MAROC N le palais face à la crise
Au Maroc, la crise du régime se combine aujourd'hui avec la crise de l'impérialisme dont une des manifestations les plus explicites est l'inflation capitaliste mondiale. Cette poussée inflationniste se traduit, ici comme ailleurs dans les économies périphériques, par les attaques répétées contre le niveau de vie des masses. La détérioration du pouvoir d'achat - - quand bien même des augmentations salariales de l'ordre de 15% furent arrachées par un prolétariat combatif - - est très forte. La revue économique et sociale LAMALIF (N°66, novembre 1974) révèle que "l'indice des prix de gros a augmenté de 5.4% en juillet et l'indice des prix de détail de 1.3%, ce qui représente une augmentation de 14.3% entre juillet 1973 et juillet 1974 pour les prix de détail et de 21.6% pour les prix de gros" Cette publication souligne que "si les chiffres d'août et de septembre étaient rendus publics, la hausse serait doublée ou triplée et ceci en dépit des pondérations que subit l'indice officiel". En effet, les distorsions de cette indice sont telles qu'il ne possède plus aucune signification; les services étatiques eux-mêmes ont demandé récemment la mise en place d'un autre indice qui reflète mieux la réalité ( celui-ci date de 1959). Comment une économie reposant essentiellement sur l'exploitation du sol et du sous-sol et tournée essentiellement vers l'exportation peut-elle échapper à la dépendance et ne pas subir les effets de la crise du système capitaliste ? Ainsi lorsqu'on regarde l'état du commerce extérieur des 6 premiers mois de 1974, on constate
Hassan II ABBAS TARIQ que les importations marocaines ont augmenté de 73% (2.215 millions de DH en 1973 à 3. 829 en 1974 - - 1 DH = 1.10 FF, 0.70 FS, 85 FB), alors que les exportations n'ont augmenté que de 66% ( 2.037 à 3.373 millions de DH). Le déficit pas -se donc de 178 à 456 millions de DH. Cette croissance des exportations est d'autant plus significative qu'elle concerne avant tout le blé tendre (qui passe de 144 à 414 millions de DH), le sucre (de 174 à 311 millions de DH), le pétrole ( de 98 à 432 millions de DH), les huiles végétales et le bois brut. Les produits semi-finis sont passés de 573 millions à 978 millions de DH, soit 65.8% de plus. En 1974 les exportations d'agrumes ne représentent plus que 27.99% du total des exportations (contre 51.4% en 1973). Par contre les exportations de phosphate représentent maintenant 51.7% contre 25.11% en 1973. Elles sont passées de 388 millions de DH à 1. 514 millions, soit une augmentation de 290%. Cependant, elles sont loin d'être suffisantes pour enrayer la détérioration de la balance commerciale. Contrôle et pillage impérialiste L'impérialisme français structure son intervention autour du système bancaire : la Banque de Paris et des Pays Bas (500 millions de chiffre d'affaires), la Banque Rothschild, la Banque de Suez, auxquelles il faut ajouter la BNDE (sous contrôle majoritaire du capital étranger), la Morgan Garanty Trust, la Société Financière Internationale, sans compter les opérations de la
Banque Mondiale contrôlée par les USA. Si l'on examine le système bancaire, on remarque que sur les 23 banques existantes, 20 sont contrôlées par les USA et la France. Dans le secteur de l'automobile et industries annexes, à côté de Berliet et Fiat viennent s'installer General Tire, Chrysler, Renault, Good Year. Le secteur minier, à l'exception des phosphates est sous domination impérialiste : - Fluorine : Omnium Nord-African (ONA), Holding de Paribas; Ugine-Kuhlmann; Preussag (RFA). -Cuivre : (France et Japon); mine d'argent (ONA), Cobalt (ONA). - Pétrole : (ENI). - Manganèse : et mines de Zellidja ( Penarroya). Enfin, le secteur touristique est dominé par "Club Méditerrannée-Trigano"', donc Banque Rothschild et ITT. Ces quelques données incitent les moins crédules à se poser des
UNFP questions sur la réalité "'nationale'' de l'écocipal dirigeant : Ibrahim nonomie marocaine.
USFP Une des conséquences de cette domination
UMT dans les régions rurales n'est autre que le l'UNFP (Ben Sedik) chômage et l'exode.
P. I. Parti de l'Istiqlal Dans la seule région
P. P. S. de Haouz, l'ONI (Office National de l'Immigration) estime à 10. 000 le nombre de chômeurs prêts à se faire embaucher par les pays d'Europe capitaliste. Le marché de la "marchandise humaine' est fructueux. L'Europe capitaliste absorbe aujourd'hui plus de 500.000 travailleurs maro -cains. Quant au chômage il est devenu banal de dire que c'est une donnée structurelle. Il frappe plus de 45% de la population active urbaine et plus de 50% de petits paysans sont touchés par le sous-emploi. L'industrie'marocaine" ne participe actuellement que pour 11% à la production brute et officiellement ne peut fournir que 127.000 à 157. 000 emplois permanents. Si l'impérialisme avec à sa tête les USA intervient directement dans les orientations économiques et politiques que devraient prendre le pays, il ne le fait pas pour aider au développement autonome d'une bourgeoisie nationale consciente de ses intérêts propres. Il le fait d'abord, et avant tout, pour la défense de ses propres intérêts qui, à long terme sont menacés par l'anarchie ét la débilité du pouvoir en place. Ainsi seulement, nous pouvons comprendre les deux tentatives de coup d'Etat. Ces deux coups de semonce qui s'inscrivaient dans des choix du Pentagone et de la CIA, avaient pour but d'en-
Prayer la montée du mouvement de masse, d'éviter les solutions bourgeoises de l'Istiqlal et, encore davantage celle de la petite-bourgeoisie de l'UNFP. L'objectif de l'impérialisme US, en juillet 1971, et encore plus nettement en août 1972, était de détruire l'appareil anachronique de la monarchie et de le remplacer par un Etat fort, militairement capable d'endiguer et les prétentions des différentes formations politiques de l'opposition et la montée des luttes des massés travailleuses. Si l'un de ces coups de force avait réussi, l'Etat fort qui en aurait résulté aurait mené à son terme l'ouverture et l'extension du marché marocain à l'ensemble économique arabo-africain. L'impérialisme ne pouvait se contenter du seul marché marocain, celui-ci étant trop étroit aussi bien pour l'absorption du sur-produit industriel capitaliste que pour l'intensification des investissements des sociétés financièOrganisations res internationales.
L'impérialisme a touUnion Nationale des Forces Populai- jours rêvé de faire de res, issue d'une scission du P.I.. Prin- ce pays un pôle important tant sur le plan de Union Socialiste des Forces Populaires, sa stratégie économique issue en 1972 de la branche de Rabat que politique. Les obsde l'UNFP, dirigeant : Bouabid tacles qui entravaient Union Marocaine du Travail (syndicat)
ces desseins sont aujour -dont l'appareil est sous l'influence de d'hui toujours en place: une monarchie affaiblie, une bourgeoisie Parti du Progrès et du Socialisme hybride hésitante, (ex PC/PLS); dirigeant : Ali Yata
Après l'échec des putsch il ne restait plus qu'à rechercher d'autres voies. La plus sûre étant l'alliance des classes et couches dominantes contre les masses déshéritées, contre le prolétariat de plus en plus combatif (grèves prolongées des mineurs, des dockers, des grutiers, des cheminots, avec débordement de l'appareil syndical de l'UMT) et contre la paysannerie pauvre (qui dut affronter l'armée à Oulad Khalifa et à Sidi Sliman). Cette alliance s'imposait donc à la monarchie autocratique si elle voulait sortir de son isolement et tenter de mettre un terme aux luttes politiques menées par la jeunesse radicalisée des lycées, de l'Université, ainsi qu'à la lutte armée qui naissait dans les montagnes de l'Atlas, déclenchée par les éléments radicaux, nationalistes, ayant rompu de fait avec le légalisme de l'UNFP: Le tournant actuel Afin de donner une prétendue réponse à cette crise de l'économie marocaine, la monarchie promulgue un "plan de décollage économique!' Selon ses propres déclarations, ce plan "s'applique à une économie libérale et a donc un caractère indicatif, il se caractérise par l'absence de contrainte et donc une grande aisance dans les choix et les actions des agents économiques". Fondamen-
MAROC talement ces vélléités de planification indicative ne font que perpétuer les mêmes choix industriels, agri coles, financiers et fiscaux qu'auparavant. Le taux de croissance de la production intérieure brute est fixé pour la période 1973-77 à 7.5% (ce qui représente le double de la croissance enregistrée précédemment). Le montant global des investissements prévus par le plan est chiffré à 29 milliards, avec un taux d'investissement annuel de 18% en moyenne et de 23% en fin de période. Les remarques qu'appelle ce plan seraient nombreuses si, dès le départ, il n'y avait pas un premier gros point d'interrogation : comment trouver les fonds d'investissement? Les 29 milliards (d'investissements prévus et qui normalement devraient être dépassés) sont loin d'être réunis. Le phosphate dont le prix a quadruplé (68 dollars la tonne) ne peut représenter qu'une source de 4, 5 milliards de DH, en grande partie destinée à la caisse de compensation (caisse dont la fonction est de maintenir les prix des céréales, du sucre, de l'huile, des engrais). Les capitalistes étrangers sollicités de manière pressante et attirés par la perspective de gros super-profits hésitent. Les investissements arabes promis par les émirs du pétrole sont d'ores et déjà très faibles. Abou Dhabi n'avance que 150 millions de DH; l'Arabie saoudite prête, paradoxalement, 50 millions de dollars. Les arabo-dollars se dirigent ailleurs. Mais quelle part de ces fonds sera-t-elle effectivement disponible ? En matière agricole, le plan insiste sur le développement de l' agriculture moderne", c'est-àdire d'une agriculture essentiellement orientée vers l'exportation et donc ballotée par les fluctuations du marché mondial. L'industrialisation présentée comme une priorité est orientée dans le sens d'une spécialisation de transfert du centre vers la périphérie, conformément à la nouvelle division du travail à l'échelle internationale. En dernière instance, la portée des objectifs de ce plan se trouve résumée dans l'opération "maroca nisation" que le pouvoir avait lancée il y a déjà quel ques quatre ans. Cette formule escamote toute une orientation assujettie aux impératifs de l'économie impérialiste. Retenons cependant deux aspects de cette opération : d'une part encourager les rachats des PME ( petites et moyennes entreprises) aux mains d'anciens colons ( ce qui ne manque pas de mobiliser et d'aliéner au pouvoir une moyenne bour -geoisie citadine et commerçante), d'autre part, donner des garanties à différents nationalismes que le recouvrement des biens nationaux se fait réellement et progressivement.
Cette opération "'marocanisation" n'est pas sans rapport avec la crise de l'impérialisme et l'exacerbation de la concurrence inter-impérialiste. La monarchie veut jouer sur ces contradictions conjoncturelles inter-impérialistes. Mais sans être elle-même une puissance, ces manoeuvres se réduisent à rien. C'est une politique sur laquelle divers régimes arabes, à diverses époques, se sont cassés les reins. Néanmoins, la "marocanisation'' , en tant que gadget, est reprise également par l'opposition (l'Istiqlal, l'UNFP, l'USFP, le PPS). Pour le pouvoir (le Palais) aux abois, la mise sur pied du plan était dictée par la nécessité de faire dépendre à terme ses propres intérêts de ceux de la bourgeoisie. Le rôle des technocrates de la planification consistait, en dernière instance, à étudier et proposer une rationalisation du pillage du pays et à dessiner la carte des appétits et des bénéfices en tenant compte des intérêts du capital étranger (impérialisme) , du capital comprador (Palais et couches parasitaires) et du capital "national" (bourgeoisie de l'Istiqlal). Apparemment ces technocrates ont pêché par optimisme et idéalisme puisqu'une année après l'annonce du plan (qui avait satisfait la bourgeoisie), le pouvoir l'abandonne progressivement ! L'abandon, ou plus exactement la mutation des options en matière d'industrialisation et de "développement agricole" s'explique par la réalité de la domination impérialiste sur l'économie du Maroc. Le 19 novembre dernier, évoquant les difficultés économiques que connait le Maroc, en raison de la "hausse des matières premières", Hassan a déclaré que le pays irait au désastre s'il ne changeait pas dès maintenant sa manière de vivre. "Seul un grand effort dans le domaine agricole est susceptible de nous sauver de la catastrophe et de nous procurer prospérité, dignité et respect par -mi les nations" La solution aux problèmes vitaux de sous-alimentation , de chômage, de misère généralisée, passe, pour le pouvoir, par le développement du secteur agraire. La clique règnante compte dorénavant sur les facilités d'accès au marché européen par le biais des conventions douanières signées en 1969 avec la Communauté Economique Européenne (le développement des exportations est présenté comme une'nécessité inéluctable et une condition du décollage économique". La bourgeoisie citadine qui avait cru à ce miroir aux alouettes qu'était le plan quinquénnal de 1973-77, est aujourd'hui invitée à investir dans le secteur primaire. Elle doit se lancer notamment dans l'extension de la propriété foncière, développer un secteur agro-industriel et enfin assurer un rythme appréciable d'exportation. La carte économique redevient à quelques nuances près la même : l'impérialisme conserve la haute main sur le secteur industriel, minier, bancaire,
etc. ; autour de lui les mêmes secteurs compradores locaux parasitent. Quant à elle, la bourgeoisie tentera d'accumuler dans le secteur agraire en développant et en diffusant le mode de production capi taliste au niveau de la campagne. Ceci conduira à une extension de la domination du mode de production capitaliste sur l'ensemble de la formation sociale, notamment par l'accroissement de la production et de la productivité agricoles. Le semblant de réforme agraire en application dégagera une couche de koulaks, de moyens propriétaires, relais indispensables à cette domination. Pour l'heure, les représentants de la bourgeoisie (Parti de l'Istiqlal) et leurs "alliés historiques" l'USFP et le PPS n'ont pas réagi à ces volte-face. Ils semblent miser de plus en plus sur les perspec tives à court terme de leur intégration à l'appareil d'Etat. L'opération sahara L'habileté du pouvoir consiste précisément, à défaut de pouvoir tenir ses promesses quant à l'avenir éco nomique, à lancer une série d'opérations politiques sans précédent. Elles ont fait mouche sur les formations politiques bourgeoises, petites-bourgeoises et staliniennes. La première n'est autre que l'''opé ration Sahara"; la seconde, certaines mesures de Pour sortir de l'isolement et dépasser le seuil de précarité et de déliquescence qu'a atteint son pouvoir, la monarchie avait besoin d'une carte de taille. A l'instar de Sadate, elle choisit la "question territoriale" Le Sahara sous contrôle espagnol était le gibier de choix qui allait constituer ce pôle de cristallisation et de polarisation de la conscience nationale. Depuis fin 1974 le Sahara est devenu le thème numéro un de la politique intérieure et extérieuL'objectif proclamé est la libération nationale ou, plus exactement, le parachèvement de la libération nationale par la monarchie faillie, L'habileté de Hassan consiste dans le choix du moment. Profitant de la profonde résonnance qu'ont eu les luttes des peuples africains, de Guinée Bissau, du Mozambique et de l'Angola et la défaite du fascisme portugais, ainsi que la guerre d'octobre 1973 (où il s'est dédouané à bon compte en envoyant quelques bataillons), il a réussi dans un premier temps à faire l'unité autour de lui en mettant le thème de la libération du Sahara en avant. En l'espace de quelques mois, ce thème mystificateur a réuni derrière la couronne ceux qui juraient être ses ennemis, les Boucetta, Bouabid, Ali Yata. Du jour au lendemain, voilà que ces secrétaires généraux et présidents de partis, ces "glorieux opposants"' sont devenus des émissaires royaux, défendant la "cause patriotique et nationale" aux Nations-Unies et auprès des autres gouvernements, au même titre et avec les mêmes droits que les ministres du Palais ! Il n'en fallait pas moins pour que ce régime hal par les masses, ce régime laquais, ce chien de garde de l'impérialisme, devienne à leurs yeux "national" et patriote. La trahison et l'opportunisme, une fois de plus, prirent le dessus, venant avaliser les propres crimes de la couronne. Ces crimes et massacres qui suivirent l'insurrection des masses dans le Rif en 1958, de Casablanca en mars 1965, des paysans dans Ouled Khalifa, en passant par l'exécution de Dahkoun (militant de l'UNFP et combattant de la RP) et de ses 14 camarades, aux fusillades contre les mineurs grévistes de Jerrada et ouvriers agricoles de Sidi Sliman jusqu'aux 7 nationalistes exécutés le 27 août dernier. Hassan ne souhaitait pas tant de bassesse et de servilité de la part de ces partis. Ayant recueilli d'eux plus qu'il n'en espérait sur cette question, il ne lui restait plus qu'à passer à la seconde phase de sa stratégie. Car le but de la camarilla au pouvoir était clair dès le début : chercher l'appui le plus large sur le plan international et "'national"' pour imposer une solution négociée au fascisme espagnol. L'objectif étant pour elle d'intégrer une partie du Sahara à son administration et de préserver les intérêts économiques et militaires de l'impérialisme dans la région, tout en renforçant la fusion de son capital comprador avec le capital impérialiste par une exploitation accrue des richesses phosphatières et pétrolières dans la région. En effet, dès 1964 une réalité économique nouvelle a surgi au Sahara avec la découverte de phosphate, de fer, de gisements de gaz et dernièrement de pétrole off shore. Pour les phosphates, les seuls centres de Bouakraa et Tichli comptent parmi les plus riches du monde : 3. 3 milliards de tonnes (exploitées par Krupp, production : 10 millions par an). La CGG exploite quant à elle le pétrole dans la région Adiat Amercaba près du Smara. L'INI contrôle pour sa part les centres ferrugineux de Rio de Oro, les gisements sont évalués à plus de 70 millions de tonnes, dont la teneur en fer atteindrait 65%. L'opération a en partie réussi, l'intense matraquage diplomatique a réussi à faire surseoir le projet de referendum espagnol sur l'auto-détermination par un vote massif à l'ONU. La Cour Internationale de Justice de La Haye donnera son avis et amènera sous les aspects fumeux du droit international bourgeois un pacte néo-colonial entre les bandits fascistes espagnols et leurs apprentis : Hassan et Ould Dadah. Pour accréditer cette thèse et montrer que ses ambitions ne dépassent pas ce seuil, Hassan écarte toute solution d'appui à la lutte armée et rassure
NOM MAROC Paris le 9-2-74: manifestation de soutien aux prisonniers politiques au Maroc l'impérialisme. Dans sa conférence de presse du 17 septembre dernier, il déclarait : "... J'ai déjà demandé aux espagnols ou de faire la police chez eux, puisque c'est encore chez eux, ou alors de me laisser la liberté d'empêcher les sécessionnistes d'agir parce que les gens du FLS (Front de Libération du Sahara) moi, je les connais. Mes troupes sont en grande partie là-bas pour faire la police si le gouvernement espagnol ne la fait pas" "Je tiens à ce que les intérêts allemands investis au Sahara sachent que pour moi il n'y a pas que les aspects des intérêts espagnols : il y a les intérêts de nus les groupes financiers qui ont investi au Sahara et dans le phosphate". Voilà des aveux qui se passent de commentaires. Ni le PPS, ni l'USFP ou l'UNFP n'ont réagi, une fois de plus l'ssentiel pour eux n'est pas là. Tous les ménagements vis à vis de la couronne sont bons, pourvu que celle-ci daigne les faire asseoir auprès d'elle, sur les bancs du gouvernement et les strapontins de son futur parlement. Les mesures de libéralisation Loin d'être aveuglé par ses propres succès (Sahara - - options du développement économique), il ne restait plus au pouvoir qu'à mettre en place les éléments pour capitaliser politiquement les retombées de sa stratégie et sortir de son isolement. Car ce même poavoir se rend compte que ni lui, ni la grande bourgeoisie, ni le courant réformateur ou stalinien ne peuvent réussir avec quelques succès à freiner la montée des luttes, s'ils ne s'adaptent pas un tant soit peu à la période. Pour éviter de se trouver dans l'incapacité de contenir les luttes actuelles et celles à venir, la monarchie devait chercher l'alliance avec ces partis. • La rencontre des deux intérêts monar. chie/opposition devait passer par le partage du pouvoir politique. C'est dans ce cadre-là qu'il faut replacer les promesses royales concernant le parlement (avant octobre 1975) et un gouvernement d'union nationale dès janvier. Ce faisant, la monarchie manifeste combien elle connait la nature réformiste, légaliste, collaborationniste de ces formations. Combien il est encore en son pouvoir de les isoler en les rendant incapables de s'appuyer sur les luttes des masses pour changer le rapport de forces en leur faveur. De part en part, le pouvoir contrôle le processus de "libéralisation", en fixe les échéances et les conditions. Manifestement, le pouvoir ne cède à aucune panique, parce que le rapport de forces, bon gré mal gré, lui est encore favorable. Il le montre en autorisant la naissance du PPS ( Parti du Progrès et du Socialisme), qui légalise en fait le Parti Communiste déjà trois fois interdit. Il le montre aussi en levant la suspension qui avait frappé l'UNFP, branche de Rabat (aujourd'hui reconstituée sous le sigle de Que l'on ne s'y trompe pas, ce ne sont pas là des concessions qu'il fait sous la pression du mouvement de masse organisé. En effet, tout en autorisant ces partis à avoir pignon sur rue, il exécute leurs éléments radicaux jusqu'au-boutistes. Ces partis assurés de parvenir au pouvoir, parce que Hassan leur tend la main, taisent leurs criti-
Aux masses, ils promettent de multiples changements qui seront octroyés par un gouvernement d'unité nationale s'appuyant sur un programme commun et se plaçant sous le contrôle de la monarchie. 27.12.1974 à suivre)