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Les travailleurs de l'usine du verre de Glaverbel, à Gilly Charleroi, ont terminé avec succès leur grève de six semaines ( voir INPRECOR N° 20) contre la décision de fermeture de l'entreprise par son propriétaire, le trust multinational B.S.N.. L'usine ne sera pas fermée. Il n'y aura pas de licenciements. Trois cents travailleurs ont reçu la garantie,
SUCCES
POUR LES
OUVRIERS
DE
GLAVERBEL
Get de la part du patron et de la part du gouverrester au travail à Glaverbel-Gilly. Un tiers environ des travailleurs seront mutés dans d'autres entreprises de l'industrie verrière de la région, mutations qui seront volontaires, en accord avec les organisations syndicales et les intéressés, et avec maintien du même salaire et de tous les avantages ac-
BELGIQUE
Le reste des travailleurs seront progressivement ramenés à Glaverlel-Gilly pour y exercer de nouvelles fonctions, dans un an au maximum. Ils continueront à être inscrits comme membres du personnel; il y aura partage du travail avec chômage partiel et les chômeurs partiels conservent la totalité de leur salaire (avec tous les avantages). Comme l'a affirmé le camarade André Henry, délégué syndical à Glaverbel-Gilly, et membre du Comité Central de la LRT (Ligue Révolutionnaire des Travailleurs - - section belge de la IVème Internationale), dans une interview publiée dans La Gauche (hebdomadaire de la LRT) : "Sans notre lutte, il est bien clair qu'au premier février, l'usine aurait été fermée et il y aurait eu 600 travailleurs au chômage complet. La direction l'avait déclaré". Après le cas de l'usine LIP à Besançon (France), il s'agit d'un des rares cas où les travailleurs ont réussi, ces dernières années, à empêcher la fermeture d'une entreprise et la mise au chômage d'ouvriers et d'employés grâce à leur lutte résolue, tenace et bien dirigée. sens, la grève de Glaverbel et son succès constituent un combat exemplaire pour tous les travailleurs belges, ainsi qu'au-delà des frontières de ce pays. Certes, la manière dont la grève de Glaverbel-Gilly s'est terminée ne constitue pas une victoire à 100%. Un des objectifs pour lesquels les grèvistes de Gilly s'étaient battus était non seulement l'opposition à la fermeture de l'entreprise, mais encore l'opposition à tout dé-
Ce dernier objectif n'a pas été complètement atteint, puisqu'à l'usine même, l'emploi est réduit d'un tiers. Il est clair que dans l'épreuve de force entre 600 travailleurs de la verrerie de Glaverbel et un trust multinational qui emploie plus de 70. 000 personnes de par le monde, une victoire totale n'était possible que si la solidarité la plus large et la plus agissante s'organisait autour des ouvriers en lutte. Concrètement, le comité de grève de Glaverbel-Gilly et tous les travailleurs d'avant-garde de la région étaient d'avis que la victoire totale dépendait de l'organisation d'une grève au finish de tous les ouvriers du verre, épaulée par des grèves généralisées de tous les travailleurs de la région de Charleroi. Or, la bureaucratie syndicale a manoeuvré de manière à étouffer les efforts dans ce sens par toutes les forces syndicales et politiques combatives du mouvement ouvrier de Charleroi. Elle a dû accepter diverses manifestations et débrayages de avec les travailleurs verriers de Glaverbel-Gilly, dont la cause est extrêmement populaire dans toute la classe ouvrière de la région. Mais elle a réussi à canaliser cette solidarité dans des voies qui évitent l'épreuve de force avec le trust multinational B.S.N..
Ainsi, une manifestation monstre fut organisée le lundi 24 février à Charleroi, manifestation qui rassembla entre 30 et 40. 000 travailleurs pour protester contre le chômage et la réduction de l'emploi dans la région. rien ne fut fait pour placer l'appui aux travailleurs de Glaverbel-Gilly, jusqu'à la satisfaction pleine et entière de toutes leurs revendications, au centre de la manifestation. Et l'organisation de la manifestation fut utilisée pour contrecarrer le projet de grève générale à durée illimitée de l'ensemble de l'industrie du verre, pour lequel se battait le comité de grève de Glaverbel-Gilly, et qui aurait permis d'obliger le trust B.S. N. à céder à Le fait que dans l'ensemble des usines du verre l'avant-garde ouvrière n'atteint pas encore le poids qu'elle a accquis à Glaverbel-Gilly a incontestablement aidé les manoeuvres de la bureaucratie syndicale . Celle-ci a pu jouer sur la peur d'une extension des menaces de licenciement vers d'autres usines pour faire échec à l'organisation de la grève générale du verre. Mais le succès de la grève de Glaverbel-Gilly aura des répercussions durables et profondes dans toutes les verreries, ainsi que dans d'autres usines de la région de Charleroi. Les ouvriers ont mis en place un comité de contrôle de l'application de l'accord, qui doit stimuler la vigilance des travailleurs et déjouer toutes les manoeuvres patronales tendant à reprendre les concessions et les promesses qu'une lutte tenace leur a arrachées. En assemblée générale, après un débat démocratique, les grévistes de Glaverbel-Gilly ont approuvé l'accord à l'unanimité moins une voix. Ils ont repris le travail en rentrant dans l'usine en cortège, drapeau touge en tête, et chantant l'Internationale. Leur combativité, leur confiance en leurs propres forces, sortent considérablement renforcées de cette lutte couronnée de succès. Un incident survenu dès le lendemain de la reprise du travail en témoigne. Un secrétaire syndical avait, de sa propre autorité, et sans consulter ni la délégation syndicale ni les travailleurs concernés, signé une ajoute au protocole d'accord, dans laquelle il s'engagea à restituer aux patrons le "fonds de combat" que les travailleurs de Glaverbel-Gilly avaient rassemblé en vendant le verre qu'ils avaient produit sous leur propre direction au cours de la grève avec occupation. Dès que l'information fut connue à l'usine, l'indignation des travailleurs fut si grande qu'une nouvelle grève fut décidée sur le champ. Les travailleurs décidèrent immédiatement de partager le "butin de guerre"' entre tous les tra -vailleurs de l'usine. Le délégué syndical, sommé de s'expliquer, capitula devant la combativité ouvrière résolue. Le trust B.S.N. qui avait pourtant fait de la question de la vente de
Les réformistes annulent la production par les grévistes une question de principe à trancher par la justice bourgeoise, n'insista pas, lui non plus. L'ajoute au protocole d'accord fut jetée aux oubliettes. Maintenant, l'attention dans la région de Charleroi se déplace vers les Ateliers Hanrez, où les travailleurs se battent depuis des semaines contre le licenciement par le patron d'un militant syndical combatif. Jeudi 28 février, des milliers de travailleurs de toute la région de Charleroi ont arrêté le travail pendant une heure pour marquer leur solidarité avec les ouvriers des Ateliers Hanrez. La montée des luttes ouvrières en Belgique se précise d'ailleurs dans de nombreux secteurs, bien qu'elle reste encore modérée comparée à ce qui se passe dans d'autres pays de l'Europe capitaliste. Ainsi, il y a eu ces dernières semaines des grèves d'avertissement dans l'industrie du pétrole et dans l'enseignement. Les ouvriers de l'usine Allard, dans la région de Mons, occupent leur usine pour combattre un projet de licenciement de 200 ouvriers. credi 19 février, il y eut une grève spontanée dans deux usines métallurgiques de la région de Bruges. Chez Caterpillar,, dans la ré -gion de Grimbergen (grande banlieue bruxelloise), les ouvriers ont fait quatre semaines de grève. Le samedi ler mars, les postiers nouvelles du mouvement ouvrier et de l'internationale la grève générale ont refusé de distribuer le courrier dans toute la Belgique. Chez Solvay-Solvic, dans la région de Mons, une grève a éclaté au début de cette semaine. Au département FerblatilTolmatil du grand trust sidérurgique Cockerill à Liège, 1, 500 travailleurs ont fait grève pour protester contre le licenciement de 80 travailleurs "temporaires", etc.. nombre de "points chauds"' se multiplie. Le fait que le parti social - démocrate PSB soit dans l'opposition et encourage (fort modérément d'ailleurs) des mobilisations limitées de masse contre le gouvernement de droit actuellement au pouvoir en Belgique contribue à échauffer le climat de lutte qui se développe pour le moment dans le pays. Afin de canaliser ces luttes vers des objectifs électoralistes et parlementaires, le PSB organise une "grande manifestation nationale" le 15 mars 1975. Celle-ci n'a cependant pas reçu l'appui inconditionnel de la part de la bureaucratie syndicale sur lequel comptaient les dirigeants sociaux-démocrates. dicats voudraient centrer la lutte sur des garanties contre les licenciements et les fermetures d'entreprises. Or, le PSB qui s'apprête à rentrer au gouvernement à la première occasion venue n'ose pas s'avancer trop loin dans la voie de telles garanties.
P. G. SRI LANKA