Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SRI LANKA

Les réformistes annulent la grève générale

Inprecor (première série) n° 21, 13 mars 1975 · p. 43-45 · 1 481 mots

Syndicalisme Inde et Asie du Sud

Les dirigeants des syndicats contrôlés par les partis réformistes LSSP et PC (Moscou), associés au gouvernement de coalition avec le parti bourgeois SLFP, ont, une fois de plus capitulé devant Mme Bandaranaike et la bourgeoisie. Le 29 janvier 1975, ils ont retiré l'appel à la grève générale de 24 heures (voir INPRECOR N° 19) lancé pour le 31 janvier. La justification du retrait est fournie par le fait que le cabinet de Mme Bandaranaike a satisfait partiellement une seule des 28 revendications avancées par le mouvement syndical cinghalais depuis 1973, et des 3 revendications "urgentes"

avancées en janvier 1975, à savoir l'augmentation unique des salaires de tous les travailleurs ( et pensionnés) du Sri Lanka qui gagnent moins de 800 roupees par mois de 25 roupees (les syndicats avaient demandé une augmentation de 75 roupees par mois). Le gouvernement a, en outre, accepté d'ouvrir des négociations sur l'échelle mobile des salaires et la nationalisation des industries de base, sans s'engager cependant de manière précise sur ces questions. Le C. M. U. ( Ceylon Mercantile Union - - Syndicat des Travailleurs du Commerce de Cey-

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SRI LANKA lan), la seule centrale syndicale qui échappe au contrôle des partis gouvernementaux en dehors des syndicats des travailleurs des planta -tions, avait accepté de se joindre à la grève générale du 31 janvier, tout en exprimant sa méfiance à l'égard de la volonté des dirigeants réformistes de se battre réellement. Après la capitulation de ces dirigeants il a maintenu l'appel à la grève de 24 heures pour le 31 janvier, appel approuvé à l'unanimité moins trois voix lors d'une assemblée générale de masse qui s'est tenue dans le Hyde Park de Colombo, Le camarade Bala Tampoe, qui rapporta devant l'assemblée, affirma que les dirigeants réformistes n'avaient jamais eu l'intention de déclencher réellement une grève générale le 31 janvier, mais avaient simplement manoeuvré en vue de canaliser le mécontentement croissant des masses laborieuses. Il rappela également que le contrat collectif conclu par le CMU dans le secteur public comporta, dès 1966, la clause de l'échelle mobile, alors que les travailleurs du secteur public organisés par les syndicats contrôlés par les partis du gouvernement ne jouissaient pas encore de cette clause jusqu'à ce jour.

30 janvier 1975 Voici l'appel en faveur de la grève générale de 24 heures lancé le 20 janvier 1975 par le Conseil Général du C. M.U. : "Le Conseil Général n'a pas de raison de penser que le Comité de Coordination des Organisations Syndicales ( Joint Committee of Trade Union Organizations) a lancé un appel à la grève générale de 24 heures pour le 31 janvier dans l'intérêt de la classe ouvrière, même s'il dit avoir appelé ''toute la classe ouvrière'organisée à se joindre à la lutte pour les trois revendications immédiates" qu'il affirme avoir soumises au gouvernement. "Le Conseil Général est d'avis que le Comité de Coordination des Organisations Syndicales est incapable de déclencher une "lutte" réelle sur les revendications qu'il a choisies comme "immédiates", parce qu'il est contrôlé par les trois partis représentés au gouvernement. à savoir le LSSP, le SLFP et le PC (Moscou). Le Comité de Coordination est essentiellement un instrument du gouvernement, dont la politique fondamentale consiste à maintenir le pouvoir capitaliste dans ce pays aux dépens de la classe ouvrière et des larges masses laborieuses, et en réprimant toute forme d'action de

Cela est évident à la lumière du maintien de l'Etat d'urgence, longtemps après la répression sanglante du J. V. P. en 1971, ce qui implique la suppression continue de droits démocratiques fondamentaux et de libertés civiles, y compris le droit de grève des travailleurs, alors que les lock-out patronaux sont librement permis. La politique réactionnaire du gouvernement par rapport à la classe ouvrière a également été manifestée par le décret d'urgence qui permet aux patrons d'allonger la journée de travail normale au-delà des 8 heures sans paiement d'heures supplémentaires, dans le cadre de la conversion de la semaine de travail de 6 à 5 jours. "La subordination politique de la direction du Comité de Coordination à la politique réactionnaire du gouvernement a été confirmée par le fait qu'il a seulement protesté contre le décret anti-grève touchant les Services vitaux lorsque celui-ci a été appliqué aux travailleurs appartenant à leurs syndicats, et lorsque le pouvoir du premier ministre d'interdire des manifestations sous le prétexte de l'Etat d'urgence a été utilisé contre eux, comme ce fut le cas lors de l'interdiction de la manifestation organisée par la Ceylon Federation of Labour (Fédération Ceylanaise du Travail, syndicat contrôlé par le LSSP -- Inprecor) pour le 16 novembre 1974. Lorsque ces décrets réactionnaires furent appliqués pour étendre la journée de travail de huit heures sans paiement d'heures supplémentaires, ils n'ont pas avancé la moindre protestation... Même aujourd'hui, ils ont complètement ignoré la revendication de suspension de l'Etat d'urgence et de restauration des droits démocratiques et des libertés civiles du peuple, y compris le droit de grève. Ils ne sont même pas prêts à inclure le rétablissement de la liberté de manifestation dans la liste des revendications soumises au gouvernement... "Le Conseil Général estime néanmoins que le fait que le Comité de Coordination a appelé à la grève générale de24 heures pour le 31 janvier, sur des revendications qui sont importantes pour la classe ouvrière, offré à notre syndicat et à d'autres, l'occasion de centrer l'opinion des masses non seulement revendications du Comité de Coordination mais encore sur d'autres, qui sont d'une importance vitale pour la classe ouvrière et les masses, en organisant une grève générale de 24 heures sur ces revendications ainsi que les trois revendications avancées par le Comité de Coordination pour le 31 janvier. "Le Conseil Général estime qu'il est impératif que la classe ouvrière comprenne que la revendication la plus immédiate et fondamentale qui s'impose à présent, non seulement dans l'intérêts de la classe ouvrière, mais encore dans celui des masses les plus larges de notre peuple exploité et souffrant, c'est la fin de l'Etat d'urgence et la restauration des libertés fondamentales du peuple. " Le Conseil Général estime également qu'il est important de réaliser immédiatement la revendication de production obligatoire de vi-

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publication d'un journal trotskiste vres dans toutes les plantations comme pendant la seconde guerre mondiale, vu la nécessité de réduire immédiatement le danger d'une famine massive, et vu la menace de nouveaux coups portés à l'estomac des masses cette année, sous prétexte d'une production insuffisante de vivres dans l'ile et le prix élevé des vivres sur le marché mondial. "Pour la classe ouvrière, en plus de la revendication d'une augmentation immédiate générale des salaires et d'une augmentation automatique de ceux-ci avec chaque augmentation d'un point de l'indice du coût de la vie, le rétablissement du droit de grève, l'interdiction des lock-out patronaux, de même que la revendication du rétablissement de la journée de travail limitée à 8 heures par jour par la loi, sont également d'importance immédia"La revendication déjà publiée par notre syndicat dans sa campagne de signatures et de réunions de masse tenues les 26 juillet 1973, 20 décembre 1973 et 14 mars 1974, que des rations adéquates de vivres essentielles soient garanties à des prix raisonnables, doit maintenant aussi être avancée aussi largement que possible par toutes les organisations de masse y compris les syndicats. "'Les revendications peuvent donc être résumées ainsi : (1) Fin de l'Etat d'urgence et rétablissement des droits démocratiques et des libertés ci -viles, y compris le droit de grève; (2) Annulation de la législation répressive et réactionnaire telle la loi sur la Sécurité Publique et la Loi sur la Commission de Justice Criminelle;

(3) Libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques. (4) Réintégration de tous les travailleurs licen. ciés par l'application du Décret sur les Services vitaux, et rétablissement de tous les droits enlevés aux travailleurs sous le couvert de l'Etat d'urgence ; (5) Production obligatoire de vivres dans les (6) Garantie des rations de vivres essentielles à des prix raisonnables; (7) Rétablissement de la durée maximum légale de la journée de travail de huit heures; (8) Augmentation générale des salaires égale pour tous de 75 roupees; (9) Augmentation automatique des salaires de 2. 5 roupees par point d'augmentation de l'indice du coût de la vie; (10) Nationalisation des banques, des plantations et des principales industries, sous contrôle ouvrier et non sous gestion bureaucratique de l'Etat capitaliste. "Le Conseil Général a décidé de placer les revendications mentionnées plus haut devant tout le pays à l'occasion de la grève générale de 24 heures du 31 janvier. Il a confiance que notre action ce jour-là, et autour de ces revendications, non seulement élargira l'action de la classe ouvrière organisée, mais servira aussi à élever la conscience de classe des travailleurs, et contribuera à leur faire comprendre la nécessité d'unir leurs forces sous leur propre drapeau, pour une action efficace contre l'exploitation capitaliste et l'oppression sous l'actuel gouvernement ou sous tout autre gouvernement capitaliste qui pourrait le remplacer".

FINLANDE

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