la désintégration positions impérialistes
VIETNAM des
.P. ROUSSET, Le 11 janvier le gouvernement américain envoyait aux pays co-signataires des Accords de Paris sur le Vietnam, une note dénonçant violemment l'intervention militaire "nord-vietnamienne" au Sud et menaçant la République Démocratique du Vietnam de représailles. Quatre jours auparavant, pour la première fois depuis le 27 janvier 1973, une capitale provinciale était libérée par les forces du GRP ( Gouvernement Révolutionnaire Provisoire) : Phuoc Binh. L'Indochine revenait à la une de la presse internationale. Mais Washington s'est bien gardé de préciser quelles représailles pourraient être décidées. Le choix en est, en effet, pour le moins délicat. Le gouvernement Ford n'est pas avant tout confronté en Indochine à un recul localisé (la perte de toutes les positions fantoches dans une province entière : Phuoc Long) ou à un problème particulier (les dites "'infiltrations nord-vietnamiennes")mais bien à une évolution globale de la situation dans la région. Et ce dans un contexte mondial et américain qui lui interdit tout réengagement direct et majeur dans le conflit indochinois. INPRECOR N° 10 (17 octobre 1974) avait analysé la situation militaire et politique nouvelle qui s'était créée dans les villes et les campagnes du Sud Vietnam cet été et cet automne. Avec les débuts de la saison sèche hivernale, les transformations dans les rapports de forces engagées lors de la mousson humide se sont poursuivies. Mieux, nous n'assistons pas seulement à la pour -suite de la dégradation progressive des positions contre-révolutionnaires au Vietnam, au Laos et au Cambodge, mais aussi à la mise en lumière lus vigoureuse encore qu'auparavant de la dialectique interne de la révolution indochinoise qui lie entre eux pays et modes de luttes.
Leçons des derniers combats Les offensives régionales menées dernièrement par le GRP ont un sens avant tout politique et n'inaugurent pas le brusque passage à une offensive générale visant à abattre ainsi le régime fantoche. Il n'en reste pas moins qu'elles soulignent l'évolution opérée dans le rapport de force militaire au Sud Vietnam. On pouvait noter trois changements dans la nature des combats de cet été : (1) déplacement vers des régions très populeuses (Delta du Mékong et plaines côtières centrales), (2) multiplication de contre-attaques du FNL aboutissant à la libération de nouv eaux territoires et notamment de chefs-lieux de districts (dans le Quang Nam), (3) amélioration notable de l'armement engagé par les forces révolutionnaires dans le Delta (bataille de Ben-cat - Lai Khé). C'est l'absence de toute capacité d'initiative du régime fantoche qui s'est manif stée avec éclat lors des affrontements de ces tout der-niers mois. Selon le quotidien français Le Figaro (politiquement de droite), Thieu s'était donné trois priorités dans la troisième région militaire (1) : - la défense de la colline de la Vierge Noire, proche de la ville de Tay Ninh (90 km au nord ouest de Salgon), et sur laquelle était construit un très important radar qui couvrait le delta, la région salgonnaise et le Cambodge; - la défense de la capital Phuoc Binh (125km au nord de Saigon) dont la chute représentait une lourde défaite psychologique; - la reprise du chef lieu de district Tanh Linh (120 km au nord est de Salgon) pour éviter le
Snoul
°Bo Duc (ancien)
L'HAMECON
Phuoc Binh
Loc Ninh i
Mimot o
, RH&* Duc Phong
An Loc Bo Dúc (nouveau)
Don-Luan
Chon Thanh
Tay Ninh
Dau Tieng
Bai Khe veu
Svay
Go Dau Há
Tanh Linh
Rieng
Trang Bang
*
*Bien Hoa
Cu Chi uyen:
Binh
Duc Hoal
Tan Son Nhut
Мос Hoa •
SAIGON
PLAINE
JONCS
Cal Lay R.Nº4
TEKONG
=6 My Tho
•Ben Tre
Vin
KIEN HOA
Les combats dans la troisième région militaire
"pourrissement"' complet de la province de
Binh Tuy.
Phuoc Binh a été libéré le 7 janvier; la colline de la Vierge Noire est tombée le même jour et le radar est détruit; non seulement Tanh Linh n'a pas été reconquise mais le second chef lieu de district de la province, Hoai Duc, est soumis à une forte pression.
La paralysie des forces fantoches apparaitra mieux si l'on étudie comment les combats se sont déroulés.
Toujours selon le Figaro, peu susceptible de sympathies pro-communistes, les divisions régulières nord-vietnamiennes, basées au Sud, sont restées peu actives ces derniers mois.
La cinquième division serait engagée au Nord-
Ouest de la Plaine des Joncs (Delta). La libération des chefs-lieux de districts de la Province de Phuoc Long a été le fait des troupes régio-
Et seule la moitié à peine de la septième division, appuyée par un régiment autonome, aurait participé à la prise de la capitale provinciale de Phuoc Binh.
tres divisions nord-vietnamiennes censées être au Sud ne sont pas intervenues.
Tout en laissant au Figaro la responsabilité des informations de détails (nombre, emplacement, activités des divisions citées), on peut retenir le tableau d'ensemble.
Salgon, pour sa part, n'a pu envoyer en renfort à Phuoc Binh que 250 parachutistes. L'argument selon lequel cela aurait été dû au mauvais temps n'est pas convaincant. Le fait est que l' "élite" de l'armée salgonnaise est fixée dans les provinces septentrionales par les offensives menées cet été et cet automne par le GRP comme par la peur de voir une poussée s'opérer dans la région de Quang Tri. Cette "élite'' est composée de parachutistes, de marines, de la première et seconde division d'inLe régime Thieu n'a plus de "réserves stratégiques" susceptibles d'être envoyées sur de nouveaux fronts alors que les forces révolutionnaires en possèdent d'importantes. La situation dans le Delta du Mékong est à ce titre fort significative. Cette région est particulièrement importante par sa richesse économique ( le riz), sa densité de population, sa position stratégique proche de Salgon, traversée par les bras du Mékong, frontalière avec le Cambodge. Début septembre l'état-major saigonnais annonçait l'abandon de 800 postes tenus dans le Delta. Soit le quart de la totali-
En décembre on reconnaissait la perte de 600 nouveaux postes. Or, tout ceci s'opère sans offensive militaire coordonnée de la part du FNL. Les forces fantoches reculent devant une sorte de combinaison entre un soulèvement semi-spontané de populations et des actions de guérilla. C'est l'effondrement de la "pacification", soit de l'un des piliers de la politique américaine au Vietnam. C'est ce qu'illustrent les déclarations d'un capitaine de l'armée salgonnaise, le capitaine Phac, au correspondant de l'International Herald Tribune (2). Nous avons dû, explique-t-il "nous retirer sans autorisation" de nombreux postes de 10 à 30 hommes chacun (ou plus). On assiste à une extension des "zones de taxation vietcong". Par exemple dans les provinces de Vinh Long et Vinh Binh, qui pourtant"sont des régions qui ont été tenues pour les plus pacifiées". En fait, si dans le Delta non plus le GRP n'a pas récupéré le contrôle militaire de toutes les zones où l'armée salgonnaise avait empiété après les Accords de Paris (comme dans la Plaine des Joncs), la poussée en cours a permis en bien des endroits la libération de nouveaux territoires. Déjà, en octobre, on notait à Salgon que cela "allait mal"' dans les deux provinces de la Plaine des Joncs, Kien Phong et Kien Thuong, dans l'Ouest de la province de Ben Tre et de celle de Can Tho, dans l'Est de la province de Vinh Long, tout le Sud-Ouest de la province de Vinh Binh, le Sud de la province de Ba Xuyen, Bac Lieu et Rach Gia, et la quasi-totalité de la province de Chuong Tien. La province de Caman étant un fief "vietcong" (3)..... Depuis la situation s'est encore aggravée.
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Une décision politique Les offensives générales du GRP ont évidemment leurs raisons d'être militaires. La structure du commandement saigonnais calque la structure administrative du régime et les chefs lieux sont souvent aussi des sous-secteurs militaires. Il importe de la démanteler pour casser la "pacification" et mettre un terme aux "empiètements". Mais cela ne suffit pas à expliquer la fréquence des opérations menées contre des chefs-lieux de districts, ou la libération de la capitale provinciale de Phuoc Binh. Il s'agit là très clairement d'un geste politique. Sinon le GRP aurait préféré le maintien de quelques enclaves fantoches au milieu de territoires qu'il contrôle comme en ce qui concerne An Loc. La libération de Phuoc Binh, c'est d'abord la décision de faire un pas de plus dans la politique de riposte engagée à partir du 15 octobre 1973 (date d'une déclaration des Forces Armées de Libération qui avertissait le régime salgonnais qu'elles pousseraient leurs contre-attaques jusque dans ses arrières). Les résultats de ce tournant dans la politique militaire du GRP apparaissent dans les bilans pour l'année 1974 qu'il vient de publier. Ce sont 13 chefs-lieux de districts qui ont été enlevés ainsi que 1,600 hameaux et 170 communes regroupant au total an million deux cent mille habitants. Deux cent vingt cinq mille membres de l'armée salgonnaise auraient été mis hors de combat (le commandement de l'armée fantoche reconnait pour sa part la perte de 85.000 hommes). 4. 000 camions, 510 canons, 516 avions divers auraient été détruits. Mais cette décision de libérer Phuoc Binh et de pousser les offensives régionales a une deuxième dimension politique. Il ne s'agit pas seulement d'agir sur Washington ( d' "avertir"Washington) et son homme lige. Il s'agit aussi de peser encore plus sur la crise qui déchire les villes du Sud Vietnam. La crise politique à Salgon a forcé Thieu à faire des coupes sombres dans son état-major politique et militaire. Trois cents soixante dix-sept officiers de grades moyens ont été démis pour corruption. De nombreux généraux, dont trois des quatre commandants des zones militaires ont été déplacés. Ce qui n'a fait qu'accentuer la désor -ganisation du commandement fantoche et la démoralisation des troupes. En retour les nouvelles défaites militaires font rebondir la crise politique urbaine tout en forçant les courants d'opposition à se définir plus précisément. Contre tout régime Thieu sans Thieu
Thieu a cherché, sans grand succès apparemment, à déclencher une campagne de mobilisation anticommuniste à l'occasion des revers récemment subis. Surtout, il a lancé un appel et un avertissement à une partie de l'opposition urbaine. Vous jouez aux apprentis sorciers alors que vous n'avez pas de cuiller assez grande pour vous risquer de manger la soupe avec le diable! INPRECOR N° 10 a analysé comment la crise du régime, par son ampleur même, avait, en l'élargissant, rendu plus hétérogène socialement et politiquement le bloc de ceux qui s'opposent au président fantoche. Dès le début des nouvelles manifestations qui ont accompagné la publication de l'Acte d'Accusation N° 1, le GRP et la RDV avaient mis en garde la population contre les tentatives américaines de détourner de ses objectifs le mouvement urbain. Les choses n'ont pas tardé à se clarifier et les clivages à se préciser. Les oppositions urbaines convergent certes autour de thèmes communs de lutte. Un certain nombre de libertés démocratiques, la libération des prisonniers, le départ de Thieu. Ce dernier objectif, comme les autres, met en question l'équilibre du régime. Malgré ce qu'il leur en coûte, les services américains ont décidé de maintenir Thieu aussi longtemps que cela leur sera possible. Parce qu'il n'y a pas d'alternative qui n'ouvre une dangereuse période d'instabilité gouvernementale. Si donc la pression convergente des oppositions pèse sur des points de faiblesse de l'édifice néo-colonial salgonnais, elles ne se séparent pas moins sur la stratégie, les motivations et les milieux sociaux qu'elles défendent. Le processus de recomposition du mouvement de masse urbain n'est qu'engagé. C'est pourquoi une partie de la droite sud-vietnamienne tente d'en prendre la tête. C'est le cas du Révérend Père Tran Huu Tanh, le dirigeant le plus en vue de la presse internationale du "Mouvement contre la corruption". Il s'est expliqué sur sa stratégie lors d'une interview accordée au Far Eastern Economic Review (4) en ces termes : "La différence stratégique pour le moment réside dans le fait que nous voulons que Thieu s'en aille tout en gardant le régime intact. Nous voulons que Hung (vice-président) ou Lam (président du Sénat) le remplacent jusqu'aux élections, en maintenant parallèlement le Sénat et la Chambre des Députés -- toutes les institutions. Toutes les institutions sont actuellement très faibles, mais elles peuvent être réformées et ré-utilisées afin de garantir la continuité du régime, alors que les autres veulent balayer le régime". Quant à ses motivations elles sont celles que l'on pouvait attendre d'un homme qui a longtemps instruit dans les principes de l'action psychologique pro-américaine les officiers de l'armée fantoche (parmi lesquels il garde de nombreuses sympathies). "Je cherche toujours à définir un anti-communisme réaliste. Mais pour pouvoir réussir dans l'anti-communisme il faut faire disparaitre la corruption" (5).
La divergence fondamentale qui oppose de tels porte-parole des classes supérieures vietnamiennes et ceux des mouvements populaires d'opposition s'était déjà cristallisée autour d'une perspective concrète. Le 17 novembre, Tran Huu Thanh avant préconisé la formation d'un "conseil de gouvernement" composé de personnalités et chargé d'assister le gouvernement. Dans sa conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole du GRP à Salgon l'accusait alors d'être manipulé par les Etats-Unis pour canaliser l'agitation "dans la direction de leur choix" entendant démontrer que le régime Thieu "pouvait être réformé sans être renversé"| (6). Sud Vietnam En Lutte, l'organe central du FNL, dénonça à son tour ce "professeur d'anti-communisme" et en appela à la masse des catholiques contre lui (7). Les bouddhistes des Forces de Réconciliation Nationales se refusèrent aussi à approuver la proposition du Père Tran Huu Thanh. Le "conseil de gouvernement" avait fait long feu, mais l'incident était révélateur des contradictions en oeuvre dans les oppositions urbaines. La prise de Phuoc Binh par le GRP a remis à jour ces clivages traversant l'opposition urbaine. Tran Huu Thanh a en effet riposté aux avertissements portés contre lui par Thieu ("'spéculations irresponsables" sur sa chute) par l'accusation de... trahison face aux communistes. Thieu serait "seul responsable de la perte de la province) de Phuoc Long", "la plus grande qu'ait subi la nation depuis 1954''. Mieux, il affirma lors d'un meeting tenu dans la banlieue salgonnaise que "le président Thieu s'est honteusement rendu à l'adversaire en signant l'accord de Paris en 1973. Il s'est mis ensuite au même plan que les communistes pour violer cet accord..." (8). Ce au moment où la plupart des autres mouvements d'opposition en appellent à l'application de ces mêmes accords. Le GRP, pour sa part, vient de réaffirmer qu'il était "le seul représentant de la population sud-vietnamienne" dans la note qu'il a envoyée aux pays signataires de l'accord de Paris le 14 janvier sans se contenter de rappeler que ces accords mettaient les deux administrations sur un pied d'égalité (9). Mais le fait que le plus connu (dans la presse internationale du moins) des dirigeants de l'opposition urbaine multiplie les déclarations de foi anticommunistes ne doit pas faire illusion quant au processus réellement en cours. La crise du régime Il y a encore place, dans la région salgonnaise, pour des courants politiques différenciés qui reflètent, d'une part,le processus de radicalisation progressif mais profond en cours et, d'autre part, l'éclatement politique ouvert du monolithisme du régime. Mais l'ampleur de la crise économique et sociale -- compte tenu de l'évolution défavorable des rapports de forces du point de vue de Washington -- interdit la recomposition d'une force bourgeoise capable de garantir les intérêts américains par l'application d'une véritable "politique de paix". C'est cela qui fait de la'solution' préconisée par Tran Huu Thanh un palliatif sans grande crédibilité. INPRECORN° 0 et 10 ont déjà analysé les fondements de cette crise économique et sociale, son ampleur et sa place. Il faut néanmoins y revenir dans la mesure où il s'agit d'un facteur clé pour comprendre les possibilités offertes aux forces révolutionnaires et la nature de la dynamique de révolution permanente en oeuvre aujourd'hui en Indochine. L'inflation, la baisse du niveau de vie, le chômage, la faim même ne menacent pas seule -ment la classe ouvrière et les réfugiés. On a vu que les fonctionnaires et les soldats étaient également frappés. Il en est de même pour la petite-bourgeoisie. A la recherche de ressources financières le gouvernement fantoche fait appel
Et il a la main lourde. Le Courrier du Vietnam (10) décrit les mesures adoptées; parmi elles on relève : l'augmentation de 10% de la TVA à la mi-1973; une autre augmentation de 20% sur l'impôt foncier; la multiplication par 6 ou 10 de l'impôt sur le bénéfice; l'élévation de 50 à 100% de la taxe sur la place de marché... Dans le climat général de crise, c'est le coup de grâce pour une part importante de la population urbaine. Et du fait de l'existence à l'échelle nationale d'une situation de double pouvoir, il sera bien difficile aux forces bourgeoises d' "opposition" d'éviter que la petite-bourgeoisie ne tourne de plus en plus ses regards vers les forces révolutionnaires. Et ce d'autant plus que l'économie urbaine des zones sous contrôle fantoche est maintenant profondément enfoncée dans la récession. Il ne s'agit pas seulement de l'absence de nouveaux investissements et du contre-coup direct du retrait U.S. Toujours selon le Courrier du Vietnam d'octobre, ce sont 50% des entreprises qui ferment leurs portes. Les autres fonctionnent de 30 à 80% de leur capacité de production. Ce qui explique l'ampleur du chômage qui atteint, selon Nguyen Tho Khanh, membre du Comité Central de la Fédération des Syndicats Vietnamiens, 50% à Da Nang, 60% à Quang Ngai et à Quang Tri, 40% à Quy Nhon... La situation au Vietnam est caractérisée par une forme très particulière de double pouvoir. A l'échelle nationale elle voit s'opposer zones libérées et zones sous contrôle militaire fantoche; "économie de résistance" appuyée sur une profonde réforme agraire et l'existence de l'Etat ouvrier Nord-vietnamien et économie néocoloniale parasitaire et strictement dépendante de la zone salgonnaise; administration et ar -mée révolutionnaires contre régime et armée fantoches. Mais ce double pouvoir n'est reproduit que de façon souterraine dans les principales villes du Sud où -- s'il existe bien des co-
mités révolutionnaires clandestins -- la seule force armée et de police est celle de Thieu. Et cet appareil de répression bourgeois est considérable, directement adossé à l'impérialiste américain. C'est ce profond retard des développements révolutionnaires dans les villes par rapport aux campagnes et montagnes du Vietnam qui doit être comblé dans le cadre de la situation née après la signature des Accords de PaVu l'ampleur des moyens toujours mis en oeuvre par les américains, vu l'étendue de la répression, et parce qu'il ne s'agit pas seulement de réorganiser des forces politiques mais aussi de mouvements sociaux en recomposition, ce processus ne peut être que l'enjeu d'une lutte prolongée. Aujourd'hui encore, les mouvements d'opposition urbains dont la politique converge avec celle du GRP ne semblent pas capables de prendre des initiatives déterminantes pour la chute du régime. Mais leur développement est porté par le poids de la situation militaire et poli tique nationale, l'influence du GRP, l'action du Parti Communiste Vietnamien et l'aggravation de la crise économique et sociale. Il n'en est pas de même des diverses composantes du régime salgonnais. L'épisode du récent remaniement ministériel l'illustre. Fort de l'appui que lui conservaient les américains (provisoirement ?) et face à l'explosion des manifestations de septembre-octobre, Thieu décida d'allier le baton et la carotte. Nombre de ministres furent retirés du gouvernement, dont le plus détesté, Hoang Duc Nha, ex-ministre de l'Information et du Ralliement (sic !). Les lois sur les partis politiques ont été formellement (mais formellement seulement) assouplies. Le président fantoche a violemment dénoncé la corruption et beaucoup d'officiers furent condamnés en conséquence. Simultanément, arrestations discrètes de militants, tracasseries policières contre les principaux dirigeants des oppositions populaires, répression contre la presse, quadrillage policier imposant du centre de Salgon pour y prévenir toute manifestation
Thieu espérait ainsi diviser le bloc des oppositions. Et, initialement, le Père Tran Huu Thanh réclamait précisément les mesures d' "assouplissement" prises par Thieu -- et tout particulièrement le départ de Nha. Il ne voulait pas alors de la démission de Thieu. Mais la pression exercée par le mouvement de masse mis en branle lui interdisait de rentrer dans la manoeuvre. Personne ne considéra les reculs de Thieu comme "suffisants" pour se risquer à les cautionner. Depuis, Thieu n'a pu empêcher l'opposition de continuer à s'organiser. Le Mouvement Populaire pour l'Application des Accords de Paris a tenu, malgré la pression policière, son premier congrès le 10 novembre en présence d'une centaine de délégués. Il a adopté une déclaration politique dans laquelle il se définit comme partie intégrante de la troisième composante (ce qui n'est pas le cas du Mouvement contre la Corruption, catholique, de Tran Huu Thanh).
Interconfessionnel, sa politique est axée autour de la lutte pour l'application des Accords. Il a élu à sa présidence le Révérend Père Chan Tin (dirigeant du comité pour la réforme des prisons) et un comité exécutif de 17 membres dont Me Tran Ngoc Lieng, le député Ho Ngoc Nhuan, Mme Ngo Ba Thanh, le vénérable Hien Phap... Il travaille, entre autres, en relation avec un deuxième groupe qui a tenu, lui, son congrès le 17 novembre : le Comité de Défense des Intérêts des Travailleurs, dont le président est un prêtre-ouvrier, le Révérend Père Khac Tu; la plupart des délégués représentaient des entreprises ou des groupes de marchand de "4 saises onfédérations, les syndicats et l'ensemble Le congrès avait pour but "d'appeler des travailleurs à s'unir dans la lutte contre les licenciements" (11). Selon le Courrier du Vietnam, le Mouvement Populaire pour l'Application des Accords de Paris et les Forces de Réconciliation Nationales (bouddhistes) ont maintenant une implantation réellement nationale. Le mouvement bouddhiste de la pagode An Quang, par delà ses divisions qui le paralysent partiellement, n'a pas porté de soutien effectif au Mouvement contre la Corruption de Tran Huu Thanh. Et la puissante secte religieuse des dal semble de plus en plus considérer le GRP comme le "gagnant" possible. D'autre part, le régime Thieu a préféré reporter à deux reprises le procès de quatre journaux accusés d'avoir diffamé le président fantoche. Il s'agit du Chinh Luan (Juste Commentaire - - dit indépendant), du Tia Sang (Rayon de Lumière -quotidien financier), du Dieu Tin (Télégraphe -- d'opposition, lié au général Minh) et du Dong Phuong ( Orient -- dit d'opposition). Leur procès devrait avoir lieu le 20 février avec celui de deux autres organes de presse qui avaient publié l'Acte d'accusation N° 14 (voir INPRECOR N° 10) : le Song Than ( Vague Divine) et le Dai Dan Doc ( Grand Peuple). La zone libérée Le lien qui existe entre les offensives militaires régionales du GRP et la situation urbaine est illustré de façon particulièrement nette dans le cas de Tay Ninh, importante capitale provinciale située à 90 km au Nord-Ouest de Salgon. La prise de la montagne de la Vierge Noire, qui domine le site de la ville de près de 1000 mètres, par le FNL, avec la chute de Phuoc Binh, y a brusquement modifié le climat. Elle est en effet maintenant à portée de l'artillerie des forces révolutionnaires. Un policier interrogé par le International Herald Tribune déclarait tout récemment que " même durant l'offensive du Tet de 1968, Tay Ninh resta assez calme et maintenant ils bombardent tous les jours" (12). Le tir est efficace : il frappe le quartier général et la plateforme d'atterrissage des hélicoptères eteuls les fonctionnaires sont restés à Tay Ninh'i titre le Figaro (13). C'est l'exode. Mais en deux directions diamétralement opposées. Les
riches gagnent Salgon. Mais les pauvres rejoignent les zones libérées qui couvrent la majeure partie de la province. Selon François Nivolon, les nouveaux arrivants reçoivent alors du GRP "deux boeufs, une dizaine de plaques de tôle, du bois de construction, quelques sacs de riz". De quoi se nourrir pour un temps, se loger, travailler. Et ceci est très important. La dialectique en jeu au Vietnam n'est pas réduite à l'interaction entre la lutte militaire développée dans les campagnes et la lutte politique ouverte dans les villes. Révolution sociale et libération nationale se sont toajours répondu dans l'histoire de la révolution vietnamienne, même si leur poids respectif n'a pas été toujours dominé par le PCV. Réforme agraire et anti-colonialisme ou anti-impérialisme. Mais pendant longtemps les zones libérées sont restées sujettes aux bombardements de terreur et aux opérations de ratissage. Elles sont maintenant partiellement soulagées de cette pression militaire. Et aujourd'hui les zones libérées commencent, semble-t-il, à jouer le rôle d'un pôle d'attraction, y compris au-delà des campagnes Alors que la crise ne cesse de s'approfondir dans les zones salgonnaises, la vie se réorganise "de l'autre côté" • Selon un communiqué du GRP, la superficie cultivée dépasse dans les zones qu'il administre 2 millions et demi d'hectares, soit une augmentation de 64% en un an. Dans une étude publiée par Le Monde, Alexandre Caselle décrit la transformation opérée dans la province septentrionale de Quang Tri (14). Les destructions y avaient été terribles. Sur les 70. 000 buffles que comptait la province dans les années 60 il en reste environ 2. 000. La population a été regroupée, déplacée. La terre semée de centaines de milliers de mines et d'obus non explosés. Le déminage d'un hectare de terre réclame 100 journées de travail. Et le risque d'accident est grand. Les villes ont été rasées et les villages dévastés. La province avait perdu plus de 2/3 de ses habitants. Depuis deux ans tout se reconstruit.
La réforme agraire a donné la terre aux paysans. Certés il ne s'agit pas d'une réforme socialiste de l'agriculture. La terre n'est pas collectivisée, "cela serait prématuré", explique un cadre. Mais la classe des propriétaires terriens a disparu. Et celle des paysans capitalistes n'a pas aujourd'hui de conditions favorables à sa formation. De plus, un nombre important de terres sont propriétés communales et réparties annuellement entre les paysans du village. Le GRP, enfin, encourage les "groupes d'entraide" qui facilitent l'exploitation des champs en collectivisant le travail. Deux marchés ont été créés, l'un d'Etat, l'autre libre. Certains produits sont uniquement vendus au marché d'Etat (le coton), d'autres sont vendus 1.5 à 2 fois moins cher et rationnés de façon à garantir leur répartition à tous les habitants dans les magasins d'Etat. Il n'y a pas d'industrie proprement dite. Quang Tri s'appuie pour cela, comme le reste des zones libérées, sur la RDV. Mais l'artisanat est encou-
Et les activités sociales ont repris (écoles, théâtres, etc.). La vie reste fort austère dans les zones libérées. Mais l'exploitation du paysan a été brisée. Et le riz y coûte beaucoup moins cher que dans les zones salgonnaises. Ce qui est vrai pour la province de Quang Tri l'est aussi pour le Delta du Mékong. Les forces fantoches ont, là, perdu la "guerre du riz". Un surplus alimentaire est même apparu dans les zones libérées (qui ne regroupent, au total, il est vrai, qu'une minorité de la population). Alors des habitants des zones sous contrôle militaire salgonnais viennent s'y ravitailler. Non seulement en riz, mais en tissu et même en essence, grâce au pipe-line qui descend de la RDV jusque dans le Delta. D'autres viennent... y louer des pompes à eau aux paysans. Des familles de la petite-bourgeoisie urbaine rejoignent les zones libérées. En nombre encore peu important. Toute la famille doit quitter simultanément Salgon, sinon ceux qui restent vont mourir en prison. Mais ces déplacements sont significatifs. Même s'ils ne vont pas sans poser parfois quelques problèmes. Le GRP doit en effet les nourrir tant qu'elles ne peuvent pas produire. Seul l'homme, souvent, sait travailler. Et la femme parfois, marquée par les habitudes "urbaines"' regrette l'absence de... domestiques. La transformation révolutionnaire des campagnes vietnamiennes tend à peser d'un poids nouveau dans la situation nationale au moment où la crise sociale mobilise classe ouvrière, commerçants, réfugiés, intellectuels et fonctionnaires dans les villes. Et alors que l'armée fantoche est ébranlée. Voilà aussi l'une des bases de la dynamique de révolution permanente en Indochine. Laos et Cambodge Dynamique de révolution permanente en Indochine, car l'évolution de la situation ne se limite pas au Vietnam. Après la fin de la mousson humide, les combats ont repris une nouvelle envergure au Cambodge. Le GRUNK vient d'essuyer un revers diplomatique. Malgré ses espoirs, son entrée à l'ONU a été repoussée. L'action de Washington et le poids du dollar américain sont pour beaucoup dans l'obtention d'une majorité de deux voix en faveur de la proposition favorable à Lon
One soutientque du bout des lèvres le GRUNK et ne chercha pas à contrer les pressions américaines. Mais le FUNK commit une erreur politique. Il crut trop au soutien du bloc
des prétendus "pays non alignés". L'OLP venait d'être acclamée à l'ONU. Et le GRUNK l'avait été lors de la conférence d'Alger. Il s'est abstenu de lancer avant les débats des offensives militaires. Et plusieurs pays "amis" se sont absentés lors du vote (!) (tel l'Egypte...) ou se sont abstenus (tel le Bangla Desh qui a pourtant reconnu le GRUNK). Washington aurait été gêné par l'expulsion de Lon Nol de l'organisation internationale. Mais là n'était pas l'essentiel. En quelques semaines, sur le terrain, les troupes du FUNK semblent avoir récupéré le terrain qu'elles avaient dû concéder autour de Phnom Penh durant la saison des pluies. Plus important, une offensive a été lancée le long du Mékong, principale voie de ravitaillement de la capitale cambodgienne. Trois positions seulement restent tenues dans cette zone par les forces fantoches, selon le GRUNK. Et l'on se bat dans la principale d'entre elles : Neak Luong, important port fluvial entre Phnom Penh et la frontière vietnamienne. Depuis 15 jours pas un seul convoi n'a pu passer. Les USA ont dû met» tre en place un véritable pont aérien pour éviter l'asphyxie de la capitale. Et l'aéroport est sujet aux bombardements.
C'est l'offensive militaire la plus importante menée par le FUNK depuis longtemps, même s'il est difficile d'en déterminer les objectifs exacts à court terme.
Mais c'est au Laos que des luttes significatives par leur nouveauté sont apparues.
Des trois pays d'Indochine, le Laos est celui où les conditions 'internes" de la révolution étaient les moins mûres quand la guerre a fait irruption. (Voir INPRECOR N° 3, juillet 1974).
C'est aussi le seul où des accords ont été signés et ont abouti à la formation d'un gouvernement de coalition. Plus qu'au Vietnam ou au Cambodge, c'est au Laos qu'un gel des luttes de classe pouvait être à craindre. Bien que l'analyse des rapports de forces dans ce pays et du contexte indochinois ne le laissait pas prévoir. Ce rapport de force entre Vientiane et le Pathet Lao s'est symboliquement illustré cet automne lorsque le premier ministre, principal dirigeant historique de la droite, le prince Souvanna Phouma a dû se retirer trois mois en France pour raison de santé. C'est le dirigeant Pathet Lao Phoumi Vongvichit qui a pris la tête du gouvernement durant l'interim. Alors que Souphanouvong continuait à diriger le conseil politique national. Malgré cela la politique du Neo Lao Haksat (Pathet Lao) est restée très prudente : la délégation laotienne s'est abstenue de voter sur la question cambodgienne. Mais en décembre 1974, le 24, deux compagnies des forces spéciales, anciennement payées par la CIA, se mutinèrent à Ban Houei Sai. Une enclave en territoire libéré, au Nord Ouest du Laos, dans le "triangle d'or" de l'opium. Bien qu'ils aient pris en ôtage le gouverneur - - un demi-frère du roi -- ce n'aurait pu être qu'un incident sans implications. Il s'avéra cependant bientôt que c'était un mouvement d'ensemble de la population qui s'exprimait là, regroupant soldats, étudiants, travailleurs de la ville et nombre de tribus minoritaires de la région. Les mots-d'ordre concernaient la stricte application des programmes présentés par le Pathet Lao au conseil politique national et au gouvernement, et adoptés par ces organismes; la dissolution de l'Assemblée Nationale fantoche; la libre circulation entre les zones; le remplacement du commandant et de son adjoint; la "neutralisation" de Ban Houei Sai (c'est-à-dire l'entrée de troupes du Pathet Lao). Revendications convergents avec les objectifs des forces révolutionnaires et qui, pour certaines, allaient au-delà des accords de Vientiane. Une délégation mixte fut envoyée de Vientiane pour négocier et la population obtint largement satisfaction. C'était la première fois qu'un tel évènement se produisait dans ce pays sans tradition de luttes urbaines. Le 6 janvier un mouvement analogue se produisait à Thakhek, ville du Sud Laos. Des manifestants, à l'appel de 21 organisations, défilèrent sur des objectifs à peu près identiques. Mais Thakhek est située dans un fief de la droite. L'armée encercla alors plusieurs centaines de manifestants. A l'annonce de cette novelle la population alentour se rassembla pour briser l'étau militaire. L'armée fit feu, tua l'un de ceux qui arrivaient et en blessa 11 autres. En protestation contre cette répression sanglante sans précédent depuis la signature des accords, les étudiants manifestèrent à Vientiane. Une nouvelle épreuve de force se dessine au Laos. Mais cette fois-ci à partir de mobilisations urbaines. Là est la nouveauté, d'importance. Comme au Vietnam et au Cambodge la crise économique de la zone contrôlée militairement par la droite pèse de façon décisive sur la situation. En décembre, le Kip (monnaie laotienne) fut de fait brutalement dévalué de 67% (il passa de 640 kips pour un dollar à 1.400 kips pour un dollar). A Vientiane l'augmentation des prix a atteint 100% en un an, Les départs de commerçants vietnamiens ou chinois - - et de bourgeois laotiens -- se comptent par centaines. Il faut l'équivalent de 80 FF pour acheter 100 kg de riz dans la zone contrôlée par Vientiane. Mais dans les zones libérées, la même quantité de riz vaudra l'équivalent de 12 FF (du moins dans la région de Paksé ou un correspondant du journal Le Monde a pu faire une enquête comparative (15). C'est dans ce contexte que des grèves sont apparues au Laos - - phénomène presqu'inconnu auparavant. Comme celle du 24 juillet où plus de 1. 000 ouvriers et employés des divers services de l'aide américaine et de l'ambassade U.S. sont entrés en lutte pour leurs salaires et avantages
sociaux. Ou les actions menées du 10 au 21 août par les employés de la compagnie US Air-Continental et, le même mois, par les employés de la mairie de Vientiane. Grève des ouvriers du bois aussi. Et grève des fonctionnaires dans de nombreuses administrations pour réclamer le départ de directeurs jugés trop corrompus ou trop durs. Enfin, le 23 août, ce sont 500 policiers "relevant de la partie de Vientiane" qui ont manifesté pour réclamer le relèvement des soldes et le renvoi de leur commandant - - fait sans précédent au Laos. Le Neo Lao Haksat nie, généralement, officiellement toute participation directe à cet ensemble de mouvements. Mais il fait remarquer "que la simple présence des troupes du front patriotique et de la police mixte à Vientiane assure aux grévistes une sécurité et un appui moral" (16). Entre temps, il a obtenu la signature d'accords économiques avec Hanol qui fournira riz, ciment et produits pharmaceutiques, tandis que les communications entre le Laos et le Vietnam seront renforcées pour permettre l'usage, par les laotiens des ports de la RDV. Ces mesures sont en effet indispensables pour briser la dépendance du Laos, pays sans débouché sur la mer, de la Thallande par laquelle passait auparavant la totalité des échanges. L impasse U.S C'est donc bien à une dégradation générale de ses positions en Indochine que l'impérialisme américain doit faire face. Et il ne peut en faire porter la responsabilité aux principaux Etats ouvriers : la Chine ne vient-elle pas de faire savoir que le maintien des troupes américaines en Thatlande -- pourtant base d'agression contre la révolution indochinoise -- était nécessaire et souhaitable pour faire échec aux visées soviétiques dans la région ! C'est l'échec du plan "Kissinger" qui transparait. Mais par quelle politique le remplacer ? La situation intérieur aux USA, comme le changement des priorités mondiales de l'impérialisme américain interdisent à Washington de se lancer dans une nouvelle escalade en Indochine. Alors, G. Ford multiplie les mesures partielles. Les stocks de munitions constitués en Thatlande sont envoyés d'urgence au Sud Vietnam. Loc Ninh (dite la "capitale administrative du GRP") et Phuoc Binh sont massivement bombardées par l'aviation salgonnaise. Une demande de rallonge financière est faite auprès du Congrès américain de 300 millions de dollars, une autre sera réclamée pour le Cambodge. Un pont aérien alimente Phnom Penh. Des mesures d'intimidation sont prises, les avions sans pilote survolent la RDV, les forces d'Okinawa sont mises en alerte, la VIlème flotte manoeuvre et le Général d'aviation David Jones se rend à Saigon. Et l'ambassade U.S. de Phnom Penh fait savoir que l'aviation américaine pourrait participer en cas de besoin au ravitaillement de la capitale cambodgienne. Mais déjà ces mesures d'intimidation ne cachent plus l'incertitude américaine quant aux moyens de riposte dont il bénéficie. Et la bataille au Congrès américain pour l'obtention de nouveaux crédits s'annonce mal. Le sénateur Mansfield, chef de la majorité démocrate, s'est opposé en ces termes à la demande de Ford : "Une aide supplémentaire signifie plus de combats et plus de morts. Cela doit finir un jour. C'est à ces gens de régler leurs différents à leur manière" (17). Le gouvernement américain va user de tous ses moyens pour augmenter quantitativement l'aide aux régimes fantoches indochinois. Mais il y a peu de chance qu'il puisse changer la nature de son intervention : aide financière, fournitures militaires, encadrement opérationnel, "conseils" politiques, informations militaires, appuis discrets... Cela prolongera la guerre et les souffrances des populations indochinoises. Cela ne permettra pas de redresser, au fond la situation en leur faveur.C (I) Le Figaro du 8.1.75
International Herald Tribune , 28/29-12.74 (2) (3) Le Figaro du 18.10.74 (4) FEER 8. 11.74 (5) Le Figaro du 21.10.74 (6) Le Figaro du 19.11. 74 (7) Sud Vietnam en lutte N° 277 (2 décembre) (8) Le Figaro du 10.1.74 (9) Le Monde du 16,174 (10) Le Courrier du Vietnam, N° 29, octobre 74 (11) Vietnam Info N° 29 - 19 décembre 74 (12) International Herald Tribune, 11/12.1.75 (13) Le Figaro du 17.1.75 (14) Le Monde des 19 et 20 décembre 74 (15) Le Monde 1/2.12.74 (16) Le Figaro 25.10.74 (17) Le Figaro 14. 1.75
ERRATUM
Dans le N° 16-17 (numéro spécial sur la situation économique mondiale) une erreur s'est glissée dans l'article d'Ernest Mandel : La
Récession Généralisée de l'Economie Capitaliste Mondiale, page 8, haut de la colonne 2, le chiffre des dépenses américaine le chiffre des dépenses militaires américaines est de 250 millions de dollars et non de 50 millions.