Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

VIETNAM

La victoire

Inprecor (première série) n° 25, 8 mai 1975 · p. 3-4 · 794 mots

Indochine

Les travailleurs de Hanol descendent dans la rue pour feter la chute de Salgon

LA VICTOIRE

Saïgon-Ville Hô Chi Minh

libérée !

Quinze jours à peine après celle de Phnom Penh, la libération de la capitale du Sud -Vietnam sonne le glas de la domination impérialiste en Indochine et souligne avec éclat l'actualité de la révolution socialiste mondiale. Car telle est bien la leçon essentielle de cette victoire qui sanctionne plus de trente longues années de lutte révolutionnaire. La victoire est totale. C'est en triomphateur que le "Gouvernement Révolutionnaire", abandonnant son qualificatif de "provisoire", est entré à Salgon. Les manoeuvres américaines de dernière heure, appuyées par la diplomatie française, n'auront en rien permis à l'impérialisme d'éviter la débâcle la plus complète. Le spectacle de la retraite désordonnée des derniers ressortissants américains et de leurs hommes de paille les plus favorisés a consavietnam cré l'échec ultime de la politique de Washington. Deux ambassadeurs -- Dean et Martin -- obligés de fuir en hélicoptère le drapeau sous le bras; les derniers GI's dans Salgon, pendus à une échelle de corde; les appareils de la Tème flotte US jetés à la mer pour faire place aux réfugiés; le pillage sauvage des biens américains par une population affichant sa haine et son mépris; les fantoches dont les relations n'étaient pas suffisantes, abandonnés à leur sort malgré les promesses antérieures de leurs protecteurs; la reddition sans négociations d'un régime pour la constitution duquel l'impérialisme avait investis des milliards de dollars et sacrifiées des dizaines de milliers de soldats américains; voilà qui fera réfléchir bien des gouvernants sur la valeur des engagements américains et rêver bien des peuples sur les victoires possibles. La défaite impérialiste en Indochine, oeuvre d'une lutte de libération nationale, est aussi le fait d'une révolution sociale. C'est la réforme agraire qui aura permis à des paysans

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INDOCHINE de rester sur leurs terres malgré les bombardements, la terreur, et d'alimenter le front. C'est la bourgeoisie vietnamienne, après la cambodgienne, qui se voit brutalement déracinée par l'effondrement de l'appareil administratif et militaire fantoche dont elle dépendait, par la perte parallèle de la propriété foncière et de la domination impérialiste indispensable à sa survie, par l'irruption de la mobilisation populaire urbaine dans l'arène de la révolution indochinoise. L'actualité de la révolution est illustrée par les premières mesures prises par le "GRP" à Salgon, comme hier à Da Nang, à Hué, à Quang Tri : - Démantèlement de l'appareil d'Etat néo- Dissolution des partis réactionnaires et fermeture des lieux de plaisir impérialistes; - Mise sous contrôle du gouvernement révolutionnaire ou des travailleurs des services et moyens de production; - Gestion des centres urbains par des comités militaires révolutionnaires. Surtout, la réunification du Sud-Vietnam avec l'Etat ouvrier du Nord est en cours, inscrite dans les évènements quotidiens, même si elle demandera encore du temps pour être parachevée. Le dong de la République Démocratique du Vietnam devient "monnaie forte" au Sud, face à la piastre maintes fois dévaluée. Les cadres, souvent originaires du Sud mais venus au Nord en 1954, rejoignent par milliers le Vietnam central et méridional. Machines, livres de classe et groupes théâtraux suivent l'armement dans l'aide au Sud. L'unité du Vietnam s'affirme aujourd'hui dans la victoire comme hier au combat, de même que celle des trois peuples d'Indochine.

DE LA REVOLUTION

INDOCHINOISE

A'LA REVOLUTION

MONDIALE!

C'est à la transcroissance socialiste de la révolution indochinoise que nous assistons ! Première lutte de libération nationale à avoir mis en échec le "gendarme du monde capitaliste" alors qu'il avait engagé directement toutes ses forces dans l'escalade contrerévolutionnaire, première "révolution permanente" à vaincre depuis la victoire de la révolution cubaine, voilà qui rappelle l'importance de la lutte des peuples indochinois pour tous ceux qui, de par le monde, luttent pour le socialisme.

savons le tribut que les peuples indochinois ont accepté de payer pour cela. savons le prix de sang que l'impérialisme US, à la suite des français et des japonais, a exigé avant d'avouer sa défaite. Nous savons la terrible souffrance endurée par des peuples soumis aux déportations, opérations de ra -tissages, bombardements massifs, quadrillages, assassinats terroristes du plan Phoenix, arrestations et tortures par centaines de milliers. Nous savons les dizaines de milliers de militants et de cadres des organisations révolutionnaires indochinoises morts dans un combat mené au nom de l'humanité toute entière. Nous savons la solitude terrible qui a souvent été celle des travailleurs vietnamiens, laotiens, cambodgiens pour qui le mouvement ouvrier international n'a que chichement accordée son aide. Ces peuples martyrs nous auront appris que la résistance à la contre-révolution est possi-

Ces peuples en lutte nous apprennent que la victoire nait de la résistance. Nous savons la dette à leur égard qui est la nôtre. LA VICTOIRE DES PEUPLES D'INDOCHINE EST CELLE DE TOUS LES TRAVAILLEURS DU MONDE !

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