Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

La fuite en avant de la bourgeoisie - Interview d'un membre du CC de la LCR-ETA(VI)

Inprecor (première série) n° 50, 29 avril 1976 · p. 3-6 · 3 082 mots

État espagnol Euskadi France Syndicalisme

de la bourgeosie

Interview recueillie le 22 avril 1976 d'un membre du Comité Central de la LCR-ETA (VI)

QUELS SONT LES CHANGEMENTS LES PLUS IMPORTANTS QUI SE SONT PRODUITS DANS

LA SITUATION POLITIQUE EN ESPAGNE,

DEPUIS LES ASSASSINATS DE VITORIA ET

LA GREVE GENERALE DES 500. 000 TRAVAILLEURS D'EUZKADI QUI Y A REPONDU ? La prise de conscience par les masses de l'échec du projet politique de réforme du franquisme et non seulement de l'échec du gouvernement Arias. De là découle la compréhension par les masses de la nécessité non seulement d'en finir avec la dictature, mais de détruire toutes ses assises, comme cela se manifeste notamment par la multiplication de mots d'ordre comme "Dissolution des corps répressifs du franquisme", "Jugement des responsables des crimes de la dictature", etc. au cours de manifestations et dans des plate-formes revendicatives d'importantes grèves ouvrières. On peut dire aussi qu'à partir de ce moment, l'orientation politique qui prévaut au sein de la bourgeoisie concède qu'il sera inévitable de légaliser à court terme l'ensemble du mouvement ouvrier. Le mouvement de masse sent sa victoire approcher à grand pas en ce qui concerne la conquête des libertés démocratiques. Cela stimule non seulement son action unitaire, mais aussi le débordement des actions démobilisatrices de secteurs d'opposition, comme ce fut le cas récemment avec les tentatives d'annuler les manifestations du 8 avril 1976 à Madrid pour l'amnistie (auxquelles dans l'ensemble, 30.000 à 40.000 personnes finirent par participer) et celoù, dans des conditions d'Etat de siège avéré à Pamplune par exemple de 4.000 à 5. 000 personnes se sont réunies. La situation politique tend donc de plus en plus vers un tournant décisif. La grève générale pour le renversement de la dictature est devenue un objectif d'actualité pour les larges masses.

TROTS2 KISTAS. M.C./PTE. TORT QUELLE EST LA FONCTION DU REFERENDUM CONSTITUTIONNEL QUE LE GOUVER -NEMENT PREPARE, SELON LA PRESSE ESPAGNOLE, POUR LE MOIS DE JUIN 1976 ? Le référendum est l'instrument de la monarchie franquiste et du gouvernement pour répondre à la crise d'ensemble du régime et de l'appareil d'Etat, Probablement, il comportera trois questions. La première se référera à des questions formelles sur la succession au trône, Cela implique évidemment un plébiscite indirect pour la monarchie. La deuxième se référera à la modification des Cortès, le pseudo-Parlement créé par la dictature. Cette institution se divisera en deux Assemblées : un Sénat à composition corporatiste, y compris des membres désignés directement par le Roi, qui s'est engagé à inclure parmi ceux-ci les 40 "assesseurs à vie" franduistes qui siègent actuellement dans les Cortès, etun "Congrès des députés" élu au suffrage universel. Ces deux Assemblées auront un nombre approximativement égal de membres et - voilà le hic ! - des compétences pratiquement identiques. Cela reflète bien les projets et intentions politiques de l'actuel gouvernement. Le Sénat, c'est le "cadeau" aux vieux franquistes. Le "Congrès des députés" est conçu comme un "cadeau" à l'opposition bourgeoise et social-démocrate. L'un doit largement neutraliser l'autre. La troisième question du référendum est la plus surprenante de toutes. Elle sollicite l'approbation du droit pour le gouvernement de changer, par la voie de simples décrets, les "lois fondamentales du Royaume" qui, selon l'idéologie franquiste traditionnelle, étaient toujours considérées comme immuables et éternelles. Le sens du référendum est donc clair à deux niveaux. D'une part, il s'agit de briser le blocage que l'extrême-droite franquiste avait établi par rapport au projet de réforme du régime. D'autre part, il s'agit d'esquisser un genre d'accord avec des secteurs de la bourgeoisie "démocratique" ou, en tout cas, d'établir des règles du jeu politique les plus favorables pour les projets de la monarchie franquiste. Cela implique notamment que par le truchement de la troisième question du référendum, la monarchie s'efforce d'obtenir la possibilité d'assurer, lorsque l'action des masses l'y obli-

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ge, une transitiion "légale" sans solution de continuité apparente entre des gouvernements du type "réforme du franquisme" et un gouvernement qui légaliserait tout le mouvement ouvrier, comme le serait par exemple un gouvernement présidé par le chef démocrate-chrétien Ruiz Jimenez. Cela démontre jusqu'à quel point la bourgeoisie considère aujourd'hui comme son objectif politique principal d'arracher au mou= vement de masse son rôle de protagoniste dans le renversement de la dictature. Dans cette situation, l'extrême-droite franquiste approfondit son attitude de résistance active, non seulement au sein des institutions franquistes, mais également dans la rue, se préparant à intervenir politiquement comme une force autonome après le renversement de la dictature, tout en poursuivant sa politique d'obstruction radicale à tout projet de changement institutionnel, quelque modeste qu'il soit. Il parait probable que cette extrême-droite appellera à voter "'non" au moins à la troisième question du référendum, Les secteurs "démocratiques" de la bourgeoisie et de la social-démocratie ont exprimé leur opposition au référendum dans son ensemble, aussi longtemps que se maintiennent les conditions politiques présentes. Bien que le gouvernement puisse, par des manoeuvres et des fraudes, obtenir un succès formel l'opération politique qui s'exprime à travers ce référendum est d'ores et déjà condamnée à l'échec, comme le sont tous les autres projets gouvernementaux. Le référendum n'est qu'une nouvelle manifestation de la fuite en avant qui caractérise la monarchie franquiste. Incapable de résoudre les problèmes, elle s'efforce seulement de reculer les délais. Mais chaque recul rend la solution de ces problèmes plus difficile du point de vue des intérêts de la bourgeoisie, vu l'amplification des mobilisations de masses qu'il provoque. QUE SIGNIFIE LA FUSION DE LA JUNTE DEMOCRATIQUE AVEC LA PLATE-FORME DE CONVERGENCE DEMOCRATIQUE, QUI A ABOUTI A LA CREATION DE LA "'COORDINATION DEMOCRATIQUE" ? Ce fait a été le premier d'une série d'événements similaires, comme le communiqué commun du Conseil Démocratique de Catalogne et du président de la Généralité de Catalogne (1) en exil, Josep Tarradellas, ainsi que la fusion en un seul organisme de la Junte Démocratique et du Conseil Démocratique du Pays de Valence. Comme nous l'avons déjà dit dans le communiqué de notre organisation, commentant la constitution de la Coordination Démocratique, l'objectif fondamental de cette fusion, c'est la "rupture négociée' avec les réformateurs du franquisme. Il s'agit de pousser jusqu'à sa logique ultime l'orientation de'la transition pacifique de la dictature à la "démocratie". La monarchie non seulement n'est pas mise en question, mais le Roi apparait comme le principal protagoniste de la "démocratisation" du pays. Ainsi, pour citer un exemple, la version la plus récente de cette "transition pacifique" comme elle se présentait il y a quelques jours dans un document de la Démocratie-Chrétienne, consiste en la convocation, par le Roi, d'élections législatives (et même pas pour une Constituante !) dans un délai de 6 mois. Depuis la création de la Coordination Démocratique, deux événements importants se sont produits dans ce contexte. Le parti de Gil Robles (le bourreau de l'insurrection des Asturies d'Octobre 1934), politicien bourgeois catholique ultra-conservateur et férocement anticommuniste, a rejoint la Coordination. Simultanément, Ruiz Jimenez posa comme condition pour sa présence au sein de la Coordination Démocratique la stipulation dans ses statuts que toutes les décisions devaient se prendre à l'unanimité. Il expliqua cette exigence de la manière suivante : "Dans les conditions de crise sociale que vit le pays, il faut éviter toute attitude imprudente dans les déclarations politiques et surtout dans les manifestations de rue!' Le sens de ces paroles est clair. Le PC, le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), le MCE (Mouvement communiste d'Espagne) et le PT (Parti du Travail) ont accepté en pratique cette exigence, mettant leurs "fronts" à la remorque des conservateurs bourgeois. Gil Robles et Ruiz Jimenez ont ainsi acquis un droit de véto sur toutes les activités de la Coordination Démocratique. La fonction de la Coordination Démocratique comme instrument du pacte de l'opposition bourgeoise et réformiste (appuyée par deux importants groupements mao-centristes) avec la monarchie franquiste, ressort parfaitement confirmée de ces événements. La fonction des partis ouvriers traditionnels au sein de ces organismes se limite en fait à jouer le rôle de chiens de garde du mouvement de masse, devant s'efforcer de maintenir celui-ci dans les limites compatibles avec le droit de véto de MM. Gil Robles et Ruiz Jimenez. Ce sont ces deux partis ouvriers traditionnels qui doivent également garantir le futur Pacte Social, qu'ils promettent au Grand Capital comme récompense de sa conversion à la "démocratie". Par ailleurs, il faut souligner le sens de l'accord Conseil de Catalogne-Tarradellas, ainsi que la relance du gouvernement d'Euzkadi en exil. Dans les deux cas, il s'agit d'utiliser le nationalisme bourgeois "historique" comme voie de canalisation des aspirations des masses opprimées, à obtenir leur droit à l'auto-détermination au sein de deux des nationalités pour lesquelles le problème de l'oppression nationale revêt une importance particulière. On peut conclure que tout se prépare déjà pour la prétendue "période constitutionnelle". Au cours de celle-ci, un "gouvernement provisoi-

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de large coalition", au sein duquel l'hégémonie des forces bourgeoises serait absolue, devrait s'assurer un contrôle total de la situation politique, au nom de "l'établissement de la démocratie", c'est-à-dire de la reconstitution de l'Etat bourgeois espagnol. Il significatif que des membres de la Junte Démocratique, comme l'entrepreneur Laroque, ont affirmé ouvertement qu'un des objectifs prioritaires de cette "période constitutionnelle" consisterait à tranquiliser les investisseurs, garantissant la paix sociale dans le pays. C'est dire toute l'importance du mot d'ordre " élection immédiate de l'Assemblée Constituante", comme rejet de la légitimité d'un quelconque gouvernement provisoire imposé aux peuples de l'Etat espagnol, et comme instrument pour faire table rase de tout l'appareil politique et institutionnel franquiste. Ce mot d'ordre doit être articulé avec celui de la convocation non moins immédiate "d'assemblées nationales souveraines" des nationalités opprimées, pour qu'elles exercent librement elles-mêmes leur droit à l'auto-détermination. A ces deux revendications-clés de l'étape actuelle se joint l'ensemble des mots d'ordre démocratiques, le tout exprimant la nécessité ressentie profondément par le mouvement de masse de détruire intégralement le régime franquiste. COMMENT INTERPRETER LE CONGRES "'TOLERE' DE L'UGT ? L'autorisation du Congrès de l'UGT (Union Générale des Travailleurs) et sa réalisation expriment de manière synthétique les contradictions de la situation politique dans l'Etat espagnol (certaines de ces contradictions touchent au ridicule : le Congrès de l'UGT fut officiellement appelé par le gouvernement "Journées d'études syndicales" !). Cette autorisation était inévitable même dans le cadre de la "réforme du franquisme" , puis -que cette réforme impliquait, on le sait, la légalisation de la social-démocratie historique. Mais ce Congrès qui s'est réuni durant la semaine de Pâques s'est immédiatement retourné contre le gouvernement, même au-delà de ce que voulait la bureaucratie de l'UGT elle-même, Il faut en effet tenir compte de ce que signifient 40 années de dictature pour comprendre l'énorme valeur symbolique qu'acquit pour les travailleurs de tout le pays le fait que put se réaliser le Congrès d'une organisation liée à la naissance même du mouvement ouvrier espagnol, et au cours duquel des centaines de voix ont chanté l'Internationale, le poing levé et tout cela sans répression aucune. Les travailleurs n'ont pas considéré la tenue de ce Congrès comme une concession du gouvernement, mais comme une victoire propre de la classe ouvrière. Le fait qu'il s'agissait du Congrès de l'UGT avait moins d'importance que le fait qu'il s'agissait du Congrès d'une organisation ouvrière. La tenue de ce Congrès n'a pas seulement donné une impulsion nouvelle au grand débat sur la création d'un syndicat de classe qui se déroule actuellement au sein du mouvement ouvrier espagnol. Il a en plus stimulé la préparation d'autres congrès d'autres courants ouvriers, comme celui que préparent l'USO (Union syndicale ouvrière), CNT ¡Confédération nationale des travailleurs)et les CCOO (Commissions Ouvrières). Concrètement, le Congrès de l'UGT s'est soldé par la victoire de l'aile droite de l'UGT, qui avait déjà auparavant le contrôle de l'appareil. La thèse fondamentale de ce secteur se résume dans le slogan "Unité dans la liberté"', dont le sens réel privilégie la construction de l'UGT en tant que telle, par rapport à tout projet de syndicat unique de classe. Il est symptômatique que le Congrès accueillit avec un silence glacial, sinon des murmures de désapprobation, l'appel de Julian Ariza, dirigeant bien connu des CCOO à un Congrès syndical unitaire (Congreso sindical constituyente). Mais à côté de cette majorité droitière, une minorité de gauche importante s'est cristallisée, représentée essentiellement par les fédérations de Madrid et de Séville, qui furent les avocats de la motion réclamant qu'à la séance finale du Congrès soient invités des représentants de tous les courants ouvriers syndicaux. Cette motion fut la seule présentée par la minorité qui re -cueillit la majorité des votes. Les prises de position générales de l'UGT paraissent dures et radicales. Elles parlent de "syndicalisme de classe'' et de "syndicalisme révolutionnaire", ce qui exprime la nécessité pour la bureaucratie de tenir compte de la montée impétueuse du mouvement de masse. Les chiffres officiels d'adhérents de l'UGT ne sont que de 7.000 à peine. Plusieurs organisations politiques d'extrême-gauche ont déjà aujourd'hui plus de membres que ça en Espagne. Il s'agit d'un chiffre très inférieur à celui que représentent les CCOO. Mais il est incontestable que l'UGT connaîtra une rapide expansion, maintenant qu'elle bénéficie de la tolérance des autorités et de l'incorporation de couches nouvelles et moins politisées à l'action, OU EN EST ACTUELLEMENT LE MOUVEMENT DE MASSE ? Les luttes qui ont succédé aux assassinats de Vitoria ont substantiellement modifié l'état du mouvement de masse. De grandes luttes ouvrières se sont poursuivies, surtout dans le secteur métallurgique de Barcelone, des travailleurs des téléphones dans tout le pays, et une relance des luttes des ouvriers du bâtiment est possible. Des dizaines d'entreprises ont vécu des luttes importantes. Certaines victoires fort significatives ont été arrachées. A la SEAT de Barcelone, une partie importante des travailleurs licenciés pour fait de grève ont été

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réadmis. La même réadmission s'est produite à la Hunosa (mines de charbon des Asturies).

Les travailleurs continuent à utiliser pour leurs luttes d'une manière combinée, tant les moyens légaux d' "enlaces y jurados" (élus légaux du syndicat vertical CNS) comme divers types d'organismes représentatifs des assemblées générales d'atelier ou d'entreprise.

Le point atteint par le mouvement de masse implique la nécessité de réaliser le saut qualitatif fondamental vers sa centralisation afin d'aborder le problème du renversement final de la dictature. Dans cette situation, autant les diverses initiatives unitaires autour qui se prépare maintenant dans des dizaines de villes du pays (la majorité de toutes les villes importantes), que la capacité de débordement des positions conciliatrices et réformistes qui s'est manifestée lors du Aberri Eguna en Euzkadi, créent les conditions propices pour que se réalise bientôt ce saut qualitatif. QUELS SONT LES DERNIERS DEVELOPPEMENTS AU SEIN DE L'EXTREME-GAUCHE ? La réponse à cette question est rendue difficile par une situation très fluide, marquée par une recomposition continuelle au sein de l'extrême-gauche. Quant aux organisations ouvrières traditionnelles, le fait nouveau le plus significatif, c'est l'apparition de tensions internes au sein du PCE, causées par l'attitude démobilisatrice à laquelle l'amène sa politique d'alliance avec la bourgeoisie, surtout au cours de manifestations de masse dans la rue. Les deux organisations maolstes les plus importantes, PT et ORT (Organisation Révolutionnaire des Travailleurs), ont initié un processus d'unification qui rencontre cependant de nombreuses difficultés. Ainsi, l'ORT n'a pas accepté d'adhérer à la Coordination Démocratique, à'laquelle participent autant le PC que le PT. Il a cependant demandé un statut d'observateur. Les deux organisations font preuve depuis plusieurs semaines d'une autonomie majeure par rapport au PC, en opposition à l'attitude des mois précédents. Le MCE esquisse un tournant à droite qui semble ne plus rencontrer de limites. Il a par exemple demandé son incorporation dans le gouvernement basque en exil, dirigé par les nationalistes bourgeois. A l'opposé, Bandera Roja est engagé dans un tournant à gauche qui va assez loin, ce qui a permis d'obtenir d'importantes convergences pratiques avec notre organisation, dans luttes comme celles des ouvriers du bâtiment de Barcelone. L'ỌIC (Organisation de la Gauche Communiste); qui a subi une crise profonde depuis le début de l'année, a récemment tenu un congrès, au cours duquel elle esquisse un tournant par rapport à ses positions traditionnelles, tout en maintenant ses positions sectaires par rapport aux CCOO et son incompréhension du problème essentiel dans la situation espagnole d'aujourd'hui du syndicat ouvrier. La LC (Ligue communiste), à laquelle le CC de notre organisation a décidé de proposer l'ouverture d'un processus de fusion a, croyons-nous, commencé une importante évolution dans son intervention. Elle s'est particulièrement faite remarquer lors de son intervention dans la lutte de la métallurgie à Barcelone. L'ETA politico-militaire connait une des crises les plus graves de son histoire, par suite de l'erreur monumentale commise avec la mort de Berazadi et d'autres actions militaires erronées. Quant à la LCR-ETA(VI), elle poursuit une crois -sance de sa clarté et de son influence politiques et de sa consistance organisationnelle qui lui a permis de doubler ses forces au cours des quatre derniers mois. Nous restons cependant plus faibles que les organisations maoistes les plus fortes. Il est donc nécessaire d'accentuer nos efforts pour élargir notre implantation au sein de la classe ouvrière, et pour nous préparer et préparer l'avant-garde et le mouvement de masse, aux tâches décisives avec lesquelles ils seront confrontés dans l'étape immédiatement devant nous. EN RESUME ? Nous sommes déjà en train de vivre le processus du renversement de la dictature. Il y a eu des changements brusques dans la situation. Nous en connaitrons encore d'autres. Des agressions répressives, y compris sanglantes, restent possibles et même inévitables de la part du gouvernement. Mais le processus est en marche et rien ne l'arrêtera. Au sein de ce processus, nous réaffirmons avec force notre li-

. stratégique fondamentale : impulser de manière résolue l'action indépendante du mouvement de masse, comme seule force capable de détruire définitivement le franquisme. Nous réaffirmons que ce renversement de la dictature, quelle que soit la forme concrète qu 'il adoptera, ouvrira dans notre pays une situation pré-révolutionnaire. Notre tâche, c'est de la faire progresser vers une situation révolutionnaire. Cette stratégie donne tout son sens à notre orientation actuelle vers la centralisation des actions de masse pour la grève générale contre la dictature. C'est elle aussi qui donne tout son sens à notre bataille pour un congrès syndical unitaire (Congreso sindical constituyente), à notre mot-d'ordre d'élections immédiates pour une Assemblée constituante, à notre propagande pour un gouvernement des travailleurs, et à notre lutte de tous les jours pour le Front Unique ouvrier, contre la dictature et le capitalisme. Note • (1) Généralité de Catalogne : il s'agit de la Généralité en exil, qui prétend représenter la continuité avec l'ancienne Généralité de Catalogne (gouvernement républicain de Catalogne durant la Guerre Civile).

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