de masse, c'est- à dire leur adhésion à la KAS.

En troisième lieu - et c'est en bonne partie le produit des deux conceptions donné la première place à l'appui à la mentionnées plus haut - ce courant a lutte armée de l'ETA comme forme d'acpolitique, par dessus toute considération. Cette mise au premier plan de l'activité de l'ETA-militaire, cette dépendance de toute l'activité de masse de ce courant du nationalisme radical vis-àvis des initiatives du groupe armé, de l'avant-gardisme de ce dernier, se sont transformées en véritable goulot d'étranglement pour avancer dans l'organisation des secteurs qu'il influence et regroupe. La logique de l'action de masse de ce courant et de chacune de ses organisations, s'est trouvée en permanence bloquée par la logique propre de l'ETA-militaire. Il est significatif à cet égard deux jours seulement après l'initiative prise par les élus de Herri Batasuna en présence du roi, l'ETA-militaire exécute José Maria Ryan. La polarisation politique engendrée par la présence active — pour la première fois - des élus de Herri Batasuna au sein des institutions parlementaires, est immédiatement tombée dans l'oubli.

Cet ensemble de facteurs a profondément modifié l'attitude politique du peuple basque sur le problème de la violence. N'existe plus cette situation où le peuple basque se reconnaissait clairement dans l'activité de l'ETA et percevait clairement que son action était dirigée contre Les potentialités existantes ont été se dilapidant et ont laissé place à une profonde lassitude. De plus, il faut ajouter que si, dans une première phase de la Réforme politique, l'absence des institutions comisiones obreras A TODOS LOS THABAJADENES, AL PUEBLO DE MADRID

Reunida con carocter urgente 1n Conislón Ejecutiva de la Unión de Madrid de CC.00. y en vista de los graves acontec!mientos produeldos por la toma del Tarlamento por un pelotón de la Guardia Civil y el consigulente secuestro de los representon tes del pueblo, en un intento de terminar con las libercadas Instituctones democráticas, hanos decidido llamar a coda la cla se obrera y a todo el pueblo de Marid a la defensa activa de = La Constitución, del Parlamento y de las tIbertades, convocando • la Huelga General permaneciendo pecíticasente en los centros

Así aismo llamamos a codis las fuerzas aindlenles, pg lEticas y ciudadanas a que secunden este llanamiento en defensa

Madrid, 23 de Felirero 21,30 de In noche

PNV rendaient l'activité de l'ETA-militaire plus proche, comme faisant partie de l'ensemble de l'opposition populaire, l'institutionnalisation de l'« autonomie » et l'auto-exclusion de ces institutions des élus de Herri Batasuna, a fini par faire apparaître à d'amples secteurs du mouvement de masse l'ETA-militaire comme un obstacle aux conquêtes nationales par la voie par-

Avec prudence, et en s'efforçant de ne pas l'affronter ouvertement, le PNV a profité de la situation pour animer tout un courant de masse pour la paix et contre l'ETA-militaire, avec la perspective de marginaliser tous les secteurs les plus combatifs existant en Euskadi.

L'occasion utilisée par le PNV pour mobiliser - cette contre l'ETA-militaire a été l'exécution de José Maria Ryan. LES DEUX GREVES GENERALES

Dès l'annonce de l'enlèvement de José Maria Ryan, une Commission ad hoc a été constituée pour demander sa libération. Cette Commission a utilisé les méthodes d'action des révolutionnaires : peintures sur les murs, affichages, recherche d'appui à des motions de secteurs de la population, etc., sans négliger pour autant une large utilisation des grands moyens de communication de masse. Certains secteurs du mouvement ouvrier et de ses syndicats - fondamentalement le secteur influencé par le PSOE —, ont été à l'avant-garde dans l'activisme de ce

Ni la nécessité de laisser à Herri Batasuna la possibilité de capitaliser sa riposte au voyage du roi, ni la campagne pour la libération de José Maria Ryan qui avait déjà rassemblé plus de 10 000 personnes dans une manifestation à Bilbao, ni la campagne en faveur du nucléaire que la compagnie « Iberduero » était en train de mener en utilisant l'affaire Ryan, ni le fait que 200 techniciens de cette société s'étaient engagés à en empêcher la mise en marche s'il n'y avait pas auparavant suspension des travaux et organisation d'un référendum démocratique, ... rien de tout cela n'a fait dévier-l'ETA-militaire de sa logique, et José Maria Ryan a été exécuté durant la nuit du 6 février.

La grève générale a été appelée par le PNV, le PSOE, le PCD, Euskadiko Eskerra, UCD et AP et les syndicats ELA-STV, UGT et Commissions ouvrières (CCOO). Le gouvernement basque a décrété le lundi 9 février jour de deuil. Et ce jour a été celui d'une grêve effectivement quasi générale dans toutes les provinces basques, excepté la Navarre, et les manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Mais la participation de la majorité des travailleurs à la grève était contrebalancée en importance par le ralliement de la petite bourgeoisie à la grève et sa participation massive aux manifestations. Ce secteur de la population est majoritairement influencé

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influence marginale au niveau des élections syndicales, si on la compare avec celle des trois autres principaux syndicats, mais son influence est notable sur certaines franges militantes syndicalistes, surtout dans la province de Guipuzcoa.

Euskadi par le PNV, mais le nationalisme radical y jouit également d'une influence notable. Dans des zones importantes de la province de Guipuzcoa, l'appui qu'apporte la petite bourgeoisie à Herri Batasuna a toujours eu un caractère particulièrement

A la suite de l'appel à la grève générale, et après le succès qu'elle a remporté, on a vu déferler une impressionnante campagne de manipulation de l'opinion et de récupération politique par la droite - depuis le PNV jusqu'au gouvernement central —, et par l'entreprise « Iberdues'est présentée en victime du terrorisme, en même temps que s'installaient la désorientation et la perplexité chez Herri Batasuna et d'autres forces de la gauche révolutionnaire.

Sans avoir besoin d'exagérer notre rôle, on peut dire que seuls la LKI et LAIA ont compris et expliqué d'un point de vue de gauche ce qui était en train de se passer. De fait, la LKI fut au cours de cette semaine la seule organisation capable, par voie de presse et particulièrement par le journal Egin, de produire des analyses et de proposer des alternatives à la situation. Herri Batasuna n'est pas parvenu à faire une seule déclaration politique ni même un communiqué de presse. Le communiqué publié par la seule organisation participant en tant que parti politique à Herri Batasuna, HASI, n'a pas dépassé le niveau de la dénonciation des manipulations opérées par les mass media. On peut expliquer cette situation par le fait qu'il n'était possible d'analyser la situation et de fournir une alternative que du point de vue d'une orientation politique comme celle de la LKI, qui se situe sur un plan opposé à la lutte armée minoritaire et à la subordination de la lutte de masse à cette dernière.

La LKI a appelé ouvertement à ne pas répondre à l'appel à la grève générale, et elle a expliqué, tout en critiquant sévèrement-l'ETA-militaire, comment et pourquoi cette grève ne pouvait que profiter à la droite. La LKI a combattu les arguments qui cherchaient à identifier la tenue de la grève générale avec une progression du poids de la classe ouvrière dans la société, avec un progrès du rôle d'avant-garde de la classe ouvrière par rapport à la lutte armée. La LKI a appelé à la tenue d'assemblées dans les entreprises et les localités, et à la publication de leurs conclusions. La LKI a publié une déclaration politique (l'unique dans toute la gauche révolutionnaire d'Euskadi), elle a collé de nombreuses affiches d'explication sur les murs des villes et des villages, ete. De plus, il faut signaler qu'au cours des nombreuses assemblées qui se sont déroulées, l'impact des arguments que nous avons développés a été très important, et que, par exemple, des secteurs entiers de Euskadiko Eskerra n'ont pas répondu à l'appel à la grève générale lancé par leur direction, et ont défendu ensemble avec nous la position qu'il ne fallait pas la faire. Dans une série d'entreprises significatives, le vote en faveur de la grève n'a été majoritaire que de justesse et, ce qui est plus important, nous sommes parvenus à

UN PANORAMA SYNDICAL COMPLEXE la suite de la rupture de ces derniers avec le syndicat LAB.

vrières (CCOO) et l'UGT. ce que la tenue des assemblées et la réflexion qu'elles ont ouvert fassent baisser la crispation et l'atmosphère d'affrontement entre travailleurs eux-mêmes.

L'encouragement que la droite a reçu avec cette grève a connu son expression la plus extrême, comme à l'accoutumée, dans le secteur le plus réactionnaire de cette société : la police. Le militant de l'ETA José Arregui mourait le 13 février à Madrid, après avoir passé — en application de la loi anti-terroriste - 10 jours dans un commissariat. Son corps portait des traces évidentes de coups, de brûlures et d'autres types de torture.

Le PNV, le PSOE, le PCE, Euskadiko Eskerra, l'ELA-STV, l'UGT et les Commissions ouvrières (CCOO) - cette fois sans l'appui de l'UCD gouvernementale ni de l'Alliance populaire de droite - appelèrent à la grève générale pour le lundi, sous le même mot-d'ordre que la semaine précédente : « Pour la paix ! ». L'explication avancée dans cet appel se livrait au jeu de balance consistant à placer au même niveau l'une et l'autre mort. Les forces qui se mirent d'accord pour formuler l'apoel en ces termes décidèrent d'exclure de la réunion toutes les autres formations.

De leur côté, Herri Batasuna, LKI, LAIA, EMK, LAB et d'autres forces lancèrent également un appel à la grève générale « Contre la torture et pour l'amnistie pour les prisonniers politiques ! ».

Le lundi 16 février, des assemblées se sont tenues dans de nombreuses entreprises et la grève fut vraiment générale, incluant même, cette fois, la Navarre.

L'après-midi du même jour, roulerent les manifestations, séparées en deux blocs. L'engagement - pour lequel la LKI a durement bataillé - qu'il n'y aurait pas d'affrontement, détendit quelque peu l'extraordinaire tension ambiante. Les manifestations « Pour la paix !» nombre de manifestants notablement inférieur aux autres. A cette occasion, le PSOE se fit remarquer en n'amenant quasiment aucun de ses militants à une manifestation pour la mort du militant de l'ETA, alors qu'il avait jeté toutes ses forces dans les manifestations de la semaine précédente.

Le cri de « Gora Eta militarra ! » (Vive l'ETA-militaire !) se multipliait par la voix des dizaines de milliers de manifestants de Herri Batasuna et de la KAS. Après une semaine de profond repli, l'ap pui de masse à l'ETA-militaire refaisait surface, déjouant ainsi les pronostics préce par le PV, mais qui a en son sein les militants de Herri Batasumen Après ELA-STV viennent, par ordre d'importance, les Commissions ouLAB, qui est le syndicat faisant partie de la KAS (voir note 3), n'a qu'une cipités des journalistes et des politiciens qui avaient déjà annoncé la fin de cette organisation, sans comprendre que cet appui de masse est un phénomène structurel pourra disparaître que sous les coups d'une défaite brutale infligée par la droite au secteur politique du mouvement de masse qui s'identifie à l'ETA, ou que lors d'une montée de l'initiative politique de la classe ouvrière reprenant les revendications nationales.

De leur côté, les dirigeants et la man'ont pas voulu regarder en face ni réfléchir sur la situation, ils n'ont pas voulu voir dans la grève du 9 février autre chose qu'une anormalité passagère. Mais les problèmes demeurent, malgré les uns et les autres, et les tensions et divisions du mouvement ouvrier ont été mises en évidence à cette occasion avec toute l'intensité qu'elles ont effectivement. Cette situation ne va pas se transformer rapidement, et elle rend plus difficile l'activité d'une organisation révolutionnaire. Mais la LKI a démontré au cours des semaines passées une maturité politique importante, elle a montré qu'elle ne se laissait pas impressionner par le déroulement des événements et qu'elle ne faisait pas de la politique à la légère ou superficiellement. L'espace pour les initiatives politiques d'une organisation comme la LKI n'est pas très important actuellement dans le cadre de cette situation. Mais ses liens réels avec des secteurs de l'avant-garde ouvrière bas-

- avec des courants influencés par le PSOE, le PCE et Euskadiko Eskerra, tout comme avec ceux sous l'influence de Herri Batasuna — peut lui permettre de faire face à la situation avec quelqu'espoir d'étendre son influence, comme cela a été le cas au cours de la semaine qui est allée

Le développement d'une campagne pour paralyser la centrale nucléaire de Lémoniz et le référendum qui doit s'ensuivre, comme d'une campagne pour l'abrogation de la Loi de sécurité des citoyens sont - en même temps que le travail sectoriel et surtout ouvrier - les axes à développer pour avancer dans l'accomplissement de nos tâche d'organisation d'avant-garde et aider à la création d'un cadre pour la reconstruction de l'unité du mouvement ouvrier en Euskadi.

José Vicente YDOYAGA Euskadi, le 20 février 1981, trois jours avant le coup d'Etat.

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