Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ARGENTINE

Nouvelle percée ouvrière

· Inprecor (première série) n° 31, 17 juillet 1975 · p. 3-7 · 3 047 mots

Argentine et Chili Syndicalisme Stalinisme Économie mondiale

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La grève générale en Argentine, qui s'est terminée dès le 8 juillet, constitue le point culminant d'une crise qui a des racines lointaines et diverses dimensions. Elle pourrait devenir le point de départ d'une nouvelle crise dont les développements peuvent être difficilement prévus pour le moment. Par le fait même qu'elle est dirigée contre une décision importante du gouvernement d'Isabelle Peron, cette grève générale révèle que l'opération de restabilisation politique, sociale et économique que la bourgeoisie argentine avait entreprise avec le retour du peronisme au pouvoir en mai 1973 a largement échoué. Aucun artifice de propagande ne peut plus voiler ce fait fondamental. Sur le plan économique, la bourgeoisie argentine avait espéré que la hausse des cours des matières premières, qui s'est réalisée pendant toute une période, jouerait en sa faveur.

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LIVIO MAITAN Elle avait de même espéré profiter de la tendance du capital européen et japonais à étendre ses investissements. Elle misait sur une relative "paix sociale" qu'aurait pu garantir le prestige du vieux leader charismatique, joint à de modestes augmentations de salaires pour compenser les pertes de pouvoir d'achat Elle comptait en outre sur certaines marges de manoeuvre offertes par l'URSS et d'autres Etats ouvriers, dont Cuba. Le succès de ce projet aurait rendu à la bourgeoi sie argentine, après des années de crise politique et sociale, une direction relativement stable et aurait permis un fonctionnement au moins partiel de la démocratie bourgeoise (ce que la rhétorique officielle avait baptisé "le processus d'institutionalisation"). L'éclatement de la récession internationale a été un coup très grave pour l'économie argentine. Beaucoup de marges de manoeuvre se sont rapidement rétrécies, sinon ont été com-

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ARGENTINE plètement éliminées. Le retournement de la conjoncture sur le marché de la viande en Europe a durement frappé les exportations des produits agricoles, alors que la hausse du prix de revient des produits industriels en a également réduit le caractère concurrentiel sur le marché mondial. D'après les sources officielles, la chute (ou dans le meilleur des cas : la stagnation) des exportations s'est accentuée pour les principaux produits au cours des trois premiers mois de l'année 1975. Il n'y a aucune indication qui permettrait d'envisager un changement de cette tendance au cours du deuxième trimestre. Simultanément, l'inflation s'est accentuée. Elle a pris des dimensions que le pays n'avait jamais connues dans le passé, pour reprendre une formule utilisée par les quotidiens argentins bourgeois les plus représentatifs.

FRENTE UNICO CLASISTA

Il est incontestable que la classe ouvrière et les travailleurs en général ont largement fait les frais de cette évolution économique défavorable pour le capitalisme argentin. Cela n'implique pas que le "pacte social" ait été aussi rigoureusement respecté que la bour -geoisie et la direction peroniste l'avaient souhaité. En diverses occasions, des luttes résolues de secteurs et catégories de la classe ouvrière ont réussi à arracher des avantages qui allaient au-delà des limites fixées par les accords au sommet. Ce qui est encore plus important, c'est que le mythe du vieux caudillo avait reçu des coups graves, déjà avant sa mort. Son retour au pouvoir s'était produit dans un contexte qui était très différent de celui qui avait marqué la période de son ascension au cours des années 40. Les concessions aux masses, qui avaient été à la base de sa popularité à la fin de la deuxième guerre mondiale, ne pouvaient d'aucune manière être répétées. La rhétorique justicialiste devint toujours plus insuffisante pour maintenir l'unité du péronisme et put encore moins lui garantir la continuité de ses liens traditionnels avec les masses. Le Premier Mai 1974, au cours de la manifestation traditionnelle, une première rupture directe et bruyante entre Peron et la gauche de son mouvement s'était déjà produite. Au cours des derniers mois, la grève de Villa Constitucion (voir Inprecor n. 26), malgré sa fin qui ne fut certes pas un succès, avait de même signalé un affrontement ouvert entre le gouver -nement d'Isabelle Peron et un secteur ouvrier important. On pourrait mentionner d'autres épisodes : nous nous limitons à deux d'entre eux, parmi les plus significatifs. Au début de juin 1975, le remplacement du ministre de l'Economie Alfredo Gomez Morales par Celestino Rodrigo devait constituer un pas décisif pour imposer les mesures économiques considérées nécessaires en vue de redresser une situation de plus en plus détériorée. Il s'agissait d'une nouvelle dévaluation du peso argentin, dans le but de favoriser les exportations : d'une augmentation considérable des tarifs des services publics, en vue de réduire le déficit dramatique du budget ; d'une limitation radicale des augmentations de salaires sous le prétexte de freiner l'inflation (dans les milieux officiels, il fut question de limiter les augmentations de salaires à 38-45 %, alors que le coût de la vie augmente au rythme de 150 % par an). Cela veut dire qu'il s'agissait de réduire de manière draconienne la consommation des masses, même au risque qu'un tournant déflationniste aussi brutal ne provoque une sérieuse récession. A en juger par les commentaires des formations politiques et des organisations patronales jusqu'à la veille de la crise de fin juin, le gros des forces bourgeoises s'était trouvé

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d'accord avec les mesures du nouveau ministre de l'Economie. Elles étaient de même appuyées par le capital international, évidemment préoccupé par la gravité de la situation en Argentine (Il faut se rappeler que, malgré l'âpreté de la répression officielle et les actions criminelles des bandes "parallèles" des A. A. A. -massacres en chaine de militants et d'intellectuels de gauche et d'extrêmegauche-, "l'ordre" bourgeois n'était guère

Get les organisations clandestines, surtout l'E. R. P. et les Montoneros, n'avaient guère ralenti leur action). En signe d'appui aux tentatives de Celestino Rodrigo de redresser la situation du capitalisme argentin, huit sociétés multinationales du secteur automobile (capital allemand, français, italien et nord-américain) signèrent le 18 juin un accord s'engageant à ne pas rapatrier des profits pendant deux ans et à accepter, pendant cette même période, d'être payées en certificats de la Banque Centrale argentine et non en devises pour les diverses redevances et paiements d'assistance technique qui leur sont couramment dus. En échange de cette concession, les prix des voitures restèrent en dehors du système officiel de fixation des prix. Mais le projet du nouveau ministre et du gouvernement se heurta rapidement à la résistance de ceux qui auraient dû en faire les frais. Dès les premiers jours après les décisions imposées par Rodrigo, toute une série de conventions collectives d'importantes catégories de travailleurs venaient à terme (des métallurgistes aux ouvriers du bâtiment, aux employés bancaires et aux agents des services publics). La pression de la base fut tellement forte que, dans la majeure par -

BASTA tie des cas, les augmentations de salaires réclamées et arrachées furent sensiblement supérieures aux limites prévues par la nouvelle politique économique, atteignant ou dépassant même; pour certaines catégories, des augmentations de 100 %. Ce n'est pas de gaieté de coeur que la bureaucratie syndicale appuya les revendications syndicales surgies de la base. En fait, dans de nombreux secteurs, elle commença par freiner, par s'opposer par avancer des propositions plus proches des projets gouvernementaux, par s'efforcer d'empêcher l'éclatement des grèves. Mais elle fut confrontée à une explosion de combativité des travailleurs d'une telle ampleur que tout comportement d'attaque frontale contre la poussée revendicative aurait signifié une perte de contrôle généralisée sur la classe ouvrière. C'est bien là une confirmation nette du fait que la grève de Villa Constitucion représente en réalité un tournant de la situation objective en Argentine, combinant le dernier épisode d'une longue série de batailles défensives de secteurs d'avant-garde de la classe ouvrière et un début de mobilisation généralisée de l'ensemble de la classe. Ainsi, en province, et notamment à Cordoba et Santa Fe, des coordinatrices d'activistes et de commissions internes qui s'étaient progressivement constituées depuis l'élimination par le pouvoir des directions ouvrières combatives élues, commencèrent à agir comme de véritables directions de rechange, organisant grèves et manifestations dans la période du 10 au 24 juin, déjouant les provocations et repressions bureaucratiques et policières qui furent encore sensibles pendant toute cette Il est significatif que des secteurs comme les enseignants se mobilisèrent dès le lendemain des mesures de Rodrigo en une poussée revendicative aussi unanime que celle des secteurs traditionnellement les plus combatifs comme les travailleurs de l'automobile, les métallurgistes ou les travailleurs de l'imprimerie et des arts graphiques, Ainsi, une proposition de grève des instituteurs, combattue par la bureaucratie syndicale "reconnue" de cette branche, la U. D.A., fut approuvée à la majorité de 65 % à Buenos Aires, de 95 % dans la province de Buenos Aires, et de 95 à 98 % dans l'intérieur du Le gouvernement fut donc confronté avec un choix dramatique : ou bien approuver les conventions collectives imposées au patronat et à la bureaucratie syndicale par une énorme pression de la base, ce qui signifiait saborder, dès son lancement, le projet Rodrigo ; ou bien refuser la ratification de ces accords et risquer une épreuve de force avec toute la classe ouvrière et avec la bureaucratie syndicale, c'est-à-dire une "cassure" ouverte

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ARGENTINE du mouvement péroniste. La bureaucratie syndicale ayantépuisé les possibilités de manoeuvres et de compromis, elle annonça clairement sa résolution de défendre l'acquis des conventions collectives. Dès le 26 juin, elle proclama une première suspension de travail "officielle" et une première manifestation ou -vrière à la Plaza de Mayo pour le jour suivant. Elle le fit, contrainte et forcée par les nombreuses grèves sauvages et autres manifestations spontanées de combativité ouvrière. Elle le fit avec beaucoup de réticences. Ceci s'exprima notamment par le fait que, lorsque la manifestation du 27 juin se prolongea au-délà de la durée prévue, et lorsqu'elle prit une tournure de plus en plus radicale, les dirigeants de la C. G. T. se précipitèrent à la radio pour appeler les manifestants à se disperser, ce qui n'entraina d'ailleurs pas des résultats impressionnants (dans l'ensemble, la manifestation s'étendit sur presque dix heures ; plus de cent mille travailleurs y participèrent).

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Le 28 juin, par un message radio-télévisé de la présidente Peron, le gouvernement annonça son choix. Il annula tous les accords des commissions paritaires. Il fixa une limite rigide de 50 % aux augmentations des salaires à partir du ler juin, ajoutant qu'une nouvelle augmentation de 15 % serait admise le ler octobre et une autre augmentation de 15 % en janvier 1976. Isabelle n'hésita pas à critiquer les travailleurs, les accusant de ne pas avoir respecté les promesses qu'ils avaient faites, selon elle, à feu son mari, de "travailler davantage pour produire davantage", les accusant de même de'faciliter ainsi une victoire sans grands efforts des mercenaires des ennemis de la patrie". Mais à cette rhétorique réactionnaire fut joint l'aveu de la faillite de deux années de politique péroniste, depuis la victoire électorale du Front Justicialiste : "La nation argentine affronte en ces moments ce que je définirais comme l'heure zéro de notre décision d'obtenir la liberté définitive sur tous les fronts... La production est en baisse.

La spéculation s'étend apparemment sans limites. Des sommes énormes sont dépensées pour des activités sans utilité pour les fins de la nation". Elle fut même obligée d'ajouter de manière explicite : "L'unique solution possible pour rétablir l'équilibre et reconstruire la nation, c'est de maintenir une austérité juste et saine, éviter des dépenses superflues, augmenter au maximum la production, comme si nous étions en économie de guerre". L'annonce de la décision gouvernementale provoqua instantanément une réaction fulgurante de la part de la classe ouvrière. La C. G. T. annonça qu'elle se réunirait le lundi 30 juin à 10 heures du matin pour décider des mesures à prendre. Mais avant même que les bureaucrates ne puissent se rassembler, quatre provinces, celles de Cordoba, Mendoza, Chubut et Santa Fe, furent totalement paralysées par une grève générale spontanée. La vague de radicalisation ayant bien touché cette fois-ci le Grand Buenos Aires également, partout des usines furent paralysées dans la capitale par des assemblées générales sur les lieux de travail. Beaucoup de délégations partirent en cortège des entreprises vers le siège central de la C. G. T. pour exercer une pression sur la direction syndicale. Un énorme dispositif de sécurité fut concentré par le gouvernement autour du Palais présidentiel, la Casa Rosada, et interdit l'accès de la Plaza de Mayo. Déchirée entre la pression de la base et la pression du gouvernement, la direction de la C. G. T. chercha encore à gagner du temps, et décida de retarder la décision jusqu'au mercredi 2 juillet. Mais la multiplication des grèves sauvages fut telle que, pour essayer de reprendre "ses troupes" en main, la bureaucratie syndicale, après l'échec d'ultimes tentatives de conciliation avec le gouvernement, fut obligée à proclamer la grève générale du 48 heures pour les 7 et 8 juillet. A côté de la réaction massive de la classe ouvrière, la décision du gouvernement d'abolir le résultat des conventions collectives provoqua parallèlement une crise politique profonde. Presque toutes les formations politiques et diverses associations patronales se dissocièrent du gouvernement (1). Le mouvement peroniste lui-même fut profondément déchiré jusque et y compris son groupe parlementaire. C'est ici qu'intervient un autre aspect important du tournant de la situa(1) Parmi les rares forces politiques qui se sont prononcées en faveur des décisions d'Isabelle Peron, il faut signaler les maoistes du PCR, qui affirment que "dans une situation de crise nationale' il est juste "d'affronter uni au peuple peroniste la conjuration russo-yankee, sur la voie de la libération définitive du peuple et de la patrie".

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tion objective en Argentine, marqué par la grève de Villa Constitucion. Non seulement des secteurs ouvriers d'avant-garde mais des parties substantielles des masses ouvrières dans leur ensemble visent ouvertement'l'éminence grise" d'Isabelita Peron, le ministre Lopes Rega, idéologue et homme fort du peronisme, comme l'homme à abattre. Déjà lors de la manifestation du 27 juin, la bureaucratie syndicale s'était efforcée en vain de faire entonner par les dizaines de milliers de travailleurs réunis l'hymne peroniste. Les manifestants ne suivirent guère cette consigne. Parmi leurs cris et revendications, la demande de démission de Lopes Rega se généralisa de plus en plus. Et lorsque la C. G. T. se vit obligée de proclamer la grève générale des 7-8 juillet, l'exigence de la démission de Lopes Rega fut incluse parmi les buts officiels du mouvement. Il s'agit manifestement d'un événement de grande importance. Lopes Rega a été le véritable instigateur du cours de plus en plus réactionnaire du régime peroniste, après le bref interlude de la présidence de Campora. C'est lui qui récupéra les principaux dirigeants et tortionnaires de la répression d'Ongania, déclenchant à son tour une répression sur grande échelle contre la jeunesse peroniste, les organisations révolutionnaires, les cadres et dirigeants des tendances lutte de classes dans les syndicats. Anticommuniste féroce à l'idéologie semi-fasciste, admirateur ouvert de Mussolini et de Franco, grand épurateur des universités et des milieux intellectuels, il est le véritable organisateur de la terreur parallèle des A. A. A. Associé à des secteurs de la bureaucratie syndicale, il a essayé de briser systématiquement les directions syndicales de lutte de classes qui avaient émérgé dans divers secteurs de la période précédente de radicalisation ouvrière. Pour toutes ces raisons, il était considéré comme l'incarnation de la répression anti-ouvrière et contrerévolutionnaire dans le pays. Ce jugement, avancé d'abord seulement de manière systématique par les organisations révolutionnaires et d'autres forces d'opposition, a maintenant été repris par de larges secteurs de la classe ouvrière. S'il est prématuré d'y voir la preuve d'une rupture décisive de la classe ouvrière argentine avec l'idéologie bourgeoise du justicialisme peroniste, il s'agit incontestablement d'une étape qui nous rapproche de la conquête de l'indépendance politique de classe par le prolétariat argentin. Au moment d'aller sous presse, il semble que le gouvernement ait capitulé devant la grève générale sur la question des augmentations de salaires, qu'Isabelle Peron refuse d'abandonner Lopes Rega, mais qu'elle est prête à sacrifier Rodrigo et d'autres ministres impopulaires. Le gouvernement a formellement démissionné ; un remaniement plus ou moins large du cabinet est devenu inévitable. Les militaires, qui se sont abstenus d'une intervention ouverte dans la crise, mais qui semblent avoir pesé dans le sens d'une "réconciliation" avec la bureaucratie syndicale, pourraient bien revenir au premier plan. Il n'est pas exclu qu'une tentative de relance du "peronisme de gauche" soit entreprise, utilisant des personnalités comme p. ex. Campora. Isabelle pourrait essayer ainsi de se tirer d'affaire, en recomposant les divers éléments qui représentent le peronisme au pouvoir. Quoi qu'il en soit, il est hors de doute que la crise du peronisme a atteint un stade nouveau. Jamais dans le passé ses rapports, non avec certains secteurs de la classe ouvrière argentine, mais avec cette classe dans son ensemble, ont été tendus comme ils le sont à présent. Les bureaucrates syndicaux comprennent parfaitement le caractère dangereux de l'évolution et pour l'avenir de leurs propres positions et pour celui de toute la société bourgeoise argentine. C'est pourquoi, tout en s'efforçant de récupérer leur contrôle sur les masses grâce à la proclamation de la grève générale, ils ne cessent de réaffirmer leur fidélité au peronisme et cherchent à sauver le règne d'Isabelle Peron. Dans un tel contexte, les révolutionnaires doivent être en première ligne dans les grandes batailles en cours, donnant leur contribution à la mobilisation des masses la plus large possible, parce que seule pareille mobilisation pourrait conduire soit à la capitulation totale, soit au remplacement d'Isabelle Peron. La décision d'annuler les contrats collectifs doit être purement et simplement supprimée. Des augmentations de salaires qui neutralisent entièrement les effets de l'inflation et conservent le pouvoir d'achat des travailleurs doivent être arrachées et garanties par une échelle mobile en cas de toute nouvelle augmentation des prix. En même temps, les révolutionnaires doivent insister sur la nécessité d'être prêts à riposter à toute attaque réactionnaire, de quelque nature qu'elle soit, d'organiser l'autodéfense ouvrière sur l'échelle la plus vaste possible contre la répression officielle et parallèle. Il ne faut plus tolérer que des militants ouvriers tombent sous les coups des A. A.A. et d'autres bandes anti-ouvrières. La libération des prisonniers politiques doit être arrachée. L'organisation de l'autodéfense doit devenir une garantie irremplaçable de l'issue victorieuse d'une nouvelle phase de lutte ouvrière de masse, qui est d'ores et déjà ouverte en Argentine. 9 juillet 1975

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