Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

Appel pour la grève du 11 juin

· Inprecor (première série) n° 29, 19 juin 1975 · p. 4-5 · 1 211 mots

État espagnol Syndicalisme Euskadi

Le manifeste que nous publions ici fut élaboré par la Coordonnatrice d'Euskadi des Commissions Ouvrières.

Cette Coordonnatrice fut mise en place le 20 avril à partir de coordonnations provinciales des Commissions ouvrières en Navarre et Guipuzcoa.

La constitution de la Coordonnatrice d'Euskadi des Commissions ouvrières est le résultat d'un long processus, dans lequel l'appel à la grève générale du 11 décembre fut un moment décisif.

Les staliniens tentèrent de faire obstruction d cette unification et coordination des Commissions ouvrières; c'est ainsi que la Comision Obrera Nacional de Euskadi (CONE) ne facilita pas le procès d'unification. Néanmoins, la Coordonnatrice d'Euskadi des Commissions ouvrières mèneunebataille politique correcte pour uni fier l'ensemble des CC. OO., sans exclusive et pour assurer un fonctionnement démocratique de cette or -gane de centralisation. A LA CLASSE OUVRIERE D'EUSKADI, A TOUT LE PEUPLE!

Nous vivons des journées graves pour l'ensemble du mouvement ouvrier et populaire. Les griffes du fascisme se font durement sentir dans notre peuple . Les provinces de Guipuzcoa et Vizcaya vivent ces jours-ci, la barbarie fasciste tant detestée. Ils n'ont pas lésiné sur les moyens pour réprimer sauvagement les militants antifascistes: plus de 2500 entre eux sont passés par les commissariats et beaucoup sont toujours détenus; ils ont été soumis à tous les types possibles

APPEL POUR

LA GREVE

DU 11 JUIN

Ce processus de centralisation, de coordination des organes d'auto-organisation est de la plus haute importance pour permettre de centraliser l'ensemble des combats vers le but fondamental: le renversement de la dictature.

Nos camarades de la LCR/ETA VI ont largement diffusé, notamment en Catalogne, ce manifeste, en expliquant:

"La LCR-ETA VI reproduit et diffuse le manifeste de la Coordonnatrice d'Euskadi des Commissions Ouvrières comme une forme supplémentaire de contribution à la préparation de la campagne de lutte du 11 juin et appelle les Commissions Ouvrières, toutes les organisations politiques et toutes les structures de masse à se regrouper en Catalogne pour mener une lutte solidaire avec l'Euskadi.

A bas l'état d'exception!

Catalogne et Euskadi, même combat contre la dictature qui assassine!" de vexations, de mauvais traitements, de tortures, etc. Certains ont du être conduits à l'hôpital dans un état grave, comme le prêtre Tasio Erquiza dont la vie est toujours en danger.

La répression s'étend à tout le peuple, les rues sont envahies par les hommes de main en armes du fascisme qui sont protégés par des véhicules officiels. de la police et qui font régner la terreur, mitraillant et posant des bombes dans de nombreux locaux. La police et la Garde Civile règnent en maîtres absolus dans les deux provinces: contrôle de toutes les rou-

Page 5

tes, patrouilles de brigades spéciales dans les rues, encerclement et fouilles de quartiers entiers, maison par maison, contrôlant systématiquement les bars, fouillant brutalement les passants et exigeant de la même manière leurs papiers d'identité, arrêtant ceux qui ne les ont pas sur eux (et comme les commissariats et les prisons débordent ils les mettent, comme à Bilbao, -dans les arènes).

Des assassinats comme celui de Marquiegui, du couple de Gernika, celui de Luis Arrióla à Ondarroa, etc., prouvent que tous les moyens possibles sont utilisés pour répandre la terreur dans la population.

D'autre part, en Navarre, le renvoi des camarades les plus combattifs, l'emprisonnement, les tortures de travailleurs dans les commissariats, les amendes, se multiplient. Les lock-out prennent une dimension alarmante que ce soit à Authi, Mas, et dans un grand nombre d'entreprises auxiliaires où il est déjà entré dans les faits, ou à Matesa, Modrego, Grafinasa, Nadeco, etc... où il menace, créant l'angoisse et l'incertitude dans des milliers de foyers ouvriers.

Telle està grands traits la situation dramatique crée dans nos provinces.

Cette réalité, que nous vivons quotidiennement, nous confirme quels sont les buts de cette politique de TERREUR.

Avec cette brutale agression les fascistes prétendent étouffer un des principaux foyers de résistance, et dans la mesure du possible c'est là un banc d'essai pour l'étendre à d'autres provinces et même à tout le pays.

Ils croient que l'exemple donné le 1l décembre par la classe ouvrière et le peuple d'Euskadi ne se propagera pas à la classe ouvrière et au peuple de l'Espagne toute entière.

Ils croient pouvoir exterminer toute forme d'organisation - tous les partis - de la classe ouvrière et du peuple par la terreur.

Avec l'état d'exception, ils croient pouvoir à court terme, nettoyer le terrain, semer la terreur et ainsi éviter la RIPOSTE UNIE ET COMBATIVE, FERME ET DECIDEE de tout le peuple, contre le procès farce et l'assassinat qu'ils préparent contre Garmendia, Otaegui, Arruabarrena, Genoveva Forest et Duran.

Alors qu'ils tentent de cacher cela par tous les moyens possibles, déclarant "matériel reservé" tout type d'information, alors que tant de porte-paroles, faus -sement démocrates, restent silencieux devant cette bes -tialité, alors que la combinaison "ouverture" politiquerépression accrue apparaît clairement, il est plus que jamais nécessaire de denoncer devant tous, cette situation, de dénocer les canailles qui, à la solde du Grand Capital, commettent ces assassinats fascistes contre nos camarades .

C'est dans ces moments difficiles qu apparaissent aux yeux du peuple les authentiques défenseurs de ses intérêts et de ses aspirations démocratiques. C'est pour cela que nos dénonciations dans les Assemblées, notre action dans les manifestations de rue, et toute autre forme de protestation ne doivent pas se faire attendre.

La classe ouvrière et le peuple de Guipuzcoa et Vizcaya, comme celle de Navarre et d'Alava et du reste de l'Espagne ne le permettra pas.

Cette haine qu'accumule aujourd'hui le peuple à la vue de tous ces policiers mobilisés comme des dé -ments avec l'unique objectif d'en terminer avec les organisations populaires, en assassinant comme ils le font, doit se traduire par une grande réponse de tous les travailleurs.

Cette réponse nous devons la donner pour montrer au régime, à son gouvernement, qu'on ne joue pas avec nous, qu'on ne nous fermera pas la bouche fa -cilement, que les travailleurs et le peuple d'Euskadi n'est pas disposé à vivre un jour de plus sous l'Etat d'Excepcion.

Les Commissions Ouvrières et d'autres organisations populaires, ainsi que les Partis politiques de Guipuzcoa ont choisi le jour du 1l juin pour que tous les travailleurs, tout le peuple se lève comme un seul poing contre l'Etat d'exception.

Camarades, la COORDONATRICE DES COMMISSIONS OUVRIERES D'EUSKADI lance cet appel à toute la classe ouvrière d'Euskadi pour que par notre mobilisation et notre exemple nous forgions L'UNITE DANS LA LUTTE DE TOUT LE PEUPLE:

POUR L'ANNULATION IMMEDIATE DE L'ETAT

D'EXCEPTION!

CONTRE LA TENTATIVE D'ASSASSINAT DE

GARMENDIA ET OTAE GUI!

POUR LA DEFENSE DU DROIT AU TRAVAIL ET

CONTRE LE LOCK-OUT!

Préparons dès aujourd'hui, dans nos usines, par des Assemblées, etc., les REPONSES que nous allons donner afin de faire de ce jour la culmination de ce combat.

A BAS L'ETAT D'EXCEPTION!

CONTRE LA VIE CHERE, LE BLOCAGE DES SA-

LAIRES, LES LICENCIEMENTS, LE LOCK-OUT!

DISSOLUTION DE LA GARDE CIVILE, DE LA

POLICE EN ARME, DE LA BRIGADE POLITICO-

SOCIALE ET DES AUTRE BANDES FASCISTES!

CHATIEMENT POUR LES ASSASSINS ET LES

BOURREAUX DU PEUPLE!

LIBERTE POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES

ET RETOUR DES EXILES: AMNISTIE!

NON A LA PEINE DE MORT CONTRE GARMEN-

DIA ET OTAE GUI!

TOUS UNIS CONTRE L'ETAT D'EXCEPTION!

TOUS UNIS CONTRE LE TERRORISME FASCISTE!

TOUS UNIS POUR LA LIBERTE!

Euskadi, mai 1975 Coordonnatrice d'Euskadi des Commissions Ouvrières

Une erreur sur cette page ?