Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

INDOCHINE

La débâcle impérialiste

· Inprecor (première série) n° 23, 10 avril 1975 · p. 3-7 · 3 000 mots

Indochine États-Unis Chine

Le président fantoche Lon Nol fuit la capitale cambodgienne dont la libération est imminante. Au Sud-Vietnam, en trois semaines de temps, les troupes salgonnaises se sont effondrées sur les Hauts Plateaux, dans les provinces septentrionales et sur la côte centrale, abandonnant pour plusieurs milliards de dollars de matériel et perdant des dizaines et des dizaines de milliers d'hommes, Les zones libérées connaissent une extension considérable, couvrant, selon les estimations occidentales elles-mêmes, 75% du territoire, et incluant les principales villes du Vietnam du Sud hors Saigon. Plusieurs millions de personnes se sont soulevées ou ont rejoint les zones du GRP (Gouvernement Révolutionnaire Provisoire). Face à la déroute de leurs forces, Washington et ses instruments locaux, sont frappés d'une paralysie qui inquiète ceux qui espèrent dans le "gendarme du monde impérialiste" que sont les USA. En un mois, la révolution indochinoise vient de connaitre des victoires décisives qui marquent un tournant déterminant dans_la situation régionale._ Ce tournant ouvre la phase finale du combat pour la libération de l'Indo-_ chine de l'emprise impérialiste_américaine. La brutalité et la rapidité du bouleversement qui vient de s'opérer ont surpris ceux qui n'avaient pas vu - - ou n'avaient pas voulu voir - - les contradictions qui minaient progressivement de l'intérieur le pouvoir fantoche. Une véritable campagne d'opinion internationale, violemment anti-communiste, s'organise en conséquence : la débâcle de Thieu serait due à la faiblesse de l'aide américaine, à la violation par Hanol des Accords de Paris, au "rouleau compresseur" communiste et nordique devant lequel les populations sud-vietnamiennesfuieraient "votant avec les pieds" contre le péril rouge. Il n'est pas temps, encore, de tirer un premier bilan d'ensemble des offensives en cours la débâcle impérialiste

PIERRE ROUSSET La situation reste trop fluctuante, Mais on peut néanmoins faire le point des processus par lesquels l'effondrement fantoche en Indochine s'opère et répondre par là à la campagne d'intoxication poursuivie dans le monde occidental . La désintégration de l'armée fantoche Quatre éléments permettent de bien mettre en lumière la nature de la défaite de l'armée salgonnaise. - Contrairement à ce que Washington ont tenté de faire croire, le potentiel militaire matériel de l'armée fantoche_est resté largement supérieur à celui des forces_ révolutionnaires. Avec, sur le papier, plus d'un million d'hommes, la troisième aviation du monde, une flotte maritime et fluviale redoutable, une artillerie sans équivalent de l' "autre côté", l'armée fantoche était, en principe, imbattable. Les Forces Armées de Libération avaient, certes, pu améliorer leur matériel, notamment dans les régions méridionales, Mais, selon les estimations mêmes de la CIA, citées par des parlementaires américains, l'aide US à Thieu fut, depuis les Accords de Paris, deux à quatre fois plus importante que celle fournie à la République Démocratique du Vietnam par la Chine et l'URSS, Et le Pentagone a fini par reconnattre que le régime salgonnais n'était pas étranglé par la baisse des fournitures financières et militaires : les crédits adoptés pour cette année par le Congrès n'étaient pas encore épuisés et les stocks de carburant, de munitions et de pièces de rechange étaient loin d'être pleinement utilisés (voir Le Figaro du 29/30, - Il n'y a pas eu, et il n'y a toujours_pas d'offensive militaire du GRP analogue à celle du printemps 1972, qui avait vu une offensive générale combiner forces de guérilla, trou-

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pes régionales et régulières et de très durs et longs combats se dérouler. Durant la première phase (de la prise de la capitale provinciale de Phuoc Binh en janvier à celle de Ban Me Thuot en mars), seules les troupes régionales et locales participent à l'essentiel des attaques effectives. Durant la seconde phase (après la décision, à la mi-mars, de Thieu d'évacuer les villes des Hauts Plateaux, Pleiku et Kontum), les divisions régulières ont en effet joué un rôle actif dans les provinces septentrionales et le long de la côte. Mais elles n'ont presque pas eu à combattre! Les troupes salgonnaises ont été débandées aux premiers coups de semonces ou à la seule annonce de l'arrivée prochaine des forces de libération. - C'est ce phénomène de désagrégation de l'armée fantoche gui a bouleversé les plans de l'état-major salgonnais. Il semble que le principe d'un repli et d'une réorganisation du système militaire ait commencé à être envisagé dès cet

En tout état de cause c'est le 14 mars que la décision de retrait des Hauts Plateaux, que de nouvelles villes ne soient attaquées, fut

La situation cambodgienne confirmait pour Thieu qu'il ne pouvait espérer un accroissement de l'engagement U.S.. Et la chute de Ban Me Thuot mettait en lumière le danger de voir des divisions fantoches être coupées de leurs arrières puis détruites. Il fallait éviter cela et regrouper les troupes en des lieux où le ravitaillement par voie terrestre ou maritime ne pouvait être coupé : la partie méridionale et

Le repli devait s'arrêter là; il aura été le signal de la déroute, surprenant tous les experts et conseillers militaires. - La débâcle de l'armée_fantoche est d'autant_ plus significative qu'elle touche_les divisions d' "élite", celles qui tenaient Quang Tri et Hué et qui se sont repliées sur Da Nang, comme la lère Division d'infanterie et les "marines". Les parachutistes, eux, avaient été rappelés par Thieu pour protéger son palais présidentiel contre ennemis et amis... Ce sont les troupes qui étaient considérées comme les seules "bonnes.!! , motivées, efficaces, qui ont pillé, assassiné, enlevé les femmes de leurs officiers, qui se sont battues pour évacuer plus vite les zones menacées. La déroute a été telle qu'un matériel intact et considérable a été saisi par le GRP, notamment 2 à 300 avions et hélicoptères, avec tout leur équipement, et dont certains étaient sur la piste d'envol, le réservoir plein, prêts à décoller. L'armée fantoche n'a pas été battue après de durs combats où la supériorité matérielle de l'adversaire se serait finalement imposée. Personne n'a tenté de défendre Da Nang après que, le 26 mars, Thieu ait lancé un appel solennel à ses troupes pour qu'elles "tiennent" Il était pourtant possible de faire durer la bataille de Da Nang des semaines et de tenter de rallier autour de cela l'opinion aux USA. L'armée fantoche s'est décomposée. Le problème

La fuite des soldats de Thieu... est politique. Car sa désintégration est le produit du pourrissement du régime. Un régime miné de l'intérieur Ce qui éclate aujourd'hui au grand jour, ce sont les faiblesses et contradictions de la politique défendue par Kissinger lors de la signature des Accords de Paris. Washington, pressé de se dégager relativement, cherchait à mettre en place une politique néo-coloniale "clas-

Mais Washington devait le faire après la reconnaissance de fait de l'échec de sa stratégie d'escalade militaire antérieure et en acceptant par là une dégradation réelle des rapports de forces en Indochine, d'une part et, d'autre part, les USA devaient tenter de transformer rapidement l'assise économique et sociale artificielle du régime fantoche par une industrialisation accélérée à coups de capitaux étrangers, alors que l'avenir politique de Thieu manquait de crédibilité. Les succès partiels de la politique de "pacifi-

" d'"'urbanisation forcée", de "vietnamisation"', le poids de l'escalade gui avait pesé sur les peuples indochinois, l'ampleur__ des moyens engagés pour continuer à soutenir l'administration fantoche et son appareil militaire et policier, interdisaient au GRP de vaincre avant d'avoir miné de l'intérieur cette formidable création de l'intervention américaine qu'était le régime de Thieu. La situation de faiblesse stratégique dans laquelle la lutte des peuples indochinois avait placé l'impérialisme américain, les contradictions internes du régime salgonnais, le renforcement des zones libérées permis par l'arrêt des bombardements, les difficultés internationales de Washington, mettaient les révolutionnaires vietnamiens, cambodgiens et laotiens en position favorable pour le faire. Tel était le cadre de lutte né de la signature des Accords de Paris du 27 janvier 1973.

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solution m

Il aura fallu deux ans pour que le processus engagé arrive à maturité.

taire, combinant de la part du GRP une politiquels: processus politique que de "fraternisatio tion de la politique d d'interdire le renforcemer réprimait sauvagement du sa crédibilité aux yet son armée.

et celle du fantoche Lon Nol

La crise du régime aura préparé la désinté-

Celle-ci réagit en regration de l'armée.

tour sur la situation à Saigon. La personne de Thieu, clé de voute du régime sur laquelle les USA se sont appuyés, n'est plus qu'en survie.

Il fait peut-être déjà ses valises pour suivre

Lon Nol dans l'exil. La bataille

Processus mililes ripostes grala situation à Saigon.

: mise en quesde lutte pour opposition qu'il égime aura perdes masses et de les milieux bourgeois

Indoe désorganisé et les tr démoralisée.

ne suivent - ment crû au Sud-Vietnam, s'engage pour la formation d'un nouveau gouvernement. La droite tente de présenter une alternative qui lui permette de garder le contrôle minimum de

Le général Nguyen Cao Ky a créé un Comité de Salut National. l'homme fort des américains de 1965 à 1967, socialiste aux, le Sénat, l'archedemandent le départ du présichances d'un "régime Thieu sai sont maintenant bien faibles! brutalement. La panique con plètement lement religieuses ı contraire, elles capitale spirituelle" est lee par les Forces de Libérade ne pas fuir vers Saigon, et u Van Mau, dirigeant du mouvement bouddhiste Forces de Réconciliation Nationales, lié à la pagode An Quang, a déclaré que ses forces avaient laissé leurs comités en activité dans les zones nouvellement libérées. Madame Ngo Ba Than, un temps mise en résidence surveillée, dirigeante du Mouvement Populaire pour l'Application des Accords de Paris ("troisième force"') déclare qu'elle ne compte pas participer au remaniement gouvernemental et que c'est l'affaire de la "première composante", dite saigonnaise. général Minh, enfin, l'une des personnalité les plus en vue auprès des "libéraux" américains, qui pourrait tenter de jouer un rôle bonapartiste entre les fractions de l'opposition, reste dans l'expectative et semble ne pas savoir dans quelle galère embarquer. Surtout, le poids spécifique du GRP a brusque-

Il se déclare certes prêt à négocier, mais après le renversement de l'actuel régime et son remplacement par une administration qui acceptera d'appliquer les Accords de Paris. Il poursuit une vigoureuse offensive qui fait qu'aujourd'hui il est probable que les zones libérées comprennent pas loin (au moins) de la moitié de la popula-

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Et les réfugiés? Cette analyse est-elle infirmée par le flot de réfugiés et les scènes de panique que les télévisions ont filmés ? Non; il faut en comprendre la nature. L' International Herald Tribune, se basant sur une enquête menée par les journalistes du New York Times, titre son article du 27.3.1975 "La cause de l'exodus vietnamien est la panique, pas la politique", et note que "au cours des dernières semaines, les correspondants du New York Times au Vietnam ont interviewé des centaines de réfugiés s'enfuyant de différentes parties du pays"'. A la question : pourquoi fuyez-vous ?, la plupart des réponses étaient : "Parce que tout le monde s'en va". "Personne n'a répondu que c'était parce qu'il ou elle haissait le communisme ou en avait peur. Nombreux sont ceux qui craignent, en restant derrière, de s'exposer à la mort et à la destruction ...; la peur de l'inconnu semble être encore plus forte... Pour les riches et les classes moyennes, pour les commerçants et les honmes d'affaire, il existe une raison spéciale à leur fuite..." Les américains et les fantoches ont su créer une panique collective dans plusieurs villes. Car elle a bel et bien été créée : par la transformation, durant les années passées, de toute zone et localité nouvellement libérée en zone de bombardement et de "tir libre", par la psychose des combats, par l'incitation directe. Ce sont des voitures-sonos de l'armée qui ont déclenché la panique à Pleiku en criant "Fuyez, fuyez", alors qu'il n'y avait pas de combats. A Hué, ce sont les soldats de Thieu qui entraient dans chaque maison, le fusil à la main, pour obliger les civils à évacuer, sans quoi, disaient-ils "les bombes et les obus vous tueront", raconte à l'Agence de presse du FNL une habitante de la ville qui est restée, (Libération, 2.4.1975). A Nha Trang, raconte l'Agence France-Presse, des habitants se réfugient sur une fle proche et inculte, le temps de l'occupation de la ville par peur des roquettes. bandes de soldats fantoches qui pillent et assassinent. L'intoxication, par ailleurs, se poursuit : "les communistes perceront les mains de toutes les jeunes filles... La panique et l'exode, ce sont les derniers résultats de la politique d'"urbanisation forcée" de l'impérialisme américain. Mais s'il a su les susciter, il n'a pas pourtant fourni de base sociale large et populaire à son système en Indochine.. Et s'il est vrai que ceux qui ont peur des représailles parce qu'ils ont collaboré, torturé, assassiné, profité de la présence US et de ses prébendes, ne sont pas nécessairement les seuls à partir dans ces mouvements collectifs, il ne faut pas oublier que la majeure partie des habitants de ces zones, soit sont restés, soit sont revenus ou sont en train de revenir. Il ne faut pas ou -blier non plus que la libération des villes a été permise par l'action combinée des forces armées et de la population laborieuse organisée. C'est aussi pour cela que Hué, Da Nang, Nha Trang tombent sans grands combats. Sans parler de ralliements massifs de soldats de l'armée fantoche. Sinon, comment comprendre qu'immédiatement avec l'arrivée des Forces de Libération les villes se soient couvertes de drapeaux du GRP ? Sur la base d'informations recueillies à Hanol, Jean Thoraval écrit dans Le Monde du 4.4.1975 que "un intense travail psychologique a été fait auprès des masses sud-vietnamiennes au cours de ces deux dernières années en particulier. Dans de nombreux chefs-lieux de provinces des milices clandestines... sont vraisemblablement sorties de l'ombre pour aider les Forces Armées de Libération"'. La presse de Hanol rapporte d'ailleurs que ce sont les ouvriers de Da Nang qui, dans cette ville, étaient la colonne vertébrale des milices. Enfin, les photographies en provenance des villes nouvellement libérées montrent des rues animées et non pas des allées désertées et vides. La paralysie américaine L'une des clés de la politique américaine à l'égard des Accords de Paris était la mise en place d'une "coexistence pacifique à trois" L'échec de la stratégie antérieure d'escalade impliquait la reconnaissance de la République Populaire de Chine. Cette reconnaissance réclamait en retour que les américains, tôt ou tard, limitent leur intervention directe. Et l'appui donné par Pékin à Nixon laissait espérer à Washington que l'isolement des révolutionnaires indochinois allait être tel qu'il "modérerait' leurs ambitions. Mais l'analyse des rapports de forces régionaux à l'époque de la signature des accords, comme la multiplication des difficultés de l'impérialisme américain consécutive à la montée des luttes de classes à l'échelle internationale et l'annonce de la crise économique laissaient prévoir qu'il n'en serait rien. C'est effectivement ce qui s'est produit. La dialectique de la révolution indochinoise s'est confirmée. Les derniers mois l'illustrent particulièrement. C'est à une offensive combinée au Cambodge et au Vietnam que nous avons assisté, offensive déclencée dès le premier janvier. La chute, perçue rapidement comme inévitable, de Phnom Penh a joué un rôle de catalyseur dans la démoralisation des forces fantoches de la région en mettant en lumière la paralysie américaine. De même, l'effondrement de l'armée fantoche au Sud-Vietnam aura porté le coup de grâce au régime de Lon Nol.

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L'écho de l'avance de la révolution indochinoise est déjà perceptible au-delà des frontières des anciennes colonies françaises. Il est particulièrement perceptible en Thallande où le gouvernement (de droite) de Kukrit Pramoj demande le retrait des forces US basées dans le pays et où l'instabilité politique chronique a succédé à la dictature militaire pro-américaine antérieure. La débâcle impérialiste en Indochine va accélérer la remontée des luttes de classes dans l'ensemble de la région. Plus profondément, l'Indochine, avec le Moyen Orient, aura été le révélateur des faiblesses nouvelles de l'impérialisme américain sur l'arène international. La révolution indochinoise aura bel et bien été le pont entre la vague révolutionnaire d'après la seconde guerre mondiale et celle qui prend forme aujourd'hui. La révolution socialiste indochinoise Le Comité Exécutif de la IVème Internationale se réunissait en décembre 1972 et adoptait une résolution sur la signature (encore éventuelle à l'époque) des Accords de Paris. Après avoir analysé les forces et les faiblesses de la situation de la révolution indochinoise et la nature du projet d'Accord en négociation, elle concluait que sa signature impliquerait "un retrait des forces armées US du Vietnam et l'arrêt des bombardements au Nord comme au Sud, (ce qui) constituerait en tout cas un changement des rapports de forces en faveur de la révolution vietnamienne... mais un tel retrait ne (garantirait) pas en lui-même la victoire de la révolution permanente au Sud-Vietnam, Il (impliquerait) seulement que le processus de cette révolution pourrait se développer avec une ingérence contre-révolutionnaire étrangère réduite, mais pas nulle". Le moteur de la lutte résidait dans le maintien d'une "situation... au Sud-Vietnam.., de dualité de pouvoir de haut en bas.,, mais dualité de pouvoir qui n'est pas encore étendue aux principales villes du pays". C'est à partir de cette analyse que la résolution tentait de prévoir l'axe des luttes à venir au Vietnam : approfondissement de la réforme agraire, luttes des masses exploitées pour la défense de leur niveau de vie, lutte pour la libération des détenus politiques et les libertés démocratiques, et leur résultat prévisible : la "désintégration des appareils militaires et administratifs fantoches sous l'effet combiné des processus que nous venons de décrire", tout en soulignant ce qui serait essentiel : le maintien et le renforcement des forces armées du prolétariat et de la paysannerie. Avec deux années de recul, on peut dire que l'analyse qui était alors portée par notre mouvement sur les rapports de forces et sur les processus de luttes à venir s'est vue confirmée. Cela ne veut pas dire que la victoire de la révolution permanente au Vietnam et en Indochine est d'ores et déjà complètement acquise. La lutte se poursuit, Mais la révolution indochinoise vient de faire un très grand pas en avant, C'est cela qu'il nous faut avant tout saluer ! Pour la révolution socialiste indochinoise ! 3.4.1975

L DAO DE QUOC MAY

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