Inprecor 1974–2004

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ARGENTINE

Devant l'irrésistible naufrage du péronisme, la junte militaire tente de sauver le capitalisme

· Inprecor (première série) n° 49, 15 avril 1976 · p. 3-6 · 2 812 mots

Argentine et Chili Syndicalisme France Stalinisme

Le coup d'Etat du général Videla (derrière lequel se profile le général Lanusse) est le résultat de quatre tendances qui dominent aujourd' hui la réalité sociale, économique et politique en Argentine : l'échec du projet péroniste de contenir la combativité ouvrière dans un cadre d'''unité nationale"' et de collaboration de classes, sous l'égide d'un Bonaparte charismatique soutenu par une bureaucratie syndicale encore hégémonique dans la classe ouvrière; la perte de contrôle de cette bureaucratie sur des secteurs croissants des masses comme ce fut démontré par la grève générale victorieuse de juin 1975 contre le plan économique du ministre Rodrigo et par l'apparition ultérieure de nouveaux organes d'auto-organisation des travailleurs : les coordinatrices régionales; la crise de direction de la bourgeoisie, qui a conduit d'abord au fractionnement du mouvement péroniste, puis à l'échec des tentatives du leader radical Balbin de substituer au gouvernement d'Isabelita un autre gouvernement "constitutionnel d'union nationale" autour de sa propre personne; l'aggravation de la crise économique pour laquelle plus aucune issue n'était visible dans le cadre du régime capitaliste, en dehors d'une répression de la combativité ouvrière, et la pression croissante de l'impérialisme en vue d'imposer une telle répression.

la faillite du péronisme

Historiquement, la deuxième expérience du péronisme au pouvoir a échoué pour des raisons analogues à la première : l'impossibilité de concilier les exigences d'une économie capitaliste avec celles d'une classe ouvrière hautement organisée et très combative à partir du moment où l'évolution défavorable de la conjoncture économique enleva à la bourgeoisie argentine les marges de manœuvre nécessaires pour concéder des réformes aux travailleurs sans menacer la rentabilité des entreprises. Le rôle concret que joua au milieu des années 50 l'épuisement des réserves de devises accumulées au cours et au lendemain immédiat de la deuxième guerre mondiale fut joué cette fois-ci par le freinage brutal des importations de produits agricoles argentins par les pays de la CEE et par les répercussions négatives de la récession généralisée de l'économie capitaliste internationale sur l'économie argentine. L'espoir qu'avait caressé Peron d'un afflux massif de capitaux européens et japonais vers l'Argentine fut déjoué à la fois par l'évolution défavorable de la balance des paiements de l'Europe capitaliste et du Japon en 1974-75, et par la crainte du capital international de ne pouvoir venir

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DEVANT L'IRRESISTIBLE NAUFRAGE DU PERONISME LA JUNTE MILITAIRE TENTE DE SAUVER LE CAPITALISME

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à bout de la puissante combativité de la classe ouvrière argentine.

Cependant, le deuxième régime péroniste s'achève dans un climat politique et social sensiblement différent de celui provoqué par la "révolution libératrice" de 1955. A cette époque, le coup d'Etat anti-péroniste intervint avant que la classe ouvrière n'ait vécu dans son niveau de vie et dans sa chair les effets négatifs de la politique de collaboration de classes de la bureaucratie péroniste de la CGT. Le déclin brutal du niveau de vie succéda aux conquêtes ouvrières de l'époque péroniste. Les illusions dans le péronisme restèrent donc intactes.

Mieux, à la lumière de la misère provoquée par les régimes post-péronistes, les conditions de vie et de travail sous Peron apparurent, rétrospectivement, comme idylliques. Le mécontentement croissant qui avait accompagné la fin du péronisme-première-mouture fut vite oublié.

Cette fois-ci, le déclin brutal du niveau de vie des travailleurs précède la chûte du péronismeseconde-mouture. Le désenchantement est brutal et profond. La bureaucratie centrale de la CGT, impliquée dans d'innombrables scandales de corruption, en partie co-responsable du gangstérisme assassin de Lopes Rega et de l'AAA (Alliance Anticommuniste Argentine), est si profondément discréditée qu'au cours des grandes luttes ouvrières qui se déroulèrent contre le plan Mondelli, de nombreuses assemblées ouvrières réclamèrent la démission de la direction de la CGT simultanément à la démission du gouvernement. Cette fois-ci, la crise du péronisme semble bien définitive.

l'échec du plan Mondelli

Après avoir fait échouer par une grève générale foudroyante, débordant complètement la direction péroniste des syndicats, le plan Rodrigo dit "plan de famine" en juin 1975, la classe ouvrière argentine avait en fait ouvert une crise de régime en Argentine. Pendant les neuf mois qui ont succédé à la grève générale victorieuse contre le plan Rodrigo, cette crise a de plus en plus provoqué la paralysie et la décomposition avancée du pouvoir bourgeois : échecs successifs des plans des ministres de l'Economie : Bonanni, Cafiero et Mondelli; fuite précipitée de Lopez Rega, l'''éminence grise" d'Isabelita Peron; découverte de scandales de corruption en chaîne, ainsi que des preuves de la complicité de la police et du gouvernement dans les assassinats perpétrés par l'AAA; désorganisation de plus en plus prononcée de l'économie, avec l'apparition, côte-à-côte, d'une inflation galopante (423% d'augmentation des prix en 12 mois), d'un chômage élevé et d'une pénurie croissante de toute une série de denrées de première nécessité (viande, œufs, articles d'épicerie); cassure verticale de l'appareil péroniste, d'abord sur le plan politique puis sur le plan syndical. Le coup d'Etat militaire apparut comme le seul moyen pour rétablir un pouvoir bourgeois un tant soit peu unifié et efficace. Alors que la combativité ouvrière mit en échec les projets successifs d'''assainir" l'économie sur le dos des masses laborieuses, portant des coups mortels à l'hégémonie de la bureaucratie péroniste au sein de la classe ouvrière, le rythme d'apparition d'une direction ouvrière de rechange était bien plus lent que celui de l'effritement du contrôle péroniste. Ce fut là l'aspect dangereux de l'évolution, bien perçu par les révolutionnaires, la "faillite" dans laquelle le projet des militaires put s'introduire. On s'en aperçut nettement lors des mobilisations qui mirent en échec le plan Mondelli. Ce fut le sixième projet d'''assainissement économique" depuis le retour au pouvoir des péronistes. Il fut mis en échec par la classe ouvrière plus rapidement encore que les projets précédents. Il voulut limiter les augmentations de salaire inter-professionnelles d'abord à 12% puis à 20%, alors que le coût de la vie avait augmenté de plus de 400% (une latitude fut tolérée pour des augmentations additionnelles, mais encore fort limitées, dans cer -taines branches). L'''assainissement'' des finances publiques devait être obtenu par le licenciement de 500 à 700. 000 travailleurs de la fonction publique. La bureaucratie de la CGT avait donné son accord pour l'application du plan Mondelli. La réaction de la classe ouvrière fut rapide et puissante : rejet total, déclenchement de grèves spontanées, élimiration des délégués et des commissions internes qui avaient suivi la bureaucratie centrale pour appuyer le plan, leur remplacement par des commissions provisoires, désignation de délégués avec mandat impératif de réclamer la grève générale dans les assemblées syndicales. Mais après avoir d'abord appuyé les mobilisations, les dirigeants des principaux syndicats, notamment de l'UOM (métallurgistes) et de la SMATA (syndicat de l'automobile) firent une volte-face de dernière minute. Ils proposèrent de ne pas s'engager dans une grève générale, afin de ne pas encourager un coup d'Etat militaire. "La grève générale, c'est l'arme de dernier recours contre le coup d'Etat"'. Le résultat était couru d'avance. Divisée et désorientée, la classe ouvrière lutta en ordre dispersé contre les mesures économiques anti-ouvrières et fut, dans ces conditions, peu prête à suivre l'appel à la grève générale contre le coup d'Etat du 24 mars, que la direction de la CGT lança du bout des lèvres. Au cours des neuf derniers mois, de nouvelles formes d'auto-organisation de la classe ouvrière, les coordinatrices régionales, avaient surgi à de nombreux endroits : à Cordoba, dans le Nord, à La Plata, dans la banlieue ouest de Bue-

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nos Aires, dans les zones San Martin et Vicente Lopez du Grand-Buenos-Aires, etc. Ces coordinatrices ont joué un rôle croissant pour organiser la résistance ouvrière contre les plans de misère des gouvernements péronistes successifs. Contre Mondelli, elles ont réussi de puissantes mobilisations, allant jusqu'a des manifestations de trente mille personnes et plus. Mais pour renverser le gouvernement et la direction de la CGT, et rendre crédible une solution de rechange de la crise politique, sociale et économique, il aurait fallu aboutir à une centralisation des coordinatrices à l'échelle nationale, seule capable d'organiser une grève générale. Ce congrès national ouvrier, ou congrès ouvrier et populaire, ou coordinatrice nationale, ne vit point le jour. La spontanéité ouvrière comme les coordinatrices régionales étaient suffisantes pour paralyser le régime péroniste. Elles furent insuffisantes pour imposer le triomphe d'une solution ouvrière, anti-capitaliste, socialiste, de la crise. C'est dans ces conditions de vacance totalé du pouvoir que l'armée put frapper impunément, sans rencontrer de résistance massive ou organisée.

manoeuvres militaires

et divisions péronistes

Les chefs militaires manœuvrèrent d'ailleurs de manière habile en permettant au régime péroniste de se discréditer totalement. Retardant le coup d'Etat, malgré l'impatience croissante des officiers d'extrême-droite et de l'impérialisme, ils entraînèrent la bureaucratie de la CGT dans le guet-apens d'appui au plan Mondelli, qui tua dans l'œuf tout espoir d'une résistance contre le coup d'Etat imminent autour de la CGT. Entre temps, ils centralisèrent dans leurs mains tout l'appareil de répression, tant fédéral que provincial, et firent désigner le chef du Deuxième Commandement de l'Armée comme chef de la police fédérale, mettant ainsi tranquillement, ouvertement et légalement, en place tout le dispositif du coup d'Etat victorieux. Mieux, tirant profit des divisions de plus en plus profondes qui déchirent la bureaucratie péroniste, tant au niveau du "parti justicialiste" qu'à celui des syndicats, ils accentuèrent la confusion en s'engageant dans des négociations semi-publiques avec une fraction non négligeable de l'appareil péroniste. Ainsi, une quarantaine de syndicats refusèrent de se joindre à l'appel à la grève générale contre le coup d'Etat, lancé par les 62 organisations de la CGT dirigées par le chef métallurgiste Miguel. Le gouverneur de Buenos Aires, Calabro, qui apparut dans le rôle démagogique d'un "péroniste de gauche" pendant les mois qui précédèrent le coup d'Etat et s'opposa d'abord violemment au plan Mondelli, fit une volte-face sensationnelle et joua le rôle de complice ouvert des militaires.

Si les divisions au sein du péronisme portèrent le coup de grâce à ce mouvement, elles semèrent beaucoup de désarroi au sein des masses laborieuses. A côté de tentatives de recommencer une aventure populiste surnagent aujourd' hui quelques courants "classistes" (de lutte de classe) au sein du mouvement syndical, ainsi qu'une Jeunesse Péroniste engagée dans une orientation (mais est-ce définitivement ?) - de rupture avec la collaboration de classes. La forme même qu'a prise le coup d'Etat, et les premières mesures de junte Videla-Massera - Agosti, confirment l'astuce politique des militaires actuellement au pouvoir. La junte se garde bien de heurter de front l'ensemble du mouvement ouvrier. Elle pratique pour le moment une répression sélective. Seules six organisations révolutionnaires, qui se réclament du trotskysme et du maoisme, dont le PST, section sympathisante de la IV ° Internationale, sont définitivement interdites. Les Montoneros étaient déjà interdits sous le gouvernement d'Isabelita. Quant aux autres organisations ouvrières, comme le PCA (Parti Communiste Argentin), elles ne sont pas suspendues pour l'instant. De même le péronisme n'est pas officiellement frappé. Seuls les bureaucrates syndicaux qui avaient appelé à la grève générale contre le coup d'Etat sont arrêtés (sans d'ailleurs avoir été maltraités jusqu'ici). Les autres, on les laisse pour le moment tranquilles. Ce n'est donc point un régime à la Pinochet. Du moins, pas encore. Car le dilemme de la junte reste fondamentalement le même que celui du régime péroniste. Une chose est d'essayer de diviser la classe ouvrière et la paralyser momentanément. Autre chose est de désamorcer à plus long terme son potentiel de combat. Or, sans briser cette combativité, le plan économique de la junte -qui consiste à cómbattre la stagnation écono-. mique par un retour à la "'libre entreprise", aux investissements de capitaux étrangers dans le secteur pétrolier, au rétablissement du taux de profit - risque d'échouer comme avaient échoué les plans Gelbard, Rodrigo, Mondelli. C'est pourquoi le droit de grève est d'ores et déjà suspendu. C'est pourquoi une épuration "silencieuse" commence dans les grandes entreprises, contre les militants ouvriers les plus combatifs : 70 délégués syndicaux aux Aciéries Astarea, une grande partie des délégués de chez Ford, de nombreux délégués de Mercedes Benz, de General Motors, la majorité des membres de la "commission interne" de Terrabuai, etc. sont arrêtés. C'est pourquoi le 6 avril, pour la première fois, une série de délégués syndicaux ont été condamnés à des peines de prison très élevées pour détention d'armes. C'est pourquoi la terreur contre les sympathisants présumés de la guérilla se déchaine avec plus de férocité que jamais. Si on ajoute à cette répression les arrestations

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perpétrées sous le règne d'Isabelita (dont l'arrestation de notre camarade Paez, ex-dirigeant de SITRAN-SITRAC, ex-candidat du PST à la vice-présidence de la République, ainsi que les centaines de militants ouvriers assassinés par l'AAA, on comprend pourquoi l'émergence d'une direction de rechange de la classe ouvrière à l'échelle nationale est lente et difficile. Le caractère réactionnaire et anti-ouvrier de la politique économique de la junte est évident: renvoi sine die des commissions paritaires que le gouvernement péroniste avait convoquées pour le mois d'avril, en vue d'une discussion des conditions de travail; maintien du blocage des augmentations de salaire à 20%; promesse au patronat d'une révocation de la Loi sur les Contrats de Travail qui entravent les licenciements de main-d'œuvre. La personnalité du nouveau ministre de l'Economie, Jose Alfredo Martinez de Hoz, est d'ailleurs significative. Il avait déjà occupé le même poste lors du coup d'Etat militaire de 1962. Il siège dans le conseil d'administration de plusieurs grandes firmes capitalistes et est le président du Consejo Comer= cial Argentino (Conseil Commercial Argentin), une des principales associations patronales du pays. Ses liens avec le secteur de l'oligarchie des propriétaires fonciers et des secteurs de l'exportation sont bien connus. La junte pourra-t-elle maintenir un équilibre instable entre une répression sélective et une tentative de manœuvrer avec certains secteurs du mouvement ouvrier? A condition que la classe ouvrière reste passive. Mais la détérioration du niveau de vie est telle que cette passivité est plus que douteuse, pour autant que des marges d'actions de classe non violemment réprimées subsistent. Comme en Uruguay, on risque donc de passer graduellement d'une répression sélective à une répression généralisée, si la riposte massive des travailleurs ne brise pas à temps la force des militaires.

la pression impérialiste

La pression impérialiste a nettement encouragé le coup d'Etat. L'impérialisme avait joué la carte de Peron, aussi longtemps que celuici paru capable de canaliser la combativité ouvrière vers des objectifs compatibles avec le maintien du régime capitaliste. Lorsque le débordement du péronisme apparut comme irréversible, ce mouvement avait perdu toute utilité aux yeux du capital international. De là le refus brutal de crédits de la part du Fonds Monétaire International au dernier cabinet péroniste. De là l'octroi d'un crédit de 127, 6 millions de dollars, 24 heures après la victoire du coup d'Etat militaire, et la promesse d'un crédit stand-by de 300 millions de dolL'état d'asphyxie financière sur lequel avait débouché le régime péroniste contribua grandement à l'efficacité de la pression impérialiste. Quelques jours avant le coup d'Etat, la trésorerie argentine était dans l'incapacité de rembourser un prêt modeste de 30 millions de dollars de la Chase Manhattan Bank qui venait à échéance, et qui dût être prorogé à la dernière minute... Pour l'impérialisme, l'établissement d'une dictature militaire en Argentine achève la "pacification" du cône sud du continent sud-américain. Elle doit permettre une unification des régimes politiques de ce cône sud, autour de la dictature militaire brésilienne, afin de créer un puissant relai pro-impérialiste non seulement sur le continent mais dans l'Atlantique-Sud, où la victoire du MPLA crée le risque d'établissement de bases navales soviétiques sur la côte africaine. Malgré la rivalité entre l'Argentine et le Brésil qui subsiste, et qui a des racines économiques bourgeoises évidentes, indépendamment des formes de gouvernement bourgeois qui prévalent à Brasilia et à Buenos Aires, cette alliance est plus près d'être forgée sous Videla que sous Campora ou sous Peron. Ilest d'ailleurs possible que la et commerciale "'libérale Politique économique de la junte, qui correspond aux vœux de l'impérialisme et de l'oligarchie, l'amènera à prendre ses distances vis-à-vis du projet du "plan Andin"', qui gênait fortement l'hégémonie du capitalisme brésilien dans de nombreux pays sud-américains. Par ailleurs, la faillite historique du péronisme semble clore le cycle de montée et de déclin du populisme nationaliste, à direction bourgeoise et à base ouvrière et idéologie anti-impérialiste, en Amérique du Sud. Elle le clôt dans des conditions négatives, puisque la lutte ouvrière sera plus dure sous la junte que sous le régime péroniste. Mais elle le clôt sans une défaite écrasante de la classe ouvrière. La possibilité d'une remontée par étapes - comme celle qui est en train de se produire en Bolivie - reste donc entre-temps une défaite écrasante peut être évitée. Cette remontée pourrait dès lors se produire sous le signe d'une conquête de l'autonomie politique par la classe ouvrière argentine. Vu la force numérique et organisationnelle de cette classe, vu son niveau exceptionnel de combativité, cette autonomie politique modifierait radicalement la situation non seulement en Argentine, mais dans toute l'Amérique du Sud.

le 7 avril 1976

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