Au moment où les principales puissances impérialistes sont frappées par une crise de surproduction classique, une pénurie se manifeste dans le secteur des biens alimentaires (spécialement le blé) et aussi dans certains secteurs des matières premières minérales. Contrairement à ce qui s'est passé lors de la crise des années 30, durant laquelle les prix des biens vivriers s'étaient effondrés, cette fois, la récession se combine avec une explosion des prix des produits alimentaires avec toutes les conséquences sociales qui en découlent, dont l'une n'est autre que l'extension d'une famine aigue dans de nombreux pays semi-colo -niaux. Selon toute vraisemblance, la perspective d'un déclin des prix au niveau où ils se trouvaient en 1967/68 n'est pas probable dans les années immédiatement à venir. Cette coincidence de la récession et de la pénurie ne peut que faire apparattre plus clairement l'absurdité d'un système conduit par les lois anarchiques du marché. La sécurité des profits alimentaires C'est dans ce contexte que s'est tenu, à Rome, la troisième conférence mondiale de l'alimentation. L'optimisme qui marqua les deux conférences précédentes -- en 1963 à Washington et en 1970 à La Haye - - n'était plus de mise. La mystification de la "révolution verte"' a fait long feu. • L'aspect tragi-comique de cette conférence n'en fut que plus patent. Pendant son déroulement, des "experts" estiment que chaque jour, 1000 habitants du Bangla Desh sont morts de faim. Or, lorsque M. Boerma, secrétaire de la FAO (Food and Agricultural Organization - - Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture), demanda aux principaux pays producteurs de blé de mettre à disposition,
ET
FAMINE
les profits de la faim
- A.UDRY -pour les huit prochains mois, 8 à 12 millions de tonnes de blé afin de permettre aux Indes, au Bangla Desh, au Pakistan, à la Tanzanie et aux pays du Sahel "d'éviter le pire" : ce fut le silence! Il est vrai que le groupe le plus nombreux de délégués - - 69 personnes -était celui de l'agri-business. Les spécialistes des complexes agro-industriels - - grâce à leur porte-parole qui a l'honneur de présider le programme des coopérations industrielles de la FAO (1) - - s'efforçaient de proposer les mesures les plus aptes à assurer les profits de la famine. En dehors des 100.000 lires (moins de 200 dollars !) que les délégués versèrent à la collecte organisée lors de la Conférence, la principale décision -- dont l'application est toute théorique d'ailleurs - - prise fut la constitution d'une réserve de vivres de 500. 000 tonnes, régulièrement reconstituée, et la mise en place d'un système international d'information alimentaire et d'alerte rapide. La proposition faite par la FAO de développer une politique coordonnée de stockage, insérée dans le cadre d'un accord international sur la sécurité alimentaire, fut rejettée. Or, ces propositions, rejettées ou acceptées, s'inscrivent toutes dans la même direction : apaiser les firmes multinationales d'exportation de céréales et de soya, ainsi que les grands fermiers capitalistes sur l'avenir des prix à moyen terme. En avril 1974, 1' Economist écrivait : " Les fermiers ainsi que les financiers ont commencé leurs jeux de balance et leurs manèges, maintenant que les prix sont instables; cela signifie que si il y a une nouvelle baisse des prix, peut-être au début de l'année prochaine si les récoltes sont bonnes, elle sera aussi importante que la hausse depuis 1972". Néanmoins, dans l'immédiat, vu l'euphorie provoquée par la flambée des prix, les gros producteurs s'opposent à la reconstitution de réserves contrôlées à l'échelle gouvernementale (voir la proposition de la FAO).
l'absurdité
dun
système
conduit par
Ainsi, le président de la Cook Industries Inc., -- un des principaux marchands de grains américains -- s'exclame : "Quand des réserves sont détenues par des gouvernements, l'incertitude sur la façon dont elles seront utilisées décourage la plantation". Mais dans la perspective d'une nouvelle surproduction - - par rapport à la demande solvable -- la constitution de ces stocks, comme d'ailleurs du système d'alarme, fonctionnent prioritairement dans le sens d'un soutien aux prix, d'une assurance des profits capitalistes et non pas dans celui d'une réponse effective aux besoins réels de millions d'affamés. Ainsi, Roger Revelle écrit : "L'établissement d'une banque mondiale de nourriture bien dirigée dans les trois à quatre années à venir pourrait être utile pour les fermiers des principaux pays exportateurs. Dans des conditions atmosphériques normales, les U.S. A. peuvent s'attendre à une succession de récoltes abondantes entrainant une pression pour faire baisser les prix". (2) Le représentant d'une des plus importantes firmes de courtage de céréales - - Piper, Jaffray & Hopwood - - confirme ce jugement : "Si des surplus commencent à s'accumuler et que les prix baissent, on verra le secteur fermier faire de réelles pressions pour que le gouvernement achète et fasse des stocks" ( Business Week, 12/11/74). Ces quelques remarques soulignent à elles seules combien toutes les discussions sur la "sécurité alimentaire mondiale" et la "riposte à la famine' doivent être situées dans le cadre strict tracé par la politique des Etats-Unis et les intérêts des géants qui dominent le secteur de l'alimentation. Cinq compagnies contrôlent l'essentiel des exportations de soya et de céréales des Etats-Unis, exportateur largement hégémonique sur le marché mondial : Continental Grain, Cargill, Archer Daniels Midland, Bunge, Central Soya. Ainsi, les interventions de nombreux représentants des puissances impérialistes sur la nécessité de les lois anarchiques du marché la constitution de réserves alimentaires pourraient être traduites dans cette simple phrase: comment tenter, à partir de la demande solvable, de stabiliser les prix des diverses céréales et du soya au niveau le plus élevé , sur une période prolongée ? C'est sous cette lumière crue qu'il faut éclairer une grande partie des travaux de la Conférence de Rome et ceux des conférences précédentes. Sous-alimentation, malnutrition, faim, avec tous leurs effets ( le taux de mortalité des enfants d'âge pré-scolaire qui en souffrent est de 30 à 50% supérieur à celui des enfants bien nourris, entrave au développement des facultés intellectuelles, vulnérabilité aux maladies, retards de croissance, etc.), ne sont point le produit inéluctable de conditions climatiques, de la sécheresse, de la croissance démographique, mais des conditions de production et de distribution capitalistes qui créent, côte à côte, l'abondance et la misère. Ceci est explicité par un ex-président du Conseil de la FAO qui écrivait, à l'occasion de la Conférence de 1970 :"L'objectif prévu en 1946, pour 1960, était le doublement de la production alimentaire d'avant-guerre, En 1960, cette production n'était qu'à l'indice 155 au lieu de 200, car dès qu'elle avait approché les quantités équivalant à la demande solvable, les marchés s'étaient trouvés encombrés de prétendus "surplus"'. Ceux-ci inquiètent beaucoup plus les gouvernements que l'insuffisance des niveaux alimentaires" (3). Une crise de surproduction La presse n'a pas manqué de crier à la catastrophe naturelle ou d'invoquer les achats de blé par l'URSS en 1972, pour "expliquer" l'explosion de la pénurie de céréales et la famine. Tout d'abord, la famine se manifeste depuis fort longtemps dans toute une série de pays coloniaux et semi-coloniaux, quand bien même son
FAMINE acuité était moindre. Ensuite, la pénurie actuelle de céréales et d'autres produits alimentaires n'a absolument pas le caractère d'une "crise de subsistance", d'une sous-production de valeur d'usage, comme cela pouvait être le cas au XVIème siècle en France ou lors des "disettes"qui rythmèrent l'histoire de la Chine. Ce type de crises exprimaient le développement insuffisant des capacités de production, ou encore les limitations du système de transport et d'échange (famine dans une province et abondance dans l'autre). L'actuelle pénurie, avec ses effets terrifiants pour la population de nombreux pays, s'explique fondamentalement par la surproduction de la fin des années 60 par rapport à la demande solvable. Les manques présents sont le fruit d'une surproduction passée de valeur d'échange, d'une abondance relative de céréales qui ne trouvèrent pas à se réaliser sur le marché, la consommation payante étant in= suffisante! Dès lors, diminuèrent drastiquement et un désinvestissement s'opéra aussi bien dans les plantations (sucre, cacao) que dans le secteur de la production céréalière, spécialement en Argentine, Australie, Etats-Unis et Canada. d'une demande liée au boom industriel de 72/73, auquel il faut ajouter divers autres facteurs (sécheresse, mauvaise récolte en 71/72 en URSS, etc.), une sous-production surgitdès 1973, entre
Tableau 1 Années Total 1964/65 46.1 1965/66 46.2 1966/67 33.4 1967/68 35.1 1968/69 40.6 1969/70 60.6 1970/71 63.7 1971/72 48.8 1972/73 29.0 1973/74 20.7 (1) Stocks d'ouverture (2) Années civiles 1971, 72, 73 Dans son rapport sur le Commerce international en 1973, le GATT, en termes choisis, indique des désinvestissements qui se sont produits dans divers secteurs agricoles à la fin des années 60 et la pénurie qui en est résultée dès 1972 : "'Pour certains produits agricoles, en particulier ceux qui ont un long cycle de production..., les années soixante et les premièvu le déclin des prix, les ernblavures
Face au développement
Stocks des exportateurs dont dont
USA (1)
21.5
12.5
22.3
14.0
14.6
11.4
11.6
15.7
18.1
14.7
22.3
23.2
27.5
24.1
19.8
20.0
23.5
16.0
11.6
10.0 d'une production qui fit le plus élevé.
teur du Centre de Recherche sur la Politique
Commerciale de Londres, écrivait : "Les exlon les tendances actuelles ils pourraient atcord international sur les céréales, conclu au des prix. Les prix du blé ont donc baissé. Et utilisé pour la nourriture des animaux, ce qui affaiblira encore les prix des céréales servant à l'alimentation du bétail " (4). Les exportan'allaient évidemment pas attendre la
L'évolution des stocks de blé (en pourcentage des exportations mondiales) des pays exportateurs (Argentine, Australie, Etats-Unis, CEE, BLE ( en millions de tonnes) Exporta- Produc- teurs en % tions tion Canada(1) mondiales mondiale menardies 50.3 277 92 59.7 267 77 52.8 310 63 47.2 299 71 43.7 332 93 48.1 315 126 50.3 318 127 51.2 351(2) 96 67.6 346(2) 43 64.7 378(2) 32 res années soixante-dix avaient constitué une longue période où les prix étaient relativement peu élevés, et certaines indications donnent à penser que les incitations à investir étant faibles, leurs cycles de production à long terme ont passé alors par le bas de leurs courbes.
En conséquence, lorsque la demande s'est redressée vers la fin de 1972 et en 1973, il n'a autres dans le secteur céréalier. Cette disproportion exprime en fait le développement anarchique s'effectue non pas selon les besoins réels, mais bien selon l'impératif du pro-
Dès 1969, les experts du commerce international s'inquiétaient des excédents de blé et de la baisse des prix. Ainsi, le direccédents de blé se sont accrus rapidement : seteindre 70 millions de tonnes dans deux ans. L'accours des négociations Kennedy, a échoué parce que les gouvernements n'étaient pas prêts à appliquer ces dispositions concernant le maintien les prix baissant, le blé va être de plus en plus teurs de céréales, les gros fermiers capitalistes, d'excédents dépassant les 70 millions de tonnes! Canada) indique avec clarté la réaction capitaliste au gonflement des excédents et à la baisse des
Stocks des exportamondlale. 17 11
pas été possible d'accroftre sensiblement la production en raison du long décalage nécessaire entre l'investissement (la plantation) et la récolte" (6). Stocker les terres arables Dans le domaine des céréales -- qui constitue la principale ressource alimentaire exportée sur le marché mondial - - ce mouvement peut fort bien être suivi. Le prix mondial du blé à l'exportation diminue sensiblement depuis le milieu des années 60. L'indice est à 94 en 1969 (sur base 100 en 1963) et à 90 en 1970 (7). Les stocks, en pourcentage des exportations mondiales ne font que s'accroftre, comme l'indique le tableau N° 1. Dès ce moment, les terres ensemencées de blé furent réduites fortement. Selon certaines sources, entre 1968 et 1970 l'Australie, les Etats-Unis, le Canada et l'Argentine diminuèrent les emblavures de 39 millions d'acres (un acre = 0.4 ha) (8). D'après une étude publiée dans le journal Challenge (mars/avril 1974), au Canada, en 1970, les emblavures représentaient les 50% de celles de 1969, qui étaient déjà inférieures à celles de 1967 et
Tableau 3 En millions d'hectares 65/66 66/67 67/68 68/69 7.3 7.1 3.6 5. 0 Ces limitations sévères des surfaces de céréales cultivées aux Etats-Unis, en Australie, au Canada ont stimulé une croissance des prix qui sera encore accentuée par les effets combinés d'une série de facteurs : diminution de la production céréalière en Union Soviétique en 1971/ 72, qui a conduit l'URSS a effectué d'importants achats sur le marché mondial; perturbations climatiques qui se sont produites pour la plupart en 1972 et dont les effets se sont faits sentir fortement en 1973; insuffisance des moussons dans de vastes régions de l'Asie provoquant des baisses de la production rizicole et un accroissement de la demande de céréales de remplacement; forte demande dans les pays impérialistes dans le cadre du boom de 1972/73. Les prix flambent littéralement. L'indice du prix mondial du blé à l'exportation passe de 90 en 1970 à 110 en 1972, 214 en 1973 (253 au troisième trimestre 1973, 292 au quatrième trimestre et 321 au premier trimestre 1974). Sur la place de Kansas City, le boisseau de blé dur se traitait en 1967, en moyenne, à $1. 68. En mars 1973 (2ème semaine) il atteignait la somme de $ 2.63, et en mars 1974 (2ème semaine) $5. 57; en décembre 1974 (3ème semaine) le prix "déclinait'' et se fixait à $ 4.49 (décembre 1973, 3ème semaine:
1968. Pour les Etats-Unis les superficies de blé, en 1970, équivalaient au 80% de celles de 1968 et 74% de celles de 1967. Ceci peut aussi être appréhendé au travers de la croissance des équivalent-céréales des jachères aux USA qui passent, selon les calculs de Lester Brown et Erik P. Eckholm (9), de 51 millions de tonnes en 1967 à 73 et 71 millions de tonnes en 1970 et 1971. Sur le plan des récoltes de blé, les effets de ces restrictions sont de même mesurables (10). Tableau 2 Récolte en millions de tonnes
1969/70 1970/71 Etats-Unis 39.7 37.5 Canada 18.6 9.0 Australie 10.8 7.6 Argentine 7.0 4.2 Des auteurs français ont aussi calculé l'évolution globale des stocks de terre - - des terres mises en réserve -- aux Etats-Unis. Les 1ésultats sont probants et confirment totalement la tendance soulignée précédemment en ce qui concerne strictement les céréales (l1) :
69/70 70/71 71/72
8.1 9.5 7.7 $ 5.17) (12). Certes, le mouvement spéculatif -- entre autres des capitalistes japonais qui ripostèrent à l'impérialisme américain en jouant la carte d'achats massifs de produits de base -stimula cette flambée des prix, mais elle s'opérait sur le terrain propice préparé par la réduction des surfaces cultivées en 1969 et 1970. Alors, les stocks furent mis sur le marché mondial à des prix fort rémunérateurs. Au second semestre 1973, dans les principaux pays exportateurs de blé, ils étaient réduits au minimum et ne pouvaient fournir les sources u'approvisionnement d'appoint (voir tableau I). Les stocks de céréales secondaires (orge, mals, seigle, avoine) connurent le même sort. Ils s'élevaient, en 1971, à 57.20 millions de tonnes et baissaient jusqu'à 32. 40 millions de tonnes en 1973 (pour Argentine, Australie, Canada, CEE des Six, Afrique du Sud et Etats-Unis). Le prix du mais connut une croissance identique . L'indice de son prix mondial à l'exportation (base 100 en 1963) atteignait : 98 en 1969, 110 en 1970, 108 en 1971, 111 en 1972, 181 en 1973 et 231 au premier trimestre 1974 (13). Cette explosion des prix ne pouvaient qu'encourager les capitalistes à ensemencer les terres mises préalablement en jachère. Le gouvernement américain supprima d'ailleurs le
FAMINE système de contingentement traditionnel (nouvelle loi de 1972), afin de laisser toute liberté aux producteurs de tirer le maximum de profits des prix exceptionnellement élevés sur le marché mondial. En 1974, il supprime les subsides au contingentement. Au Canada, pour la campagne 1973/74, les superficies emblavées ont augmenté de 16% et le rendement seulement de 2%. Aux Etats-Unis les chiffres respectifs sont 14% et moins 3% ! Il ne fait pas de doute qu'un nouveau contingentement réapparaitra au moment où des quantités de blé additionnelles mettraient fortement en danger le niveau des prix.
Une politique malthusienne
à long terme
Les mauvaises récoltes de 1972 accrurent la pénurie. En effet, la production mondiale de blé fut inférieure de 2% à celle de 1971, celle de riz de 4%. De même, la production de mais passa de 305.61 millions de tonnes en 1971 à 301.39. Néanmoins, même si l'on additionne la croissance annuelle moyenne de la demande des produits céréaliers (25 à 30 millions de tonnes) et la baisse de la production, on est loin d'atteindre la somme des pertes dues à la diminution des superficies, à la fin des années 60 et au début des années 70. Si, durant la période allant de 1969 à 1972, les EtatsUnis, l'Argentine, l'Australie et le Canada avaient simplement maintenu le taux d'emblavures, la production supplémentaire de blé aurait été environ de 90 millions de tonnes_ (Washington Post, 21.10.74). Il suffit de comparer ce chiffre avec les 8 millions de tonnes de blé nécessaires -- et refusées par les pays exportateurs ! -- pour répondre, dans les prochains 8 mois, aux besoins minimum des Indes, du Bangla Desh, de la Tanzani, des pays du Sahel, pour faire voler en éclats toutes les affirmations sur la famine comme "catastrophe na-
, produit des conditions climatiques ou de la croissance démographique. L'équation qui explique la famine touchant qujourd'hui des dizaines de millions d'habitants du sous-continent indien ou du Sahel n'est autre que : malthusianisme au sein des pays impérialistes et échec du développement de la dite "révolution verte" dans les pays semi-coloniaux. Si l'on a mis l'accent sur les manipulations intervenues ces dernières années dans le secteur des céréales, il faut préciser que durant les douze dernières années, dans les seuls Etats-Unis, ce sont environ 25 millions d'hectares de terres arables qui ont été laissés en jachère dans le cadre de l'application des programmes agricoles (14). Or, les Etats-Unis jouent un rôle décisif sur le marché mondial des produits alimentaires ; pour les céréales secondaires, leur participation aux échanges mondiaux s'élève à 60%, pour le blé à 50%, 95% pour les graines de soya et 56, 5% pour les tourteaux (chiffres de 72/73). Mais le malthusianisme prend une dimension nouvelle si l'on compare les surfaces retirées de la production aux Etats-Unis avec celles touchées par la "révolution verte!. Ainsi une étude de l'OCDE affirme : "Le manque de dynamisme des marchés d'exportation du blé a, lui aussi, été parmi les éléments qui ont conduit les Etats-Unis à réduire du quart la superficie des emblavures en 1968 et 1969. Si l'on ajoute à cela les terres auparavant consacrées à d'autres cultures et qui ont aussi été mises hors de production, ce sont une vingtaine de millions d'hectares qui ont été retirés de la production, soit, par une ironique coincidence, un peu plus que la superficie des cultures de variétés nouvelles dans les_ pays moins développés"' (15): Parallèlement, aux Indes ou au Pakistan, la commercialisation accrue de la production agricole, sous les coups de la "révolution verte" renforce les effets du marché mondial sur la production elle-même, quels que soient les besoins effectifs des populations. Ainsi, de 1964 à 1969, les stocks de riz aux Etats-Unis, en Thailande et au Pakistan triplèrent, passant de 358 millions à 1050 millions de tonnes. Aussitôt des voix s'élevèrent, dénonçant la surproduction et les risques de chute des prix (indice du prix mondial à l'exportation : 1969 : 113; 1970 : 97 (kase 100 : 1963)). Dès lors, y compris dans ces pays touchés par la "révolution verte", au début des années 1970, des désinvestissements furent effectués. C'est ce que reconnait la Far Easter Economic Review qui écrit : "La chute de production du riz de 1972/73, bien qu'elle fut largement le résultat du mauvais temps, fut partiellement causée par la baisse précédente des prix stimulée par des surplus antérieurs" (29. 5. 74, p. 51). En 1973, l'indice des prix mondiaux à l'exportation atteindra le reCette organisation de la sous-production, au moment où "le monde court à la famine'' - - selon l'expression d'un grand nombre d'experts --, se retrouve dans d'autres secteurs. Ainsi, alors que le manque de protéines d'origine animale, de produits laitiers est un des signes de la sous-ali -mentation et de la malnutrition, la politique malthusienne développée au sein de la CEE fit que le nombre de vaches laitières passa de 22.1 millions en 1968 à 21.2 millions en 1971 et 21.4 millions en 1972 (16). Les exemples pourraient être multipliés. Il n'est point excessif d'affir -mer que les millions d'êtres humains qui, dans ces prochains mois, risquent de mourir de faim, sont littéralement assassinés par les lois de la rentabilité au sein de l'économie de Etrangler la productivité Selon le secrétaire de la FAO, M. Boerma, le total des sous-alimentés (insuffisance
quantitative du régime alimentaire, donc de l'apport énergétique) et des mal-nourris (insuffisance de la qualité nutritionnelle du régime alimentaire) représente environ la moitié de la population mondiale (Monde Diplomatique, octobre 1974). En 1946, la FAO publia une étude effectuée par la Société des Nations entre 1934 et 1938 qui affirmait que la consommation moyenne par tête dans les pays dont la population représentait alors deux tiers de l'humanité était insuffisante pour maintenir un homme en santé. A la fin des années 60, le directeur de la FAO déclarait : "Il n'est pas exagéré de déclarer que deux hommes sur trois souffrent de la faim'' (17). Ainsi, quand bien même les progrès dans le domaine de la productivité agricole furent fabuleux, le capitalisme se montra incapable de commencer à résoudre le problème crucial de la faim. Dans l'immédiat, s'ajoutent les effets désastreux de la hausse des prix du blé, des céréales secondaires, du riz frappe de plein fouet les pays sous-développés, dont la dépendance envers les principaux pays capitalistes exportateurs n'a fait que croltre, comme l'indique ce tableau des exportations nettes et des importations nettes de céréales (18) :
Tableau 4 Amérique
Afrique s Asie Len millions de tonnes). du Nord
1934-38 + 1 2 + 5
1948-52 0 6 +23
1960 - 7 -34 +39
1973 - 4 - 39 +88 Ainsi, les Indes en 1974, pour régler la nouvelle facture d'importation des céréales, devront accroftre leurs dépenses habituelles d'au moins 100 millions de dollars . Le Bangla Desh a enregistré une perte de l'ordre de 2 millions de tonnes de céréales, à la suite des graves inondations. Au prix actuel, cette quantité lui coûterait près d'un milliard de dollars, alors que ce pays dispose d'une réserve de devises d'environ 40 millions de dollars ! Paradoxalement, la RFA économise, en 1974, des millions de DM en achetant le blé aux tarifs européens qui, provisoirement, sont inférieurs à ceux du marché mondial. Dans la phase présente, la hausse des prix des biens alimentaires se combine avec celle des engrais. Ainsi, les Indes devront payer 500 millions de dollars supplémentaires en 1974 pour l'achat d'engrais azotés. Cette hausse des prix des engrais, au même titre que celle des prix agricoles, doit être comprise à partir du déséquilibre qui s'opéra entre la croissance des capacités de production des usines d'engrais durant les années 60 et la demande solvable sur le marché. Ainsi, en 1971, les industriels de la chimie déclaraient : "L'industrie mondiale des engrais essaie de sortir du trou non rentable qu'elle s'était creusé au cours des années 60. En se basant plus sur des estimations de ce dont les fermiers auraient théoriquement besoin pour prévenir la faim que sur des estimations de ce qu'ils allaient effectivement acheter, l'industrie des engrais s'engagea dans une course à la construction des usines qui entrafna une surcapacité massive. Les prix plongèrent et les profits disparurent'' (19). A la fin des années 60 aux Etats-Unis, les industries d'engrais azotés et d'engrais à base de potasse travaillaient à moins de 80% de leur capacité de production. Alors qu'au milieu des années 60, la croissance de la demande d'engrais était de 10% en moyenne, elle a atteint 7% en 1969, et 5.5% en 1970. Dès lors, les capacités de production vont être stabilisées et même restreintes. Dès 1971, le cartel européen des engrais azotés - - Nitrex A. G. -- planifie sa production jusqu'au delà de 1975 à partir des capacités de production installées avant 1971, sans perpspectives d'accroissement des possibilités productives (20). Aux Etats-Unis, des entreprises sont même fermées. Avec cette méthode, les monopoles de la production de fertilisants vont pouvoir relancer leurs profits : les prix des trois principaux producteurs d'engrais américains augmentent de 65% le dernier trimestre 1973. La tonne d'engrais à base d'urée passe, sur le marché mondial de $ 40 en 1971 à $ 260 en 1974 (avril) (The Economist, 20.4,74). Dans la période présente, les trusts de la production d'engrais ne sont pas prêts à redéployer rapidement leurs capacité de production, Ils ne désirent pas retomber dans la situation des années 60, quand bien même les besoins effectifs - - qui ne peuvent s'exprimer vu les prix -- sont gigantesques. Aux prix actuels, seuls les pays exportateurs de produits alimentaires, qui rejettent par ailleurs la hausse des coûts sur les prix de vente des céréales, sont aptes à acheter en quantité des engrais, Ceci ne peut qu'accentuer l'inégalité de l'utilisation des pesticides et engrais entre pays capitalistes avancées et pays capitalistes sous-développés. Déjà, aujourd'hui, les premiers utilisent 85% des pesticides et 75% des engrais, quand bien même ils totalisent moins de 30% des terres. Certes, dans le cadre de la "révolution verte" des complexes de production d'engrais furent installés dans les pays semi-coloniaux. Cependant, ils étaient souvent contrôlés par les trusts impérialistes. C'est le cas du complexe Coromandel Fertilizers Ltd, prenier complexe privé installé aux Indes, contrôlé conjointement par une filiale de la Standard Oil (Chevron Chemical Co) et EID-Parry Ltd, le plus grand producteur et vendeur d'engrais aux Indes. Ensuite, le transfert de technologie organisé par les multinationales de "l'agri-business" peut avoir les effets les plus désastreux sur le développement agricole d'un pays. Par exemple, les Indes ont vu croftre rapidement leur production d'engrais qui passa de 71. 000 tonnes en 1951-52 à 3.9 millions de tonnes en 1973-74. Mais le type d'engrais produit, que la BIRD imposa, dépend du pétrole. La hausse des prix du pétrole - - dont la distribution est souvent concentrée dans les
mains des mêmes monopoles qui fabriquent les engrais -- implique pour les Indes une impossibilité d'utiliser les capacités de production de ses usines d'engrais ( vu les prix et la rareté relative du naphte). Sur une capacité installée de 2.1 millions de tonnes ne furent utilisées que 1.5 millions en 1973 (21). Or, initialement, il était tout à fait possible de mettre en place une production d'engrais à base de charbon, mais cela ne s'inscrivait pas dans le sens des intérêts des monopoles impérialistes. Une autre répercussion des transferts de technologie, selon les impératifs des firmes multinationales, réside dans l'utilisation d'engrais qui mettent en danger l'existence de certaines populations animales, fournissant des aliments qualitativement et quantitativement indispensables pour assurer une nourriture adéquate aux paysans. Les manques nutritionnels qui en découlent diminuent leur productivité au travail et se répercutent sur l'ensemble de la production agricole. Ainsi, certains engrais utilisés dans les rizières tuèrent la population pisicole enlevant des aliments qualitativement essentiels pour l'équilibre alimentaire des populations rurales. Néanmoins, il reste que la pénurie créée d'engrais, avec la hausse des prix qui en résulte, tend à accroftre les différences de productivité agricole entre les pays capitalistes avancés et les pays capitalistes sous -développés, quand bien même les effets de l'utilisation d'engrais sur les terres non saturées (pays sous-développés) aboutirait à des accroissements de production bien plus élevés que sur des terres saturées. A nouveau, examinée sous l'angle des fertilisants, la famine actuelle n'est ni fonction de problèmes technologiques ou de pénurie accidentelle, mais de l'anarchie capitaliste, de l'impact des "lois du marché" dans la production, la répartition et l'utilisation des engrais. On pourrait ajouter que l'utilisation des surcapacités de production qui se révèlent aujourd'hui dans la branche automobile, et qui dépassent les 25%, permettrait de fabriquer des moteurs (conçus pour utiliser le minimum de carburant) pour les pompes d'irrigation ou encore des tracteurs. Comme un leitmotiv wagnérien, trois thèmes sont systématiquement repris pour "expliquer" et gommer les "responsabilités"' du système capitaliste dans l'exacerbation de la famine : population, climat et achats massifs de blé par l'URSS. Sur le premier thème, il n'est pas nécessaire de faire de longs développements. Selon le tableau (22) établi par Colin Clark ( qui exclut les possibilités d'irrigation des terres arides ou partiellement arides, le réchauffement artificiel de la toundra, etc., mais tient compte des possibilités de fertilisation), on peut déduire que les seuls pays développés seraient aptes à répondre aux besoins alimentaires de 11.2 milliards d'êtres humains.
En tenant compte des nécessités d'une modification des fertilisants, afin de ne pas accentuer la destruction des sols, des mutations à opérer dans le domaine énergétique, une toute dernière étude arrive à la conclusion qu'il est possible de nourrir entre 10 et 13 fois la population actuelle du globe, sur une base moyenne de 4 à 5000 kilocalories, c'est-à-dire largement au-dessus des minimums fixés par la FAO (23). Quant au climat, les possibilités technologiques existent pour modifier partiellement les conditions climatiques ( voir les expériences d'adoucissement de l'eau de mer pour l'irrigation de terres, etc.). Mais la solution n'est pas d'ordre technique. Dumont écrit à ce sujet : "'De l'Inde au Bangla Desh, plus d'un tiers de travail rural est inemployé : mais 27% des labours indiens sont irrigués, contre 77% des terres arables chinoises"' (Le Monde, 3.4.74)! Ensuite, les conséquences d'une sécheresse ou de mauvaises moussons pourraient être largement réduites si l'utilisation et la distribution des récoltes - - comme d'ailleurs la production agricole - - étaient planifiées centralement à l'échelle continentale ou mondiale. La riposte à la sécheresse en Chine s'est effectuée à deux niveaux : irrigation et planification de la production et de la distribution des récoltes. Ainsi s'est éclipsé le voisinage entre la famine dans une province et l'abondance relative, le stockage spéculatif, dans une autre province. Enfin, les achats de blé de l'URSS . Leur impact sur la diminution des stocks ne fut tel que vu la restriction des surfaces cultivées en 1970. En outre, ils ont donné lieu à une extraordinaire opération spéculative en faveur des monopoles qui ont la haute main sur les exportations de céréales aux USA. Les négociations entre l'URSS et les USA se déroulèrent en juillet - août 1972. L'URSS effectua une promesse d'achat de 750 millions de dollars minimum et reçut, des Etats-Unis, un crédit de 500 millions de dollars. Si l'on examine les prix mondiaux à l'exportation, l'on constate qu'ils varient très peu durant les négociations, mais augmentent fortement dès la fin des négociations directes entre l'URSS et les firmes exportatrices (fin de la première semaine d'août). Une masse d'agriculteurs - - les moins liés aux grandes compagnies exportatrices, et donc sans connaissance des négociations -- livrent leurs récoltes à relativement bas prix. Les compagnies (Bunge, Cargill, Continental Grain, Cook Industries, Louis Dreyfus, Granac Grain, etc.) reçoivent des subventions pour la constitution de leurs stocks, subventions qui correspondent à la différence entre le prix intérieur et le prix d'objectif fixé par le gouver ement américain, prix qui était proche de celui du marché mondial. Après avoir touché ces subventions, elles purent vendre à des prix fort élevés, suite à la hausse produite par l'annonce publique des né. gociations , la partie des stocks constitués précédemment et non vendus à l'URSS. L'URSS achète
à un prix relativement bas ($60 la tonne) le lot prévu dans les négociations (24) , Ainsi, les achats effec tués par l'URSS permirent aux compagnies dominant le marché mondial des céréales de réussir un coup double remarquable... que les populations affamées du Bangla Desh e: du Sahel paient ! L'échec de la révolution verte Les deux conférences précédentes sur l'alimentation mondiale étaient placées sous le signe de la "révolution verte". L'optimisme des techniciens régnait. Cette fois, ce fut l'échec de cette prétendue révolution qui constitua la toile de fond de la Conférence de Rome. Les chiffres de la récolte de céréales en Inde sont là pour le prouver : 104. 7 millions de tonnes en 1972; 95 millions en 1973 (la sécheresse avait sévi). Le IVème Plan, qui se terminait en mars 1974, prévoyait une production de 129 millions de tonnes. La récolte est estimée à 108 millions de tonnes pour 1974, soit le niveau atteint en 1971, quand bien même la population augmente chaque année. Selon toutes les informations, c'est plus d'un tiers des 550 millions d'indiens qui se trouvent dans une situation extrêmement précaire. La crise actuelle dégage avec plus de force les contradictions classiques de la "révolution verte". Premièrement du point de vue de la technologie agricole, cette révolution implique un taux d'utilisation d'engrais et de pesticides très élevé. Si le taux de productivité des variétés spéciales (riz, blé, mais, etc.) est largement supérieur aux variétés traditionnelles, elles exigent un haut niveau de culture et de fertilisation : donc plus d'engrais, des pesticides, un système d'irrigation très perfectionné (par exemple les riz hybrides ne supportent pas la submersion comme le long riz flottant du Cambodge et du Vietnam), une haute qualification professionnelle. Avec la hausse des prix des engrais, du pétrole (pour faire marcher les moto-pompes nécessaires à l'irrigation), des insecticides, etc., un premier coup était porté à la "révolution verte". Mais, déjà avant la flambée des prix, vu ces impératifs, seules les terres riches et irriguées pouvaient mettre en pratique ces nouvelles techniques. Or, elles étaient aux mains des gros propriétaires (47% des familles en Indes ont seulement O. 4 hectares de terre) ou de sociétés capitalistes qui obéissent aux lois du marché et non à celles des besoins alimentaires de la population rurale, besoins qui ne savent comment se manifester sur le marché ! Deuxièmement, l'insertion de l'agriculture dans le marché, y compris dans le marché mondial des produits agricoles, conduit à un appauvrissement absolu de l'exploitation rurale traditionnelle qui est ballotée par les fluctuations du marché et la hausse des prix des fournitures (produits manufacturés, engrais, pesticides, outils aratoires, etc.). Le chômage rural et le sous-emploi s'accroissent. Résultat : une stagnation, si ce n'est un recul, du pouvoir d'achat global disponible sur le marché intérieur. Par conséquent, les stimulants à des investissements hors du secteur agricole n'existent pas, car les débouchés pour l'industrie manufacturière sont tout à fait limités et ne s'étendent que fort peu. Donc, la relation entre la croissance de la population rurale expulsée de la terre et la création d'emplois industriels est en déséquilibre total . C'est le cercle vicieux. Dans ce contexte, déterminé par une agriculture obéissant de plus en plus directement aux lois du marché capitaliste, dominée par une caste de propriétaires fonciers, l'utilisation accrue de tracteurs, par exemple, accentue le chômage rural et n'induit pas une croissance globale de la production vivrière disponible. En Inde, malgré l'augmentation du nombre de tracteurs (106, 000 en 1971 et 173.000 en 1973), la production de céréales et d'autres produits vivriers n'a pas crû proportionnellement à l'apport productif potentiel vu les goulots d'étranglement sur le marché, les superficies touchées par la "révolution verte" augmentent très faiblement. Troisièmement, dans des régions comme celles du Sahel, l'introduction forcée de cultures déterminées par les besoins du marché mondial (arachides) fit reculer la culture vivrière, d'autant plus que les paysans, pour disposer du numéraire nécessaire à l'achat de diverses fournitures et au paiement des impôts étaient, de fait, contraints de sacrifier les cultures de subsistance. S'ajoute à cela une destruction du sol (fertilisants ) bien antérieure à la sécheresse (qui permit de camoufler ce pillage), une insuffisance des jachères -- vu les impératifs de la culture de l'arachide -- qui sont à l'origine de la crise de la production alimentaire dans cette région (24), Mais les nécessités du marché capitaliste n'ont pas de limites. Alors que le Sahel est confronté à une famine terrible, on assiste au développement d'une offensive capitaliste pour développer des ranches destinés à la productions de jeunes bovins qui devront être exportés vers des pays capitalistes avancés ! Il est vrai qu'en utilisant l' "aide internationale" afin d'assurer une certaine irrigation, grâce à une main d'oeuvre bon marché, le prix de revient de l'élevage de bovins au Sénégal, au Niger, en Haute-Volta est 20 fois inférieur à celui des Etats-Unis ou de l'Europe occidentale (voir Afrique-Asie, 2-15/12/74) ! Le cercle de l'absurdité criminelle dans lequel le capitalisme entrame l'économie internationale est ainsi L'actuelle récession généralisée va déjà contribuer à ébranler la "crédibilité" du système capitaliste. La coincidence entre cette récession et la flambée des prix agricoles - - avec les conséquences sociales qui en découlent y compris au sein des pays impérialistes ( environ 7 millions de personnes sont à charge des programmes d'aide alimentaire aux Etats-Unis mêmes)--
nrecor sera un facteur de plus de dénonciation objective de l' anarchie capitaliste et de ses crimes. Dès lors, la nécessité de révolutions agraires ne fait que se confirmer avec plus de force, afin de pouvoir diriger une part du surplus agricole (consommé par les propriétaires terriens ou dirigé vers le marché mondial) vers des investissements productifs, de pouvoir unifier et contrôler le marché mondial, de pouvoir éliminer le sous-emploi et le chômage rural et augmenter le niveau de consommation dans les zones rurales, etc.. Mais, face à un monde qui court à la famine s'affirme comme une nécessité historique immédiate la mise en place, à l'échelle mondiale, d'un système économique fondé sur la propriété collective des moyens de production. Dans un tel système, la croissance optimum sera considérée à partir de la nécessité sociale et politique -- y compris profitable économiquement à moyen et à long terme pour l'ensemble de l'économie mondiale -- d'un transfert de richesse des pays "surdéveloppés" vers les pays "sous-développés", un transfert qui n'impliquera d'ailleurs pas une baisse du niveau de vie des travailleurs des pays avancés mais qui pourra se combiner avec son élévation qualitative et quantitative.
31.12.1974 NOTES (1) Voir article de Erich H. Jacoby in Monde
Diplomatique, décembre 1974. (2) Scientific American, septembre 1974, p. 76 (3) Article de Michel Cépède in Monde Diplomatique, juin 1970 (4) Ibid. article de H. Corbet. (5) Source : Rapport et Perspectives sur les
Produits, FAO - 73/74, Rome 1974 -abonnez-vous un an, 25numéros: ff 50 fb400
Editeur responsable Kené Gorslambert, 34 rue Nothomb, 1030 - Bruxelles cité dans un article --manuscrit - - de J.P.
Berlan et J.P. Bertrand consacré aux réserves alimentaires.
(6) Le Commerce International En 1973/74 -
Accord Général sur les tarifs douaniers et le commerce - Genève 1974, p. 30.
(8) Cité par E. Harsch in Intercontinental Press,
16.2.1974.
(9) Les Problèmes des Réserves Alimentaires
Mondiales, in Problèmes Economiques,
24 juillet 1974, p. 4.
(10) A. Azkenazy : Panorama de la Production de Matières Premières, in Problèmes
Economiques, 28 octobre 1971, p. 23.
(11) Cité par J.P. Berlan et J.P. Bertrand dans une étude intitulée : Le Marché des
Céréales et du Soya, texte d'une conférence faite en mai 1974 devant la Fédération
Nationale Porcine (France).
(12) Source : Business Week, Index.
(13) Le Commerce Internationale, op. cité.
(14) Problèmes économiques, 24.7.74, op. cité.
(15) Yudelman Montague " La révolution verte"
in L'Observateur de l'OCDE - juin 1971.
(16) Nouvelles de la Politique Agricole Commune -- polycopié, janvier 1974.
(17) Michel Cépède : La Faim - - PUF - - 1970, p. 78.
Economia - décembre 1974.
(18)
(19) Chemical and Engineering News - 5. 7. 71.
(20) Ibid.
(21) Monde Diplomatique, octobre 1974
(22) Colin Clark "Abondance et Famine, Stock
1971, p. 144.
(23) Scientific American, op. cité.
(24) Cité par J.P. Berlan, op. cité
(25) voir Qui Se Nourrit De La Famine En
Afrique, Maspéro, 1974.
correspondance de presse internationale bimensuel marxiste révolutionnaire fs 35
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