Les Services de renseignements de la Sûreté de l'Etat ont réussi à arrêter une organisation communiste en relation avec les organisations communistes du Liban et de France. Vingt membres de l'organisation ont été ar -rêtés dont cinq jeunes femmes... L'organisation communiste a pour nom "Ligue communiste internationaliste" et pour but de renverser le régime politique et économique du pays et d'imposer le régime communiste extrémiste "trotskyste". Les services de sécurité suivaient l'activité de l'organisation depuis août 1974 jusqu'à l'arrestation de ses membres en juillet dernier... L'organisation communiste était en relation avec le Groupe communiste révolutionnaire du Liban et la Quatrième Internationale de France (qui est un groupe communiste extrémiste). Les Renseignements de la Sûreté de l'Etat ont présenté des photographies, enregistrements, imprimés et documents prouvant l'activité de cette organisation communiste en Egypte... Une machine à écrire a également été trouvée, ainsi que plusieurs brochures prêtes à être diffusées, dans l'appartement de l'organisation au Caire... Le Parquet de la Sûreté de l'Etat a diffusé hier les détails relatifs à cette organisation lors de l'examen d'une demande de mise en liberté présentée par Randa Abdel Ghaffar Al Baassi, étudiante en agronomie et membre de l'organisation, et examinée par la Cour de Sûreté de l'Etat, présidée par le Conseiller Hussein Mustapha Omar, le Parquet étant représenté par Abdel Magid Mahmoud.
Une organisation d'un type nouveau
Au début de la séance, Randa nia l'accusation qui lui est faite d'appartenir à l'organisation. Abdel Magid Mahmoud dit dans son réquisitoire :"'Au moment où il faut renforcer le front intérieur, cette Ligue est venue détruire toute réalisation sur la voie du renforcement du front intérieur..."Il ajouta : "Cette Ligue essaye de fonder une organisation communiste secrète destructrice, non pas du type traditionnel mais une organisation extrémiste marxiste trotskyste qui établit des relations avec des organisations communistes étrangères. Cette organisation a donc volontairement accepté d'être l'agent de forces extérieures étrangères à nos convictions..." Il dit également : "Cette organisation a contacté quelques marxistes trotskystes de l'extérieur, après quoi ils formèrent une organisation communiste groupant les accusés et dont le but est de renverser le régime politique et économique du pays et d'imposer le régime communiste extrémiste. Leur activité débuta pendant l'été 1974, en même temps commença l'observation de leur activité par les services de sécurité. Les Renseignements de la Sûreté de l'Etat présentèrent 13 rapports à la procuration de la Sûreté de l'Etat, puis l'organisation fut arrêtée le 3 juillet dernier. Un soutien de l'extérieur Les accusés ont reconnu avoir contacté le parti du Groupe communiste révolutionnaire du Liban qui est tenu pour être une section d'un parti communiste de France, (''la Quatrième Internationale"). Ils formèrent une organisation communiste suivant les deux organisations et commencèrent leur activité en créant ce qu'ils appelèrent "Groupe communiste Mustapha Khamis"; puis l'organisation se transforma en Ligue communiste internationaliste et adopta la ligne marxiste-trotskyste; ils dépendaient et se soumettaient au Groupe communiste révolutionnaire du Liban. Le contact et le soutien furent maintenus entre les
deux organisations. L'organisation libanaise envoya deux délégués avec des directives à l'organisation en Egypte ; ils se réunirent avec les membres de cette dernière et furent arrêtés ; il s'agit de Mozahem Takriti et Abdel Kader Chaker. L'organisation libanaise offrit un soutien financier pour l'achat d'une machine à écrire pour imprimer les brochures et les tracts ; les membres de l'organisation égyptienne furent également entrainés à l'utilisation de l'encre sympathique et de l'écriture en code. L'organisation libanaise leur envoya aussi des livres et des revues pour l'éducation dont la revue "Al Mounadel" publiée par l'organisation au Liban. Les membres de l'organisation louèrent un appartement pour leurs réunions... Mahmoud demanda de garder Randa en prison parce que l'enquête n'est pas terminée et jusqu'à l'arrestation de quelques inculpés en fuite. Puis il expliqua le rôle de l'accusée Randa
Abdel Ghaffar Al Baassi, étudiante de la faculté d'agronomie de l'Université d'Ain El Chams (19 ans) et invoqua les tracts et brochures trouvés dans son bureau. Adel Amin, avocat de l'accusée, plaida, demanda sa mise en liberté à cause de son jeune âge et l'absence de preuves quant à sa participation aux réunions, son seul rôle étant que sa soeur Nagwa Abdel Ghaffar Al Baassi, étudiante à la faculté de génie d'Ain El Chams et l'époux de cette dernière, Ibrahim Azzam sont accusés dans l'affaire... Il ajouta que les imprimés trouvés avec elle ne prouvaient pas son appartenance à l'organisation... Le tribunal décida de libérer l'accusée avec assignation à résidence. Il est connu que la libération des accusés dans de telles affaires a lieu après confirmation de la décision ; le Parquet a le droit de s'opposer à la décision du tribunal. (Suit un amalgame entre nos camarades et l'OCA, qui signale que 5 membres de cette organisation ont été pendus à Damas).