Inprecor 1974–2004

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COMECON

Les répercussions de la crise capitaliste sur l'économie des pays de l'Est

· Inprecor (première série) n° 16-17, 16 janvier 1975 · p. 52-55 · 3 080 mots

Europe de l'Est URSS et Russie

Le développement du commerce Est-Ouest qui a fait la une des journaux bourgeois au cours de cette année est symptômatique d'un nouveau type de relations entre les pays du Comecon et les pays capitalistes avancés (1). Pour les capitalistes, dont le système est en déclin depuis la fin des années 60, le commerce avec les pays de l'Est offre un marché potentiellement étendu et non cyclique pour leurs industries, des balances commerciales favorables à long terme et une alternative sûre pour certaines matières premières. Cette volonté des capitalistes de "'faire des affaires avec les rouges", de lever certaines restrictions à l'exportation et certaines dicriminations dans la politique d'importation est une des conséquences de la crise de leur système. Ils chantaient un air tout à fait différent au cours des années 50, au temps du boom capitaliste. Evidemment, politiquement, dans une période de déclin capitaliste, la détente est d'autant plus nécessaire pour s'assurer l'aide de Moscou pour le maintien du statu quo contre les progrès de la révolution mondiale.

Pour les bureaucrates d'Europe de l'Est qui assitent au développement de la crise économique et sociale de leur propre société, le commerce avec l'Occident représente une alternative momentanée à la réforme économique intérieure dont la dynamique est incertaine. Ce commerce joue un rôle stratégique non seulement pour leurs efforts de modernisation de l'industrie, mais éga -lement pour leur tentative de se construire une base sociale contre une éventuelle attaque de la classe ouvrière : en important des biens de consommațion ils peuvent satisfaire les appétits en ce domaine de certains secteurs de l'intelligentsia et lier les intérêts de ces couches à ceux de la bureaucratie. Mais le modèle stalinien de développement économique -- le "socialisme dans un seul pays"implique que les pays de l'Est, avec leur industrie arriérée (comparée à celle de l'Ouest) ne peuvent établir de relations commerciales avec le capitalisme que sur une base de dépendance, et avec des termes d'échange défavorables. Incapables d'exporter leurs produits manufacturés

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sur les marchés capitalistes, ils doivent payer leurs importations en exportant des matières premières et en s'endettant. Aucune de ces deux possibilités n'offre une base stable pour l'expansion du commerce avec l'Ouest. Ainsi, la volonté des bureaucrates de continuer ou non cette relation de dépendance déterminera la réussite ou l'échec des capitalistes dans leur recherche de débouchés importants pour leurs produits dans les pays de l'Est. Pour les capitalistes, il est désormais clair que les investissements massifs ne peuvent pas continuer sans quelques concessions de la part des pays de l'Est sur la question du contrôle. Les capitalistes américains et japonais ont déjà fait savoir que, avant d'engloutir des millions de dollars dans le pétrole sibérien, des enquêtes géologiques indépendantes devront être faites et leur participation à la planification et à l'administration de ce projet serait nécessai-o re. Vu les retards de l'URSS dars l'installation de nouvelles entreprises (par exemple la mine Anzeskaja qui fut ouverte au bout de 248 mois au lieu des 52 prévus), et vu l'escalade des prix (la plupart des projets d'investissements coatent en fin de compte le double des sommes prévues), l'exigence des capitalistes de certaines concessions sur la question du contrôle, "n'est pas seulement un acte politique mais (aussi) un geste de prudence économique' (2). Face au développement de la crise capitaliste et ses conséquences en terme de hauts taux d'intérêt, de réduction des crédits, etc., ces exigences seront d'autant plus nécessaires. Jusqu'ici peu de pays du Comecon se sont montrés prêts à faire ces concessions. Seules la Hongrie et la Roumanie ont libéralisé de façon significative les règles concernant les investissements. Si l'Union Soviétique a fait des concessions internes importantes sur la question de l'émigration des juifs, elle a refusé d'accepter même une propriété minoritaire et a fait preuve de grandes réticences pour permettre une participation dans l'administration des entreprises. La concession sur l'émigration des juifs peut, évidemment, indiquer une tendance; mais il reste encore à voir si cela est le cas ou non. Un effet contradictoire L'effet immédiat de la crise capitaliste sur l'Europe de l'Est et l'Union Soviétique repose dans l'une des formes particulières de cette crise -- une forte hausse des prix de certaines matières premières. Alors que cette hausse a favorisé l'Union Soviétique - - principal exportatrice de matières premières qui fournit 60% des besoins du Comecon -- elle aura un effet nuisible sur les "démocraties populaires". Quand on analyse les effets des fluctuations des prix des matières premières sur le Comecon, il est nécessaire de détruire un mythe propagé par certains "marxistes"': à savoir que les pays du Comecon forment un "marché socialiste" in-

AMOT sulaire qui peut résister aux vagues de changement sur le marché capitaliste. Les prix du commerce au sein du Comecon sont basés sur les transactions du marché mondial, "nettoyées" des déformations monopolistiques, des cinq années précédant immédiatement le plan quinquennal durant lequel les prix au sein du Comecon doivent entrer en vigueur. En effet, les prix mondiaux moyens qui expriment des "pénuries relatives" expérimentées sur le marché mondial dans le passé sont utilisés pour établir les valeurs commerciales au sein du Comecon, Dans le passé cette procédure a produit de sérieuses déformations dans les relations commerciales entre pays du Comecon, créant, de plus, des tensions politiques. Ces déformations qui ont, indéniablement, favorisé l'Union Soviétique, ont facilité des accusations faites à l'URSS d' "exploiter'' les "démocraties populaires". Le fait est que l'utilisation des prix du marché mondial a inévitablement introduit une inégalité entre les pays concernés. Bien que cette situation ait été considérablement aggravée par l'hégémonie politico-militaire de l'Union Soviétique qui signifie qu'elle peut imposer à ses voisins des termes d'échange qui lui sont favorables, ces déformations demeureront tant que l'échange des marchandises se fera aux prix mondiaux. L'impact possible des changements de prix sur le marché mondial sur le commerce au sein du Comecon (60% du commerce du Cornecon se fait entre pays membres) peut être illustré en considérant ce qui s'est déroulé dans le passé. Durant la guerre de Corée (1950-53 ) les prix des matières premières atteignirent un niveau élevé. Les prix moyens pour le commerce au sein du Comecon, établis pour les plans quinquennaux de 1955 et 1960, tenaient compte des très hauts prix causés par l'inflation de la demande durant la guerre de Corée. En conséquence, les démocraties populaires qui recevaient les matières premières principalement d'Union Soviétique payaient des prix beaucoup plus élevés que les prix du marché mondial. L'Union Soviétique faisait payer à ces pays des prix supérieurs à ceux qu'elle faisait payer aux pays capitalistes pour des achats équivalents, dans lą mesure où ces derniers se faisaient aux prix mondiaux. Néanmoins quand, à la fin des années 60, les prix mondiaux des matières premières ont commencé à monter de nouveau, les "démocraties populaires" payaient, dans certains cas, moins que les prix du marché mondial pour les matières premières. Ainsi, par exemple, la Tchécoslovaquie, avec son contrat de cinq ans d'achat de pétrole à l'URSS (qui expire le 31 décembre 1975) paie 32 roubles par tonne, ce qui, à l'époque de la signature du contrat était plus élevé que le prix sur le marché mondial. (1 rouble = environ 1 dollar, 5 FF, 40 FB, 2,80 FS). Aujourd'hui la Tchécoslovaquie paie toujours ce prix, bien que le prix de la tonne de pétrole ait augmenté de façon spectaculaire au cours des quatre années passées La délégation lybienne qui

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COMECON a visité Prague récemment a demandé $300 la tonne de pétrole. Au début des années 70, l'Union Soviétique commença à informer ses partenaires est-européens que les prix actuels du Comecon étaient dépassés et commença à demander des prix bien plus élevés pour les matières premières. Il est absolument clair que pour le prochain plan quinquennal du Comecon ( 1976-1980) les "démocraties populaires" devront payer des prix bien plus élevés pour les matières premières soviétiques -- prix reflétant la situation sur le marché monEtant donné que les prix pour 1976-1980 refléteront la conjoncture actuelle sur le marché mondial, l'Union Soviétique en tant que principal fournisseur de matières premières en bénéficiera car l'augmentation actuelle des prix des matières premières sur le marché mondial est élevée que celle des produits finis. (La plupart des exportations des "démocraties populaires" vers l'Union Soviétique consistent en produits finis). Si, néanmoins, après 1976, l'augmentation des produits finis sur le marché mondial est considérablement plus élevée que les augmentations des matières premières, les "démocraties populaires" seront toujours désavantagées et l'Union Soviétique avantagée. En effet, cette dernière paiera moins pour les produits finis par rapport aux prix du marché mondial puisque les prix de ces produits auront été fixés sur la base de la conjoncture précédente C'est la situation sur le marché mondial après 1976 qui déterminera si les "démocraties populaires' seront les victimes de " ciseaux des prix" dans leur commerce avec l'Union Soviétique -- ce qui implique également une augmentation de la tension politique entre ces pays et l'Union Soviétique. Un aspect spécifique important du commerce de matières premières rares au sein du Comecon est que les prix ne sont pas le seul critère pris en considération. Un pays fournisseur qui vend des produits très demandés sur le marché mondial demande en général que le pays acheteur paie avec des produits également très demandés. Il en résulte un accord bilatéral d'échange par lequel, par exemple, le pétrole brut est échangé contre des métaux non ferreux tout aussi demandés sur la base des prix du marché mondial. De plus, quand les quantités désirées sont supérieures à celles établies dans les accords quinquennaux (et elles le sont généralement), les prix appliqués sont ceux établis sur la base d'une négociation bilatérale au moment où le protocole annuel d'échange est élaboré. Ces prix sont presque toujours plus élevés que les prix du marché mondial employés par le Comecon pour les plans quinquennaux, En outre, quand les prix du marché mondial dépassent de façon significative les niveaux du Comecon, les pays du Comecon, qui connaissent généralement une pénurie chronique de devises solides, sont amenées à vendre leurs stocks sur le marché mondial à des prix élevés plutôt que sur le marché du Comecon aux prix du

Comecon. Le résultat final est une déformation des termes du commerce au sein du Comecon qui oblige les partenaires les moins riches à acheter les mêmes produits sur le marché mondial -- ce qui représente une lourde pression, qu'ils peuvent difficilement supporter, sur leurs réserves de devises solides. Les "démocraties populaires" vont souffrir une triple attaque par suite de l'augmentation des prix des matières premières . (1) En tant qu'importatrices de matières premières, elles paieront plus pour les importations d'Union Soviétique et des pays capitalistes. A l'exception de la Pologne (qui exporte du pétrole dont le prix a augmenté), la plupart des tations de matières premières de ces pays vers les pays capitalistes sont des produits qui n'ont pas augmenté de façon significative sur le marché mondial (nourriture, tabac, bois, etc.). Cependant, elles doivent payer leurs importations avec les revenus de ces exportations de produits aux prix plus bas. (2) Leurs économies sont trop faibles pour compenser l'augmentation des prix des matières premières par une augmentation du prix des produits manufacturés qu'elles exportent. Ces produits manufacturés sont d'une qualité trop basse pour concurrencer avec succès les produits disponibles sur le marché mondial et, puisque de toutes façons la plupart de ces exportations vont vers l'Union Soviétique, c'est cette dernière qui décide si elle est prête ou non à payer des prix plus élevés. Etant donné la conjoncture actuelle pour les prix sur le marché mondial qui se reflétera sur les nouveaux prix du Comecon, une hausse substantielle des prix des exportations est très peu probable. La seule solution pour les "démocraties populaires" est d'absorber l'augmentation des coûts des matières premières à l'intérieur. (3) Etant donné que les pays capitalistes avancés vont dorénavant devoir consacrer une plus grande quantité de leur production de biens manufacturés pour payer les matières premières plus chères, moins de produits seront disponibles pour être vendus aux "démocraties populaires" avec des termes de crédit faciles. En outre, les effets de l'inflation capitaliste se feront sentir dans la mesure où il faudra plus d'argent pour acheter la même quantité de marchandises. Les "démocraties populaires" devront exporter plus à la fois en Union Soviétique et aux pays capitalistes pour payer l'augmentation des prix des matières premières. Mais dans une période de déclin généralisé du taux de croissance (dans l'ensemble du Comecon, la croissance du revenu national a baissé de 10% par an entre 1955-60 à environ 8.5% entre 1961-65 et à 4.2% aujourd'hui), cela entratnera une pénurie sur le marché intérieur, dans la mesure où plus de produits seront exportés. Cela entrainera également une différenciation au sein de la classe ou-

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vrière, dans la mesure où les travailleurs des industries d'exportations (qui reçoivent aujourd'hui déjà des primes bien plus élevées) recevront des primes à la production plus importantes pour les inciter à dépasser les niveaux de production pour l'exportation. D'un autre côté, la hausse des prix des importations entrainera une certaine politique de subventionnement dans la mesure où les entreprises encourront de gros déficits dus aux augmentations des prix (les Usines Chimiques Unifiées de Hongrie, par exemple, une des principales usines chimiques du pays, ont enregistré une augmentation de 300 à 400% pour certains matériaux de base en 1973, ce qui entraîna un déficit de 600 millions de forints pour cette usine). Ces subventions peuvent prendre la forme de réduction de taxes, de taux d'intérêt plus bas pour les crédits, etc. . Ces transferts de revenus ou ces subventions directes ou indirectes doivent être couverts par d'autres secteurs. Cela signifie probablement que les consommateurs souffriront une fois de plus d'impôts plus élevés ou d'autres formes de contribution. La classe ouvrière souffrira le plus sévèreruent de cette situation et on peut s'attendre à une croissance du mécontentement ouvrier. Il est clair que, dans la période à venir, les bureaucraties de tous les pays du Comecon devront prendre de dures décisions politiques. Les plus importantes seront les suivantes : (1) En ce qui concerne l'Union Soviétique, la décision clé sera d'augmenter ou non les prix des matières premières pour ses partenaires commerciaux d'Europe de l'Est. Ceci est un choix économique qui implique de graves conséquences sociales et politiques pour tout le Comecon. (2) Le second choix pour l'Union Soviétique sera de décider si elle continuera ou non à exporter des matières premières en quantités importantes à l'Ouest pour payer les importations ou si elle fournira ces matières premières aux pays du Comecon. Bien que l'Union Soviétique ait accru ses exportations de pétrole vers les pays capitalistes, elle n'a pas accru de façon substantielle ses livraisons aux pays du Comecon. Toute réorientation significative des livraisons futures à l'Ouest obligera ses partenaires de l'Europe de l'Est à acheter des quantités similaires sur le marché mondial. Une réorientation des fournitures non seulement aggravera la situation éconcmique de ces pays, mais déclenchera également un processus de désintégration du Comecon au fur et à mesure de l'accroissement de la dépendance extérieure. (3) Pour toutes les "démocraties populaires" le choix difficile sera soit de réduire les exportations et de réduire la consommation intérieure et, ainsi, d'affronter les conséquences sociales que cela implique; soit de continuer à développer le commerce avec les pays capitalistes selon des termes défavorables et devenir de plus en plus des Etats clients. La seule alternative serait d'intensifier l'intégration du Comecon, c'est-à-dire la dépendance par rapport à l'URSS. Cependant, une telle intégration ne pourrait se réaliser sans une restructuration totale du marché du Comecon. La politique économique autarcique des pays du Comecon, qui fait que chaque pays membre cherche à atteindre l'autosuffisance, a créé des structures industrielles très similaires dans tous ces pays, laissant peu de base pour le développement du commerce entre eux. (La part du commerce Est-Ouest des pays du Comecon dans le commerce total des pays membres a baissé de 63.09% en 1965 à 60.69% en 1970. Le commerce des machines entre pays du Comecon dans les années 60 a cru au même rythme que dans la période 1956-60). De profondes réformes économiques seraient nécessaires pour développer le marché du Comecon. Finalement, en ce qui concerne l'Union Soviétique, les effets internes des changements des prix mondiaux seront ressentis en premier lieu dans le secteur agricole. Récemment l'Union Soviétique a été empêchée d'acheter des quantités importantes de blé car les capitalistes craignaient que cela n'entraîne une nouvelle hausse du prix mondial du blé. •L'impossibilité, pour l'URSS, d'acheter librement son blé sur le marché mondial, aura des répercussions internes importantes si une autre mauvaise récolte se produisait (comme en 1972). La seule solution qui reste est de continuer l'imporiant transfert de ressources de l'industrie dans l'agriculture afin d'augmenter la productivité agricole. Les investissements dans l'agriculture ont déjà augmenté bien plus vite que les autres investissements dans tous les autres secteurs de l'économie. ( Les investissements ont augmenté de 58% entre 1966 et 1970 et on prévoit une augmentation de 59% pour la période 1971-75, par rapport à des augmentations de 43 et 42% respectivement pour les investissements totaux dans l'économie dans son ensemble). Mais le secteur agricole continue à être le secteur le moins productif en URSS (le capital productif fixe dans l'agriculture a augmenté de 320% entre 1950 et 1970, tandis que la production n'a augmenté que de 120%). Afin de remédier à cette situation de nouvelles concessions devront être faites aux fermes collectives, de nouveaux investissements de capitaux devront être réalisés à partir de ressources retirées d'autres projets prioritaires et le commerce avec les pays capitalistes devra être accru (spécialement pour des produits comme les fertilisants, les machines agricoles, etc.). L'échec de l'agriculture soviétique fournira peut-être l'étincelle qui déclenchera un mécontentement de masse. Les expériences de Pologne en 1970 -- une révolte ouvrière face à la hausse des prix des produits alimentaires - - pourraient se produire en Union Soviétique. A court terme, l'Union Soviétique, grâce à ses ressources minières, va bénéficier de la hausse des prix des matières premières. La hausse du prix mondial de l'or est particulièrement importante.,. Cette augmentation signifie que l'Union Soviétique pouvait couvrir son déficit de la balance des paiements de un milliard de dollars avec les pays capitalistes en 1972 en vendant presqu'entièrement sa production d'or de cette même année. Bien que sa production annuelle d'or soit difficile à estimer, elle doit se situer entre 200 et 300 tonnes par an. L'augmentation du prix de l'or sur le marché mondial déterminera en large mesure jusqu'où l'URSS peut continuer son commerce déficitaire avec l'Ouest.O

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