Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

Boom et déclin des matières premières

· Inprecor (première série) n° 27-28, 5 juin 1975 · p. 51-61 · 5 912 mots

Économie mondiale Japon et Corée

récession

transmis

Uses effets sur La récession internationale a rapidement transmis ses effets sur le marché des matières premières dont les prix connurent une croissance vertigineuse en 1972, 1973 et au début de 1974. Sur un an, le renversement de tendance s'est produit avec force. Les prix des matières premières agricoles, telles que les fibres et le caoutchouc, ont atteint leur point culminant en janvier de 1974 et sont en baisse depuis lors. Ceux des produits minéraux et des métaux non-ferreux ont commencé à fléchir en mai 1974. Les prix de la plupart des produits alimentaires étaient encore plus élevés en novembre 1974 qu'au début de l'année, mais baissent depuis lors. Aujourd'hui, suivant les parties, le débat porte sur les moyens à adopter pour freiner le déclin des prix ou sur les mesures propres à éviter une nouvelle explosion dans la perspective d'un boom hypothétique en 1977-78, boom qui se ferait selon le scénario de 1972-73. Après une longue chute... Si la flambée des prix des matières premières de 1972 à 1974 fut plus forte que pendant la guerre de Corée, il n'est pas inutile de la situer dans le long terme.

boom

et

déclin

des matières

premières

A.UDRY marche des matières premières

Après une ascension rapide du premier trimestre 1950 au premier trimestre 1951, les prix des produits primaires (1) n'ont cessé de s'effriter jusqu'en 1962. A ce moment, selon l'indice des Nations Unies (ONU), ils étaient inférieurs d'environ 5% à ceux du premier trimestre de 1950, c'est-à-dire aux prix d'avant la guerre de Corée. Après une légère hausse de fin 1962 à début 1964 (ler trimestre), ils subirent un nouveau déclin qui les amena à un niveau inférieur à celui du premier trimestre de 1950. Après le quatrième trimestre 1968, l'indice global des produits primaires est monté de 5% en 1969 (entre le quatrième trimestre de 1968 et celui de 1969), de 3% en 1970 (idem), de 7% en 1971 (idem), de 17% en 1972 (idem), de 61% en 1973 (idem). Evidemment le mouvement de l'indice global des produits primaires dissimule des écarts importants entre les différents produits. Du dernier trimestre 1968 à la même période de 1971, les produits minéraux et forestiers (charbon, minerais des métaux non ferreux, bois, pâte de bois) et le pétrole entrament l'indice à la hausse, accompagnés par certains produits agricoles (sucre, oléagineux). Par contre, mais, riz, laine, caoutchouc, baissent.

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a

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Du dernier trimestre 1971 à celui de 1972, ce sont les produits agricoles tels que la laine, le blé, les oléagineux, le mals, le cacao, le caoutchouc qui sont à la pointe de la montée des prix. Par contre, les prix en dollars des minéraux en 1972 n'ont pas augmenté (à l'exception du pétrole) et les métaux non-ferreux se sont repliés. En 1973 (dernier trimestre 1973 par rapport au dernier trimestre 1972), par contre, la hausse est plus homogène. Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 56%, soit légèrement moins que la moyenne pour l'ensemble des produits de base (61%). L'indice des matières premières agricoles a crû parallèlement à l'indice global. Alors que celui des minéraux et des métaux non-ferreux (y compris le pétrole) augmentait de 72%. II faut souligner que l'ampleur chiffrée de ces hausses est le produit d'une certaine illusion créée par l'utilisation du dollar pour le calcul des indices des prix de l'ONU. Ainsi, exprimée en marks allemands (DM), la hausse de 43% (moyenne 1973 sur moyenne 1972) serait de 19.1%; celle de 13% (moyenne 1972 sur moyenne 1971) serait de 3.2%. Dès lors, lorsque l'indice annonce une hausse de 8% en 1973 du minerai de fer, ou de 4% du thé, ces pour -centages sont tout simplement inférieurs à la dévaluation effective du dollar. Pour mieux appréhender la signification réelle et la place de la hausse dans la dernière période (1968-73), on peut "corriger" cette hausse par l'indice de l'ONU des prix des exportations de produits manufacturés des pays industrialisés. Pour la période allant du début 1950 au quatrième trimestre de 1973, les résultats sont les suivants:

TABLEAU (1)

Croissance des prix des produits primaires, exprimée en dollars, de 1950 au dernier trimestre de 1973 ( en pourcentage

Divisés par l'indice ONU des prix des exportations des produits manufacturés

Produits primaires 100 - 2.4%

Produits alimentaires 120 7.3

Matières premières agricoles 68. 9 - 17.6

Minéraux 122.2 8.4

Combustible

(pétrole) 173.4 33.4

SOURCE : Skandinavska Euskilda Bankens,

Kvartalskrift N°4, 1974

Le boom de 1972-73-74 Ce dernier boom des produits primaires, par rapport à celui de 1950-51 , se caractérisa par trois aspects particuliers : (a) La hausse des prix, en dollars courants, fut considérablement plus forte durant la première haute conjoncture (1972-73) que durant le boom de la guerre de Corée. L'indice ONU des prix de tous les produits primaires augmenta de 150% de 1971 (base 100) au premier trimestre 1974 (point culminant). Alors que, durant la haute conjoncture 1950-51, il s'éleva de 50% de 1949 (base 100) au premier trimestre 1951 (point culminant). La même différence est présente si l'on "corrige" les prix en dollars courants par l'indice des prix (ONU) des exportations des produits manufacturés : 1971-1974 (1er trimestre), 80%; 1949-1951 (ler trimestre), 43%. (b) Durant la dernière haute conjoncture, l'escalade des prix s'est prolongée sur plus de deux ans, de 1972 à avril-mai 1974, et ceci bien qu'une stagnation de la production industrielle, dans une série de pays impérialistes, se soit manifestée dès la fin de 1973. Par contre, au début des années 50, la flambée des prix ne dura que 9 mois, et moins de deux ans après le début du boom ils se trouvaient à un niveau 20% supérieur à celui de 1949. Cette prolongation de la hausse des produits primaires durant la dernière période exprime une des spéciticités de la première phase de la récession généralisée de l'économie impérialiste - - environ jusqu'en juillet 1974 -durant laquelle le ralentissement de la production industrielle se combine avec des pénuries sectorielles et des goulots d'étranglement. (c) Lors du dernier boom, la flambée des prix atteignit tous les secteurs des produits primaires, alors que, durant les années 1950-1952, la poussée des prix s'est exercée dans le domaine des produits agricoles et des métaux (à l'exception du fer), tout en ne touchant que très peu le secteur des produits énergétiques et des biens alimentaires. Un rapide examen de la hausse des prix dans les différents secteurs depuis le début de l'année 1972 indique le rythme de la croissance de chacune des catégories, ceci jusqu'à la période de retournement de mai 1974. lisons (tableaux 2 et 3) l'indice de l'Economist, dont l'indice général est pondéré ainsi : 55. 6% biens alimentaires et 44.4% matières premières (2):

Page 53

TABLEAU (2)

Evolution des prix des matières premières

1970 = 100 dollar index

72

Ensemble des produits

101.3

Produits ali-

107.7 mentaires

Les causes à court terme

Divers facteurs expliquent l'escalade des prix des matières premières (3) qui n'ont rien à voir avec les "limites de la croissance", ou une quelconque "rareté naturelle".

1. La croissance de la production manufacturière dans l'ensemble des pays impérialistes en 1972-73 a évidemment provoqué une explosion de la demande de matières premières et a révélé les disproportions existant entre les divers secteurs de la production.

La croissance de la production manufacturière a atteint en 1973 une proportion rarement connue sur une année, et ceci dans la totalité des pays capitalistes avancés. Or, la projanvier janvier janvier

73 74 147.2 228.9 254.5 165.9 mécaniques, qui a crû en moyenne pour les trois régions mentionnées de 12.5% et 13.1% eut une forte incidence sur la demande de minerais et métaux non-ferreux. Il en va de même pour les effets de la production des textiles et vêtements sur la demande de fibres textiles et de laine. Cette synchronisation de l'augmentation de la demande a donc créé des tensions sur le marché, d'autant plus qu'existe une certaine inélasticité de l'offre dans le court terme (pour la majorité des produits) . Il faut environ sept ans pour qu'une exploitation minière normale puisse entrer en pleine exploitation. 2. A cela s'ajoute le fait que les stocks de nombreuses matières premières, vu la tendance des prix dans la période précédente, étaient relativement faibles chez les utilisa-

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TABLEAU (4) Amérique du Nord (Canada et USA) Europe occidentale (AELE +CEE) Japon teurs au moment de la montée des prix. D'autant plus que, après le ralentissement et le recul de la production manufacturière en 197071, ce fut sur les stocks que se firent les prélèvements nécessaires pour répondre à la première phase de la relance de 1972. un des éléments qui donnent son aspect specifique à la dernière hausse en comparaison de celle de la guerre de Corée. bien en prévision d'un conflit armé que suite aux réserves constituées durant la seconde guerre mondiale, le niveau des stocks de produits stratégiques était fort élevé. La constitution des stocks stratégiques industriel (la production industrielle pour les USA et l'Europe occidentale augmenta de 8.1% en 1950 et de 9.3% en 1951) pour susciter une hausse des produits de base. deuxième temps, au déclin de la production industrielle s'ajoutèrent les effets du déstockage pour exercer une très forte pression à la baisse sur les prix des matières premières. 3. Enfin, la spéculation, bien que n'étant aucunement la a stimulé la poursuite de l'escalade. la dépréciation du papier-monnaie, dans cette époque d'inflation, se "réfugient"' dans l'achat des dits biens réels, d'autant plus lorsque les bourses des valeurs donnent des signes de faiblesse. qu'en 1973 le volume total des transactions pour 8 des principaux produits primaires (cacao, café, sucre, caoutchouc, cuivre, plomb, étain, zinc) sur les marchés à terme de Londres et New York

Evolution de la production manufacturière

(variation en % par rapport à l'année précédente)

Ensemble des

Métallurgie produits de base

1959-69

4.5

5.7

70

-4. 8

- 5.7

71

0. 0

- 5.0

72

9.0

11.6

11.3

73

9.2

1959-69

6.2

5.1

70

5. 3

2.0

71

- 4.0

2.0

5.2

72

5.9

73

8. 3

9.9

1959-69 15.3

16.6

70 13.6

12.3

- 2.0

71

3.0

6.8

10.2

72

22.2

73

18.2

SOURCE: Production industrielle - - OCDE s'adjoint au boom

Mais, dans un cause réelle de la hausse des prix,

Face à les détenteurs de capitaux

C'est ainsi a été supérieur d'environ les

Produits ind.

mécanique

6. 6

8.1

- 8.3

- 2.0

6.0

8.2

9.4

13.2

8. 6

6.2

10.1

7.5

7.5

2. 0

5.0

3.9

7.6

9.4

13.3

19.9

15.2

17.6

19.0

3.0

7.0

8.7

23.2

15.9

• taux de croissance annuel moyen (composé) pour 1959-69 me des ventes a été plusieurs fois supérieur au volume des importations mondiales.

se cachent les principaux groupes intégrés l'extraction, jusqu'à la commercialisation)

ducteurs.

tions se trouve dans les transferts de cuivre qui s'opérèrent en automne 1973 entre les

Etats-Unis et l'Europe.

l'Atlantique se croisaient navires américains tre avec les mêmes produits"! En 1950-51, dans la mesure où l'inflation est plus limitée et où l'appel aux investissements productifs vaient pas atteint ces dimensions.

Un déséquilibre plus profond

Mais tous ces facteurs se situent dans le

Produits

Textiles chimiques

Vêtements

3.0

4.8

0.0

1.0

6.9

6.5

3.4

0.0

4. 0

3.8

0.9

7.0

4.2

1.0

5.6

0.0

9.9 deux tiers à la moyenne des trois années précédentes. Pour la plupart des produits, le volu-

Derrière les agents du London Metal Exchange

(contrôlant la source d'énergie, le transport, qui, grâce à de fructueuses spéculations, récupérèrent les royalties versées aux pays pro-

Un bel exemple de ces manipula-

Le prix du cuivre étant bloqué par décision gouvernementale aux

Etats-Unis, il était de 70% supérieur à Londres.

Dès lors, les prix à l'importation étant libres, ce furent les Européens et Japonais qui vendirent sur le marché des Etats-Unis ; les Américains exportant sur les marchés européens. L'hebdomadaire patronal français Entreprise (4 janvier

1974) pouvait alors écrire : "... au milieu de et européens chacun allant approvisionner l'auest plus fort, les opérations spéculatives n'acourt terme. Ils ne permettent pas d'appré-

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hender, suite à la longue période de croissance de la production manufacturière capitaliste, les causes réelles des pénuries sectorielles - - avec les pressions à la hausse que cela impliqua - - qui continuèrent à se manifester pour toute une série de produits durant la première phase de la récession. En réalité, on est confronté ici aux effets classiques du type de développement inégal, disproportionné, entre les divers secteurs de la production qui est le propre même de toute croissance en système capitaliste. (a) La dégradation des termes de l'échange entre les produits primaires et les produits manufacturés ne pouvait qu'induire une baisse relative du taux de profit dans divers secteurs primaires. Si, dans la dernière période, il s'est produit un renversement des termes de l'échange en faveur des produits primaires, suivi depuis mai 1974 d'un nouveau renversement à leur détriment, la détérioration des termes de l'échange s'est maintenue durant les années 1950 et 60 (tableau 5).

TABLEAU 5

Termes de l'échange : Produits manufacturés

(P. M) et Produits primaires (PP)

PM Produits manufacturés des pays développés Valeur unitaire

1953 275

1962-63 275

1967-68 285

1973 ° 380

SOURCE: voir note (4) Cette dégradation des termes de l'échange pour les pays producteurs de matières premières - - et les pays semi-coloniaux restent essentiellement des exportateurs de matières premières -- provoqua un freinage des investissements de l'augmentation relative des capacités de production, relativement au secteur manufacturier. Pour maintenir les prix, les monopoles développent parfois une politique restricDe même, un transfert de capitaux s'est opéré du secteur primaire vers l'industrie manufac-

PP

Produits primaires des pays sousdéveloppés

P. M. P.P.

Termes de l'échange

163

170

148

185

153

187

260

146

° estimation, sans pétrole

, des accroissements de productivité, périalistes dans les pays semi-coloniaux. transferts, comme souvent l'ajournement de projets d'investissements de modernisation, furent fortement stimulés par les "dangers" de nationalisation auxquels sont confrontés les monopoles du secteur extractif. En effet, la place prépondérante de ce secteur dans les économies des pays semi-coloniaux - - le fait qu'il définit l'essentiel des exportations ainsi que le rôle des monopoles impérialistes qui, vent de façon permanente la balance des paiements - - incite fortement tout gouvernement tant soit peu "désarolliste" (favorable à une croissance accélérée) à la nationalisation des primaires. Ce double processus peut s'observer dans la série de chiffres ci-dessous (tableau 6). TABLEAU 6 A.

Amérique Latine (par secteur, en %) 1950 Industrie manufacturière 19 Pétrole 32 Mines 17 SOURCE : Note 5

1949 Industrie manufacturière 33 Pétrole 29 Mines 10 SOURCE : Note 4 La stabilité ou même le léger déclin de la part des investissements dans le secteur minier est significatif. Cette tendance, avec les effets qui lui sont inhérents, est confirmée par un mensuel patronal français qui écrit : "L'inflation a entrainé les industries minières vers la diversification, vers des industries de conles capitaux tournent plus vite, accroissant d'autant plus la demande de matières premiè"C'est peut-être finalement là, dans le dérèglement des structures d'approvisionnement, turière dans le cadre des investissements im-

Ces par les transferts très élevés des profits, grèmonopoles situés dans le production de produits

Investissements directs des Etats-Unis en

1957

1963

1967

20

29

32

37

32

29

16

12

12

Investissements américains, par secteurs,

%)

pays développés et sous développés (en

Moyenne annuelle du rende-

1959

1968 ment des investisse ments -

67/68

32

41

26

33

46

29

10

8

13 sommation où la rentabilité est plus grande, et

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plus que dans un hypothétique épuisement des réserves, qu'est la véritable menace qui pèse sur l'économie... " (Usine Nouvelle, octobre 1974). Pour ce qui est du pétrole, durant les deux dernières décennies les investissements se sont surtout développés - - encore que relativement - - dans le Proche et le Moyen-Orient. Le cartel mondial du pétrole se servait du prix du Golfe du Mexique pour fixer les prix du cartel mondial quand bien même les coûts d'extraction au Proche-Orient se montaient au neuvième de ceux des USA. Ceci se reflétait évidemment dans le rendement du capital investi dans le secteur pétrolier qui s'élevait à 3. 8% pour la période 1950-51 dans les pays industrialisés et à 27.7% dans les pays "en voie de développement". Voilà pourquoi les majors" ont multiplié les restrictions de capacité de raffinage aux Etats-Unis même, avec les effets de pénurie qui en résulteront à l'occasion de l'éclatement de la "crise du pétrole". Une des résultantes de l'ensemble de ce processus peut se lire dans la croissance différenciée de l'indice de la production des industries manufacturières qui augmenta de 1960 à 1973 de 132% par rapport à 92% pour les industries extractives. (b) Mais le flux des investissements, sous l'impulsion des fluctuations du taux de profit, a tout spécialement provoqué un déséquilibre au niveau des investissements à long terme dans la capacité de production des industries de transformation des métaux, du caoutchouc, des produits chimiques et du bois. Or, l'industrie de transformation des produits primaires contribue pour 40% à la consommation de ces matières dans les pays industrialisés. Le déclin des investissements s'est accru spécialement depuis 1969. Il estaussi en relation avec la récession qui s'est produite en 1970-71 dans la métallurgie de base et dans l'industrie mécanique dans une série de pays capitalistes (voir tableau 4). Le graphique ci-dessous indique l'écart entre le cycle d'investissement dans le secteur de la transformation de produits primaires aux Etats-Unis et le cycle d'investissement dans la fabrication de produits finis .

Dépenses aux prix constants de 1958, au titre des équipements complets et matériels nouveaux dans les industries de transformation de matières (A) et d'autres branches du secteur manufacturier B 1958 : indice 100 300 200 100

1958 60 62 64 6 6 68 70 72 SOURCE : GATT, 1974 Cette disproportion entre les investissements et le développement des capacités de production a suscité une large partie des pénuries sectorielles face à l'explosion de la demande liée au boom des industries manufacturières en 1972-73. Mais, à son tour, la hausse des prix dans le secteur des matières premières a déclenché une vague d'investissements -- spécialement dans le secteur de l'énergie - - qui exigeront d'être rentabilisés, ce à quoi s'ajoute la hausse des coûts de production (vu le relèvement des prix des combustibles, etc.). Ceci indique que, malgré le repli des prix face à l'extension de la récession, il est peu probable que dans leur majorité ils retrouvent rapidement les niveaux de 1968-69, à moins que la récession ne s'approfondisse au - delà de 1975. Paradoxalement, cela se combine avec des pénuries potentielles dans des secteurs où les projets d'investissements annulés en 1971-72 n'ont pas été remplacés. Dès lors, un nouveau redémarrage, même modéré, de l'économie impérialiste , pourrait sortir du marasme actuel - - quoique moins profond que celui des années 60 - - divers produits et, sous l'impact d'une nouvelle hausse, stimuler des investissements qui ont été reportés en 1973/74. Il semble donc que nous devions faire face à un assez long procès de réajustements qui ne signifiera évidemment pas que les sommets de 1973 soient à nouveau atteints, mais plutôt que les creux des années 60 ne se situent pas dans une perspective proche.

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Un choc brutal

Dès le second semestre 1974, les effets de la récession se font sentir sur le niveau des prix des produits de base.

gue, la récession atteint l'ensemble des branches de l'industrie manufacturière. La demande de matières premières décroit rapidement.

Les stocks recommencent à s'accumuler sur les marchés, spécialement pour les produits les plus sensibles à la conjoncture industrielle : zinc, plomb, étain, cuivre, caoutchouc, des e Tels secteurs quI est le propre tion suivante sur un an (12 mai 1975) :

Ensemble des produits

Produits ali - mentaires

Matières premières industrielles - 33.2 dont : fibres métaux maires (tableau 7).

Vague après vaen réalité il sag de la pro de la croisc en systène

L'indice de l'Economist indique la déprécia-

- 18.0

- 11.0

- 18.7

- 40.1

Quelques cotations peuvent exprimer la dépréciation des prix des principaux produits primarché du cuivre.

dans ne certaine

1975 qui

Production a lis

TABLEAU (7)

Sucre à New York

(US cents/livre)

Coton à Liverpool

, Laine à Londres

(new pence/kilo)

Cuivre à Londres,

(£/tonne)

Zinc à Londres

(£/tonne)

le coton... La hausse des colts du crédit entrame une vague de déstockage. Des spéculateurs inondent le marché après s'être sur-approvisionnés en 1973-74, comme ce fut le cas des compagnies japonaises sur le

Le repli des prix frappe avec d'autant plus de brutalité que lles espoirs étaient nombreux spence industrielle en intenir les prix.

Prix le plus haut

Prix au en 74

5.5.75

61

18

(id. ) 91.50

54.05

294

187

1 000

567

775

309

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L'indice de la Kredietbank (Belgique) Matières premières 410.0 282.9 : -30% Produits agricoles 332.8 214.5 : - 35.5% Produits minéraux 523.8 338.9 : -35.2% Face au développement de surcapacités de production dans toutes les branches industrielles importantes, les stocks se gonflent; matières après matières, les producteurs engagent des discussions pour réduire la production afin de ne pas renforcer la baisse des cours. Les conséquences de ce recul des prix sont très dures pour les pays semi-coloniaux qui, tout en n'ayant qu'une hégémonie relative dans la production de produits de base, voient leurs exportations reposer presque exclusivement sur la vente de ces produits. Les bénéfices que retirèrent les pays semi-coloniaux de la hausse des prix des matières premières -- exclusion faite du pétrole -durant la période de haute conjoncture n'eurent pas globalement la dimension que la presse occidentale voulut bien leur attribuer. Tout d'abord, il faut remarquer que de nombreux pays semi-coloniaux sont des importateurs nets de nombreuses matières premières dont les prix ont flambé durant les années 1972-73. Ensuite, la quasi-majorité d'entre eux sont des importateurs nets de produits alimentaires. L'examen des importations des Indes , qui de plus n'exportent pas de produits leaders (en dehors du sisal, thé...), explicite les effets de la hausse des prix pour cette catégorie le pays (tableau 8);

TABLEAU (8)

Importation des Indes

(en millions de roupies)

1972/73 1973/74

1) Biens d'investissements total 5 636 9 535

2) Produits primaires total 8 307 19.696 dont : pétrole et produits pétroliers 2 040 5 602 blé 808 7 431 engrais 962 1 622

En outre, une grande partie des bénéfices obtenus au travers de la croissance des prix des produits primaires furent tout simplement captés par les monopoles impérialistes qui contrôlent la production et la distribution de nombreux produits. Enfin, dans le secteur des minerais et métaux, la part des pays impérialistes dans la production, la transformation et le commerce de ces produits est fort large . Les pays coloniaux et semi-coloniaux ne participent que pour un tiers dans le commerce des minerais et des métaux:

40.7% pour les minerais (contre 54. 4% pour les pays impérialistes)

30.6% pour les métaux (contre 65. 0% pour les pays impérialistes) SOURCE : Le Monde 29 mars 1975) Ceci faisait dire à un groupe d'experts : "Pour environ 90% des habitants du tiers-monde, un accroissement du prix des matières premières minérales n'apporte aucun bénéfice mais constitue, au contraire, un fardeau supplémentaire, en particulier pour les plus pauvres" (Annales des Mines, janvier 1975 - cité dans Le Monde, 25 avril 1975). Néanmoins, une série de pays semi-coloniaux avaient vu leurs ressources en devises et leur participation au commerce mondial croitre, ce qui a permis aux "régions en voie de développement" de conserver leur participation de 18% du marché mondial pour la troisième année de suite (18. 4 en 1971, 17.5 en 1972, 17.9 en 1973) ! Il est vrai qu'elle passe à environ 25% en 1974, mais ceci est da en grande partie aux exportations de pétrole. Durant les derniers 1l mois, les ressources en devises des pays sous-développés ont drastiquement diminué vu la conjonction entre le déclin des prix et du volume des exportations suscité par l'extension de la récession. De plus, un renversement des termes de l'échange s'opère et les pays sous-développés qui achèteront des machines pour moderniser la production de produits de base vont opérer en même temps un transfert de valeur en faveur des pays impérialistes. Les projets de développement agricole et minier, qui impliquent une croissance substantielle des achats de biens d'équipement, vont soit alourdir encore plus la facture à l'importation, soit être annulés. Les pays les plus fortement frappés sont ceux qui dépendent de l'exportation de un ou deux produits dont les prix baissent. Il y a deux ans, la presse faisait de la Zambie (cuivre), de la Malaisie (caoutchouc), des prétendants au club des "nouveaux riches des matières premières". Actuellement ces pays tentent d'échapper à l'étranglement. L'Economist remarquait : "Une récession dans les nations induatrielles en 1975 se répercutera deux fois

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plus fort sur les pays en voie de développement : non seulement leurs gains en exportations baisseront de façon aigue l'an prochain (ralentissant leur développement et leur capacité d'importer des biens industriels vitaux) mais leurs notes de pétrole leur imposent des déficits relativement beaucoup plus grands que ceux des nations riches". (28 décembre 1974). Enfin, la chute des prix va faire apparaitre à la surface les différences de rentabilité au sein même des secteurs extractifs. C'est déjà le cas du cuivre. Les mines d'Afrique centrale, dont les systèmes d'extraction et de raffinages sont vieillis, ont un coût de production d'environ 75 £ de plus par tonne par rapport aux mines d'Australie ou d'Afrique du Sud. La Zambie va-t-elle continuer de produire avec perte pour s'assurer des devises ? Dans le cadre de la réorganisation de la production et de la distribution qu'a suscité le boom des matières premières, les monopoles impérialistes ont pris l'offensive et vont tenter de marquer des points au moment même de la récession. Ainsi: "Les compagnies minières occidentales commencent déjà à se retirer du monde en voie de développement. La plus grande société américaine, l'Anaconda, a placé ses nouveaux investissements presqu'exclusivement aux Etats-Unis où elle peut encore produire du cuivre de façon rentable -et garder les profits. Les mines que la Rio Tinto Zinc exploite actuellement en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle Guinée (qui resterait en dehors de tout cartel de producteurs) furent prospectées principalement parce que la société craignait la nationalisation ailleurs; et ces mines fonctionnent maintenant de façon plus rentable que dans la plupart des pays traditionnels exportateurs de cuivre' (Economist, 11 mai 1974). Produisant aujourd'hui à des coûts plus bas que les mines du Chili, du Zalre, de la Zambie ou du Pérou, un groupe comme Rio Tinto Zinc est apte à briser la tentative de créer une offre unique (par renforcement du cartel du cuivre) et à racheter les stocks japonais qui "menacent'encore le marché, afin de freiner la baisse des cours du cuivre sur le marché de Londres et maintenir les prix à un niveau profitable pour lui, bien que dangereux pour les membres du cartel. Nous abordons ici une des caractéristiques de ce boom des matières premières et de son renversement: la tendance à développer dans divers secteurs des produits de base une stratégie se rapprochant de celle de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole).

Cartel et récession Aiguillonnés par les succès des Etats pétroliers et l'exemple de l'OPEP, de nombreux producteurs de matières premières veulent soit raffermir les liens entre un syndicat de producteurs, soit en créer un. C'est le cas dans le cuivre (CIPEC - - Comité Intergouvernemental des Pays Exportateurs de Cuivre), l'étain, la bauxite... Le point de départ de cette stratégie repose évidemment sur la dépendance physique des pays impérialistes face aux pays coloniaux et semi-coloniaux. Si croissance de la dépendance physique il y a, il faut tout de suite souligner la diversité de la dépendance entre le bloc Etats-Unis/Canada etla CEE. Pour l'énergie, le cuivre, le zinc, le plomb, le fer, le coton, la laine, les phosphates, le bloc EtatsUnis Canada possède un degré d'autonomie important (rapport de la production à la consommation). Par contre, il en va autrement de l'Europe qui possède un degré plus grand de dépendance dans le domaine de l'énergie, du cuivre, du zinc, du plomb, du coton, des phosphates, de la laine. Pour les Etats-Unis, ce sont spécialement les produits tels que la bauxite, l'étain, le manganèse, le chrome, l'antimoine qui font quasi-totalement défaut. A cette dissimilitude s'ajoute un éventail différent d'investissements de l'impérialisme européen par rapport à l'impérialisme américains dans le "tiers-monde". Ce dernier a relativement mis plus l'accent sur des investissements dans le secteur extractif, alors que les puissances impérialistes européennes ont développé - - spécialement la RFA - - les investissements vers l'industrie de transformation. Ces différences expliquent par exemple pourquoi Kissinger propose un prix plancher du pétrole, car les réserves énergétiques à exploiter aux USA et au Canada, comme les investissements dans le nucléaire pourront atre rentabilisés à condition que le prix du pétrole ne descende pas trop bas! Elles fourniront aussi des éléments d'explication sur les attitudes différentes adoptées par les puissances impérialistes concurrentes dans le cadre des discussions avec les pays producteurs de matières premières. Cependant, peut-on prévoir une réussite de la transposition de la stratégie de l'OPEP -depuis 1971 - - à d'autres produits ? Cela semble bien difficile pour plusieurs raisons : (a) A la différence de l'industrie du pétrole -fortement capitalistique - - toute diminution de la production pour d'autres produits a des répercussions très importantes sur l'emploi, c'est le cas du cuivre par exemple. Les pays pétrolfers fortement peuplés connaissent déjà eux-mêmes la difficulté. L'exemple du ca-

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fé représente un cas | extrême : "Le commerce mondiale du café vaut moins que 10% des exportations du pétrole arabe, mais environ 20 millions de personnes dans 40 pays en voie de développement différents, plus que toute la population des pays arabes producteurs de pétrole, gagnent leur vie avec le grain de café" (Economist, 11 mai 1975). (b) Les pays producteurs, qui ont un besoin pressant de devises , peuvent difficilement se permettre des restrictions de production d'envergure, d'autant plus que pour certains pays cela représente la quasi-totalité des exportations (Zambie : cuivre, 98% des exportations; Ghana : cacao, 70% des exportations). (c) Les possibilités de substitution de produits, bien que n'étant pas gigantesques, exis -tent néanmoins. Ceci est valable aussi bien pour l'aluminium, le caoutchouc, le coton, le magnésium. Par exemple, alors que la concentration de la production de la bauxite serait une des conditions favorables à l'établis -sements d'un cartel de vente, la découverte d'un produit de substitution laisse planer une menace sur une augmentation de prix trop forte : "Comme toujours, l'incertitude est moins technique qu'économique. Pour l'ins -tant, le procédé "'H +", à partir d'argile et de schistes, mis au point par Pechiney, est "légèrement plus coûteux" que le procédé Bayer découvert il y a vingt ans. Mais le coût de cette technique constitue un plafond que les pays producteurs de bauxite ne devront pas dépasser sous peine de se voir substituer les argiles et les schistes, alors que dans le même temps, le minerai classique, en provenance des Caralbes ou de l'Australie, subira la hausse inévitable des coûts de transport" (Entreprise -- 20/26 juin 1974). (d) Le financement des stocks est aussi un problème délicat. La Malaisie, qui produit 50% du caoutchouc naturel brut, a dû avancer une somme de 200 millions de dollars pour commencer à construire un stock régulateur. Avec l'Indonésie - - qui peut plus facilement financer son stock vu les revenus du pétrole - - la constitution d'un stock qui atteindrait 300 000 tonnes coûterait à la Malaisie 100 millions de dollars. Ce stock n'excéderait pas 10% de la production annuelle de l'Asie du Sud-est. Or, la surproduction atteint déjà les 10% début 1975. Pour le cuivre, afin qu'un stock de cuivre régulateur soit susceptible d'influencer durablement les cours, il devrait, selon les experts de la CIPEC, représenter environ 20% de la consommation annuelle mondiale. Si l'on prend la moyenne annuelle de 1971-72-73, il' aurait fallu trois milliards de dollars pour constituer le stock en fin 1973 !

(e) La diversité des producteurs et la dispersion organisée de la production, déclenchée par les monopoles impérialistes, rendent aussi la tâche ardue. C'est le cas par exemple des producteurs de la bauxite, parmi lesquels l'Australie est le principal (avec 14. 2 millions de tonnes en 1973, 12.8 millions pour la Jamalque). Cette diversité éclate avec d'autant plus d'évidence en période de récession, spécialement pour les produits dont les pays industrialisés sont les consommateurs quasiexclusifs. Dans des conditions de mévente, maintenir un cartel de vente, est fort diffiTous ces obstacles tendent à indiquer que même dans les secteurs les plus favorables (bauxite, étain, cuivre, antimoine la constitution de cartels de vente aussi effectifs que l'OPEP ne pourra certainement pas voir Par contre les pays impérialistes chercheront à mettre sur pied un système de stocks régulateurs dans des limites strictes : garantir un prix à une quantité donnée de produits. Ces stocks devraient permettre d'éviter un nouvel envol des prix des matières premières en cas de relance et, en même temps, de prévoir à l'avance les coûts des matières premières, ce qui n'est pas sans intérêt pour déterminer les investissements. Les puissances impérialistes vont faire le forcing pour chercher à obtenir des avantages dans la période de récession actuelle car, comme l'affirme l'Economist : "Les pays industrialisés disposeront d'un pouvoir plus grand dans les négociations qui commencèrent durant la dépression. Il sera peut-être temps pour eux d'agir à la mi-été, quand l' UNCTAD présentera les détails de son programme de stockage de marchandises" (15 mars 1975). Avec l'extension de la récession, le nouveau renversement des termes de l'échange, la dépendance physique croissante des pays impérialistes envers les matières premières du Tiers Monde se doublera à nouveau d'un prix décroissant pour financer cette dépendance. Certes, les rapports ne seront certainement pas identiques à ceux des années 50 ou 60, mais la tendance générale se maintiendra. Du moins, jusqu'à ce que soit radicalement mise en question l'économie marchande qui porte en elle cette contradiction entre valeur d'usage (dépendance physique) et valeur d'échange (échange inégal). 29 mai 1975

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la tendance générale se maintiendra jusquà la remise en cause de l'économie de marché

(1) Sous la rubrique produits primaires il faut inclure, selon la classification type pour le commerce international : - produits alimentaires (produits alimentaires et animaux vivants; boissons et tabacs, huiles et graissesd'origine animales et végétales); - matières premières (cuir, caoutchouc brut, bois, pâte à papier, fibres textiles, minéraux bruts, minerais métallifères, matières brutes d'origines animales ou végétales); -combustibles (minéraux et lubrifiants). (2) L'indice de l' Economist est composé et pondéré de la façon suivante : Produits alimentaires : total 55. 6%; pondération interne : boeuf : 12.2; mouton 8; blé : 9,8; mals : 11, 1; café : 20.0, cacao : 6.3; thé : 10. 3, tourteaux : 6. 5; oléagineux : 11.8; huiles végétales : 6.3.

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Matières premières industrielles : total 44%. Pondération interne : fibres : coton: 12,8; laine : 13.8; jute : 1.2; sisal : 0.6; jute : 2.7 métaux : cuivre : 39.2; plomb : 4, 3; zinc : 5. 5; aluminium : 5.6 autres : cuir : 3, 0; caoutchouc : 7,3; oléagineux : 2. 6; huiles végétables : 1.4. (3) Voir notre article sur les prix des produits alimentaires dans INPRECOR, N° 16-17, 16 janvier 1975 : "Les profits de la faim''. Nous avons laissé de côté la question du pétrole abordée dans d'autres articles. (4) Michael Baratt-Brown : "Economics of

Impérialisme", Penguin 1974. Klaus Busch : "Die Multinationale Konzerne. Zur Analyse der Weltmarktbewegung des Kapitals" - Surkampf 1974.

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