Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LES NOTRES

Ettore Salvini (1938-1976)

Inprecor (première série) n° 49, 15 avril 1976 · p. 32 · 717 mots

URSS et Russie

Les nôtres effore salvini

Le camarade Ezio Ferrero (Ettore Salvini) est mort tragiquement, dans un accident d'auto, à Milan, dans la nuit du 13 au 14 mars. Le camarade Salvini est connu par les lecteurs d'Inprecor comme l'auteur de plusieurs articles sur l'économie soviétique et sur les problèmes économiques et politiques italiens. Au moment de sa mort, il travaillait sur un article concernant la politique étrangère du brejnevisme, qui aurait dû être publié dans notre dossier sur l'Union Soviétique dans Inprecor No. 47-48 du ler avril 1976. Le camarade Ezio Ferrero tait né à Turin en 1938. Dès son plus jeune âge, il était devenu communiste et avait adhéré à la Fédérationdes Jeunesses du PC. En 1956 il se trouvait à Moscou pour étudier à l'Université, où il resta jusqu'en 1959. A plusieurs reprises, grâce à sa profession, il eutl'occasion de retourner en Union Soviétique, acquérant ainsi une connaissance particulière de ce pays. Toujours à cause de sa profession, il put en outre visiter beaucoup d'autres pays, parmi lesquels les Etats-Unis et la Chine. C'est ainsi, qu'Ezio a pu accumuler une importante expérience internationale, qui lui permit de développer des analyses par des analyses, inscrites dans une vision globale. Peu après son retour d'URSS en 1959, Ezio, sur la base de ce qu'il avait vu à Moscou, comme des études qu'il avait pu faire, commençait à devenir plus mûr quant à ses positions critiques de gauche antibureaucratiques. De cette manière s'est ouvert le chapitre de sa collaboration à des publications telles que "'La Nouva Generazione"', "Città Futura et "'La Sinistra". En 1962, il était parmi les promo- teurs de la maison d'éditions Samona et Savelli. Très tôt,' Ezio a fini par se rapprocher des positions du marxisme-révolutionnaire, trouvant ainsi une répon- se à toutes les questions qu'il avait commencé à se poser, lors de son séjour en URSS et au cours de son militantisme au sein de la FGCI (1) et du PC. Comme débouché logique de son pre- mier itinéraire politique, Ezio adhérait à la IVème Internatio- nale en 1961. A partir de ce moment, Ezio commençait à mili- ter aux GCR (Gruppi Communisti Rivoluzionari), tant au niveau local - Turin, Rome, Milan - qu'à l'échelle nationale. Pendant de nombreuses années il fut membre du Comité Central, et à plusieurs reprises il fit partie du Secrétariat national et collabora étroitement avec le Bureau politique des GCR. En 1963, il a été élu délégué du VIllème Congrès Mondial de la IV° Internationale.. Au cours de son militantisme, il eût l'occasion d'assumer, dans certaines situations, des tâches confiées par les organismes dirigeants de l'Internationale. Le camarade Ezio a collaboré fréquemment par des articles et des essais, aux publications des GCR ("'Bandiera Rossa' et "'Quarta Internazionale"), et de l'Internationale (''Quatrième Internationale"' et "'Inprecor" plus particulièrement), signant ses contributions avec les pseudonymes de Sandro Montovani d'abord, et de Ettore Salvini ensuite. D'autres de ses essais et de ses articles sont parus dans divers journaux italiens (''Quaderni Piacentini", par exemple, avec le pseudonyme de E. Sicco) et étrangers. Le camarade Ezio alliait aux qualités intellectuelles des qualités humaines qui lui avaient procuré l'estime sans réserve de tous ceux qui le connaissaient, un grand respect et l'affection de la part de ses camarades. Ce qui frappait le plus chez lui était la combinaison des qualités diversifiées, une grande intelligence politique et une acuité d'analyse avec une sensibilité tactique et une compréhension des problèmes organisationnels. Et ses grandes qualités humaines nous contraignaient tous - même celui qui se trouvait éventuellement en desaccord avec lui - à prendre sérieusement en considération ce qu'il soutenait. Beaucoup parmi les plus jeunes militants des GCR, finalement, ont eu l'occasion d'apprécier profondément sa lucidité et sa conscience du marxisme-révolutionnaire lors des nombreux cours pour cadres auxquels Ezio, au niveau local et national, a toujours apporté une contribution déterminante. Pour les GCR, pour la IVème Internationale, pour "'Bandiera Rossa", pour nous tous, la 'disparition du camarade Ezio est une perte très grave que nous ne pourrons réparer de sitôt. Ezio a vécu et a été parmi nous avec toute la passion, la décision et l'intelligence d'un militant communiste révolutionnaire, d'un militant communiste internationaliste. Ses camarades, l'organisation qu'il s'est efforcé de construire, ne l'oublieront jamais. (1) fédération des jeunesses communistes italiennes

Editeur responsable Reně Groslambert, 34 rue Nothomb, 1040 Bruxelles

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