Résolution du Comité Central de la Liga
Communista, organisation sympathisante de la IVeme Internationale en Espagne. 1) Les évènements antérieurs à la mort de Franco (mobilisation contre les peines de mort, Sahara) ont approfondi de manière décisive la crise du régime. La disparition du Dictateur, institution-clé et ciment de tous les clans du franquisme, va aggraver de manière qualitative cette crise mortelle et accélérer de façon inéluctable les tensions entre les "'familles" du régime, disloquant complètement son fragile équilibre. 2) Le gouvernement qui n'a même pas encore présenté aux Cortès sa Déclaration programmatique, a laissé transparaître clairement ses positions. Le frauduleux "système des deux chambres" de Fraga, l'anathème contre "le terrorisme, le communisme et le séparatisme", "l'avenir syndical" condamnant ouvertement les commissions ouvrières, le discours économique de Villar Mir, marquent de façon patente les limites de ce gouvernement. Tout cela démontre avec clarté son caractère continuateur et anti-démocratigue, que les bourgeois de l'opposition essaient de masquer. 3) Le nouveau gouvernement de Arias est le plus faible de toute l'histoire du franquisme. Sans avoir réussi à faire un seul pas dans la fameuse "institutionnalisation" et confronté à la crise économique la plus importante des dernières années, il se heurte à la montée puissante d'un mouvement de masse auquel il n'a réussi à imposer aucun recul sérieux. Le gouvernement antérieur avait besoin à sa périphérie de groupes comme Fedisa pour embellir son apparence et ses projets. A cause de sa faiblesse extraordinaire, celui-ci, qui garde en réserve des attaques encore plus brutales contre les travailleurs et le peuple, se voit obligé de faire jouer ce rôle dégoûtant à des personnages comme Ruiz Gimenez et Tierno Galvan qui se déguisent en "socialistes" et en "socialisants' pour mieux tromper le prolétariat et les opprimés. Ces secteurs bourgeois de l' "opposition démocratique", partisans de donner une trève à ce gouvernement continua -teur, dans l'attente de ses actes, proposent cette politique, au travers de la Junte et de la Plateforme de Convergence Démocratique au PCE, au PSOE et autres partis ouvriers qui font partie de ces organismes bourgeois.
En réalité, l'unique possibilité pour ce gouvernement de faire un seul pas en avant dans le sens de ses plans lui est fournie par cette trève que les partis ouvriers réussissent à imposer aux travailleurs et aux opprimés. La faiblesse du gouvernement, que l'on peut considérer comme l'expression politique du changement dans le rapport de forces entre les classes en faveur du prolétariat établi dans les derniers temps, crée de meilleures conditions pour la lutte du mouvement ouvrier. Il est impossible pour le gouvernement d'empêcher, dans l'immédiat, sans se démasquer ouvertement, que le mouvement de masse n'impose de faitdes bornes à la légalité de ses actions. 4) Le gouvernement est absolument incapable d'arrêter l'avance du mouvement de masse vers la déroute de la dictature. Quelque "réforme" démagogique qu'il réalise, celle-ci ne pourra avoir d'autres conséquences que de pousser plus avant les travailleurs et les opprimés et d'aiguiser les contradictions entre les clans franquistes. Nous ne pouvons cependant pas écarter la possibilité, aujourd'hui peu probable, de pas en arrière sous la pression des secteurs ultras de la dictature dont l'influence, dans l'absolu, ne peut être sous-estimée à cause de leur rôle décisif dans les institutions du régime, rôle dont le grand capital ne peut faire abstraction, bien que cette issue ait l'inconvénient, loin de faire reculer de manière décisive la lutte de masse, de créer une riposte accrue des masses à l'échelle étatique et internationale. 5) En face de "l'évolution'' des Fraga et de la "rupture" démocratique qui cherche à gagner des secteurs de la dictature en défendant un programme qui maintient ses fondements, les trotskystes réaffirment plus que jamais que l'unique voie pour abattre le franquisme couronné est celle de la grève générale. Aujourd'hui existent des conditions meilleures que jamais pour avancer vers cet objectif. Les dernières luttes montrent clairement la possibilité du passage à l'action directe des masses contre la dictature. Il faut passer à l'offensive contre le franquisme en rompant toute trève. En avant vers la défaite de la dictature par la grève générale. Pour la destruction totale du franquisme qui permettra des élections libres pour une Assemblée constituante basée sur les Assemblées nationales constituantes des différents peuples opprimés. Pour un Gouvernement provisoire des travailleurs capable de la convoquer et de satisfaire les besoins et les aspirations les plus urgents des opprimés. C'est là l'exigence qui s'impose à tous les partis ouvriers, c'est pourquoi nous appelons à la création d'un Pacte de classe de tous ces partis pour impulser ces objectifs au travers des CCOO (Commissions ouvrières).