solidarite internationale avec les prisonniers politiques indiens
Le 25 janvier 1976, plus de 2 000 personnes ont manifesté dans les rues de Londres contre la répression en Inde et pour la libération des dizaines de milliers de prisonniers politiques détenus sans jugement depuis plusieurs années. La très grande majorité de ces prisonniers sont des militants politiques maoistes appartenant au Parti communiste indien (marxiste-léniniste) ou à d'autres regroupements maois-
Tous ces groupements politiques ont éclaté en de multiples fragments rivaux dont certains ont rompu avec leur orientation maoA l'étranger, cette orientation maoiste avait acquis une influence hégémonique dans les communautés indiennes en exil et les actions de solidarité avaient, de ce fait, des directions à dominante maoiste. Cette manifestation du 25/1/1976 de Londres avait été appelée par ces mouvements. Le déclin du mouvement maoiste indien, nettement marqué en Inde, manifeste cette tendance à l'étranger pareillement. Le courant moiste indien en Grande-Bretagne a montré à l'occasion de cette manifestation la réalité de sa dégénérescence en même temps que s'est manifestée l'extension du courant marxiste-révolutionnaire dans la gauche indienne. Du fait des positions ultra-sectaires des maois -tes (naxalites), la plus grande partie des militants désillusionnés du Parti communiste indien (pro-Moscou) et du Parti communiste indien (marxiste) ne se sont pas joints à la manifestation. Rejeter ces militants comme contre-révolutionnaires s'ils ne consentent pas à attaquer le "social-impérialisme" russe et à s'aligner sur Pékin ne peut que produire les pires effets de division et d'affaiblissement d'un mouvement de solidarité avec les prisonniers politiques; un tel mouvement doit exister sur des bases larges, non exclusives, regroupant toutes les organisations et partis ouvriers. Cette attitude de division se double d'une ouverture vers l'extrême-droite de la part de ces mêmes maoistes qui ont fait cause commune avec les partisans de l'organisation fasciste indienne Jana Sangh qui prêche l'intolérance religieuse contre les masses musulmanes et un hindouisme exclusif qui vise à la division des rangs ouvriers de la pire manière. Un représentant de cette organisation prit la parole au meeting précédant la manifestation sous la couverture, pour la circonstance, des "Amis de l'Inde"
Editeur responsable : René Groslambert,
Londres, 25 janvier
CAMPAIGN 3
RELEASE • 6E • INDIAN
OLITICAL PRISONERS
CRIPF:
Les militants marxistes-révolutionnaires du "Asian Socialist Forum'' s'opposèrent à cette présence et crièrent le slogan "Non à Indira, non au Jana Sangh, pour le pouvoir ouvrier!' Les organisateurs menacèrent de les exclure de la manifestation s'ils ne cessaient pas. Ils durent capituler quand des centaines de manifestants reprirent ce slogan ainsi que cet autre : "Arrêt des tortures ! Arrêt des tueries ! A bas l'état d'urgence!". Au cours de cette manifestation, le contingent regroupé derrière la banderole de la "Campagne pour la libération des prisonniers politiques indiens", soutenue par le "Asian Socialist Forum", s'éleva jusqu'à plus de 300 personnes. La masse des militants maoistes présents à cette manifestation se divisa en fonction des positions politiques qui se sont affrontées, une partie se rangeant du côté qui hua la présence de représentants de la droite fasciste. Il apparait que la désintégration du courant maoiste indien peut gêner les actions de solidarité pour la défense des prisonniers politiques indiens, du fait de l'hégémonie que ce courant détenait jusqu'à très récemment. Parce que le régime d'Indira Gandhi s'installe pour une période prolongée dans une entreprise de suppression des libertés fondamentales et fait de l'état d'urgence sa loi quotidienne, on ne peut qu'accentuer toutes les manifestations de solidarité avec les prisonniers politiques et de condamnation du régime en place. Il convient de regrouper tous ceux qui acceptent d'agir dans ce sens sans la moindre exclusive. Les camarades du C.R.I. P.P. à Londres ont publié une brochure très détaillée sur la répression en Inde : "'Land of Political Prisonners". L'adresse du C.R.I. P.P. est : G. Kumar, 22 Boundary Road, London N. W. 3. 34 rue Nothomb - 1040 Bruxelles -