Pour les marxistes-révolutionnaires en Afrique, la guerre civile angolaise revêt une importance cruciale pour deux raisons : - d'une part, comme le souligne la déclaration du S. U. de la IV ° Internationale (''Inprécor" n°39, 4 décembre 1975) et l'article de C. Gabriel ('Inprecor" n°38, 20 novembre 1975) à cause de la dynamique interne déclenchée par la lutte du MPLA. Dans la mesure où ce mouvement s'appuie sur les secteurs les plus avancés du prolétariat et des paysans et dans la mesure .où il est obligé, par les exigences mêmes de la guerre en cours,de maintenir un haut niveau de mobilisation de la population, la direction du MPLA, malgé son caractère petit-bourgeois, ne peut pas empêcher au moins une possibilité de voir la lutte se développer dans un sens anti-capitaliste. Si on assiste dans les mois à venir à un arr ofondissement des organes de pouvoir et de contrôle populaire en Angola -même de façon partielle et sous une forme encore mal structurée -, ceci aura une très grande signification, Tout d'abord, ceci mettra hors de question toute possibilité d'une victoire purement militaire qui pourrait assurer la stabilité à long terme d'un régime néo-colonial en Angola; et ceci malgré la pression que les Etats-Unis peuvent exercer par l'intermédiaire de l'aide à Mobutu et de l'intervention directe du régime raciste d'Afrique du Sud. Deuxièmement, cette lutte peut fournir aux populations des autres Etats d'Afrique noire un exemple de l'engagement des masses dans la lutte et du développement d'un double pouvoir embryonnaire, ce qui est historiquement inconnu sur ce continent. Dautre part, la lutte angolaise met clairement en relief le profil politique de l'Afrique néo-coloniale et dénonce de façon plus instructive qu'un millier de pages de polémiques, la nature de classe de ces régimes. Ces régimes se cachaient derrière un écran de fumée de "socialisme africain"', "humanisme", "authenticité", etc., afin de jouer de façon plus efficace leur rôle de partenaires juniors del'impérialisme dans l'exploitation des masses africaines. Mais les interventions actuelles effectuées assez explicitement par les Etats-Unis et l'Afrique du Sud ont obligé plusieurs de ces régimes à abandonner ce masque d'une manière qui se montrera très éducative pour les masses africaines. La réunion de l'OUA du 10 janvier à Addis Abeba a été significative à ce sujet. Au moins deux régimes néo-colonialistes africains ont clairement rejeté toute prétention d'indépendance par rapport à l'impérialisme. Le néo-colonialisme sans fard 1) En ce qui concerne le Zaire, il ne fait depuis longtemps plus aucun doute que le régime de Mobutu est considéré comme l'allié le plus sûr des USA dans la région. Le FNLA, dirigé par Holden Roberto le beau-frère de Mobutu,
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zambie LES CONTRECOUPS DE LA GUERRE CIVILE ANGOLAISE JOHN BLAIR
ZAMBIE reçoit une aide masquée du gouvernement américain depuis de nombreuses années. Les EtatsUnis admettent maintenant ouvertement leur soutien à ce mouvement et Ford et Kissinger ont lancé une campagne pour renverser la décision du Congrès en décembre, qui bloque cette aide.
Oil était clair que la multiplication par 8 de l'aide militaire U.S. à ce pays annoncée en novembre visait à renforcer l'intervention du Zalre en Angola. Ceci a été clairement prouvé. La base la plus forte du FNLA a toujours été parmi les peuples Bakongo qui vivent des deux côtés de la frontière qui sépare les deux pays. Il a donc souvent été difficile de certifier l'origine exacte de beaucoup de ses combattants. De récents rapports d'Angola (voir interview du 10 novembre de mercenaires sud-africains capturés par le MPLA, publiée dans le 'Times of Zambia" du 16 novembre 1975)" affirmaient que la moitié de l'arme est composée de Zairois. Mobutu a également, epuis des me, tout yal base pode la bie- lepuis des années, tourni da) pour tenter d'arracher à l'Angola ce territoire riche en pétrole, et de le rattacher au Zaire. Le gouvernement de Mobutu fait donc preuve de l'hypocrisie la plus criante quand il ne cesse le parler de son attachement au principe du retrait de toutes les forces étrangères d'Angola. Depuis bientôt 10 ans, il est lui-même la principale courroie de transmission pour le maintien des intérêts impérialistes américain dans ce pays, tout en manoeuvrant parallèle ment pour s'assurer le contrôle de Cabinda de sa richesse pétrolière. 2) Mais si cette hypocrisie de Mobutu au sujet de l'Angola ne fait que confirmer une tendance bien établie dans l'évolution du régime zalrois, celle du gouvernement Kaunda de Zambie est apparemment d'origine plus récente, durant les 10 années de la guerre de libération, la Zambie a fourni un soutien logistique et diplomatique au MPLA. Mais cette attitude a changé radicalement au cours des 18 derniers mois. Tout d'abord, une campagne systématique a été lancée en faveur de Jonas Savimbi, dirigeant de l'UNITA, présenté dans la presse zambienne comme le sauveur potentiel de l'Angola, dont la personnalité charismatique allait unir ces peuples déchirés. La ligne officielle a récemment changé quelque peu. Désormais, dans les journaux zambiens, Savimbi se retrouve dans la même poubelle que Neto et Roberto et l'Angola attend l'apparition d'un dirigeant capable d'unifier les trois mouvements en guerre. Les raisons du tournant zambien Mais toute cette rhétorique ne réussit absolument pas à masquer le fait que la ligne de la Zambie sur l'Angola ne découle pas de préoccupations pour le sort du peuple de ce pays, ou de quelques motivations "humanitaires"', mais bien du tournant tactique effectué par le groupe dirigeant au cours des 18 derniers mois et qui a fait de ce pays un des alliés les plus sûrs de l'impérialisme parmi les Etats à direction africaine en Afrique du Centre et du Sud. On trouve trois éléments décisifs derrière sa position actuelle.
a) la compréhension du fait que la lutte actuelle en Angola et ses effets potentiels ne peuvent pas être maintenus entre les frontières de ce pays, et qu'ils constituent donc une menace pour le maintien de la stabilité capitaliste non seulement en Angola, mais également dans les pays environnants.
b) une crainte profonde des conséquences pour 1' Etat sud-africain lui-même de la poursuite des combats dans la région. Comme nous le soulignions il y a un an (cf. John Blair "Derrière Testournant diplomatique de Pretoria", Inpré-
In° 14/15, 12 décembre 1974), les gouvernements de régimes néo-coloniaux comme la Zambie partheid, sont au contraire bien cons- malgré leurs proclamations verbales cients que, en conséquence du profond investissement impérialiste dans ce système, l'apartheid ne sera détruit que par des luttes qui dépasseront nécessairement la question raciale et menaceront l'existence même des rapports de propriété capi alistes. Toute lutte de masse prolongée dans la région peut représenter un exemple pour les couches opprimées en Afrique du Sud même et pourrait ainsi plonger toute la région dans une lutte anti-capitaliste prolongée.
c) le gouvernemen t zambien traverse actuellement - de f'avi nême des porte-parole gouvernementaux sa crise économique la plus profonde depuis l'indépendance. Les revenus du cuivre représentent 40% du produit national brut et 90% des gains d'exportations. Depuis le milieu de 1974 le prixde ce produit a baisse par suite de la récession généralisée de l économie capitaliste. Le prix moyen pour les premiers 8 mois de 1974 était de 1541 kwacha et de 812 kwacha pour la même période de 1975 (1 kwacha = 6,75 ff). Lors d'une conférence de presse le 7 janvier 1976, le président des deux compagnies productrices de cuivre contrôlées par le gouvernement révéla que pour la période allant d'avril à novembre 1975, les coûts de production par tonne étaient de 896 kwacha, alors que le prix moyen du métal n'était que d'environ 773 k. par tonne ("'Times of Zambia", 8.1.1976). Non seulement le cuivre n'avait pas fourni de revenus à la Zambie, par le biais des taxes, des profits, etc., mais sa production et sa vente avaient constitué une perte nette pour l'économie d'un minimum de 40 millions de kwacha au cours de cette période. La crise economique et "l'indépendance" zambienne Les effets économiques de cette réduction par moitié des gains des exportations de la Zambie
se sont combinés avec les difficultés dans le système de transport découlant de la guerre d'Angola. Jusqu'à sa fermeture en août 1975, le chemin de fer de Benguela qui conduit au port de Lobito, transportait environ 45% du commerce de l'Angola. La conséquence la plus visible de sa fermeture a été une nouvelle aggravation des problèmes endémiques des pénuries de toutes sortes. Au niveau des consommateurs, des produits élémentaires comme les allumettes, le savon, le papier de toilette, l'huile, etc. ont pratiquement disparu. De plus, il y a eu une très forte attaque contre l'emploi dans des industries comme le textile et la métallurgie légère qui dépendent beaucoup du matériel importé. C'est ce troisième facteur qui a déterminé le gouvernement à agir maintenant. 1975, année de récession mondiale marqua la faillite définitive de l'effort entrepris à la fin des années 60 visant à réduire les liens entre la Zambie et les régimes racistes de Rhodésie et d'Afrique du Sud qui représentèrent en 64 plus de 60% des importations. Pendant toute une période, le gouvernement de Kaunda misa tout sur la tentative de rompre les liens de dépendance économique avec l'Afrique du Sud, sous-secteur du monde impérialiste. Dans le même temps, des efforts visant à créer une base industrielle "indépendante" furent entrepris. Cependant, loin d'être couronnés de succès, ces efforts aboutirent en fait à un changement de maltres au niveau économique, C'est ainsi que le Japon, se plaça au second rang de ses partenaires économiques et que l'Italie devint une source majeure d'investissements. Ces mesures, et plus particulièrement celles visant à établir une participation majoritaire de l'Etat dans une série d'entreprises avec diverses multi-nationales, avaient pour objet principal de stabiliser la position de la nouvelle élite politique zambienne en lui attribuant un poids économique déterminant. Cependant, les résultats effectifs de cette politique peuvent être rapidement résumés : 1) La stagnation demeure dans le secteur industriel. Par exemple, l'emploi n'a augmenté que de 40.620 postes de travail en juin 1971 à 43.130 en juin 1974, et sì les chiffres pour l'année passée étaient disponibles, ils montreraient sans aucun doute à nouveau une baisse 2) L'échec de la politique de substitution des importations dans les secteurs déterminants a eu pour seul effet, dans le cadre de la "réorentation" par la Zambie de ses liens commerciaux, d'accroître le prix de marchandises qui, au lieu d'être importées du sud blanc doivent être acheminées à un coût bien plus élevé de pays très éloignés. Bien sûr, la bourgeoisie zambienne accorde plus d'importance à sa survie propre qu'à l'indépendance économique. Si cette dernière n'est pas réalisable et si la dépendance des capitalismes métropolitains revient à coûter plus que le rétablissement des anciennes relations avec le régime d'apartheid sud-africain, et si en plus la crise économique mondiale amène l'économie au niveau le plus bas qu'elle ait jamais atteint, alors, tant pis pour les grands discours affirmant une opposition de principe à l'apartheid! Il faudra bien s'allier pour le meilleur et pour le pire avec Vorster! Cette option apparait comme étant la plus sûre et la seule permettant vraiement de retarder l'inévitable confrontation avec les masses laborieuses d'un pays subissant d'une manière aussi dévastatrice les effets de la récession et de l'inflation. Ce n'est qu'en tenant compte de ces facteurs économiques que l'on peut comprendre la position actuelle du régime zambien à propos de l'Angola. Il faut affirmer clairement que la neutralité revendiquée par la Zambie quant à l'Angola, n'est pas moins hypocrite que celle revendiquée par Mobutu. Les positions sur l'Angola L'éviction publique de Savimbi de sa position de favori n'a eu aucune répercussion pratique. En novembre, les correspondants voyageant à bord d'un jet mis à leur disposition par la compagnie Lonrho pour se rendre de l'aéroport de Lusaka à celui de Huambo en territoire contrôlé par l'UNITA, trouvèrent à bord des caisses d'armes destinées à l'UNIP, le parti gouvernemental zambien, mais qui étaient clairement acheminées vers les forces de l'UNITA. Le 7 janvier, Savimbi, en route pour Addis-Abeba fit escale à Lusaka afin de "s'entretenir" avec ceux qui le soutiennent. L' UNITA demeure le seul mouvement angolais auquel Radio-Zambie accorde l'antenne. Il en découle que le régime zambien est l'allié de fait des principaux soutiens de Savimbi pour les cinq derniers mois, c'est-à-dire la République raciste d'Afrique du Sud. Pendant très longtemps, (jusqu'au début de décembre) la presse zambienne se tut sur les signes croissants d'un engagement direct de l'Afrique du Sud pour soutenir le bloc FNLAUNITA. Ce n'est qu'à présent, après que le gouvernement sud-africain ait lui-même admis cette intervention que son existence est signalée dans la presse. Mais la presse zambienne au lieu de condamner cet état de fait, publie seulement des explications et des justifications de cette présence. Voici une déclaration du rédacteur en chef du "Zambia Daily Mail" sous contrôle gouvernemental, publiée dans un article en page centrale, daté du 7 janvier (titre de l'article: "Vincent Mijoni met résolument en avant le point de vue de la Zambie : "Le président Kaunda, la semaine dernière lors d'une interview accordée à un correspondant étranger a posé le problème d'une manière. particulièrement appropriée, il a déclaré que 'l'aide en armes des USA au FNLA et à l'UNITA est un effet de la situation et non sa cause'. Et si l'OUA entend apporter justice au peuple an-
ZAMBIE golais, elle doit condamner l'aide militaire soviétique au MPLA qui, par l'importance qu'elle revêt, a encouragé ces derniers à défier les deux autres partis politiques au point de plonger l'Angola dans la guerre civile... C'est en raison de cette erreur d'appréciation de la part des Soviétiques, combinée à leur mauvais choix du moment pour se lancer dans cette aventure que l'Afrique du Sud est intervenue en Angola". Plus loin, on cite à nouveau Kaunda : "Malgré la force avec laquelle nous condamnons la présence sud-africaine en Angola, il serait illusoire pour nous de croire que cette condamnation de l'Afrique du Sud règlera le problème. La présence sud-africaine est aussi un effet et non la cause de ce problème. " La "récompense" Tels sont les propos serviles du principal diril'intervention de ses nouveaux maltres. La contre-partie de cette trahison des combattants anti-impérialistes Angolais est l'opération de sauvetage de l'économie zambienne montée par l'Afrique du Sud et dont on ne trouve bien sûr mot dans la presse zambienne. Cependant, "l'Economist" du 20 décembre rapportait ce "Le ministre sud-africain des Affaires économiques, M. J.C. Heunis, s'est rendu dans la capitale zambienne en octobre et a mis sur pied avec le gouvernement zambien, un accord de crédits à l'exportation d'une valeur de 71 millions de livres. Ceci équivaut à peu près au quart des dépenses actuelles d'importation pour la Zambie. M. Jan Marais, un des principaux banquiers sud-africains... s'est rendu en visite à Lusaka à la fin octobre et il a engagé des pourparlers très fructueux avec le Président Kaunda au sujet des avantages extraordinaires qui pourraient résulter d'une coopération économique dans la partie sud de l'Afrique. Le "South African Financial Mail", rapporta ainsi en novembre qu'il semble que l'Afrique du Sud soit à présent le principal fournisseur étranger de la Zambie. Et on ajoutait que le gouvernement de Pretoria accordait des crédits à l'exportation à long terme aux • importations Zambiennes de capitaux et de produits de consommation. Une réunion d'administrateurs généraux d'INDECO, trust zambien contrôlé par l'Etat, apprit ainsi le 30 octobre que la politique d'importation avait changé et que les importations d'Afrique du Sud devaient à présent être encouragées. "Un service aérien de transport de marchandises... vient d'être mis en service entre Johannesburg et Lusaka, mais la plupart des denrées sont acheminées par la route à travers le Botswana. Il circule aussi à Lusaka des rumeurs selon lesquelles l'Afrique du Sud aurait accepté de financer les dépenses en pétrole de la Zambie dont l'augmentation ne cesse de s'accroitre. Les importations de pétrole sont passées de 13, 6 millions de livres en 1973, à 36, 2 millions l'année dernière. Afin d'éviter tout embarras politique, il semblerait que le gouvernement Zambien ait conclu des accords secrets avec l'Afrique du Sud pour que cette dernière rembourse le montant des importations zambiennes de pétrole directement à l'Iran." Tels sont les faits qui régissent actuellement l'attitude internationale du gouvernement Zambien et démasquent toutes ses prétentions à des motivations idéalistes. une alternative réactionnaire L'Angola n'est pas non plus la seule région où l'axe Lusaka-Pretoria soit à l'oeuvre actuellement. Ce n'est pas non plus la seule région où l'on verra le gouvernement zambien effectuer de remarquables changements d'attitude dans les mois à venir. A présent, l'attitude officielle sur la question de Zimbabwé ("Rhodésie") est toute de neutralité sur la scission au sein de l'African National Council (ANC) aussi bien que sur l'engagement pour revendiquer l'application immédiate de la règle de la majorité, ou sur l'intensification de la lutte armée afin de renverser le régime de Smith. On peut cependant raisonnablement prédire que dans la période à venir, une des possibilités suivantes émergera. Soit, Nkomo, qui représente l'espoir d'une petite-bourgeoisie noire en Rhodésie arrivera au seul accord possible avec Smith et alors on sera loin en deça des revendications : "un électeur, une voix " et "application immédiate de la règle de la majorité". Si un tel accord intervient, il est certain que le gouvernement zambien figurera parmi ceux qui l'auront soutenu le plus ardemment. C'est dans ce but que Nkomo ne cesse de transiter par Lusaka à bord d'appareils de la force aérienne zambienne afin de s'entretenir avec Kaunda. C'est dans ce but aussi que la Zambie a fourni toute l'infrastructure légale et technique dont son équipe de négociateurs avait besoin. Un tel accord constituerait le signal pour que la Zambie décide la réouverture officielle de sa frontière et rétablisse la liaison ferroviaire cruciale, à travers la Rhodésie avec le port de Beira. Soit, les pourparlers entre Smith et Nkomo n'aboutissent pas. Dans ce cas, il est au moins certain que la Zambie n'accordera aucune franchise à l'aile extérieure de l'ANC qui lui permettrait de mener une lutte armée intensifiée. En vérité, 1975 a été l'année de la liquidation quasi-totale de toute présence de combattants originaires de Zimbabwe sur le territoire de la Zambie Ceci fut mené à bien en combinant les détentions, les liquidations physiques et l'émigration. Après le meurtre de Herbet Chitepo, président de la Zimbabwe African National Union (ZANU), 70 dirigeants de la ZANU furent incarcérés; nombre d'entre eux n'ont