EXTRAITS DE AVANZADA SOCIALISTA ORGANE Cette page est destinée à étendre, à défendre et à orienter la lutte de l'un des secteurs les plus opprimés de la société : les femmes. Nous y avons exprimé avec force les idées de notre parti au sujet des mille problèmes qui assaillent la femme à cause de son oppression. Nous ne le faisons ni par hasard ni par opportunisme de circonstance. Nous ne sommes pas de ceux qui se sont rappelé des "éternelles oubliées et délaissées" en 1975 parce que c'est l'Année internationale de la femme. Nous ne sommes pas de ceux qui ont créé des commissions féminines "cette année" pour remplir une obligation et qui certainement l'an prochain vont les dissoudre. Notre parti a toujours eu une pratique conséquente en faveur des femmes. C'est pourquoi, nous avons présenté Nora Ciapponi comme candidate à la vice-présidence, c'est aussi pour cela que dans sa campagne électorale, plaida pour les droits de la femme et c'est pourquoi nous avons toujours été partie prenante de toutes les luttes et actions entreprises par les femmes de notre pays. Il en fut ainsi, parce que notre parti, ouvrier et socialiste, lutte pour les droits de tous les opprimés. Cette pratique politique en ce qui concerne les femmes a eu comme conséquence des plus importantes qu'une grande quantité de camarades rejoignirent nos rangs et qu'elles s'identifiaient non seulement avec nos positions en général, mais aussi avec nos positions sur les femmes. Si quelque jour nous écrivions notre histoire, les femmes y tiendraient une place très remarquable. Et aujourd'hui, dans cette note, nous voulons commencer à écrire une partie de cette histoire, qui comme toute histoire de ceux qui luttent, a ses martyrs. Aujourd'hui, donc, nous voulons dédier ces lignes aux quatre jeunes martyres que nous, femmes socialistes, avons données à la cause ouvrière et dont les vies furent tranchées par de sauvages assassinats. Notre hommage sera simple. Nous ne voulons pas faire de biographies exhaustives ni exagérément grandir nos camarades après la mort.
ARGENTINE martures
DU PST ( 13 septembre 1975) Nous voulons mettre en relief chez elles, le mérite qui leur incombe du simple fait d'avoir assumé la cause du socialisme. Pour une femme, le mérite est double. Si, pour tout camarade, emprunter le chemin de la lutte suppose plus de risques et de sacrifices que de satisfactions, pour une femme, cela est doublement vrai, car elle doit vaincre toutes les entraves que lui impose l'éducation dans cette société. Nos camarades assassinées avaient bien choisi leur chemin et la preuve en est l'acharnement de l'ennemi. Quelques unes d'entre elle comme Ana Maria (1) étaient des militantes importantes du mouvement ouvrier. Ce rôle que nous voudrions voir jouer à toutes les femmes travailleuses, elle le remplissait avec la capacité dont témoigne aujourd'hui la grève de 96 heures faite par ses camarades de travail en protestation contre ces assassinats. Nous luttons pour l'égalité que la société nous refuse. Nous luttons pour pouvoir accéder à tous les postes politiques et syndicaux pour rendre plus faciles pour les femmes les tâches ménagères, pour changer leur caractérisation comme "citoyen de deuxième catégorie". Et cette société qui avec ses lois et ses normes sociales nous ferme le chemin, est la même que celle qui protège l'assassinat de nos camarades masculins. Nous devons donc en conclure que si on ne nous reconnait pas un droit égal à la vie, nous avons l'égalité dans la mort. Les mains des assassins qui massacrèrent leurs corps ne firent pas de différence de sexe en appuyant sur la gâchette. Ceci, au milieu de la tristesse et de la douleur, nous remplit d'orgueil parce que cela signifie que nous, femmes socialistes, sommes reconnues comme des combattantes conséquentes, même par l'ennemi. Des 15 martyrs que compte déjà notre parti, Adrianita, Ana Maria, Lidia et Patricia... sont les premières femmes à figurer dans cette liste macabre et héroique. C'est pourquoi, à partir de maintenant, l'exigence du châtiment des responsables deviendra un drapeau de lutte de plus pour toutes les femmes socialistes. (1) Voir la biographie des camarades dans "Inprecor" n° 34 du 25 septembre 1975. Editeur responsable: René Groslambert, 34 rue Nothomb, 1040 - Bruxelles