Inprecor 1974–2004

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FRANCE

Le P.C.F. et la crise du capitalisme

· Inprecor (première série) n° 42, 22 janvier 1976 · p. 27-30 · 3 338 mots

France

et

(1) Il s'agit, dans le cadre de ce bref article, non pas de présenter de façon exhaustive l'ensemble des positions du PCF sur le capitalis -me monopoliste d'Etat et sa crise, mais de mettre l'accent sur les propositions qu'il fait pour sortir de la crise. (2) A cet égard, le PCF commence par souligner que se manifestent, à l'heure actuelle : - non seulement une crise cyclique de surproduction particulièrement grave, - mais aussi une crise durable du système capitaliste: c'est la crise du capitalisme monopoliste d'Etat (CME), qui, commencée en 1967 68, marque l'ouverture de ce que le PCF appelle une longue période de suraccumulation durable. (3) Notons, d'ailleurs, que ce thème de la crise du CME, très largement développé par le PCF, est en grande partie contradictoire avec ce qu'il appelle le noyau de sa thérorie du fonctionnement du CME : sa théorie de la suraccumulation-dévalorisation du capital. En effet, sans pouvoir nous étendre longuement ici, il faut souligner que cette théorie commence d'abord par une falsification des écrits de Marx. Là où Marx expliquait que la dévalorisation, qu'il définissait simplement comme une baisse de la valeur du capital, pouvait être, en tant que conséquence des crises de surproduction, une solution provisoire à la suraccumulation, le PCF donne un sens différent à la dévalorisation du capital, qu'il définit comme l'ensemble des solutions à la suraccumulation. Il assimile alors, de façon absurde :

1) la dévalorisation et mise en valeur à taux réduit (capitaux publics ou capitaux des petites et moyennes entreprises) ou hors des frontières (capitaux exportés);

2) mise en valeur à taux réduit ou hors des frontières et absence de mise en valeur. Dès lors, lorsque le PCF parle de "dévalorisation" des capitaux publics, sous le prétexte • que ces derniers touchent un taux de profit inférieur à ce qu'ils pourraient toucher, compte tenu de leur importance, c'est à la fois :

- absurde, parce que cela revient à parler de mise en valeur de capitaux... qui ne se mettent pas en valeur !!

- doublement faux, parce que, d'abord, les capitaux publics sont bien mis en valeur. L'E-

-TRITON VIVRA ¡ la solalion ezia la crise du capitalisme

J. VALIER tat ne se substitue pas à la loi de la valeur. Tout transfert de plus-value des entreprises nationalisées vers les monopoles implique un renforcement de l'exploitation par l'Etat (qu'il s'agisse des travailleurs des entreprises nationalisées, ou de l'ensemble des travailleurs). Parce qu'ensuite, les capitaux publics ne subissent pas, dans ce processus, valeur (dévalorisation au sens de Marx). Que l'Etat favorise la dévalorisation en prenant des mesures qui accélèrent la concentration/ centralisation du capital : oui! Mais parler de dévalorisation des capitaux publics, à propos de transfert de plus-value vers les monopoles : non ! La conséquence de l'attitude du PCF est :

- de donner l'impression que, pour lui, l'Etat se substitue à la loi de la valeur;

- de donner l'impression qu'un capitalisme sans crise est possible, du moins tant que tout le secteur privé n'a pas été nationalisé. Le financement public de la production privée, dont parle le PCF, semble être un remède durable à la suraccumulation, tant que . l'on peut continuer à nationaliser. Cette conclusion logique de la pseudo-théorie du PCF est contradictoire avec l'idée même de la crise du capitalisme. Pourtant il apparaissait trop clairement, à partir des années 65, que les 20 années de prospérité relative qu'avaient connu les pays capitalistes développés allaient être suivies de difficultés et contradictions exacerbées et durables, pour que le PCF ne soit pas conduit à parler de crise du CME. (4) A partir du moment où la crise est définie comme une crise du capitalisme, on pourrait s'attendre à ce que, pour sortir de la crise, la solution envisagée soit d'ouvrir la perspective de la destruction du système capitaliste et de l'Etat bourgeois. Pas du tout !! En fait, à partir de l'affirmation, purement verbale comme nous allons le voir, du lien entre le système capitaliste lui-même et la crise, le PCF va opérer deux "glissements" qui vont l'entraîner très loin :

- on se contentera pour sortir de la crise, de proposer, non pas la destruction du système capitaliste et de l'Etat bourgeois, mais la disparition des principaux monopoles (par la nationalisation) et le changement de gouver-

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nement;

- ou, en l'absence d'échéance électorale immédiate, on se contentera d'essayer d'infléchir la politique des gouvernements en place,... pour commencer à sortir de la crise ! Nous allons analyser, dans cet article, ces deux "glissements". (1) L'analyse qui nous est présentée par le PCF consiste à expliquer que la crise est due conjointement :

- à la politique des monopoles, que l'on isole du fonctionnement d'ensemble du système capitaliste, et que l'on envisage, non comme un produit inévitable du développement du système capitaliste, mais comme une simple verrue venant enlaidir son visage et que l'on pour -rait enlever;

- à la politique gouvernementale, mise au service des monopoles, et qui, dans un autre gouvernement (de "gauche"'), mais avec le même Etat ("'démocratisé" et non détruit en tant qu'Etat bourgeois), pourrait être mise au service des travailleurs. On notera que cette façon de séparer les monopoles du fonctionnement de l'ensemble du système capitaliste est au coeur de très nombreuses contre-vérités proférées par le PCF. en est ainsi, par exemple, de son refus d'envisager le caractère social de l'exploitation capitaliste, qui le conduit à parler d' "exploitation monopoliste indirecte", à propos de l'exploitation que font subir les patrons des petites et moyennes entreprises à leurs travailleurs, et qui a pour but de masquer cette exploitation et de présenter ces patrons comme essentiellement des "victimes" du pillage des monopoles, comme les travailleurs. Que ne ferait-on pas pour justifier l'alliance des "couches antimonopolistes"! Si la crise est due conjointement aux monopoles en tant que tels et au gouvernement, il suffit, pour sortir de la crise :

- de nationaliser les principaux monopoles : c'est le fameux "seuil minimum'

- de changer de gouvernement, et de "démocratiser" l'Etat. C'est le modèle de la "démocratie avancée", ou celui qui résulterait de l'application du programme commun de la gauche, et qui, selon le PCF, mettrait en place une société de transition au socialisme. Cette société serait caractérisée par :

- un Etat qui ne serait pas encore un Etat ouvrier, mais qui ne serait déjà plus un Etat bourgeois : bref un milieu entre les deux;

- la fin de la domination du capital : en effet, le secteur public serait un secteur socialiste, échappant aux lois de la valorisation capitaliste, et par ailleurs, il encadrerait et même dominerait le secteur privé qui, de ce fait, ne serait plus soumis à la seule "logique des profits" mais aussi à celle des besoins. état de cause, c'est la "logique des besoins" qui dominerait à l'échelle de l'ensemble de la société. C'est pourquoi, précisément, on sortirait de la crise.

(2) Malheureusement, la vérité est tout autre. La "démocratie avancée" ou l'application, même intégrale du programme commun, laisserait à la bourgeoisie l'essentiel de ses leviers de commande politiques et économiques.

1) L'Etat bourgeois serait maintenu. Les marxistes-révolutionnaires savent, en effet :

- que l'Etat en soi n'est pas neutre, que l'appareil d'Etat est organiquement liée à la bourgeoisie, qu'il est "la violence sociale d'une classe, concentrée et organisée" (Marx), et qu'il ne peut être mis au service de la classe ouvrière;

- qu'il ne peut y avoir un Etat dont la nature de classe serait mal définie. La transition ne commence qu'après la destruction de l'Etat bourgeois et l'instauration de l'Etat ouvrier. C'est à ce niveau qu'elle se situe et non pas au niveau d'une soi-disant transformation graduelle de l'Etat bourgeois en Etat Tanigue l'Etat bourgeois n'est pas détruit, la bourgeoisie conserve le pouvoir.

2) Le règne du capital serait également maintenu. En ce qui concerne le secteur public, d'abord, notons deux points importants :

- Le maintien de l'Etat bourgeois et l'existence d'un très important secteur privé, y compris monopolisie, ne permettent pas d'envisager qu'il s'agirait d'un secteur socialiste. Seules la destruction de l'Etat bourgeois, l'instauration d'un Etat ouvrier, et la mise en oeuvre, dans ce cadre d'une planification centrale, crééraient les conditions d'une destruction du capi-

Dans le cadre de la "démocratie avancée", le secteur public resterait soumis à la loi de la valeur, et les travailleurs des entreprises nationalisées resteraient soumis à l'exploitation capitaliste : bref, les nationalisations dans le cadre de l'Etat capitaliste maintenu, ne supprimeraient en rien les rapports de production capitalistes. Vanter l' "efficacité" des entreprises nationalisées reviendrait, dans ces conditions, purement et simplement à se féliciter du développement du capital public, c'est-à-dire de l'exploitation des travailleurs. Il est vrai que le PCF est coutumier du fait, même dans le cadre de la société actuelle (... dont il ne peut pas nier qu'elle soit capitaliste), puisqu'il vante les mérites d'efficacité et de productivité de Renault (qui "roule plus vite que Citroën"') de l'EDF, de la SNCF, etc., c'est-à-dire qu'il se félicite de l'accumulation du capital, elle-même porteuse des rapports d'exploitation !!

- à partir du moment où la bourgeoisie conserve ses leviers de commande : - ou bien la bourgeoisie peut s'opposer au développement des nationalisations; ou, si elle est obligée, sous la pression des luttes de l'accepter, elle conserve les moyens de revenir en arrière (dénationalisation), à partir du moment où les luttes ne vont pas jusqu'à la destruction de l'Etat bourgeois et si, de ce fait, elles connaissent tôt ou tard un reflux. - ou bien la bourgeoisie accepte les nationalisa-

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tions, mais elle conserve alors les moyens de les utiliser dans le sens de ses intérêts de clasEn 1945-47 , en France, c'est ainsi qu'elle a utilisé les nationalisations (pourtant, d'un certain point de vue, le fruit des luttes ouvrières) pour reconstruire le capitalisme français. L'utilisation consiste alors, à la fois, à prendre une série de mesures favorisant l'accumulation des monopoles et à développer la mise en valeur du capital public lui-même. En ce qui concerne le secteur privé par ailleurs, deux remarques peuvent également être faites :

a) L'application, même intégrale, du programme commun laisserait en place un secteur privé qui représenterait encore 86% de la production, 87% de la population active et 55% des investissements. Au sein même du secteur privé, de nombreux et importants monopoles subsisteraient : Michelin, Hachette, Shell France, Peugeot, etc.. Bref, ni l'économie capitaliste, ni le grand capital lui-même ne disparaîtraient. On notera, à cet égard, les virages pris par le PCF qui, pour le moins, devraient donner le mal de mer à ses militants. Ainsi, dans le programme du PCF, on prévoyait 25 nationalisations. Puis, dans le programme commun, le "seuil minimum" se réduit, dans le secteur industriel, à 9 nationalisations et 4 prises de participation, tandis qu'une formule ambiguë envisage une extension possible des nationalisations au-delà du seuil minimal. Puis, lors de la campagne présidentielle, François Mitterrand, candidat unique de la gauche, précise qu'il n'est pas question d'aller au-delà de 9 nationalisations (qui sont même ramenées à 8, sous prétexte qu'entre temps, un groupe est passé entre les mains d'un groupe allemand) et 4 prises de participation. Il déclare que les 9 nationalisations elles-mêmes ne surviendraient pas tout de suite, pas avant, en tous les cas, que le Parlement les ait approuvées :... or, le Parlement avait une majorité hostile aux nationalisations; d'où, éventuellement, de nouvelles élections, la non-certitude d'un Parlement favorable aux nationalisations... bref, peut-être beaucoup d'eau sous les ponts avant que les 9 nationalisations ne surviennent ! Le PCF, du -rant cette période, ne sourcille pas et même approuve. Bien plus, dans les semaines qui suivent les élections, le PCF essaie de trouver des pseudo-justifications théoriques pour expliquer que les critères adoptés pour ne retenir que 9 nationalisations sont sérieux et scientifiques : il met, notamment, en avant le degré d'interpénétration du capital ! Puis vient la polémique avec le PS : le PCF, cette fois, accroit ses exigences en matière de nationalisations et là où il expliquait que le seuil minimum n'était pas une "porte largement entrouverte", il explique maintenant qu'il n'est pas un "catalogue figé". Là où il expliquait que la limitation à 9 nationalisations était le fruit de critères "scientifiques", il explique maintenant qu'elle elle le fruit d'un compromis avec un PS partisan d'une politique de collaboration de classes ! En attendant le prochain virage!

b) L'existence de l'Etat bourgeois, d'un secteur public toujours soumis aux lois de la valorisation capitaliste et d'un important secteur privé (en partie monopoliste) rend absurde l'idée que la "logique des besoins" serait dominante, et affecterait le secteur privé lui-même. Les nationalisations de banques d'ailleurs ramenées par F. Mitterrand à deux durant la campagne électorale) n'y changeraient rien : la bourgeoisie aurait toujours les moyens de les utiliser dans le sens de ses intérêts. (3) Il ressort de nos remarques que la "démocratie avancée" (ou l'application du programme commun), à partir du moment où elle maintient l'existence de l'Etat bourgeois et le règne du capital,... ne saurait permettre de sortir de la crise, qui est précisément une crise du capitalisme. A moins que l'on ne croit à un capitalisme possible sans crises : ce serait, en tous les cas, la conséquence logique pour le PCF de sa "théorie" erronée de la suraccumulation-dévalorisation, que nous avons évoquée et qui conduit à l'idée que le programme-commun, en permettant un développement des nationalisations, permettrait d'accroitre ce que le PCF appelle (de façon fausse) la dévalorisation des capitaux publics, et donc de fournir un remède durable à la suraccumulation. Pas plus que la vision d'un capitalisme sans crise, ne peut être acceptée l'idée que le programme commun est un programme de transition au socialisme. Prétendre porter atteinte à la "logique du profit" et parvenir au socialisme, tout en laissant en place le système capitaliste et l'Etat bourgeois est, en première approximation, contradictoire. Cette contradiction ne peut être résolue que :

- soit par un affrontement violent non préparé avec la bourgeoisie, si les directions staliniennes et social-démocrates ne parviennent pas à étouffer les luttes ouvrières et leur développement;

- soit par une capitulation préventive réussie de la part de ces directions, qui parviennent alors à faire accepter aux travailleurs l'enterrement de tout ou partie des revendications. C'est cette politique qui s'annonçait de façon éclatante durant la campagne électorale présidentielle : le PCF n'expliquait-il pas, en effet, qu'avec un gouvernement de gauche, il faudrait savoir modérer les revendications (par exemple accepter un SMIG (salaire minimum) à 1 200 F., alors qu'à la veille de la mort de Pompidou, Séguy et Maire expliquaient que les travailleurs ne pouvaient pas vivre décemment avec moins de 1 500 F. par mois), et mettre l'accent sur l'augmentation de la production et de la productivité (... donc de l'exploitation ! ). L'échec électoral, et l'absence de perspectives électorales immédiates, allaient permettre au PCF de hausser le ton en matière de revendica-

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Là où il s'agissait de changer de gouvernement, il ne va plus s'agir que de faire pression sur Giscard-Chirac pour qu'ils adoptent une autre politique gouvernementale ! Nouveau "glissement", et d'importance ! .... Puisqu'il va donner l'illusion qu'il est possible de commencer à sortir de la crise, avec, y compris, le gouverPour commencer à sortir de la crise: infléchissons la politique du gouvernement actuel

Si l'on examine les propositions faites par le PCF pour commencer à sortir de la crise, en septembre 1974 (discours de G. Marchais à Albertville), ou en août 1975 (conférence de presse du même G. Marchais), deux remarques s'imposent. (1) On affirme, on l'a vu, que la crise est due au système capitaliste... mais on propage l'illusion que Giscard-Chirac pourraient commencer à y mettre fin, si on leur imposait des solutions "efficaces"! Par ailleurs, quelles sont ces solutions ? Les propositions que fait le PCF sont, en réalité un mélange d'objectifs de lutte en matière de pouvoir d'achat et d'emploi, et de propositions, par ailleurs illusoires pour partie, de gestion différente du système capitaliste. Ainsi propose-t-il le développement d'un certain nombre de branches de production (dans le secteur privé ou public) et demande-t-il au gouvernement des mesures allant dans ce sens. Qu'est-ce là si ce n'est une politique qui, au lieu de se fixer comme perspective la suppression du capital, se contente de réclamer une al location différente du capital ? Ainsi, surtout, insiste-t-il sans arrêt, sur le fait que les augmentations de salaires, non seulement correspondraient aux intérêts des travailleurs (... ce qui est évident), mais aussi permettraient de commencer à sortir de la crise, grâce à une relance de l'économie (capitaliste, le PCF l'oublierait-il ?) par la consommation. De ce dernier raisonnement, on peut dire :

a) qu'il est scandaleux : car se féliciter de l'existence éventuelle de meilleures conditions faites au développement de l'accumulation du capital, se féliciter, par exemple (comme l'a fait le PCF) de l'augmentation de la productivité qui a suivi les hausses de salaires obtenues en Mai 1968.... c'est se féliciter du développement de l'exploitation des travailleurs !

b) qu'il est faux : les augmentations de salaires, en effet, signifient une atteinte au profit. Dès lors, elles ne peuvent être bénéfiques pour le fonctionnement du système capitaliste que si un certain nombre de conditions sont réunies : notamment, il faut que la bourgeoisie puisse reprendre d'une main (par l'accélération des cadences, la hausse des prix ou des impôts, etc.) ce qu'elle a cédé de l'autre. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé aux lendemains de Mai 1968, à la suite de la remise en marche des capacités de production inutilisées. Se battre pour des augmentations de salaire, c'est bien évidemment une nécessité absolue Mais faire croire que, grâce à elles, l'activité économique va pouvoir sortir de la crise (et donc que le chômage va diminuer), c'est une profonde erreur. D'ailleurs, le PCF ne s'enferme-t-il pas dans une belle contradiction, lorsqu'il affirme que la crise est une crise de suraccumulation, c'est-à-dire qu'elle est due à la baisse du taux de profit, mais que pour en sortir il propose ••• une augmentation des salaires, donc une atteinte au profit ?

c) que le PCF n'a jamais cru réellement à son raisonnement. Son insistance à déclarer qu'il ne veut pas porter atteinte aux grands "équilibres économiques", c'est-à-dire, en fin de compte, aux profits, ses déclarations modératrices sur les salaires durant la campagne présidentielle, son refus d'ouvrir la perspective d'une généralisation des luttes même quand la situation le permet (exemple, la grève des PTT de l'automne 1974), sa façon de faire de l'ouverture des négociations un objectif en soi; tout nous montre que le PCF n'ignore pas que l'on ne saurait sortir de la crise du capitalisme par de simples augmentations de salaires arrachées à la bourgeoisie. Il est vrai que le PCF ajoute toujours que pour consolider les hausses de salaires, et leur aspect "bénéfique" pour le développement de l'activité économique, il faudrait arracher à Giscard un certain nombre de nationalisations (banques, Citroën, sidérurgie, etc.). Nouvelle illusion, qui consiste à faire croire que sans même changer de gouvernement, il serait possible d'imposer une nouvelle "logique de développement"', comme le dit le PCF !! (2) En fait, ce qui apparatt clairement dans les propositions du PCF, c'est une attitude de capitulation totale. En reprochant au PS de proposer un programme de gouvernement, alors, prétend le PCF, que ce n'est pas d'actualité, et de ne pas insister sur les revendications des travailleurs et les luttes à mener pour obtenir satisfaction, le PCF, à la fois :

- cherche à donner des illusions sur sa volonté de tout faire pour favoriser le développement des luttes, volonté démentie notamment par son refus systématique d'unifier et de centraliser pas remettre en cause l'existence du régime Giscard-Chirac. Sa polémique avec le PS, son verbalisme "gauche", masquent mal, en fait, une politique qui n'en est pas moins que celle du PS une politique de collaboration de classes, son refus d'oeuvrer en faveur de l'unité et de l'indépendance de la classe ouvrière, son refus de poser maintenant, à travers le développement des luttes, le problème de la mise à bas du régime Giscard-Chirac. Novembre 1975

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