Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

URSS

Appel : Sauvez Mustafa Djemilev

Inprecor (première série) n° 44, 19 février 1976 · p. 13 · 941 mots

URSS et Russie Syndicalisme

Mustafa Djemilev : combattant actif des droits du peuple des Tatars de Crimée, à retourner dans leur patrie. Djemiler : membre du groupe d'initiative pour la défense des droits de l'homme en URSS Mustafa Djemilev : en prison, fait la grève de la faim, pour protester contre la fabrication d'une nouvelle affaire Mustafa Djemilev est né en 1943, en Crimée, dans le village de Boskai. Il n'avait pas un an quand on a chassé tout le peuple des Tatars de Crimée de leur pays natal. On ne leur donna pas plus de 20 minutes pour se préparer. On les transporta dans des wagons de marchandises bouclés, sans boire, sans manger, sans air. Tout ensemble, les vivants et les morts. Près de la moitié du peuple est mort pendant le long voyage et les premiers mois de leur déportation dans un endroit désert et inhospitalier. Mustafa Djemilev est un militant actif du mouvement pacifique du peuple des Tatars de Crimée pour le retour dans la patrie de Crimée. Depuis, il est victime de persécutions quotidiennes de l'administration soviétique. Le « matériel » qui justifie ces persécutions est, de toute évidence, mensonger; les accusations sont fausses Un an et demi de privation de liberté de 1966 à 1967,sous l'accusation de « refus du service militaire obligatoire ». mais en réalité parce qu'il veut retourner avec son peuple en Trois ans de privation de liberté, 1969- 1972, sous l'accusation de « diffusion d'élucubrations mensongères, calomniant le gouvernement soviétique et le système social », mais en réalité pour avoir, sans relâche, défendu le droit des Tatars à retourner dans leur patrie Quelques arrestations de 15 jours sous l'accusation de « hooliganisme », en réalité, pour avoir essayé d'être reçu par l'administration gouvernementale soviétique, afin d'y déposer une pétition demandant le retour des Tatars en Crimée La dernière arrestation pour « hooliganisme », le 13 mai 1974, eut lieu suite à une tentative ratée d'entrainer Mustafa Djemilev dans une bagarre; c'était une mesure préventive, à l'occasion des 30 ans d'exil du peuple Tatar Pour protester contre cette arrestation illégale, Mustafa Djemilev fit la grève de la faim. jusqu'à ce que, le 9º jour, on Le 22juin 1974, Mustafa Djemilev est arrêté, sous l'accusation de « refus de participer à une période de rappel de service militaire », en réalité pour sa volonté tenace de retrouver pour lui et son peuple leur patrie perdue

Les parents de Mustafa, déjà âgés et désespérés, se sont adressés au Praesidium du Soviet Suprême, et aussi aux pères et mères, frères et sœurs, aux parlements et gouvernements de tous les pays. A N.V. Podgorny, ils ont demandé de relâcher leur fils d'URSS, aux gouvernements des autres pays, de donner asile à leur fils, constamment persécuté

Mustafa lui-même, pour protester contre une condamnation aussi illégale (on aurait dû le libérer de ses obligations militaires pour raison de santé), commença une grève de la faim de longue durée. Pourtant, il est condamné à l an de privation de liberté et envoyé au camp de Omsk. Bientôt, autour de Mustafa une intense activité du KGB et de l'administration du camp se déploie, sans doute, pour préparer le « matériel » d'une nouvelle accusation mensongère

Il est connu que, dans bien des cas, les organes de justice lancent une « affaire » et jugent un homme, non pas sur un crime commis, mais comme mesure prophylactique, sur la simple présomption que tel individu représente une menace potentielle pour l'idéologie soviétique.

C'est comme cela, par exemple, que furent fabriquées de toutes pièces des « affaires », contre Anatoli Martchenko,

Andrei Amalrik, Vladimir Dremliouga, Léon Oubogko, alors qu'ils étaient détenus, sur la base de faux témoignages de codétenus, obtenus sous la contrainte. Vladimir Dremliouga fut menacé de purger une troisième peine ; il paya sa liberté d'un article de contrition dans le journal « La Yakoutie Soviétique ».

Le 19 juin 1975, trois jours avant la fin de sa peine, on annonce à Mustafa Djemilev une nouvelle accusation, encore une fois pour « diffusion de calomnies.... ».Il est jeté en prison, son « affaire », est instruite par un juge de la chambre d'accusation de Omsk, Gousselnikova.

Pour la fabrication de cette nouvelle « affaire », les fonctionnaires des organes de sécurité d'Etat, comptaient utiliser un co-détenu de Mustafa Djemilev, Vladimir Dvorianski. Celui-ci refusa de jouer les provocateurs et les traîtres ; il rédigea un compte-rendu de sa conversation avec un représentant de l'administration, et l'intitula : « déposition ».

Faux témoignages, accusations mensongères, mensonges des procureurs. Condamnation qui ne repose que sur des

Tout cet arsenal de mensonges pour forcer Mustafa Djemilev à se taire, pour nous obliger tous à oublier la VERITE.

la vérité sur la déportation de tout un peuple, et pour empêcher ce peuple de retourner dans ses steppes natales dans ses montagnes, dans ses villages.

Mustafa Djemilev a commencé une grève de la faim en protestation contre ces accusations notoirement mensongères.

On ne peut abandonner à l'oubli les souffrances de tout un peuple ! On ne peut composer avec le mensonge ! On ne peut laisser un homme mourir!

C'est pourquoi, nous protestons contre les accusations notoirement fausses qui pésent sur Mustafa Djemilev, nous nous adressons à tous ceux qui ont à cœur les libertés du citoyen, de l'individu ;à qui veut tout est possible.

PRENEZ LA DEFENSE DE MUSTAFA DJEMILEV

BARREZ LA ROUTE A CETTE NOUVELLE INJUSTICE SIGNATURES: T. Chodorovitch L. Alekseieva M. Landa N. Lissovskata G. Podiapolski L. Ternovski A. Grigorenko K. Velikanova I. lakir C. Chodorovitch I. Kaploun T. Velikanova A. Lavout I. Orlov

Z. Grigorenko E. Kosterina

Piotr Grigorenko (à g.) et Ivan Iakhimovitch (à dr. )

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