Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

URSS

Lettre ouverte des prisonniers politiques communistes

Inprecor (première série) n° 30, 3 juillet 1975 · p. 15-23 · 6 249 mots

URSS et Russie

des prisonniers politiques union soviétique communistes

Alors que les mass media diffusent les idées de Soljénitzine, de Maximov et d'autres qui, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union Soviétique, partagent leurs vues, beaucoup de militants commencent à se demander s'il y a encore une gauche en URSS. Le document que nous reproduisons ci-dessous répond par l'affirmative à cette question. Parmi les mérites de ce document il faut compter le fait qu'il énumére une liste partielle de groupes marxistes et de quelques-uns de leurs membres qui, ayant été découvert par la police secréte soviétique, moisissent maintenant dans des camps de concentration. Nous savions évidemment qu'il existait des groupes marxistes en URSS, avant que ce texte ne nous parvienne. Nous connaissions leur existence parce que le KGB l'avait révélée en annonçant leur arrestation. Voici quelques-uns des groupes que la "Lettre ouverte" ne mentionne pas : le "Parti des travailleurs n'appartenant pas au parti (PCUS), qui combattent pour la restauration du socialisme"; le "Parti socialiste russe"; 1' "Union démocratique des socialistes"; le "Parti des vrais communistes et l' "Union des travailleurs et des paysans d'Ukraine". Nous ne savons pas grand chose d'autre de ces groupes que leur nom, vu le strict secret qui entoure leur activité. A la différence d'autres courants de l'opposition, les groupes marxistes évitent le contact avec les journalistes étrangers, les officiels d'ambassades occidentales, etc., pour des raisons politiques aussi bien que pour des raisons de sécurité. Pour cette raison, Samizdat, qui arrive à l'étranger à travers ces intermédiaires, n'offre pas un panorama complet des courants qui sont politiquement actifs en URSS. Il est certes difficile de juger le poids et l'importance relatifs de l'opposition marxiste en URSS. Mais on peut être absolument certain que son influence et son poids iront en augmentant. La crise économique, sociale et idéologique du régime a créé un climat dans lequel •les idées marxistes peuvent à nouveau trouver une réponse favorable. Il y a de même de multiples signes que la classe ouvrière soviétique document lettre ouverte revient lentement sur la scène politique, avec des grèves et d'autres formes de protestation, Le fait que des groupes marxistes se soient constitués dans des usines, comme le document que nous reproduisons le mentionne, témoigne de la politisation croissante de la classe ouvrière soviétique. La crise visible du capitalisme constitue un facteur de grande importance dans le renforcement du courant marxiste, La crise économique actuelle, avec son cortège d'inflation, de chômage, etc., a obligé tous ceux en URSS qui considéraient le capitalisme comme une solution de rechange, à un réexamen critique de leur admiration pour la société occidentale. un rôle important est joué par la déception face à l'Occident ressentie par des milliers d'émigrés juifs d'URSS. Incapables de trouver du travail, vivant dans des conditions matérielles difficiles, ils ont commencé à écrire à leurs proches en URSS que l'Occident n'est guère un paradis, et à leur conseiller de rester là où ils se trouvent. Cette confirmation "inofficielle" de la crise du capitalisme est mille fois plus importante que tous les éditoriaux et articles de la Pravda que personne ne croit. Les auteurs de la "Lettre ouverte" ont choisi les Partis communistes d'Occident comme destinataires de leur appel à l'opinion publique. Nous sommes évidemment en désaccord avec la foi nalve dans les PC occidentaux (c'est une conviction largement répandue en URSS que "ceux-là" -- les PC occidentaux -- ne peuvent pas etre aussi mauvais que "le nôtre"). Mais leur effort pour expliquer aux PC et surtout à leur base la nature répressive de la bureaucratie soviétique doit être pleinement appuyé. La bureaucratie soviétique et la bourgeoisie par -tagent un intérêt commun en ce qui concerne l'opposition en URSS : taire l'existence de courants de gauche. Notre tâche est par conséquent claire. Les lecteurs d'INPRECOR doivent diffuser ce document dans des réunions syndicales, dans des réunions d'étudiants et d'autres, et chercher, partout où cela est possible,

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à faire voter des motions de solidarité. Comme ce document l'atteste, il y a en URSS non seulement une opposition de gauche mais aussi une gauche qui s'est déjà posé des tâches d'organisation et qui commence à former des cercles

Le 18 mars 1971, le journal Izvestia a publié un article intitulé "Les falsificateurs''. Il mentionnait le fait que le comité international d'Amnesty (International -- NdlR) avait publié dans les pays scandinaves une protestation contre les persécutions en URSS. Cette "protestation" était signée par des personnalités bien connues du Danemark, de Norvège et de Suède. L'article mentionnait plus loin le fait que votre journal Land og Folk (Peuple et Patrie, journal du PC danois, NdlR) avait décidé de vérifier l'authenticité des signatures et qu'il s'avéra que les signatures de la déclaration du comité d'Amnesty étaient"sans aucun fondement" Il est fort possible que ceux qui ont pros l'initiative de cette déclaration n'aient pas agi de manière entièrement correcte et qu'ils n'aient pas coordonné totalement leurs activités avec les personnes dont les signatures étaient attachées. S'il en est ainsi, il s'agit d'un malentendu malencontreux. Mais il y a autre chose qui nous surprend. Nous ne comprenons pas pourquoi l'organe central des communistes danois a décidé de vérifier les signatures qui se trouvaient au bas de la protestation sus-mentionnée. Cela s'expliquerait-il par un attachement particulier à l'exactitude des faits en général? Ou serait-il plutôt possible que les communistes danois considèrent comme monstrueuse et incroyable l'idée même de poursuites possibles contre des opposants en URSS ? Peut-être ne vous doutez vous même pas qu'en URSS des gens sont emprisonnés dans les camps de travail en Mordovie et dans la prison de Vladimir, non seulement pour divergences d'opinion avec le gouvernement mais même pour la défense de convictions communistes marxistes ? Nous pensons que la plupart des communistes du Danemark et du journal Land og Folk peuvent fort bien ne rien savoir de tout cela; sinon, nous en sommes convaincus, le journal des communistes danois ne se serait pas limité à vérifier l'authenticité des signatures de la protestation publiée par le comité d'Amnesty, mais aurait protesté lui-même, au nom des communistes danois, contre les persécutions en URSS. Dans ce contexte nous, prisonniers politiques communistes en URSS, nous croyons nécessaire de porter les faits suivants à la con10 de discussion et des groupes. Nous devons l'aider par notre solidarité.

Ce document apparait ici pour la première fois sous forme imprimée, directement traduit du russe. naissance de nos camarades, les communistes danois, de l'organe central du Parti communiste danois, et aussi des personnalités du Danemark, de Suède et de Norvège dont les signatures étaient attachées à ladite protestation. En 1964, des agents du KGB (1) arrêtèrent en Moldavie et condamnèrent à de longues peines de prison un groupe de membres marxistes des Komsomols (2) qui s'appelait "Tout le pouvoir aux soviets !", groupe organisé par N. Dragosh, directeur d'une école moyenne et député au soviet régional, et par deux enseignants, P. Tarnovsky et Cherdyntsev. En 1965, les agents du KGB ont arrêté et condamné à de longues peines de prison un groupe de membres marxistes des Komsomols de Léningrad appelé l"Union des Communards"', qui avait reproduit par photocopie un journal et bulletin d'information intitulé "Kolokol' (La Cloche). L' "'Union des Communards'' avait été organisée par S. Khakhaev, ancien secrétaire de l'organisation Komsomol de l'Institut technologique et par V. Ronkin, un activiste du PC de l'Union soviétique. Khakaev et Ronkin furent condamnés à sept ans de prison, suivis par trois années d'exil. En 1967, des agents du KGB arrêtèrent et firent condamner à diverses peines de prison des communistes et membres des Komsomols d'Alma Ata qui s'appelaient le "Groupe des jeunes travailleurs", organisé par B. Bykov, un membre des Komsomols qui travaillait au MVD (3) d'Alma Ata, et par G; Deonisadi, un secrétaire du comité local du Komsomol, une des entreprises principales de la ville d'Alma Ata et un membre stagiaire du PC de l'Union soviétique. En 1968, des agents du KGB arrêtèrent à Léningrad le groupe marxiste de L. Kvachevsky et Yu. Gendler. Les membres de ce groupe, qui prônent l'extension des libertés démocratiques en URSS, ont été condmanés à diverses peines de prison. En 1969, le groupe marxiste appelé "'Union de lutte pour la liberté politique" fut arrêté à Tallin. L'organisateur de ce groupe, G. Ga-

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-ПРОТИВ

ДАХ,А КА ДЕЛЕ

Sibérie(provablement en 1928.) vrilov, officier du VMS (4), fut condamné à six années de prison. En 1969 des agents du KGB à Ryazan, Saratov et Petrosavodsk ont arrêté un groupe de jeunes marxistes appelé "Les communards". Les organisateurs de ce groupe, O. Senin, procureur d'Etat, Yu, Budka, S. Grilyus, O. Frolov et A. Uchitel, ont été condamnés à de longues peines de prison. En 1970 des agents du KGB ont arrêté à Sverdlovsk le groupe marxiste "Travailleurs de l'Oural". Cinq membres de ce groupe ont été condamnés à des peines de prison diverses. En 1970, des agents du KGB ont arrêté dans la ville de Vorochilovgrad le groupe marxiste "La mise en pratique des idées léninistes"'. Son organisateur, A. Chekhovsky, qui était secrétaire de l'organisation des Komsomols dans une des usines de la ville, a été condamné à six années de prison. En 1970, des agents du KGB à Kertch ont arrêté un groupe marxiste qui avait participé à une grève dans l'usine de construction navale de Kertch. Son organisateur, le communiste

ДА ЗДРАВСТВЕТ

« ПРОЛЕТАРИАТА

Manifestation de militants de l'opposition de gauche exilés en V. Chekhovskich, qui fut l'éditeur du journal "L'ouvrier de Kertch", a été condammné à une longue peine de prison, En 1970 des agents du KGB ont arrêté dans la ville de Bendery le groupe marxiste de Mechirer et Ya. Suslinsjy. Mechirer fut condamné à six années de prison. Malheureusement nous pourrions allonger cette liste à volonté. Mais notre but n'est pas celui d'énumérer tous les communistes qui aujourd'hui languissent dans les prisons et les camps de travail d'URSS. Car est-il vraiment le plus important de déterminer quel est leur nombre exact ? La chose la plus importante, c'est que tous ces hommes travaillèrent pour la construction plus réussie d'une société socialiste et communiste, la construction de cette société par la voie la meilleure et sans des erreurs tragiques. Le point le plus important à souligner c'est que si ces gens ont commis des erreurs, ils ont commis des erreurs d'amis du communisme. "J'étais, je suis et je resterai toujours communiste. Ce n'est que mon amour passionné pour mon pays, pour le pouvoir des soviets et pour le socialisme qui m'a conduit au banc des accu-

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URSS sés", affirma Fedorov lors de son procès en 1969 lors duquel il fut condamné à six années de régime dur pour avoir essayé d'organiser le groupe "Union des communistes". "Et même si je recevais une peine de prison dix fois plus longue, je continuerai, aussi longtemps que mes forces me le permettront, à défen -dre l'idéal du communisme qui m'est si cher, contre les tentatives, dans le monde entier, de le transformer en un épouvantail et un sujet de ridicule, quelle que soit l'origine de ces tentatives et quel que soit le nom dont s'affublent ceux qui en sont les responsables!' "Le communisme, c'est le destin de toute l'humanité. Dans toutes mes activités j'ai été guidé par cette pensée seulement et j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour essayer de promouvoir cette destinée", déclara O. Frolov de Riazan, membre du groupe "Le communard"'. Je ne peux pas concevoir d'autre but à ma vie que de lutter pour la victoire du communisme", déclare le jeune Komsomol V. Uzlov, membre du groupe "l'Ouvrier de l'Oural". Les communistes du Danemark, de Norvège et de Suède jouissent de la liberté politique dans leur pays. Ils peuvent constituer des partis, . publier des journaux de parti, des revues et des

Ils ont leurs propres imprimeries, des librairies, des locaux et tout l'équipement néoffre la chance de jouer un certain rôle actif dans la vie politique de leur

Imaginez un instant qu'on vous interdise de former votre propre parti, de disposer d'une imprimerie, de publier un organe de parti, d'avoir un local et tout l'équipement nécessaire pour mener normalement vos activités. Votre participation à la vie politique de votre pays serait limitée à la lecture des journaux gouvernementaux et à l'éloge des circulaires officielles publiées par des fonctionnaires du gouvernement. Dans une telle situation, les défenseurs du communisme seraient évidemment amenés à se réunir dans la rue, dans des appartements privés, dans les universités, dans les usines, en petits groupes, afin de discuter de la situation du pays et de critiquer le régime qui leur a enlevé leurs libertés démocratiques et individuelles élémentaires, quelque soit le nom dont ce régime se dote. Dans une telle situation, les membres les plus audacieux du comité de rédaction de votre journal seraient obligés de se rencontrer de façon informelle dans un appartement privé, afin d'échanger les manuscrits de leurs articles; leurs femmes dactylographieraient ces articles en portant des gants de caoutchouc afin de ne laisser aucune empreinte digitale sur le papier. Les membres du comité de rédaction de Lang og Folk pourraient aussi décider de photocopier les manuscrits de leurs articles et pourraient envoyer ces photocopies par la poste à des citoyens danois. Ensuite, les rédacteurs les plus audacieux de ce journal secret 10 pourraient même décider de s'approprier..... (5) d'une imprimerie gouvernementale en vue de construire une machine à imprimer, même petite, qui serait à eux, pour imprimer leurs propres manuscrits. Et pour toutes ces activités, ils seront arrêtés et envoyés dans des camps de travail. Arrêtés pour s'être rencontrés en groupes, pour avoir discuté et critiqué, pour avoir produit des articles, pour s'être lus ces articles les uns aux autres, pour avoir copié leurs manuscrits en les dactylographiant ou en les photocopiant, et pour avoir essayé de construire une presse à la main dans la cave d'une datcha en vue d'imprimer ces manuscrits. Rappelez-vous la situation sous l'occupation ! "Mais en Union soviétique, il s'agirait d'une situation plutôt comique" direz-vous sans doute. Et vous pourriez même sourire, camarades de la rédaction de Land og Folk. Vous pouvez sourire, assis dans vos appartements confortables, auprès de la cheminée, ou dans vos fauteuils des bureaux du parti. Mais au même moment où vous souriez, nous, communistes d'Union soviétique, nous sommes en train d'être arrêtés, d'être jugés et d'être déportés vers des camps de travail pour cinq ou sept ans, sous le régime strict ou dur, séparés de nos mères et de nos pères, de nos femmes et de nos enfants, de nos amis et de nos connaissances... Nous sommes persuadés que nous n'aurez plus envie de sourire quand vous apprendrez que dans la ville natale de V.I. Lénine, Chekhovsky, membre des Jeunesses communistes, ayant avoué être coupable de lutter pour réaliser les idées de Lénine, fut condamné à six ans de régime strict, et Dragosh, qui propagea l'extension du pouvoir des soviets, à sept années de régime strict. Lors d'une réunion en Yougoslavie, Léonid Brejnev, Secrétaire général du Comité central du PCUS, a déclaré : "Nous sommes contre le fait de créer des obstacles à la construction di socialisme dans différents pays, et nous sommes d'autant plus opposés à ce qu'un quelconque pays impose ses propres méthodes concrètes de développement à un autre pays. Notre principale préoccupation en tant que communistes et marxistes-léninistes, c'est que nos pays appartiennent à une seule structure sociale et économique. Et cela, camarades, c'est le point le plus important en dernière analyse". Il est possible que le PCUS respecte ce principe dans ses relations internationales; mais dans son propre pays il a monopolisé le droit à la vérité : "Malheurs à ceux dont les idées ne sont pas conformes aux circulaires officielles". Alors qu'ils appellent les Yougoslaves leurs "camarades", ils maintiennent nombre d'entre nous dans des camps de travail pour la seule raison que nous diffusons de la propagande sur la voie de développement yougoslave !

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Il n'y a pas d'autre pays dans lequel les opposants sont traités aussi sévèrement que dans le nôtre. Nous pouvons tirer cette conclusion même des informations parues dans la presse soviétique. En août et septembre 1971, les journaux soviétiques ont publié les informations que voici : le 8 août 1971, les Izvestia annoncèrent dans un article intitulé "Verdict contre des patriotes", qu'un tribunal d'Athènes avait acquitté des groupes de 19 et 25 prisonniers, alors que les autres "furent condamnés à diverses peines de prison, de trois ans, dix mois, cinq mois, etc. ", pour avoir publié et diffusé des journaux et des tracts clandestins. En septembre 1971, la Pravda annonça que "deux étudiants espagnols, Philippe Martinez et Roman Sines, furent condamnés par un tribunal de Madrid à un an et trois mois de prison respectivement pour avoir distribué de la littérature marxiste dans des stations de métro de Madrid". En août 1971, la Pravda publia un paragraphe sous le titre "Verdict du tribunal d'Izmir indiquant que le tribunal suprême d'Izmir (6) avait condamné six hommes à des peines de prison de 3 ans à 6 mois pour avoir "mené de la propagande communiste". Mais, pour ce genre d'activités, nous sommes condamnés en règle générale à cinq ou sept ans de prison sous régime strict, à quoi s'ajoutent quelque fois jusqu'à cinq années d'exil supplémentaires -- trois années dans le cas de Ronkin et de Khakhaev, organisation du groupe "Union des Communards", sept années de prison plus trois années d'exil dans le cas de Senin, organisateur du groupe "Communard" de Saratov. Frères communistes du Danemark, de Suède et de Norvège! Imaginez par exemple une situation comme la suivante : un assistant du département de philosophie d'une université prononça un discours lors d'une conférence gouvernementale, critiquant le PCUS et le gouvernement, et soumettant la situation actuelle dans le pays à ses critiques. Pour cela il est immédiatement licencié. Pendant un certain temps, il gagne sa vie par des travaux occasionnels. Un jour il reçoit une lettre d'un camarade et lui répond par diverses lettres dans lesquelles il donne de ses nouvelles et exprime certaines critiques à l'égard des dirigeants politiques du PCUS et du gouvernement actuel. Le 7 novembre 1970, il se joint à quelques manifestants qui portèrent une banderole sur laquelle était écrit : "'Honte à la direction actuelle du PCUS !". Pour cela il fut arrêté et condamné à sept ans de prison. Nous pouvons difficilement imaginé que quelque chose de ce genre puisse arriver dans un quelconque de vos pays. Mais si cela arrivait en Grèce ou en Espagne ? Toute l'opinion publique progressiste, y compris vous autres, communistes scandinaves, serait outragée et protesterait contre de telles actions de violence contre un individu. Mais cette situation dramatique concernant un assistant du département de philosophie s'est présentée non en Grève ou en Espagne, mais dans notre pays, en URSS. Nikolal Vasilievitch Bondar, assistant au département de philosophie de l'université d'Uzhgorod, marxiste consistant et convaincu - - qui proclama lors de son procès : "c'est seulement mon amour du communisme et ma foi en lui qui m'ont obkigé à agir comme je l'ai fait " - -, a été condamné à sept années de prison par le tribunal de district de Kiev, pour avoir critiqué la politique du PCUS à la conférence du département de philosophie; pour s'être permis dans des lettresprivées envoyées à un camarade de critiquer le PCUS et pour avoir porté une banderole avec l'inscription " Honte à la direction actuelle du PCUS"' lors d'une manifestation le 7 novembre 1970. Et pour cette seule raison un homme a été condamné à sept ans de prison ! C'est monstrueux, c'est scandaleux ! Voilà ce que nous ressentons et voilà ce que vous ressentez également, nous en sommes convaincus, Alors, protestez ! Ne gardez pas le silence à ce propos ! Adressez-vous au PCUS - - tout de même vous n'êtes pas des citoyens soviétiques, et votre voix signifie quelque chose pour lui - - et exigez que des mesures soient prises immédiatement pour la libération de V. Bondar, Nous attendons votre aide, camarades. Frères communistes de Scandinavie ! Nous savons par les articles publiés dans la presse soviétique que le PC des Etats-Unis condamne le système médiéval cruel qui règne dans les prisons américaines. (Pravda, 30 août 1970). La critique et la condamnation des procèdures médiévales qui règnent dans un quelconque pays méritent toute l'attention et tout l'appui possible, Si de telles conditions règnent encore où que ce soit, nous joignons nos voix à celles de nos camarades américains. Mais pour nous, privés de presque toute information, il est difficile de juger la situation présente dans les prisons américaines. La presse soviétique a publié un article disant que dans une prison américaine les prisonniers avaient commencé une grève de la faim parce qu'on leur avait donné du chocolar cassé comme petit-déjeuner. Au même moment, à la prison Vladimir, une directive officielle fut émise pour interdire aux prisonniers de recevoir, même dans des colis venant de l'extérieur, toute nourriture autre que des biscottes, des biscuits, du sucre et des sucreries -- excluant toute forme de chocolat! Ainsi des prisonniers américains reçoivent du chocolat pour le petit-déjeuner, alors que les prisonniers en URSS n'ont pas le droit de recevoir du chocolat, même de leurs familles, dans les deux seuls colis qu'il leur est permis de recevoir annuellement, d'un poids maximum de un kilo chacun. Jusqu'en novembre 1969, les prisonniers politiques de la prison de Vladimir avaient le droit de recevoir chaque année un coli pesant jusqu'à cinq kilos. Après novembre 1969, on

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URSS leur enleva même ce recours pitoyable pour soutenir leur santé. Les prisonniers ont fait la grève de la faim pendant un mois. L'administration de la prison a riposté en établis -sant l'arbitraire le plus complet. Il fut difficile d'obtenir n'importe quel matériel de lecture; les censeurs ont abusé de leur position officielle, aucun morceau de papier ne fut distribué pour écrire; le rasoir devint une machine pour raser la tête des prisonniers; la plupart des cellules eurent le chauffage coupé; il n'y eut plus d'eau pour se laver. En règle générale, la vie des prisonniers politiques des camps de travail et de la prison de Vladimir est gouvernée par des directives secrètes et illégales, qui permettent à l'administration pénitencière d'abuser de sa position officielle et de créer une situation de domination illégale et arbitraire. Il y a par exemple une directive secrète contenant la liste des sujets qui ne peuvent pas être mentionnés dans les lettres. Toute lettre adressée par un prisonniers politique, ou qui lui est destinée, peut être confisquée su le censeur le désire. On nous interdit par exemple de décrire les conditions de notre emprisonnement, l'état de santé de nos camarades en prison, etc.. En pratique, on ne nous permet de traiter qu'un seul sujet, le temps, et , même dans ce cas, la lettre peut être confisquée sous le soupçon de "conventionnalité". Même la liste des vivres permises (ou interdites) de vente dans le magasin alimentaire du camp ou de la prison (pour une valeur de deux à trois roubles par mois!) doit être vérifiée par le Ministère de l'Intérieur. Les prisonniers politiques de notre camp de travail Zh. Zh. 385/17, par exemple, se sont battus pendant plusieurs années pour obtenir que le magasin leur vende des oignons; chaque fois cette demande fut refusée. L'administration pénitencière insiste sur le fait que la vente des oignons n'est permise qu'en cas d'épidémie massive de grippe. Pourquoi en est-il ainsi ? Peut-être y a-t-il pénurie d'oignons en URSS ? Non; l'URSS a des oignons en abondance. N'est-ce pas plutôt parce que les oignons contiennent beaucoup de vitamines ? Et ne vous semble-t-il pas, camarades, que tout ce que nous venons de relater sent fortement le Moyen-Age ? Du fait d'escroqueries et de vols à tous les niveaux de la distribution des vivres et du fait de la préparation dégoûtante de la nourriture, même les normes officielles établies par le gouvernement pour l'alimentation des prisonniers ne sont pas respectées. En plus, les règlements gouvernementaux pour les prisonniers condamnés au régime strict ont réduit au minimum le droit de recevoir des colis de vivres de leurs familles et amis. Nous n'avons droit qu'à un seul colis pesant cinq kilos après avoir servi la moitié de notre peine et, avant cela, deux colis par an ne pesant pas plus qu'un kilo chacun. Mais, en pratique, l'administration pénitencière peut nous enlever, pour des raisons quelconques, même ce moyen minime de défendre notre santé. Des privilèges et toutes sortes d'autres avantages sont accordés essentiellement à ceux qui rendent service à l'administration du camp de travail en rapportant des commérages ou en mouchardant des prisonniers. Peut-être est-il incompréhensible pour vous, camarades, que nous attachions tant d'importance à des colis et des paquets de vivres. Mais le fait est que dans vos pays, un prisonnier est nourri de façon adéquat, il ne connait pas la faim, et un colis de sa famille arrive juste comme une surprise agréable, comme un cadeau de Noel d'un ami. Mais nous, prisonniers politiques des camps de travail de Mordovie et de la prison de Valdimir, nous avons souvent faim. D'une année à l'autre, notre organisme est affamé de manière latente et, quelquefois, par exemple pendant le premier mois de prison, de manière directe, du fait d'une insuffisance en albumine, en vitamines et en minéraux. De ce fait, un colis ou un paquet de vivres est pour nous un moyen de défendre notre état de santé et de conserver nos forces. Une autre raison pour laquelle nous avons faim, c'est que la nourriture qui nous est distribuée n'est pas toujours comestible. Elle est cuite de manière répugnante et, souvent, la cuisine est faite avec des vivres qui ne sont pas seulement de basse qualité mais contiennent en fait de la vermine. Le poissons qu'on nous distribue est généralement pourri. Camarades, il est notoire que les gardes-chiourmes professionnels du fascisme ont élaboré un régime cohérent pour des camps de concentration. Vous savez probablement aussi que les camps de concentration fascistes avaient pour but de faire perdre aux prisonniers progressivement toutes leurs forces et de les détruire. Ces principes ont été plus tard malheureusement adoptés comme base des camps de concentration de l'époque stalinienne. De cette manière, ces proncipes ont été transférés de l'Allemagne fasciste à notre conscience légale; et en 1960, sur la base de ces mêmes principes, le système de règlement des prisons a été établi. Les exemples de ce système de règlement sont quelquefois monstrueusement absurdes. Par exemple, on ne nous permet d'envoyer que deux lettres par mois et, en prison, de recevoir une seule lettre, ou même une seule lettre tous les deux mois. Et on pourrait citer beaucoup d'exemples du même genre. Frères communistes américains! Vous protestez contre les règlements médiévaux des prisons américaines et vous demandez qu'on libère Angela Davis. Tout en exprimant notre sympathie avec cette communiste américaine, et tout en nous joignant à votre campagne pour sa libération, nous ne pouvons cependant pas comparer sa situation avec les conditions de notre emprisonnement. Nous apprenons qu'alors qu'elle fut interrogée, Angela Davis put rencontrer des journalistes et même son allié, le camarade

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H. Winston, président national du PC des EtatsUnis. Mais, à nous, on restreint même nos rencontres avec les membres les plus proches de notre famille et nos amis, même s'ils sont des membres distants de nos familles. Nous aimerions rencontrer en prison des journalistes communistes, par exemple venant des EtatsUnis ou des pays scandinaves, pour pouvoir leur raconter quelles sont les conditions de notre détention. Les jounraux soviétiques nous apprennent qu'Angela Davis reçoit beaucoup de lettres du public américain et du monde entier. Ici, sous les prétextes divers, les lettres de nos proches et de nos amis sont souvent retenues ou confisquées. Les journaux soviétiques disent qu'Angela Davis a pu donner à un visiteur une lettre au Comité des Femmes soviétiques. A nous, on nous interdit même de remeltre une lettre la plus banale soit-elle au cours d'une visite. Nous demandons à nos camarades de Land og Folk de nous pardonner du délai de 8 mois pour cette réponse. Mais nous n'avons pas la possibilité de vous envoyer directement même cette "Lettre ouverte", à travers un canal officiel. En vous l'envoyant, nous "violant le règlement" et des punitions sévères nous attendent. Les journaux soviétiques affirment qu'on a trouvé une souris dans le lit d'Angela Davis. Ici, dans nos baraquements, les souris sont un spectacle habituel et dans le département thérapeutique de l'hôpital central , les salles sont infestées de rats. On vole les malades. Dans le département de thérapie, par exemple, les rations prescrites de viande et de sucre n'ont pas été distribuées depuis des années; toutes sortes de prétextes sont inventés pour voler cette viande et ce sucre. Lors des visites des commissions de contrôle, ces vols évidents ne sont pas remarqués. Les règles diététiques les plus élémentaires ne sont pas respectées. Tous les journaux soviétiques ont rapporté de façon indignée que George Jackson avait été tué en tué en s'échappant de prison. Dans toute situation il s'agirait d'un évènement tragique. Nous, prisonniers politiques soviétiques, nous nous joignons à vous pour protester contre de tels actes de la part des gardes-chiourmes. Mais dans les camps de travail de Mordovie, plus d'une fois, des prisonniers ont été tués à partir des tours d'observation, et pas seulement dans le cas de tentatives d'évasion. En 1964, par exemple, un prisonnier politique appelé Romachov fut tué dans un camp de travail de Mordovie; il était profondément déprimé pour des raisons familiales et s'était jeté, désespéré, contre la clôture en fil de fer du camp. En 1967, un lithuanien appelé B. Utkevichius fut tué, et pourtant il était sérieusement déséquilibré. En mai 1970, un prisonnier malade mental appelé Baranov, patient de l'aile psychiatrique de l'hôpital central du camp de travail Zh, Zh 385/3 fut abattu à la mitraillette. On a réellement transpercé de balles de mitraillettes, à partir de deux tours d'observations, un homme à la responsabilité mentale fort réduite, Les prisonniers politiques de ce camp de travail ont essayé de protester contre un acte d'un tel arbitraire, On les punit pour violation de discipline et les prisonniers politiques V. Aidov, N, Tarnovsky L. Kvachevsky, S. Zatikyan et Yurkevitch furent transférés à la prison de Vladimir. Nous vous croyons, frères communistes des EtatsUnis, lorsque vous dites que certaines conditions dans les prisons américaines sont des vestiges du Moyen-Age. Une fois de plus nous joignons nos protestations aux vôtres, Mais cela ne vous trouble-t-il pas, frères communistes des Etats-Unis, qu'en Union Soviétique des prisonniers politiques soient détenus sous les conditions terribles du régime spécial et strict ? Nous sommes certains que cela vous incitera à intervenir auprès des dirigeants du PCUS pour demander l'abolition du régime strict et spécial pour les prisonniers politiques en URSS, de même que pour réclamer une amélioration radicale de leurs conditions de détention en général, Nous sommes convaincus que vous agirez de manière déterminée et en bonne fois dans cette affaire. Frères communistes américains ! Vous, et particulièrement Hall (7) parlez souvent du caractère bienveillant du système soviétique et comparez l'URSS aux pays capitalistes, Vous ne pouvez pas manquer de comprendre que la situation des prisonniers politiques en Union Soviétique n'apporte guère de crédit à l'URSS et à la politique adoptée par les dirigeants soviétiques. Elle ne bénéficie pas non plus au mouvement communiste international. Ce ne sont pas seulement nous, les communistes soviétiques, qui portons la responsabilité morale de tel ou tel aspect de la direction politique du PCUS; mais vous, communistes des autres pays, vous avez la même responsabilité. En plus, le secrétaire général du PC des EtatsUnis a dit dans son article "Les dividendes chinois de l'impérialisme américain", qui fut publié en URSS dans l'hebdomadaire "A l'étranger": "'L'argument selon lequel le mouvement ouvrier international peut être fondé sur chaque pas 's'occupant de ses propres affaires' est faux". En présentant le camarade Hall comme candidat à la présidence des Etats-Unis ( et nous, prisonniers politiques communistes en URSS le félicitons chaleureusement pour cette désignation) vous le présentez, sans aucun doute, comme un homme de principes au peuple américain. Ayant critiqué le régime médiéval qui règne dans les prisons américaines, il ne pour -ra rester indifférent à la situation des prisonniers politiques en Union Soviétique. Il pour-

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URSS 88888888988 rait même dire aux électeurs et au journalistes au cours de sa campagne électorale ce qu'il a fait lui-même, en tant que communiste et candidat à la présidence, pour améliorer les conditions des prisonniers politiques en URSS, où les gens au pouvoir s'appellent communiste. Frères communistes ! Il y a de nombreuses preuves que la situation légales et les conditions effectives des prisonniers politiques de divers pays sont en contradiction flagrante avec les principes établis comme base de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. C'est pourquoi nous appelons les communistes de divers pays à s'adresser à l'organisation internationale compétente pour lui demander de constituer une commission internationale : - pour examiner la situation légale et les conditions effectives de détention des prisonniers politiques de différents pays, y compris l'Union Soviétique; - pour rédiger des principes et critères internationaux unifiés pour la situation légale et les conditions de détention des prisonniers polidivers pays, y compris l'Union Soviétique. Il n'y a pas de doute que le processus de renforcement de la moralité et de la justice sociale dans le monde implique des contradictions et des conflits de tendances sociales et politiques les plus diverses, chacune desquelles cherche à apporter sa propre conception de la morale et de la justice sociale à la vie du peuple. C'est pourquoi il arrive parfois dans le monde que, lorsque les représentants de l'une ou l'autre tendance occupent des positions de pouvoir, des représentants d'une autre tendance, ou même des représentants de la tendance au pouvoir, mais qui proposent des moyens quelque peu différents, occupent les cellules des pri-

Mais lorsque les circonstances changent, les gens qui occupent les postes du pouvoir changent de place avec les gens qui occu-

De toute évidence, les pouvoirs d'Etat de divers pays reconde ce processus et appliquent régulièrement une amnistie, ce qui signifie qu'au cours de l'histoire l'amnistie a été établie comme une institution. En 1971 il y eut des amnisties pour les prisonniers politiques en Bolivie, au Pérou, kistan et en Uruguay. Au début d'octobre 1971 la radio soviétique a rapporté qu'une amnistie avait été décidée pour des prisonniers politiques en Espagne.

soviétique, il n'y a plus eu d'amnisEn Union tie pour des prisonniers politiques, par acte de loi, depuis 1927. Nous voudrions savoir ce que cela signifie et ce que les communistes d'Europe et d'Amérique en pensent. Nous, prisonniers politiques communistes d'Union soviétique, pouvons difficilement croire, malgré nos expériences, que les dirigeants de l'URSS, qui s'appellent communistes, sont moins humains que les maitres de l'Espagne ! En 1971, le président du conseil des ministres d'URSS, Kossyguine, projette un voyage officiel en Norvège et au Danemark. Nous espérons que vous, frères communistes du Danemark et de Norvège, lui poserez cette question, et peut-être aussi l'autre question de fond que nous avons posée dans cette "Lettre ouverte". Frères communistes d'Europe et des EtatsUnis ! Nous, prisonniers politiques d'URSS, vous demandons de publier cette lettre dans vos journaux. Nous adressons cette demande personnellement aux camarades de la rédaction de Land og Folk, auprès desquels nous nous excusons une fois de plus pour leretard de cette réponse. Nous, prisonniers politiques communistes soviétiques, sommes convaincus que vous, communistes d'Europe et des EtatsUnis, connaissez maintenant la situation réelle en URSS et que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour la changer. Nous, prisonniers politiques communistes soviétiques, sommes convaincus que vous agirez en défense des droits des prisonniers politiques de l'Union soviétique et, en particulier, des droits des prisonniers politiques communistes. Avec nos salutations communistes. Les prisonniers politiques : Youri Ivanovitch Fedorov, membre du PCUS, avocat et officier du Ministère de l'Intérieur; Nikolai Vasilevitch Bondar, enseignant au département de philosophie de l'Université d'Ushgorod; Gennadii Vladimirovitch Gavrilov, membre du PCUS, officier du Ministère de l'Intérieur, ingénieur; Alexandr Konstantinovitch Chekhovsky, membre du Komsomol, secrétaire du département du trust Vorochilovgradzhilistroi. 14 octobre 1971, URSS, Mordovie, camp de travail Zh. kh 385/17. Nous, prisonniers politiques non-communistes d'URSS, qui n'adhérons pas à la doctrine mar -xiste et qui sommes, pour cette raison, en désaccord avec une série de présupposés de la "Lettre ouverte", co-signons néanmoins ce document en accord avec nos camarades prisonniers qui sont communistes, comme un document authentique qui proteste contre la violation des critères démocratiques dans notre pays et contre les conditions difficiles des prisonniers politiques en URSS. Les prisonniers politiques : Nikolai Bitkovitch Ivanov, enseignant à l'Université d'Etat de Léningrad; Youri Timofeevitch Galanskov, éditeur de l'anthologie "Phénix" Vladimir Konstantinovit ch Pavlenkox, historien.

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Aux communistes d'Europe et des Etats-Unis, aux rédactions des organes centraux des Partis communistes d'Europe et des Etats-Unis, à la rédaction de l'organe central du Comité central du PC du Danemark, Land og Folk. Copie au Comité international d'Amnesty. (1) KGB, initiales de Comité de Sécurité de l'Etat, c'est-à-dire la police politique en URSS -NAiR Komsomol, abréviation de l'Union des Jeunesses Communistes d'URSS, l'organisation de jeunesse du PCUS -NdlR

(3)

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quie.

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américain

MVD, Ministère des Affaires étrangères. En contraste avec le KGB, le MVD exerce les fonctions normales de police et surveille certaines entreprises "sensibles"', comme par exemple celles de l'industrie nucléaire -NdlR Marine de guerre - NaIR Il y a ici un trou dans le manuscrit. Probablement les mots manquants sont "du matériel..." - NaIR Ville sur la côte de la Mer Egée en TurGus Hall est le secrétaire général du PC

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