La campagne électorale pour les élections du 20 juin bat son plein. Toutes les forces politiques en présence ont mis au point leur orientation, leurs projets et leurs propositions et elles ont choisi leurs candidats. Ce processus préparatoire a été le plus souvent assez tourmenté, étant donné les divisions profondes qui existent à l'intérieur de la plupart des partis et la difficulté de défaire des noeuds assez complexes. Deux exemples significatifs concernant deux camps diamétralement opposés. La formation des listes de la Démocratie chrétienne (DC) a provoqué, deux semaines durant, une bataille à couteaux tirés qui ne s'est conclue qu'à la dernière heure avec deux coups de théâtre (par exemple, à propos de la candidature au Sénat de Umberto Agnelli, l'un des patrons de Fiat) et avec des ruptures de discipline (dans des circonscriptions de la Lombardie, des directions locales ont rejeté des décisions centrales et ont présenté des listes de leur choix, en mettant le Centre face à un fait accompli). Démocratie Prolétarienne - la liste unitaire de l'extrême-gauche - n'a pas encore été en état de présenter son programme, bien que la rédaction du programme ne dépendait que du PaUP et de AO, avec exclusion de Lotta Continua (LC) et des autres organisations participantes.
Les "grandes" manoeuvres
L'aggravation ultérieure de la crise de direction politique, surtout après les élections du 15 juin de l'année passée, provoqua dans tous les secteurs de la classe dominante et à tous les niveaux, une réfléxion critique qui, au-delà des formes parfois paradoxales par lesquelles elle s'exprimait, posait des questions cruciales : était-il possible de définir, à brève échéance, une nouvelle formule de direction politique ? Etant donné l'usure irréversible "centre-gauche" et l'impossibilité de former un bloc "conservateur" incluant la droite néo-fasciste, pouvait-on accepter la perspective d'un gouvernement avec la participation du PCI ? Comment les partis bourgeois traditionnels, et notam-
ment la DC, auraient-ils pu rétablir, avec les différentes couches sociales qu'ils représentent -ou prétendent représenter - le rapport dialectique nécessaire qui s'était usé, voire brisé, avec comme conséquence d'isoler ces partis, pour employer une expression gramscienne à la mode, de la "société civile" ! Nous ne reviendrons pas ici sur les discussions qui ont eu lieu au Congrès de la DC, dont nous avons parlé dans le No. précédent d'Inprecor. La tentative de renouvellement esquissée par Zaccagnini était déjà limitée au départ. Même les éléments extrêmement modestes de renouveau ont été rapidement annulés, aussi bien par la composition des nouveaux organismes dirigeants (Zaccagnini minoritaire dans la direction, Fanfani élu président du Conseil national) que par des actes politiques importants tels que le bloc avec les néo-fascistes sur la question de l'avortement et contre le maire communiste de Naples. Le Conseil national du 20 mai opposait d'ailleurs un refus catégorique non seulement à la perspective du "compromis • historique", mais aussi de la proposition de gouvernement de coalition d'unité nationale proposée par le PCI comme solution immédiate après les élections. La seule indication donnée à cette occasion a été encore une fois celle d'une relance du centre-gauche sous forme de collaboration privilégiée avec le PS (comme nous l'avions dit dans notre article précédent, le PCI rejette cette proposition). En pratique, cela signifie que la DC ne veut pas altérer le statu quo, en espérant que le rapport de forces électoral l'aide, et de toute façon elle préfère ne pas faire de choix trop nets, pour récolter le maximum de voix aussi bien à droite qu'à "gauche". Le "renouvellement" a été beaucoup plus formel que substantiel, aussi en ce qui concerne la composition des listes électorales, bien que le remplacement des vieux parlementaires était l'un des chevaux de bataille de Zaccagnini, soutenu par les tendances de gauche. Du point de vue quantitatif, il y a eu un certain changement (à peu près 40 % au Sénat et 27 % à la Chambre), mais cela a été dans une très large mesure un phénomène quasi-physiologique. Les postes-clé sont restés solidement contrôlés par les anciens leaders et par les anciennes cliques, et comme têtes de listes des villes et des circonscriptions les plus importantes, on retrouve les noms habituelsde Rumor à Andreotti, de Gava à Colombo, malgré les attaques violentes dont ces personnages ont été l'objet dans les derniers mois dans les principaux quotidiens et hebdomadaires bourgeois. Quant à la composition "interclassiste", à savoir la présence côte-à-côte d'industriels et de syndicalistes, d'intellectuels et de grands financiers, de propriétaires terriens et de représentants des classes moyennes "nouvelles", cela ne constitue pas non plus une nouveauté pour la DC : le changement ne s'est limité presqu'exclusivement qu'au dosage entre membres du parti et soi-disant indépendants. La polémique sur Umberto Agnelli dépasse le cas spécifique. Après que son frère Gianni décida de ne pas participer à la campagne électorale comme candidat, Umberto accepta l'offre d'un collège pour le Sénat dans la province de Turin. Des représentants de la "gauche" comme Donat Cattin et Bodrato se révoltèrent, non pas en demandant qu'Agnelli fut exclu, mais déplacé dans un collège des Abruzzes dans le Midi. Finalement, Agnelli trouva sa place à Rome, mais son cas reflétait plus généralement les difficultés qu'ont rencontré des chefs de l'industrie, dans la tentative de jouer un rôle politique plus direct.
ce sujet, la polémique avait été très vive au cours des derniers mois dans les organisations • patronales. Des projets plus ou moins fumeux de "renouvellement" des appareils et des instruments politiques de la classe dominante avaient été esquissés. Certains disaient que les organisations économiques comme la Confindustria auraient dû assumer de facto le rôle d'un parti; d'autres avançaient l'idée d'une espèce de bloc entre l'industrie "moderne" et les syndicats contre les couches parasitaires, ce qui était caractérisé assez arbitrairement par les adversaires comme "péronisme". Ce que tout le monde considérait comme extrêmement difficile, voire impossible, c'était de créer un nouveau parti bourgeois qui puisse donner la relève à la DC désormais usée et discréditée (quant aux projets autoritaires de type fasciste ou golpiste, à l'étape actuelle, ils ne peuvent être avancés que par des groupes ou personnages marginaux). Finalement, la solution qui a prévalu a été celle d'une participation politique plus directe des industriels et d'autres représentants des classes dominantes. Ceux-ci se sont divisés en trois partis : Parti républicain italien (PRI), Partilibéral italien (PLI) et DC. La participation dans la liste du PLI est traditionnelle. Ce qui est intéressant, c'est la tentative d'un engagement plus important dans le PRI, bien qu'il ait échoué dans son projet d'inscrire dans ses listes Gianni Agnelli; il s'est toutefois assuré un certain nombre de représentants de l'industrie et de la finance, et il est désormais en train de jouer le rôle qu'avait joué le parti libéral immédiatement après la guerre. Des secteurs de la bourgeoisie semblent donc convaincus que le PRI - dont le représentant le plus connu, La Malfa, a été pendant de longues périodes à la tête des ministères économiques - puisse être un instrument utile dans une situation d'équilibre de forces opposées. Dans le cas d'une majorité des partis ouvriers, il pourrait jouer le rôle de cheval de Troie dans un gouvernement de type front populaire. Le rôle principal, toutefois, ne cesse d'appartenir à la DC. Dans ce sens le choix de Umberto Agnelli est éloquent, de même que le choix du représentant de la haute finance Stammati et des représentants de la Confagricultura. Tous ces gens ont tiré à bout portant contre la DC et son régime, mais au moment du choix, ils ont dû reconnaître que la survivance et un renforcement éventuel de la DC représentant une
voie obligatoire. Plus encore : face à la polarisation sociale et politique qui existe, la DC ne peut que jouer le rôle de pôle conservateur et se présenter comme l'antagoniste No. 1 des partis ouvriers. C'est pourquoi, malgré les décisions du Congrès, la bataille électorale de la DC sera menée beaucoup plus sur l'ancienne ligne de Fanfani que sur la ligne 'houvelle"! de Zaccagnini. Un mot sur les néo-fascistes. La direction Almirante, qui garde le contrôle du parti, mise sur l'éventualité que les forces du MSI sont indispensables pour éviter une majorité des partis ouvriers. En ce sens, elle maintient une orientation de droite conservatrice. Les actions des ailes et des groupes fascistes ultra, indépendamment de la question de savoir qui prend l'initiative, ne sont pas nécessairement en contradiction avec un tel projet. Une situation de tension créée par exemple par les attentats spectaculaires, les assassinats, etc., pourrait être exploitée pour nourrir une psychose d'ordre, et faciliter donc une opération de cristallisation d'un bloc réactionnaire.
Nouvelle formule du PCI: gouvernement de "coalition démocratigue" La péripétie de la formation des listes a permis au PCI d'apparaitre encore une fois comme un parti efficace du point de vue organisationnel et capable de concrétiser sa politique d'alliance large. Non seulement le parti de Berlinguer n'a pas donné le spectacle peu édifiant qu'ont donné toutes les autres formations - Démocratie Prolétarienne (DP) y compris - dans le choix des candidats, mais il a réussi également à inclure dans ses listes un nombre élevé d'indépendants représentatifs de forces sociales multiples et de différentes conceptions politico-idéologiques.
GOVERN
VAMPIRE
NIAL
L'Unità, en présentant le 18 mai les candidats, écrivait : "Les candidats ouvriers, paysans, ouvriers salariés agricoles, toujours engagés dans la production, sont plus de 120; les intelenseignants, professeurs d'université, membres des professions libérales, sont 150; les petits et moyens industriels sont environ 50; les artisans et les commerçants sont 45!' Des noms ont fait sensation même à l'échelle internationale : par exemple, celui de Alfiero Spinelli, membre de la Commission économique européenne, qui a eu des tâches importantes dans cette institution, et celui de Nino Pasti, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air. La participation d'économistes comme Luigi Spaventa et d'un magistrat de haut niveau comme Gennaro Guadagno est non moins significative. Le Vatican, pour sa part, a été mis littéralement en crise par la présence dans les listes du PCI de catholiques notoires, intellectuels et journalistes de valeur, comme La Valle, Pratesi et Gozzini. L'orientation de la campagne a été mise au point par un rapport de Berlinguer au Comité central, qui a présenté un programme approuvé à l'unanimité. Par rapport aux prises de positions précédentes, le seul élément nouveau du rapport fut une proposition pour la période immédiatement après les élections. La stratégie du compromis historique - a dit Berlinguer - reste: mais à échéance plus immédiate, nous proposons que "l'Italie soit dirigée par une coalition de gouvernement large et unitaire qui inclue tous les partis démocratiques et populaires, PCI y compris". Un tel gouvernement de coalition devrait rester en place pendant "plusieurs années", et devrait faire sortir le pays de la crise, après quoi chacun ferait son choix à plus long terme. La nouvelle formule a pour but de donner des garanties supplémentaires, de tranquilliser davantage les secteurs décisifs de la bourgeoisie. Pendant les polémiques, l'argument a été avancé que la DC serait trop affaiblie pour contrecarrer le poids du PCI dans une coalition où le PCI pourrait compter en plus sur un soutien des socialistes. Un autre argument : si le PCI et la DC font alliance, tous les autres sont hors-jeu et n'auront qu'un rôle de figurants. Berlinguer s'efforce de répondre aux deux arguments : nous sommes disposés à faire un gouvernement aussi avec les républicains, les socio-démocrates et même les libéraux, de telle sorte que la DC aura une marge de manoeuvre plus grande et personne ne sera marginalisé. Par ailleurs, la nouvelle proposition a l'air d'être plus concrète, dans la mesure où elle ne remet pas la solution des problèmes aux calendes grecques. Finalement, Berlinguer accepte, du moins implicitement, la thèse traditionnelle d'une unité nationale d'urgence, dont les résultats inévitables seraient une stabilisation économique sur la base du statu quo social et politique et le renvoi à une deuxième phase des réformes tant proclamées.
Le programme approuvé par le Comité central est évidemment rattaché au projet politique de compromis historique et de gouvernement de coalition de tous les partis "démocratiques". Dans ce sens, sans rien innover, il accentue davantage les tons modérés et il estompe ultérieurement le contenu. Pour donner une idée, le mot nationalisation n'est même pas prononcé et aux capitalistes on ne demande que "de réinvestir en Italie les profits et de concentrer tous leurs moyens et toutes leurs capacités d'initiative dans les secteurs productifs''. Il ne s'agit d'ailleurs pas que des petites et moyennes entreprises (PME) tant choyées. Un passage central du programme explique : "Il faut reconnaitre non seulement la fonction sociale par -ticulière des PME, mais aussi la liberté d'initiative de toutes les entreprises privées. Celles-ci tendent naturellement à opérer sur la base des stimulants du marché en vue d'obtenir un profit. La politique de programmation - sans ignorer le jeu des mécanismes du marché - doit viser à créer des conditions favorables nouvelles pour les décisions des entreprises et engager les entreprises les plus importantes et les organisations des entrepreneurs, par des procédés appropriés, dans la réalisation de buts déterminés d'intérêt général". En ce qui concerne les structures politiques, le programme répète les litanies habituelles sur la réalisation de la Constitution de la République. Les sous-titres de deux des chapitres les plus importants se passent de commentaires : "Pour le renouvellement démocratique de l'Etat" et "Pour un exécutif efficace". Finalement, la partie internationale reprend les motifs déjà connus : elle réaffirme le renonce -ment à la lutte pour le retrait de l'Otan et confirme le respect des "alliances internationales de l'Italie'. On va jusqu'à exprimer la volonté de "contribuer au développement des rapports d'amitié entre la République italienne et les Etats-Unis " et à ne faire aucune mention explicite de l'Union Soviétique ! Les premières manches de la campagne électorale ont déjà montré que les dirigeants du PCI ne peuvent pas esquiver une difficulté : que feront-ils si les partis ouvriers ont les 51 % et si la DC et les autres partis refusent de collaborer ? Normalement, Berlinguer et Cie cherchent à ne pas répondre et réaffirment leur volonté de "concorde" dans le cadre du compromis historique ou de la coalition nationale. Mais la logique de la situation est telle, et telle est la pression qui vient d'en bas, que déjà à certaines occasions ils ont da renoncer à leur attitude intransigeante. Le principal dirigeant syndical communiste, Lama, qui pourtant est loin d'être influencé par des idées extrémistes, en répondant à des questions précises posées par des journalistes, a dû déclarer que, dans l'éventualité où les partis ouvriers arrivent aux 51 % et les autres refusent de collaborer, rité, bien que limitée, devra assumer toutes les responsabilités de gouvernement"'. Des allusions dans le même sens, un peu plus nuancées, ont été faites presqu'en même temps par Berlin-
Berlinguer
Le PSI reste sur la ligne générale fixée par son dernier Congrès. Dans la dernière réunion de son Comité central, le secrétaire De Martino a interprété la nouvelle proposition du PCI sur un gouvernement de coalition démocratique comme un abandon du compromis historique et un rapprochement du projet politique socialiste. Indépendamment de la justesse ou non d'une telle interprétation, il est certain que la convergence entre les lignes politiques des deux partis s'est ultérieurement accentuée. De Martino a d'ailleurs projeté, dans le cas d' "une faible majorité de gauche", et d'un refus des autres à participer à un gouvernement de coalition, la possibilité que le PSI prenne la responsabilité de gouverner. L'extrême-gauche unie sur les listes de Démocratie Prolétarienne La polémique politique qui a eu lieu dans l'extrême-gauche et parmi les avant-gardes larges sur l'attitude à prendre face aux élections du 20 juin, se conclut, après des vicissitudes multiples, par la présentation d'une seule liste sur la gauche du PCI, celle de Démocratie Prolétarienne (1). Cela s'est passé, bien que la tendance Magri-Rossana-Pintor, opposée à tout accord avec LC, ait obtenu la majorité - 70 % à peu près - non seulement au Comité central, mais aussi dans l'organisation. La décision du PUP a été déterminée d'un côté par la forte pression en faveur de l'unité provenant des avant-gardes larges, et de l'autre par la crainte de risquer une scission dans un moment si important et de voir compromis le projet d'unification avec AO.
L'unité s'est réalisée sur la base suivante : le PdUP et AO restent les organisations constitutives de Démocratie Prolétarienne (ce sigle avait été déjà utilisé lors des élections du 1.5 juin 1975), ils revendiquent le droit de préparer le programme et de fixer l'orientation politique de la campagne. Des candidats des listes de LC (non membres du secrétariat national) sont inclus dans les listes, de même que des candidats d'autres organisations prêtes à soutenir DP. (les GCR, section italienne de la IVème Internationale rentrent dans cette deuxième catégorie). Le Manifesto, en présentant la décision du Comité central, a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une sorte d'apparentement réalisé surtout pour éviter des dispersions de voix, et mettant en évidence le rôle subordonné de LC dans toute l'opération. En fait, LC n'a obtenu que 15 % des candidats - proportion qui n'a pas été toujours respectée - pour un total d'environ 90 sur 700 environ (comme forme de protestation, LC a demandé que tous ses candidats soient en queue de liste) (2). Les méthodes adoptées ont été ouvertement attaquées dans le quotidien de LC au moment de la publication des listes. En commentant le résultat positif de la bataille surant la campagne decorate, a ene entre autres "Ce n'est pas nous, qui avions défendu l'idée d'une présence unitaire déjà à partir des élections de 1972, qui sous-estimerons la valeur de ce résultat. Il est très important qu'un véritable mouvement d'en-bas l'ait imposé comme une exigence politique, et non par un réflexe émotionnel. Nous confirmons d'autre part, notre jugement que le débat qui s'est développé entre les formations de l'extrême-gauche et avec la participation de nombreux cadres et militants de l'avant-garde, malgré les simplifications inévitables, a permis de poser des problèmes cruciaux de la stratégie ouvrière à cette étape. C'est l'intérêt de tout le monde que ce débat continue maintenant et qu'il se développe par de nouveaux moments unitaires après le 20 juin. Nous sommes convaincus que, si cette poussée prévaut dans les semaines à venir, et que la campagne est menée d'une façon responsable, et en mettant en évidence en même temps avec vigueur et sans sectarisme les différenciations entre extrême-gauche et réformistes, le résultat sera positif, même du point de vue des voix. Nous estimons toutefois indispensable d'exprimer notre appréciation sur les méthodes avec lesquelles on est arrivé à présenter la liste unitaire. Tout d'abord, c'est une limitation très grave - que les réformistes ont cherché et chercheront à exploiter (3) - que la convergence n'ait pas été réalisée sur la base d'une plateforme politique commune et qu'elle a été même présentée comme une espèce d'accord d'apparentement réalisé avec le but principal d'éviter une dispersion des voix. Nous voulons éviter toute équivoque. D'après nous il n'existe pas des bases politiques et théoriques pour l'unification de l'extrême-gauche dans un seul parti et même pas pour une unité stratégique de longue haleine. Mais un accord politique sur une plate-forme pour la campagne électorale était possible ... En ce qui concerne la méthode, elle ne pouvait être que la suivante : établir un accord au niveau national parmi toutes les organisations étant présentes nationalement ou dans des villes importantes, sur une base paritaire. Cela aurait dû impliquer la formation d'organismes unitaires représentatifs de toutes les forces, pour la gestion politique et organisationnelle de la campagne électorale et l'insertion dans les listes de représentants de toutes les organisations prêtes à soute-
Ce n'est pas la méthode selon laquelle on agit... Notamment le PaUP a trop donné l prioritéà ses propres nécessités internes; il s'est efforcé de faire payer aux autres le prix de la crise qu'il a souffert du fait que la solution qui a prévalu ne correspondait pas à l'orientation de la majorité de ses organismes de direction et de ses militants. Ces appréciations critiques n'empêcheront pas les militants des GCR de s'engager à fond dans la campagne, pour assurer à DP un succès politique le 20 juin. Nous ferons un effort maximum et nous nous efforcerons de faire prévaloir un esprit unitaire. Nous nous engagerons dans la construction de comités unitaires de Démocratie Prolétarienne à tous les niveaux, pour donner une impulsion à la campagne, pour faire surgir une alternative concrète aux ré -formistes. Un succès pourrait déterminer une situation nouvelle dans le mouvement ouvrier et dans l'extrême-gauche élle-même et constituer les prémisses pour un dépassement des limites et des contradictions qui ont pesé aussi sur les développements politiques des deux derniers mois".
20 mai 76 NOTES : (1) Au moment où nous écrivons cet article, nous ne savons pas encore s'il y a des listes d'extrême-gauche autres que DP à l'échelle locale. Il parait que non. Dans quelques circonscriptions est présent le soi-disant POE (Partito Operaio Europeo), lié aux Comités ouvriers européens, mouvement-fantôme en Europe et représenté aux Etats-Unis par le groupe équivoque de Lin Markus. (2) Les GCR n'ont que trois candidats. A Naples, Turin et Salerne. D'autres ont été éliminés à la suite de jeux d'équilibre internes, à la dernière minute. Dans les négociations, les GCR en avaient demandé douze, dont huit ouvriers reconnus comme cadres du mouvement dans leur usine. (3) Le quotidien du PCI a attaqué à plusieurs reprises DP comme étant une espèce de combinaison électorale sans principes, en y consacrant même un éditorial de son directeur.