Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

Pour le boycottage des élections syndicales !

· Inprecor (première série) n° 29, 19 juin 1975 · p. 16-18 · 1 644 mots

Syndicalisme État espagnol

La Dictature appelle aux "élections syndicales" Elle en a besoin de façon très pressante. Pour les im -poser et les assurer, elle n'hésite pas à réprimer chaque apparition de lutte, à arrêter des dizaines de militants. L'Etat d'Exception en Euskadi a comme ob -jectif fondamental la tentative de "normaliser" les lut-

Mais malgré tout, elle n'est pas très rassurée. Elle craint que la combativité dont ont fait preuve les masses se concrétise dans un débordement spectacu -laire de la CNS (syndicat fasciste). La Dictature du capital craint de perdre cet instrument vital pour liquider les luttes ouvrières et interdire toutes les re -vendications.

Pour les ouvriers et tous les travailleurs, engager et organiser la lutte, abattre la CNS, organiser boycottage de cette farce électorale, signifie:

- Dans l'immédiat, étendre et approfondir la con -tre-offensive des masses qui se précise toujours plus . Une telle initiative donnerait une impulsion formidable pour la conquête de nombreuses revendications et empêcherait que le gouvernement rejette sur les épaules des travailleurs le prix de la crise que le capital a suscité.

- En même temps un coup mortel serait porté à la CNS, pilier fondamental de la Dictature. Ainsi serait éliminé un des obstacles les plus importants qui obstrue la route vers la Grêve Générale Révolution -naire et le renversement de la Dictature.

- Cela préparerait les conditions pour que, suite au renversement de la Dictature et dans un cadre de libertés politiques et syndicales, nous puissons mettre sur pied un puissant syndicat ouvrier.

Tout ceci est possible. Les dernières luttes à Mo -tor Iberica, dans la construction, chez les enseignants, la résistance de Tubaute, Miniwat, etc... expriment ces possibilités.

Nous appelons d ce que: dans les fabriques et les lieux de travail s'organisent des ASSEMBLEES MASSIVES, dans lesquelles soient décidés les objectifs et les modalités de la lutte; que soient élus, comme seuls représentants des travailleurs, des COMITES REVOCABLES pour diriger et coordonner la lutte en accord avec les décisions de l'assemblée; que soit organisée la coordination entre ces comités, les commissions ouvrières et les organismes unitaires représentants d'autres couches où de tels comités n'existent pas.

Dans ces assemblées un bilan doit être tiré sur les rôle des "enlaces y jurados" (délégués de la CNS) , lors des dernières luttes. La conclusion ne peut qu'être unanime au sein de tout le mouvement ouvrier: les Assemblées décident la DEMISSION IMMEDIATE de tous les délégués honnêtes! Que les militants honnê16 3 tes organisent la lutte dans le cadre des assemblées et qu'ils retirent leur candidature! Le BOYCOTTAGE MASSIF de ces élections y sera décidé! Seulement de cette facon, il sera possible de développer un rapport de forces capable d'imposer la négociation direc -te avec la direction patronale grâce à des COMMI -SSIONS AYANT DES MANDATS IMPERATIFS qui trans -mettent tout simplement les décisions de toute l'Assem -blée, seul centre de décision.

Dans les lieux d'enseignement des ASSEMBLEES doivent aussi être organisées et des formes d'action directes doiventêtre envisagées, ainsi que la démission des délégués auprès des organes officiels. Il s'agit d'impulser des COMITES REVOCABLES en suivant l'exemple donné par des instituts de l'enseignement secondaire (Mila, Infanta, Emperador Carlos...) et quelques facultés, comme celle de journalisme. La coordination entre ces derniers et les organismes unitaires doit être dévelopée, comme doit s'initier la coordination avec les organes mis en place par la classe ouvrière, ainsi que les Commissions ouvrières. Il faut préparer, ensemble avec la classe ouvrière et les travailleurs, une mobilisation capable d'approfon -dir le boycottage de ces élections syndicales.

En solidarité avec les luttes ouvrières, il faut appuyer et défendre les expériences d'actions indépen -dantes et les formes d'auto-organisation démocratiques qui émergent, ainsi que toutes les initiatives dans le sens du boycottage.

Ainsi deviendra possible la JOURNEE GENERALE DE LUTTE que le mouvement de masse met à l'ordre du jour et que nous tous cherchions à mettre sur pied lors des luttes de janvier-février. Il sera possible de centraliser la riposte ouvrière et populaire face aux manoeuvres de la dictature, face à la répression et à toutes les attaques qui l'accompagnent. Voilà le sens réel du BOYCOTTAGE MASSIF DES ELECTIONS! Il signifierait un pas important dans la direction de la Grève générale.

Nous appelons à ce que: tous ceux qui sont mobilisés unissent leurs efforts pour impulser cette dynamique de lutte à partir des COMMISSIONS OUVRIERES et des structures unitaires dans les écoles, les facultés, les instituts et les quartiers.

A ce que s'unifient les efforts pour réaliser des assemblées larges de tous ceux qui sont en lutte dans chaque branche, dans chaque secteur et particulièrement dans la métallurgie, vu son importance.

A impliquer dans cet effort toutes les forces politiques, toutes les commissions ouvrières et en particu -lier les commissions ouvrières de SEAT, Hispano Olivetti...; de Siemens, Pirelli...; de Clima Roca, Unidad Hermética...; les commissions ouvrières des branches où la combativité s'est affirmée le plus, -comme dans la construction récemment.

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* Car c'est aux Commissions Ouvrières que revient, aujourd'hui, le rôle fondamental de préparer et d'impulser la lutte pour la Grève Générale Révolutionnaire capable de renverser la dictature.

* Ce sont également les Commissions Ouvrières qui doivent prendre l'initiative, dans ce cadre et sur les ruines de la CNS, de lancer une dynamique de réunion de congrés syndicaux à tous les niveaux. Jusqu'à la réunion d'un Congrès Général Constituant, où seront jetées les bases du syndicat dont veulent les travailleurs: UN SYNDICAT UNIQUE ET INDEPENDANT DES PATRONS, DE L'EGLISE ET DE L'ETAT, ENTIEREMENT BASE SUR LA DEMOCRATIE OUVRIERE.

Unifions les objectifs de lutte contre toutes les attaques des patrons et de leur gouvernement:

* Contre le lock-out et les réductions de salaire: Echelle mobile des salaires et des heures de travail! Pas de salaires inférieurs à 750 pesetas par jour! La semaine de 40 heures!

* Contre les mauvaises conditions de vie: Baisse des prix, augmentation des salaires! Prix réduits pour les produits de première nécessité! A bas toutes les formes de sélection! Pour un enseignement permanent, public, laic, entière -ment gratuit et à charge de l'Etat, comprenant un cycle obligatoire jusqu'à 18 ans! A bas la Loi Générale d'Education! Pour une securité sociale entièrement financée par l'Etat, incluant toute la population et gérée par les travailleurs!

* Contre toute répression et oppression: Réadmission des licenciés! Liberté pour les prisonniers! Liquidation de l'Etat d'exception! Réouverture de VaIladolid! Liberté immédiate pour Eva Forest et ses camarades! Annulation des procès en cours! Dissolution des institutions de la répression franquiste! Pour la libre négociation des conventions collectives sans l'intervention de l'Etat! Pour le droit de grève, de réunion, et de manifesta -tion! Pour un Syndicat Unique de tous les travailleurs, indépendant des patrons, de l'Eglise et de l'Etat! Pour toutes les libertés politiques et syndicales pleines Pour la libre autodétermination de la Catalogne et des autres nationalités opprimées!

* Solidarité totale avec la lutte des travailleurs et du peuple portugais et avec les masses d'Indochine. Solidarité avec les travailleurs et les opprimés du monde entier!

Nous insistons pour que, aujourd'hui plus que jamais, se concrétise l'unification des efforts de tous les partis, de toutes les organisations et combattants de la classe ouvrière et des opprimés autour des Commissions Ouvrières.

Malheureusement, au lieu de s'orienter dans cette voie le P.S.U.C. et les Coordinations de Commissions Ouvrières (Coordination Nationale de Catalogne et celle de Barcelone) qui dominent, lui opposent une intense activité visant a obtenir ce qu'ils appellent l'"accaparement des élections". D'autres partis comme le P.T.E. et le M.C.E. aident dans les faits une telle orientation.

Par cette tactique, ces partis et ces coordinations de Commissions Ouvrières s'opposent une fois de plus à l'action directe et à l'organisation démocratique des masses.

Ils s'opposent au renversement de ce pilier fondamental de la Dictature qu'est la CNS, pour le transformer, maintenir le plus possible sa structure imposée et ses bureaucrates. Ils s'opposent à la lutte pour un syndicat unique et indépendant des patrons et de leur gouvernement, regroupant tous les travailleurs. Et cela pour garder leurs mains liées par le pacte qu'ils ont conclu avec les politiciens bourgeois au sein de la 'Junte Démocratique' et de l'''Assemblée de Catalogne".

* Nous appelons tous ceux qui luttent à se regrou -per pour impulser les combats qui s'annoncent. Qu'ils se regroupent afin de donner la place qui leur revient aux Commissions Ouvrières dans la préparation et l'im -pulsion de la lutte généralisée qui approche, qui est possible. Il faut tirer parti au maximum de ces périodes de mobilisation pour construire le plus possible les commissions ouvrières! Une commission ouvrière dans chaque usine! Organisons leur coordination démo -cratique !

* Nous appellons tous les militants de tous les partis de la classe ouvrière à unir leurs efforts dans ce sens. Rien ne doit être opposé aux exigences de la mobilisation qui s'annonce.

* Nous réitérons notre volonté de parvenir à des accords - même partiels ou ponctuels - permettant d'aider, sous une forme ou sous une autre, à la mobilisation possible. Nous sommes disposés à arriver à de tels accords avec tous les partis, sans exception, qui s'appuient sur la classe ouvrière et en particulier avec les partis et organisations politiques qui défen -dent, sous une forme ou sous une autre, la necessité de promouvoir un large boycottage face à la farce que sont les prochaines "elections syndicales"

Nous espérons ainsi contribuer à la mise sur pied de l'Unité d'Action, alors que se développent les luttes des travailleurs et des masses opprimées. Tel est le sens de cette déclaration conjointe. En Avant! Boycottage total des élections! Pour la réalisation de toutes les revendications! Pour un authentique syndicat ouvrier, unique, indépendant des patrons et de leur gouvernement! A bas la dictature qui assassine! Vive les Commissions Ouvrières!

Barcelone, 20 mai 1975 Comité de Catalogne de la Ligue Communiste Révolutionnaire/ETA VI (Organisations sympathisantes de la IVe Internationale) Comité de Catalogne de la Ligue Communiste.

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OLONI

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