Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COREE

Le maillon faible

Inprecor (première série) n° 36, 23 octobre 1975 · p. 20-25 · 3 533 mots

Japon et Corée Chine URSS et Russie États-Unis

Park Chunz-hee Le rapport qui suit a été présenté par Masaru Yokoi, représentant la Conférence des jeunes pour la solidarité avec la Corée (Japon) à la deuxième Conférence de la jeunesse d'Asie qui s'est tenue à Tokyo du 2 au 5 juillet 1975. Cette conférence à laquelle participaient des délégués du Japon, de Ceylan, de Corée, de Malaisie, de Hong-Kong et d'Australie faisait suite à une conférence semblable tenue un an avant. (Voir "Inprecor" n°8 du 19 septembre 1974). Le but de la conférence était coréenne fut soulignée comme l'une des assistèrent environ 1000 personnes.

de discuter de la nouvelle situation créée en Asie par la victoire de la révolution indochinoise et d'organiser des actions de solidarité anti-impérialistes pour l'année à venir. La solidarité avec les luttes des masses sudtâches centrales du mouvement anti-impérialiste en Asie, aujourd'hui. La conférence se termina par un meeting de masse auquel

Page 21

"TOUTE L'ASIE DOIT SUIVRE L'EXEMPLE DE LA VICTOIRE INDOCHINOISE". C'est là le thème principal de cette deuxième Conférence de la jeunesse asiatique. Cette conférence a accordé une attention toute spéciale à la question coréenne. Après la victoire la révolution indochinoise, le système impérialiste-colonialiste en Extrême-Orient est devenu une base essentielle de la défense de l'impérialisme US en Asie. Le régime de Park Chung Hee en Corée du Sud est son maillon le plus faible et un point focal de la crise. L'équilibre antérieur de la domination impérialiste en Asie maintenu par l'impérialisme américain a été compromis de façon décisive. Le renversement de toutes les structures du système impérialiste-colonialiste en Extrême-Orient se pose maintenant comme une tâche stratégique pour notre front de libération antiimpérialiste en Asie. Dans toute cette région, la lutte de libération contre les impérialismes américains et japonais et les régimes néo-colonialistes ne vaincra de façon réelle et définitive que par la défaite du système impérialiste-colonialiste d'Extrême-Orient. Dans ce cadre nous posons le problème du renforcement, dans nos rangs, de la solidarité internationale avec les masses populaires de Corée du Sud et avec leur lutte héroique. Tuste après la victoire de la révolution indochinoise, le Secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger exprima ouvertement son mécontentement à l'égard de Moscou et de Pékin, déclarant que la "détente" avec l'Union Soviétique et la Chine n'avait pas réussi à garantir le statu-quo régional. Ceci est un indice des sentiments de panique que la Maison Blanche éprouve devant sa défaite totale en Indochine ; cette défaite a suivi de près l'échec de la "pacification" au Moyen-Orient, la crise facilement prévisible des régimes néo-colonialistes d'Extrême-Orient et la crise politique au Portugal qui menace le système de l'OTAN. le fil conducteur de la stratégie contre-révolutionnaire des Etats-Unis depuis la défaite en Indochine est le maintien des relations de détente avec l'Union Soviétique et la Chine ( les relations avec la première étant primordiales) et le renforcement des alliances avec les bourgeoisies de l'Europe de l'Ouest et du Japon au sein du camp impérialiste. Les ministres des Affaires Etrangères des EtatsUnis et d'URSS s'accordèrent lors de la Conférence de Vienne (19 mai) pour améliorer les relations mutuelles. On a dit que Kissinger avait demandé à l'Union soviétique de ne pas prendre avantage de l'affaiblissement de l'imrialisme US causé par sa défaite au Vietnam. En dépit de la victoire des Vietnamiens, le Président Ford prévoit toujours de se rendre en Chine cette année. Le 18 juin, dans un discours adressé à la "'US-Japan Society" (amicale américano-japonaise), Kissinger insista sur l'importance particulière des relations entre les Etats-Unis et le Japon dans le contexte général de la politique mondiale. Il déclara que le gouvernement des USA était résolu à maintenir la "paix et la sécurité" de la péninsule coréenne car cela était vital pour le Japon et l'Asie toute entière. Depuis la victoire de la révolution indochinoise, le noyau central de la politique US en Asie de l'Est a été de renforcer ses alliances avec la bourgeoisie japonaise et de maintenir les structures impérialistes-colonialistes des impérialismes

US et japonais et du régime néo-colonial de

Corée du Sud. Schlesinger, Secrétaire US à la Défense a affirmé à la Chambre des Députés que le gouvernement des Etats-Unis considérait le Japon comme une ligne de défense absolue ; que les bases militaires US en Corée du Sud étaient renforcées comme première ligne de défense pour le Japon ; que les bases militaires américaines seraient maintenues aux

Philippines. (On peut présumer que l'Indonésie est comprise dans ce "plan de défense"). Alors qu'aux Etats-Unis, les cercles dirigeants sont toujours en train d'étudier un nouveau système stratégique et militaire pour l'Extrême-Orient, il est bien clair que Washington est déterminé à y maintenir l'impérialisme et le colonialisme. Le régime de Park a perdu son dernier élément de stabilité politique. C'est là une menace réelle contre la "sécurité" du Japon. L'impérialisme tend par conséquent de plus en plus à tabler sur ses possibilités militaires de "dissuasion". La visite de Kim Il Sung premier ministre de Corée du Nord à Pékin à peu près au moment de la chute de Phnom - Penh accéléra cette tendance de l'impérialisme US. Malgré les déclarations répétées sur la détermination à conserver la "paix et la sécurité" dans la péninsule coréenne, Schlesinger a émis ouvertement l'idée que le gouvernement des Etats-Unis est prêt à recourir à l'arme nucléaire dans l'éventualité d'une invasion nord-coréenne au Sud. La Maison Blanche a répété cette menace contre la Corée du Nord. En un sens, ces provocations représentent, de la part de Washington, un effort pour assurer Park du soutien actif des USA dans le cas d'une crise grave, c'est-à-dire pour mettre fin à la "crise de confiance' entre les USA et le régime de Park (qui parle maintenant d'avoir ses propres armes nucléaires). D'un autre côté, elles reflètent l'approfondissement de la crise du régime Park et du système impérialiste-colonialiste de l'Asie de l'Est. Cela peut être illustré par les chances réelles de succès d'une résolution des Nations Unies demandant la suppression de la présence militaire des Nations Unies en Corée du Sud à l'Assemblée Générale, cetté année. La péninsule coréenne est un point nodal pour les USA et le Japon dans la défense de leur système en Extrême-Orient après la victoire en Indochine. Vu l'extrême profondeur de la crise politique du régime de Park, main-

Page 22

COREE tenir la "paix et la sécurité"' dans la péninsule coréenne signifie simplement la préservation de la division de la Corée entre Nord et Sud. Du point de vue des masses populaires de la région, le problème est de savoir comment réussir une unification basée sur les ouvriers et les paysans coréens. Pour la question coréenne aujourd'hui l'alternative est la suivante : la perpétuation de la division ou l'unification du Nord et du Sud par les ouvriers et les paysans. La situation coréenne va presque certainement devenir un des points centraux de la politique mondiale cet automne. On peut le présumer du fait que l'Assemblée Générale des Nations Unies doit prendre en main la question de la Corée. Le résultat des débats des Nations Unies est facilement prévisible -les Nations Unies vont décider de supprimer le Commandement de l'Armée des Nations Unies en Corée du Sud. Le gouvernement des Etats-Unis a le droit de veto au Conseil de Sécurité, mais même le gouvernement US devra tenir compte de l'opinion générale. L'annulation d'une des clauses de l'accord de cessez-le-feu en Corée va certainement hisser les relations entre les deux Corées au niveau d'un problème de politique mondiale. Le gouvernement des USA fera un maximum d'efforts pour conserver la division de la Corée entre Nord et Sud à l'intérieur du schéma des relations internationales de détente entre les Etats-Unis, le Japon, l'Union Soviétique et la Chine. Il y a déjà des prises de contacts au sujet d'une "reconnaissance mutuelle" (les USA et les Japonais reconnaissant la Corée du Nord en échange de la reconnaissance de la Corée du Sud par l'URSS et la Chine). Mais une question-clé se pose, comment sera-t-il possible d'assurer une stabilité politique au régime de Park ? La stabilité politique est indispensable à l'intégration d'une Corée divisée dans le système de la détente. L'explosion d'une crise révolutionnaire en Corée du Sud menacerait définitivement la base même de ce système international en Corée. La République populaire démocratique de Corée, de son côté, mène une diplomatie énergique sur cette question bralante. La visite du premier ministre de Corée du Nord, Kim Il Sung à Pékin, et le communiqué commun sino-coréen sont très significatifs. La visite du Premier Ministre fut la première occasion de conversations directes entre les deux gouvernements depuis le voyage du Premier Ministre chinois, Chou-EnLat en Corée du Nord en 1970. La délégation nord-coréenne était composée de membres importants du Parti, du Gouver, ment et de l'Armée. Cette visite en Chine marquait la solidarité de la Corée du Nord avec la révolution indochinoise et ses relations avec la révolution, (même par le biais du gouvernement chinois). Les progrès de la révolution indochinoise, montrés par la chute de Phnom-Penh, renforçait objectivement la position internationale de la Chine et de la Corée du Nord. On peut dire que la Corée du Nord a l'intention d'utiliser le poids international grandissant de la Chine en établissant des relations plus actives avec le gouvernement chinois. Deux traits principaux caractérisent le communiqué commun : D'abord, le ton très ferme à l'encontre du militarisme japonais qui apparaissait nettement à l'époque de la visite de Chou-En-Lal en Corée du Nord en 1970 a disparu de l'actuel communiqué commun. Une déclaration commune des USA et du Japon émise en 1969 contenait un passage qui disait que les deux gouvernements étaient concernés par la "sécurité'' en Corée en Sud. En 1970 il y eut l'invasion du Cambodge par l'armée fantoche de Salgon et l'impérialisme américain. Mais cinq années ont passé depuis. Avec la diplomatie du Ping-Pong de 1971 et la "'normalisation" des relations avec les Etats-Unis et le Japon, la politique étrangère de la Chine adopta la ligne actuelle qui est, fondamentalement, de contrer l'Union Soviétique dans la région. Pékin a fait d'explicites déclarations soutenant la bourgeoisie japonaise dans sa campagne pour le "retour des territoires du nord" de l'Union Soviétique et a accordé une reconnaissance de fait au Traité de Sécurité américano-japonais. Une caractéristique importante du communiqué commun sino-coréen est qu'il entre en totale contradiction avec les tâches fondamentales des masses coréennes : lutter pour une unification de la Corée basée sur les ouvriers et les paysans. Le communiqué commun reflète clairement la ligne de coexistence pacifique avec la bourgeoisie japonaise. Ensuite, le gouvernement chinois et le Premier Ministre Kim Il Sung approuvent les "trois principes d'autonomie, de paix, de coopération nationale pour une unification autonome et pacifique". "L'unification de la Corée doit être réalisée sur la base des principes politiques présentés par le Président Kim Il Sung". Ceci est une nouvelle confirmation de la position de la Chine sur la question depuis la déclaration conjointe des gouvernements de Corée du Nord et du Sud en 1972. Le chef du gouvernement nord-coréen a cherché et reçut confirmation du soutien de la Chine à sa politique, sur la question coréenne, y compris l'exigence de la suppression du commandement militaire des Nations Unies en Corée du Sud et le départ de l'armée US du pays. Le 2 juin, démentant des rumeurs "d'invasion nord-coréenne", Kim Il Sung, laissant de côté les différences entre les deux systèmes, déclara dans une conférence de presse que

Page 23

la coopération se ferait à travers des relations réciproques coordonnées afin d'arriver à la réunification du Nord et du Sud. Il déclara également que cette coopération bi-parties ne serait réalisable qu'après que les dirigeants aient été élus démocratiquement par des élections libres en Corée du Sud. Le soutien de la Chine lui ayant été confirmé, le gouvernement nord-coréen entreprend d'énergiques efforts diplomatiques en vue de la prochaine assemblée générale des Nations Unies. La ligne générale de ces efforts reste dans le schéma des relations internationales de coexistence pacifique entre les Etats-Unis, le Japon, l'Union Soviétique et la Chine. Cependant, un point crucial reste le problème qui serait posé par une possible explosion de luttes sociales et politiques radicales chez les travailleurs, les paysans et les soldats sud-coréens, luttes engendrées par la profondeur de la crise du régime de Park, L'explosion à venir des luttes populaires, mobilisant inévitablement les soldats de l'armée sud-coréenne du haut en bas de la hiérarchie, mettra en évidence la tâche urgente du renversement de tout le système anti-communiste de l'Etat sud-coréen dont la caractéristique fondamentale est sa subordination politico-militaire et économique aux impérialismes US et japonais. Une lutte populaire pour un gouvernement ouvrier et paysan amènerait immédiatement l'exigence de la fin de toute dépendance politique, militaire et économique aux USA et au Japon, la libération des paysans de l'exploitation des usuriers et le démantèlement de tous les appareils de la police militaire anti-communiste, telle que la KCIA (Agence coréenne centrale de renseignements - CIA coréenne) et de l'armée. Quand le régime de Park sera balayé par les luttes populaires, le développement de la lutte politique pour leur propre gouvernement posera avec force la nécessité de venir à bout de tout le système de division de la Corée et de réaliser une unification nationale sur la base des luttes des ouvriers et des paysans. La réunification nationale de la Corée est impossible sans le renversment du régime anti-communiste sud-coréen du fantoche Park ou sans extirper la domination néocoloniale japonaise de l'économie de la Corée du Sud. La lutte des travailleurs et des paysans pour l'unification de la Corée doit être menée à travers un combat sans compromis contre l'impérialisme américain et japonais. Une explosion des luttes populaires en Corée du Sud ébranlerait les bases mêmes de toute tentative de contenir l'Extrême-Orient dans les filets de la détente. Les impérialistes US et Japonais travaillent à maintenir le statu-quo en Extrême-Orient. Le centre de leurs efforts est la Corée. Objectivement, les gouvernements d'Union Soviétique et de Chine cherchent à intégrer et à résoudre la question coréenne dans le cadre de leur politique étrangère en Extrême-Orient. Il est central pour les impérialismes US et japonais de savoir comment cela sera possible pour le régime de Corée du Sud. Le régime d'anti-communisme et de division de Park a renforcé ses règlements de police dictatoriaux, La constitution a été révisée selon les besoins de la dictature. Park Chung Hee prend en main tous les pouvoirs. Ce régime est une authentique dictature militaro-policière. Soumis à la pression de l'héroique résistance des masses sud-coréennes, le régime n'a pas de marge de manoeuvre pour prendre en considération l'opinion internationale. La nature dictatoriale du régime s'est aggravée de façon significative depuis l'établissement de relations officielles entre la Chine et les Etats-Unis et entre la Chine et le Japon, La crise du régime Park a deux causes fondamentales : un changement profond dans les rapports de force internationaux et la progression de la résistance tenace des masses sud-coréennes. Il y a quatre éléments principaux dans la crise du régime Park : En premier lieu, le changement du rapport de forces à l'échelon mondial entre la révolution et la contre-révolution qui s'exprime dans la reconversion de la stratégie contrerévolutionnaire des USA. La normalisation des relations américano-chinoises et sino-japonaises ainsi que le retour de la Chine aux Nations Unies ont fait changer le rapport de forces coréen tel qu'il était fixé par la résolution des Nations Unies de 1948 (''La République de Corée est le seul gouvernement légal de Corée"). Cela signifie que la Corée du Sud a perdu la base internationale de sa politique d'anti-communisme et de division. Etant

Page 24

COREE dans l'impossibilité de prendre une position internationale indépendante de la politique des impérialismes US et japonais, le régime Park fut forcé de réajuster sa politique aux nouveaux rapports de forces par l'intermédiaire de l'accord signé entre le Sud et le Nord. Ceci révéla le déclin sérieux de la position internationale de la Corée du Sud.

Troupes US en Corée du Sud Deuxièmement, la politique économique de Park d'industrialisation intensive a été sévèrement touchée par la récession économique mondiale. Cette politique d'industrialisation devait soutenir la position anti-communiste et anti-unificationiste du régime, à l'intérieur du pays. L'économie sud-coréenne a connu une croissance significative (elle est devenue la seconde économie en Asie, après celle du Japon). Mais cette croissance économique fut réalisée dans le cadre d'une expansion relativement stable de l'économie capitaliste mondiale. Elle est entièrement dépendante de l'importation de capital étranger, de l'expansion des industries d'exportation, et d'atteintes sévères au niveau de vie des masses travailleuses. Maintenant que l'économie mondiale subi une grave récession, l'économie sud-coréenne est en crise. Troisièmement, le régime n'a pas été capable de développer une base sociale en Corée du Sud même. Une telle base lui aurait permis de compenser les difficultés nées des changements de la situation économique et politique mondiale. La croissance économique, pourtant rapide, n'a en rien contribué à l'alioration du niveau de vie des paysans et des ouvriers. La "richesse" était entièrement absorbée par l'armée forte de 600. 000 hommes et par la bureaucratie capitaliste extrêmement corrompue et étroitement liée à l'appareil d'Etat du régime. Le fait que cette politique d'industrialisation ait été menée dans le cadre d'une subordination néo-coloniale au capitalisme japonais a créé une base socioéconomique pour l'approfondissement de la conscience traditionnellement anti-japonaise des masses laborieuses ; cela veut dire que le rôle dominant du capital japonais a travaillé contre le régime Park dans la conscience des masses. Quatrièmement, la conséquence de cela fut que le régime n'avait pas d'autre choix que de s'appuyer entièrement sur la répression policière contre les luttes des travailleurs. La dictature policière s'était énormément durcie, surtout depuis 1972. Ceci avait nourri le développement de tendances libérales critiquant le régime, même parmi les cercles bourgeois américains et japonais. L'épouvantable régime policier de Park eut pour résultat de l'isoler sur la scène internationale. Dans leur politique actuelle, les impérialismes US et japonais ne pouvaient pas l'ignorer. Le cas de l'enlèvement de Kim Dae Jun (une personnalité de l'opposition sud-coréenne) par la KCIA durant son séjour au Japon fut révélateur. La bourgeoisie japonaise ne pouvait pas se permettre de soutenir à fond le régime de Park.

Ford et Park

Page 25

C'est pourquoi il est très clair que le régime Park se trouve devant de graves difficultés. Il fait maintenant des efforts désespérés pour créer une "unité nationale" et pour normaliser ses relations avec le gouvernement japonais. Park se plaint du manque de crédibilité de l'impérialisme américain et d'une prétendue menace "d'invasion venue du Nord"'. Avec le Décret d'Exception n°9 le régime a supprimé toute possibilité d'expression d'un sentiment anti-Park et a monté de toutes pièces des cas d'espionnage. Les ouvriers et les paysans sont, d'après les mesures d'exception de temps de guerre de Park, obligatoirement organisés - dans les groupes étudiants de défense nationale ou les unités de défense civile, par exemple. Tous les hommes, âgés de 18 à 50 ans, qui ne font partie ni de l'armée, ni de l'armée de réserve nationale, ni des groupes étudiants de défense nationale doivent être incorporés dans les unités de défense civile. Il est interdit aux membres de ces unités de prendre part à une quelconque activité politique. Le régime veut une société policière réglementée à 100%. Le prétexte en est ce soi-disant "danger de guerre venu du Nord"'. Mais il est évident que toutes ces mesures ne pourront jamais stabiliser le régime de Park. L'intensification maximale du régime policier peut réussir à retarder l'explosion finale des ouvriers et des paysans contre le régime, mais il lui est impossible de détruire les racines mêmes de cette explosion populaire. Il est clair également que ce régime ne peut espérer réduire la crise économique. Dans les couches dirigeantes des USA et du Japon des courants se préparent déjà à l'éclatement de cette crise révolutionnaire en Corée du Sud. L'administration Ford-Kissinger aux Etats-Unis n'a pas d'autre choix que de soutenir le régime Park. Cependant l'approfondissement de la crise du régime Park risquant de réduire à néant tous les efforts de l'impérialisme US et Japonais, il existe une sérieuse possibilité que ceux-ci prennent des mesures préventives lorsque la crise aura atteint un certain niveau. Ils le feront parce qu'il est essentiel pour eux de défendre leur système impérialiste-colonialiste en Extrême-Orient et de perpétuer la division entre Corée du Nord et Corée du Sud. L'impérialisme et son fantoche Park se penchent sur la normalisation des relations de la Corée avec le gouvernement japonais. En août, le premier ministre japonais Miki doit aller aux Etats-Unis pour discuter avec Ford. Après cela doit se tenir la conférence régulière des ministres japonais et sud-coréens. Nous devons organiser une campagne contre la visite de Miki aux Etats-Unis et contre la conférence régulière des ministres japonais et sud-coréens au Japon, Nous devons continuer la campagne pour la libération de tous les prisonniers politiques sud-coréens des prisons de la dictature policière de Park, Il est absolument indispensable que nous travaillions avec vigueur à mobiliser la classe ouvrière japonaise pour le renversement de tout le système d'alliance politico-militaire entre les USA, le Japon et la Corée du Sud et pour soutenir les masses laborieuses sud-coréennes dans leur combat pour la chute de la dictature de Park. La lutte des Coréens appelle une solidarité à l'échelle de toute l'Asie, nous devons répondre à cet appel,

Une erreur sur cette page ?